Mon âme est la plus gourmande de tous. Plus gourmande que mon cœur; plus gourmande que ma panse; et que ma pense aussi. Mon âme veut tout ressentir et vibrer au rythme de ma créativité. Ou plutôt, ma créativité veut se réaliser et être à l’image du trésor contenu dans mon âme. L’âme c’est le summum. Pour y parvenir et la nourrir, je dois entraîner mes autres corps. Je dois entraîner le tout vers l’harmonie. Mais… J’ai beau cultiver la patience, lorsque l’ennui me prend, mon âme saigne. Quelle tragédie quand même! Le pire c’est que l’ennui ne vient pas toujours du : rien-à-faire. L’ennui vient souvent aussi du : je-fais-n’importe-quoi-sauf-ce-que-je-devrais-pour-me-réaliser-en-l’occurrence-poursuivre-l’écriture-de-mon-scénario.
Entoucas, je ne sais pas pour toi, mais moi, lorsque je fabrique du n’importe-quoi ou pire encore, du tout-et-rien-à-la-fois, je deviens moche. Je me sens alors toute engourdie. Comme si j’avais, à la place de mon cerveau, un fromage fondu à 40 degrés au soleil. Toute dégoulinante devient alors ma pensée. C’est tellement mou que je ne parviens plus alors à me recentrer. Tout ce qui est insignifiant à mon âme me donne la nausée ou le dégoulinant de fromage dans le cerveau. Mon âme a besoin que ça résonne, que ça vibre. Et quand y’a trop de parasites (tiens donc, ils reviennent ceux-là) qui s’interfèrent entre mon âme et ses besoins profonds, je deviens amorphe. Comme si je fabriquais moi-même et à petite dose, de la morphine.
Loin de moi l’idée de vouloir me plaindre sur mon sort, car vous le savez; tant de jours heureux je vis depuis que je suis en changement de fréquence, -ou si vous préférez : en changement de cap, en processus de transformation, en mouvance, etc. vers mes prochains projets et rêves créatifs. Justement… Je ne suis pas prête à me lancer dans un quelconque projet, bien que des tonnes d'idées et d'invitations fusent. Et c'est là en quoi réside l'art de la patience. Car face à ce vide de désirs, sans la patience et sans la foi, je sombre. Et pour ne pas sombrer, je veille ici et tendrement sur mon âme, à l'écoute des moindres modulations de sa divine mélodie. Le ressenti est primordial. Sans quoi je me perds dans la performance, dans trouver ma valeur strictement à travers le regard des autres et donc dans des projets insignifiants à mon âme. Je le sais, pour l’avoir tant de fois expérimenté. Je performe alors pour faire plaisir aux gens que j’aime et en bout de ligne, j’en souffre car je ne me plais guère à l’ouvrage.
En attendant donc, de trouver la route, j’erre de besogne en besogne et en récolte de l’argent. Puis je poursuis ma réflexion… ainsi que l’écriture dont j’ai tant besoin. Car c’est par elle que je le poursuis, MON chemin…
Et ce matin il y a tout ça, il y a, il y a, il y a… ce lundi nuageux; du pelletage à faire –non pas du pelletage de nuages, mais bien du pelletage de neige; il y a eu aussi ce coup de téléphone matinal et qui résonne encore dans mon plexus comme un bruit de marteau-pilon qui gruge l’asphalte. C’était pour de la suppléance au secondaire le coup de fil abruti. J’y serai donc, dès 13h00, à suppléer en morale et en éducation physique. Ce qui fait bien rire le Chaton. Car avouons que dame papillon n’est pas très en forme ces jours-ci. Bref, tout ça et d’autres engagements multiples, qui ne font pas nécessairement vibrer mon âme, sont donc au menu du jour, plongeant mon cerveau en pleine canicule comme un fromage oublié au soleil de midi; tout fondant… gluant… et que seuls les insectes parasitaires trouvent le moyen de venir embêter.
Mais bon, j’accepte quand même d’entrer dans cette journée, comme on vient au monde; à la fois ébloui et agressé par la lumière de ce jour nouveau et inconnu, d’abord sur son corps et son cœur, puis sur son âme. Un pas à la fois je ferai. Un seul à la fois suffit à calmer mon âme égarée face à ce trop-plein de tout-et-rien-à-la-fois. Ici je m'exprime dignement en vous disant que je préfère rester chez moi, à contempler ce vide de désirs professionels qui m'habite –rester ici à faire le plein pour mieux me propulser ensuite, rester chez moi pour contempler la nature et ses merveilles, écouter de la musique, laisser en moi monter les images, les sons, les émotions de mes histoires à venir, répondre à l'appel et aider quelqu'un dans le besoin– que d’aller me battre à faire un travail en lequel je ne crois pas. Je ne sais autrement aller en ce monde. J’ai eu beau essayer, encore et encore, « parce qu’il le faut », parce que d’autres se battent jour après jour pour leurs besoins primaires, parce que,… « Parce que c’est ça qui est ça et que ça marche de même! » comme diraient les adultes. Mais pour moi, ça ne marche pas… Et comme dirait Bobin que je paraphrase ici, « je ne sais pas si c’est une maladie » ou une réalité parallèle obligée…? Et qu’importe la réponse. Le seul fait de ressentir n’est-il pas suffisant à se donner le droit d’exister selon les besoins profonds de son âme? Aujourd’hui un peu plus qu’hier, je m’écoute et me respecte dans l’infini grandeur et beauté de mon Être.
Et vous, comment elle fonctionne votre âme? Et que dit-elle en ce lundi matin? Êtes-vous en train de vivre votre vie? Celle qui fait de chaque battement de votre cœur, un joyau vibrant et harmonieux? Ou bien vous battez-vous tous les matins, après-midi et soir à courir contre la montre pour payer les comptes, rénover la maison et parvenir au week-end au plus vite? Votre vie est-elle vécue pleinement ou jouée par un quelconque personnage qui s’est infiltré en vous alors que vous dormiez au gaz de votre train-train quotidien? Aaaaaaaaaahhhh tant de questions et bien plus encore… mais je dois quitter pour suppléer (jouer le professeur ahhahah).
En attendant vos réflexions… Allez… tous au boulot!
Amour et amitiés
Karo du 30 janvier (philosophe et docteur maux d’âme)