HIBERNONS
Je n’ai nullement la tête à planifier l’avenir -pas plus mon tantôt que mon demain et encore moins mon été, que je devrai pourtant créer, si je le veux actif et émerveillant. Disons qu' avec toute cette neige qui abonde (une fois de plus), j’ai plutôt le cœur à hiverner. De ma fenêtre de bureau située au 2e étage, je peux observer de larges glaçons, qui par temps plus doux menacent mon crâne de leur tête pointue comme un clou de 10 pouces qu’on plante froidement dans une charpente de maison. Voyez-vous, c'est que les glaçons se logent principalement juste au dessus de la porte d'entrée. Ce qui fait que chaque fois que nous sortons de la maison et que dehors ça fond, notre vie est en grave danger
-Bon !La v'là ti-pas qu'elle exagère encore un peu ! Mais heureusement, aujourd’hui c’est l’hiver, le rude, le bon, le vrai. L’hiver de ma jeunesse, du temps où notre folie humaine ne laissait pas trop encore présager ses ravages de réchauffement planétaire. Aujourd'hui donc, pas de danger qu'un glaçon à clous nous tombe dessus. Ils sont tous bien pris à la corniche. De mon haut lieu d'hibernation, j'en témoigne. Un peu plus loin, en arrière-plan de ces glaçons, la neige du jour; frivole. On dirait qu’elle danse. Ne lui suffit pas de se laisser tomber jusqu’au sol, non, non. Dame Neige s’amuse et flâne. Chaque flocon prend son *air d’aller, célèbrant ainsi — tant sa différence que sa ressemblance à ses confrères les autres flocons. Ensemble ils festoient, s’agitent, rigolent et jouent gaîment. La neige tourbillonne avant d’achever sa symphonie sur le toit des maisons, sur les conifères ou sur le sol qu’elle recouvre de sa noble blancheur.
À mon amie Florence : j'pense que je suis en train de te faire une bonne compétition d'Ermite. En effet, je n'étais pas sortie depuis 4 jours avant mon tout récent souper de famille… et me voilà repartie pour une bonne semaine, je pense. Ce matin je devais aller faire quelques commissions mais fuck, quand j'ai vu la p'tite neige rapide et grouillante qui tombait du ciel; quand j'ai sorti le pied gauche du lit et que j'ai senti le froid me traverser l'âme; quand j'ai vu la voiture encore une fois enneigée jusque par-dessus la tête; quand j’ai constaté ma grippe s’agripper de plus belle à mes sinus; et quand j'ai réalisé que je n'avais nulle part d'urgent où aller, j'ai choisi de rester bien au chaud chez moi.
C'est l'hiver ET je veux mon chalet. C’est l’hiver et je veux mon chalet. Mon chalet, mon poêle à bois— écologique, mes livres, ma tonne de livres. Je veux aussi mon ordinateur portable avec Word et Antidote seulement (bon d’accord, peut-être aussi Internet, que je ne devienne pas trop dingue, seule dans ma cabane en forêt). Mon chalet, des victuailles pour la saison, une cave à vin, de la musique variée, une paire de raquettes pour mieux sortir de ma tanière et marcher dans l’apaisante forêt d’hiver. Un bain tourbillon (même si le chalet est modeste), des pots de crème (olivier), mon chum qui vient me retrouver le week-end (dès fois avec des copains et la famille bien sûr, histoire de m’énergiser de la chaleur des autres), des cahiers d'écriture pour quand je ne veux plus écrire à l'ordinateur… et surtout, de l'inspiration à la caisse… pour écrire (scénarios, théâtre, nouvelles, poèmes, récits d'aventure et de voyage… maximes… écrire, écrire, écrire)… est-ce que j'ai oublié quelque chose? Ah oui! Un appareil photo pour capter la douceur du temps sans temps qui passe… de la neige qui descend lentement du firmament… des traces de cerfs qui sont passés par là… de la cheminée du chalet qui fume en paix…Puis au printemps revenir et partager tout ÇA : les mots, ma poésie, mon émerveillement… mettre en scène la beauté du monde, voyager et faire la fête à la VIE avec tous mes amis. Je veux tout ÇA… et seulement ça. C’est simple comme bonheur il me semble.
Karo du 9 janvier (enneigée jusqu’aux cheveux, j’écoute la trame sonore de Frida qui me réchauffe le cœur) * ce n’est pas une erreur mais bien un jeu de mot. Normalement, air d’aller s’écrit « erre d’aller » et est une expression propre au Québec. C’est Antidote qui me l’a dit.
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en attendant de mieux connaître la façon d’envoyer des commentaires, je publie moi-même ce message qui m’a été envoyé par Odile. Mon amie Odile qui vit en Suisse depuis cet automne.
hey Caro,
je suis heureuse de découvrir ton site et de faire partie (comme en secret, de ton groupe des Élues!!!…)quelle fierté pour moi de savoir que tu m’apprécies pour nos qualités féminines dites de profondeur, de sensibilité et de frivolité et de paradoxe aussi ! c’est ça, nous sommes faites de cette complexité féminine.
En lisant ta description de l’hiver et de ton désir pour un chalet, je me retourne vers une nostalgie québecoise. Je retrouve mes sensations et mes émotions de cette tranche de ma vie.
A vrai dire je viens de rentrer d’un superbe voyage de découverte en THailande. je reste un peu déphasée et fascinée par cette culture si différente de la notre.
je trouve génial que par l’intermédiaire du web, j’arrive à me sentir proche de toi malgré la distance…ton regard coquin et tes yeux prêts à rire ou à pleurer me reste toujours à l’esprit.
merci de me faire partager de ta personne et de ton amour pour l’écriture. comme je te connais déjà, c’est pour moi une richesse que de te lire, d’échanger et de partager dans notre relation particulière avec les mots.
gros gros bisous ma jolie.
janvier 10th, 2006 at 10:13 amet réchauffe toi bien sous la couette !!
bien affectueusement,
Odile