Page blanche et soleil radieux
Là, tout de suite, là, je m’énerve. J’ai peur. Peur de m’éparpiller. Mais ne surtout pas le faire. Ne surtout pas, m'éparpiller. C’est un jour de grande page blanche qui ne sait trop comment se remplir. Se remplir vite et futilement, que pour être satisfaite d’avoir produit quelque chose, même banal? Ou se remplir de façon créative et au rythme de son auteur, pour un réel plaisir? Oui, d’accord, je devais vous transmettre un texte sur le printemps en hiver. Mais bon, je ne le sens pas. Alors vous devrez vous contenter de la photo: printemps en hiver, prise ce vendredi. Je mets donc de côté le texte promis et je poursuis, autrement. Y’a que les fous qui ne changent pas d’idée, que m’a dit mon Dieu préféré : Ydisent. Alors puisque ma folie n’a pas encore atteint des sommets de statu quo et de statique tout court, et puisque j’aime évoluer, que c’est vital à ma santé, et bien je change d’idée (il n'y aura pas de texte du printemps en hiver). Ainsi j’avance… parfois à pas douteux, certes…
Conscience de Karo : -Parfois? Deuh! Rapport man! "Toujours" tu veux dire, "toujours"!
Karo : - …?
Conscience de Karo: -Tu avances toujours à pas douteux, pas "parfois".
Karo, vexée -Bon ok… mettons alors : Souvent à pas douteux. Ça te va ça: Souvent?
Conscience de Karo : -Ben là, choque-toi pas. Mais c’est vrai que ça fait plus crédible comme ça… avec le Souvent.
Karo : - je ne suis pas choquée… c’est juste que… ah pis laisse faire, j’peux-tu continuer là?
Conscience de Karo : - oui oui, c’est toi qui décides après tout.
Bon alors, comme je disais, puisque j’aime évoluer, que c’est vital à ma santé globale, ben j’avance. Souvent à pas douteux, certes, mais j’avance et j’accepte les changements, qui en cours de route se présentent. Du moment que ce qui s'offre est en concordance avec l’écho de mon cœur, je plonge, je nage et je fonce, malgré la peur et avec elle. Dans ce cas, je suis portée par l’amour; valet de mon cœur. Comment pourrais-je alors ne pas participer à la vie sur terre?! Il me serait si facile de rester dans mon « connu confortable » mais en même temps, qui dit trop confortable dit aussi ennui mortel… C’est pour ça qu’il y a tant de gens qui ont l’air de morts vivants, c’est parce que leur âme s’ennuie à mourir dans le train-train quotidien souvent privé d’essence. Et l’âme ben, c’est comme une voiture, ça a besoin de son essence pour avancer. Ben oui! Pourquoi tant de gens font des dépressions si ce n’est que parce qu’ils ont la mort dans l’âme? Comme on peut mourir d’une faim physique, on peut aussi s’éteindre à petit feu, à force de faire et d’être tout, sauf soi même.
Moi, je ne veux pas, à l’heure de ma mort, me dire des : j’aurais donc dû. Ou encore faire croire à tous que j’ai réalisé ma vie à ma pleine mesure, puis mourir dans le silence de mon lourd secret d’échec. Je ne le veux pas… alors malgré la peur, j’avance et je suis la voie de mon cœur. Mais (tous les sacres sont permis pour exprimer ce qui suit) ce n’est pas chose facile… car chemin faisant, des propositions alléchantes – et pour lesquelles j’ai du talent– mais qui sont totalement à l’opposé de mes buts, surgissent. Grrr… elles sont là pour tester ma foi… ou pour ME tester, ma foi! Je ne les voudrais pas, ces alléchantes propositions lucratives, car elles m’obligent à faire des choix et à puiser encore plus profondément en moi, afin de ne pas me laisser éblouir par la surface brillante de quelques métiers ne convenant pas à ma nature véritable.
Mental, un tantinet jugeant : -mais comment sais-tu si ça ne te conviendrait pas? Tu es folle de passer à côté d'une telle opportunité. Et puis, c'est premier pas dans l'entreprise, après tu pouras sûrement évoluer, monter les échelons… Comment peux-tu savoir si…
Karo, s'emportant légèrement: -Je sais et c'est tout!!! (se ressaisisant) Je sais puisque j'ai déjà essayé avant… Mais on dirait dès fois qu'il faut se mettre plusieurs fois les pieds dans les mêmes plats de merde avant de se rendre compte que c'est de la merde! N'est-ce pas! Et cette fois-ci, j'ai décidé que ça suffisait.
Mental, intimidé: -bon ça va ah… moi du moment que tu es heureuse dans tes choix.
Les propositions alléchantes de travail, on dirait que c’est le diable qui se déguise ainsi pour tester ma foi véritable en mes projets de vie. Car si j’ai quitté mes fonctions d’animatrice et de metteure en scène au communautaire, ce n’est surtout pas pour reprendre aussitôt du service dans un domaine similaire. Une lutte se fait aussitôt ressentir entre les besoins de mon cœur et les fausses croyances très ancrées dans ma tête, qui disent : « t’as pas le choix, il te faut accepter ce poste. Si tu ne l’acceptes pas, il t’arrivera sûrement un malheur. Des gens crèvent de faim sur la planète et toi tu te permets de refuser un emploi payant! Bla, bla, bla. » C’est qu’il gueule fort mon mental. Et ainsi il va, religieusement blanchi à l'eau de "jambons" (lire Morency pour comprendre le terme) , se disputant avec mon cœur qui lui sait très bien où il va et ce dont il a besoin pour la vitalité de Caroline. Le cœur, c’est la source. Le cœur c’est l’intuition, branchée directement sur l’univers et qui fait que la vie goûte si merveilleusement bon. Quand je suis branchée à mon cœur- car il m’arrive souvent d’être déconnectée, comme plusieurs sûrement- la confiance est là, pure, et je sais prendre des décisions éclairées.
La vie est tellement courte qu'au meilleur de ma capacité à l'inventer, je m'organise pour la passer à m’émerveiller, à veiller sur ceux que j’aime et à vivre en harmonie avec tous les battements de mon cœur… mon cœur qui dit : voyages, écriture, liberté, amitiés, musique, créativité, carpe diem, carpe diem, carpe diem… Sur ce, je vous laisse avec un extrait de mon auteur préféré : Christian Bobin. Le passage que je vous partage est extrait du livre : autoportrait au radiateur. Je le trouve tout simplement joli, et comme tous ses autres extraits d’ailleurs, empreint de profondeur et de sagesse, de beauté aussi…ça va de soi. Évidemment, on ne peut lire Bobin comme on lit son TV Hebdo ou encore sa revue des Stars. Pour bien apprécier Bobin et pour véritablement s’en nourrir, je vous suggère d’abord de faire le vide mental. Rien de plus simple que quelques respirations profondes (au moins 72 respirations profondes si vous êtes du genre à ne jamais vous arrêter le cerveau), se coucher au sol et s’étirer comme un chat, de la musique de détente pour support… et un brin de volonté à le faire. Un peu de cela chaque jour et ça devrait vous sauver de vous, de votre folie à surproduire, surconsommer, surperformer, surexciter, surmanger, surangoisser… . Ahahhahaha !!! Enfin … voici l’extrait Bobin… à philosopher.
« Et me voilà devant une journée neuve. Y cheminer jusqu’au soir, c’est vraiment du grand art. Je me sens comme un écolier à qui chaque jour on ferait passer un examen. Hier il a eu une bonne note, ou une mauvaise, peu importe. C’est aujourd’hui l’épreuve décisive, impossible de se reposer sur les résultats de la veille, d’ailleurs ils sont effacés. » Christian Bobin
Soyez en paix et en relation avec la vie, le monde et surtout, les tous petits!
Karo du 16 janvier 2006, jour de fête de Françoise- ma sorcière bien aimée. Karo du 16, (soudainement plus calme, revigorée par le soleil qui pénètre la fenêtre du salon)
2 Comments
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J’ai vraiment aimé te lire Karo, ce matin devant mon écran, devant ma grande baie vitrée oû un grand paysage tout blanc se dessine.
Chez moi aussi tout est recouvert de neige et comme le chasse neige n’est pas encore passé sur notre route, j’ai une bonne escuse pour rester coocooner à la maison et méditer sur ta belle écriture et le beau passage de C.Bobin.
C’est aussi comme ça que je vis ma vie, avec la conscience que chaque journée est du grand art, une création. Il faut avoir un beau moral pour bien la vivre et y puiser nos forces.
Je trouve qu’il n’y a pas plus beau que le silence dans la neige!
esprit de plénitude…
c’est ce que j’aime ce matin.
Je choisi de me laisser porter par cet état pour bien vivre ce moment présent sans chercher +. Je prendrai ce qui viendra dans la journée et je composerai avec…
Les CHOIX, AH LES CHOIX !!!
je t’embrasse,
janvier 17th, 2006 at 4:48 amO.
Ah… quel beau vent de fraîcheur que ce mémo là de toi Odile.
Merci…
Merci de tes partages, dont ce plus récent… qui vient d’avantage ancrer dans mon cœur, ma carolinade d’hier (état d’âme, besoins, vérité etc.).
Comme quoi c’est ce partage relationnel (même virtuel) qui nourrit la vie.
Le silence de la neige … et ta plénitude du matin, je les partage aussi…
Et je m’imagine, là toute proche de toi, face à ta grande baie vitrée, à contempler l’harmonie et la paix que t’offre ce matin où le chasse-neige a oublié de passer (heureusement ).
Je suis à la fois au Québec et en Suisse.
Merci merci, merci… ça me donne des forces que de te lire.
Vraiment, c’est vraiment ça que je réalise en te lisant, c’est-à-dire qu’en ce partage, qu’en ce mouvement perpétuel : donner/recevoir, écouter/parler, recevoir/transmettre du feed back de son cœur,
Je puise et j’avance. Ça me prend les deux… inspire, expire.
Inspire….. expire…..
janvier 17th, 2006 at 1:52 pmXxxx
bisous