Il a neigé; une belle neige d’hiver blanche, immaculée, et recouvrant la laideur du calcium et autres polluants des derniers jours. Puis soudain, le lendemain, il s’est mis à grésiller sur cette belle neige, des gouttes de glace, et ça a tout figé l’environnement : les arbres, les voitures, le sol et les maisons – tous captifs de l’Osti de glace! Soudain, le vent se lève et arrache tout. C’est le chaos. Les arbres se déchaînent en une danse violente au passage du vent dans leurs branches. La glace se détache des arbres et tombe, par grosses pièces. On l’entend qui vient frapper le toit de la maison et les fenêtres… À leur tour, des branches cèdent aussi en chemin… menaçant de très prêt les voitures. « Ahahahha » ouf ! On l’a échappé belle celle-là, as-tu vu comment elle est tombée proche de la Honda?! » D’autres branches, toujours bien enracinées au tronc, continuent de donner le rythme, s’entrechoquant les unes avec les autres… Et quand je ferme les yeux, le bruit du vent dans les arbres évoque celui d’un tas d’avions qui survolerait, en même temps et au-dessus de ma tête, mon bout de ciel en laissant résonner leur présence par ce son décuplé à l’infini…
De mon perchoir, je vois tout. C’est impressionnant. Ce qui avait mis une douzaine d’heures à se former de glace, s’arrache en quelques minutes au passage des vents forts. Et je me demande : est-ce les arbres qui ont invoqué le Dieu tempête afin de les décharger de la lourdeur d’eau gelée? Ou est-ce tout simplement dans la nature et les fonctions du vent, que de venter pour décharger les arbres au besoin? Qu’ainsi, les arbres n’auraient même pas à demander…? Car la nature suit son cours et ses éléments inter-reliés s’entraident, se nourrissent, se nettoient etc. mutuellement.
Les météorologues me parleraient sûrement de la rencontre des fronts froids et chauds. Des uns en provenance du Sud-X et des autres du Nord-Y… Ainsi ils me donneraient une explication scientifique à la fois rassurante et utile, mais aussi banale. Je préfère alors m’imaginer une danse du vent avec les arbres… ou peut-être même une répétition maladroite en vue d’une plus grande tempête qui créerait alors de vrais dégâts. Une grosse tempête mise en scène par Dame Nature et où les arbres, le vent et tous les autres éléments seraient les acteurs d’une comédie satyrique. Comédie qui parlerait de nous, les humains dures de la feuille.* Face à cette nature, qui aujourd’hui nous épargne –car ce n’est rien comparé à Katrina et toutes les autres catastrophes naturelles– je ne peux faire autrement que de m’incliner bien bas devant la tout puissance de DAME NATURE.
Je n’ai aucune envie de la contrôler… non plus de la gaspiller… Seulement un souhait profond me vient au cœur et à l’esprit, celui de lui rendre grâce. Et comme je termine ce papier, sur une musique de Mozart, je tourne les yeux vers ma fenêtre, à travers laquelle je peux apercevoir le ciel dégagé… bleu… et des poussières de neige qui tournoient follement dans les airs, courant dans toutes les directions, … portées par le vent, illuminées par le soleil. On dirait des lucioles diurnes, fougueuses et pressées d’aller je ne sais trop où…
*expression pour dire qu’on est dur de comprenure (oups, loop d’expression dans une autre). Ça veut dire qu’on n’est pas vite, vite pour comprendre et réagir. En l’occurrence, par rapport au réchauffement de la planète.
Karo du 17 février … (qui envoie, à l'aide du vent et par voie des poussières de neige brillantes, ses souhaits de bonne fête à son Papa d’amour.)