Qu’est-ce que ça vous inspire?


Je profite de mon néant crânien, au cœur de ce lundi ensoleillé mais très froid, pour vous offrir cette image pleine de chaleur. Puisqu’une image vaut mille mots –paraît-il, je la laisse se raconter… Qu'elle vous parle de moi, de vous, de nous, du vivant, de l’éternel, … ou de tout ce qui vous plaira. Ce sont les ombres de vie, celles dont je vous ai déjà fait mention : http://www.carolinade.com/2006/02/saisir-le-jour-mis-jour-18h40.html Celles qui donnent du relief aux murs jaunes –déjà très rayonnants– de la salle de séjour, où régulièrement j’aime prendre de grands bains de soleil. Et voilà que je vous invite à méditer sur cette image, puis à laisser monter en vous tout ce qu’elle invoque, évoque, inspire, murmure, souffle, chante ou dit. Afin de ne pas influencer votre essence, je m’abstiendrai ici d’évoquer les miennes, mes images. Pour voir la photo en plus grand format, je crois que vous pouvez cliquer dessus et ça fonctionne. Merci de me donner vos commentaires via le lien, juste ici en bas. Poètes, auteurs, bloggeurs, blagueurs, amoureux, lunes et soleils, TOUS, à votre clavier…

Karo du 27 février (le cerveau en fromage, comme paralysé par le vent du nord. Frileuse et perdue… Histoire de vous faire rire un brin, imaginez-vous donc que ce matin, je me suis rendue à ma suppléance de demain. Pouahhahahhahah. Et dire que j’aurais pu rester au lit plus longtemps.)

Clovis en eaux troubles


« Moi je veux rester petit tout le temps » disait Clovis –6 ans et des poussières– à son poisson rouge, que seule la vitrine d’aquarium séparait de lui.

Malgré le verre opaque du bocal et son contenu liquide- l’eau- qui assourdissait les mots avant même qu’ils ne puissent trouver refuge auprès de l’animal marin, Clovis avait le réel sentiment d’être entendu par son rouge compagnon. Toutefois, il s’assurait de bien articuler, car pensait-il, le poisson rouge pouvait toujours lire sur ses lèvres, en cas d’obstruction par les eaux.

«Moi je veux rester petit tout le temps, parce qu’être grand c’est pas intéressant! Les grands y rient plus. Ben ils ont pas le temps parce qu’ils sont trop occupés à s’obstiner. Oui. T’as bien lu sur mes lèvres : les grands, y s’obstinent. Ils s’obstinent avec leurs conditions de vie plutôt que de juste la vivre la vie. Tout le temps y parlent de manque d’argent, de manque de temps, de manque de perfection et toujours c’est la faute de l’autre adulte avec qui y s’obstinent. Hum… Moi j’aime pas ça les grands. Je veux pas devenir grand… »

Un temps… le poisson fait un tour de bocal –ballet aquatique restreint par la petitesse de sa demeure. Clovis est dans la lune, en profonde réflexion… On dirait qu’il vient d’attraper un coup de lucidité en plein cœur de ses 6 ans et des poussières. Le poisson termine sa chorégraphie et puis revient, toutes branchies ouvertes, vers son ami. Clovis, toujours dans les profondeurs de son lourd constat … poursuit :

« Pourquoi y font pas juste la vivre la vie les grands? Prend ma maman par exemple, elle sourit seulement quand la maison est propre et ça, ben ça, ça dure pas long parce qu’après nous on arrive de l’école et on défait toute la paix dedans ma maman. Moi je veux pas devenir grand. ça a l’air affreux. Moi je veux rester petit tout le temps. » À suivre… car pour l'instant, petit Clovis-bien-grand-en-dedans, a besoin d'aller prendre l'air pour mieux digérer sa rencontre avec Dame Lucidité.

Karo du 24 février (qui a hâte à demain pour les anniversaires et la pêche sur la glace.)

Récréa-Cime!

Un gros arbre. Une branche active, grouillante de vie. C’est l’heure de la récré! Trois oiseaux; un très rondouillet, les deux autres plus petits et comme des jumeaux, si sont donné rendez-vous. C’est l’heure de la récré, c’est l’heure de papoter. L’heure de papoter un brin, à propos de tout et rien. Entre ciel et terre et dans ma campagne tranquille, les trois oiseaux; le rondouillet ténor et ses deux comparses jumeaux-altos, papotent gaiement. « triki-triki-trikii-triki-triki-tra l’amour, triki-triki-triki-tri…” On dirait qu’ils chantent du Demis Roussos –chanteur préféré de FloBiaou. Sans doute reviennent-ils d’un voyage en Grèce et nous rapportent ainsi un peu de la chaude culture –blanche d’architecture et bleue méditerranéenne… profonde et paisible. Les trois moineaux placoteux semblent avoir TOUT saisi de l'importance de la vie en Grèce: de la récréation des Grecques et de leur populaire chanteur international. Seulement plutôt que d’être assis entre les arbres à se faire une partie de cartes, à fumer, boire et grignoter le temps qui passe, les oiseaux sont à la cime des arbres de ma campagne profonde, grignotant le Si-Sol-Fa-Mi-Ré-Do d’amour du chanteur emblème préféré des Grecs. Merci trio savoureux pour votre multiculturalisme. Et merci de réchauffer mon cœur, au cœur de l’hiver… Et quant à vous mes amis, merci d'avoir partagé votre temps de récré en ma compagnie.

Affectueusement, Karo du 22 février (déclencheuse de biaous)

Tout simplement

Bonjour les amis, j'espère que tout le monde a bien profité de son week-end, malgré le paralysant facteur-vent. Oui Pascal, j'ai le plaisir de te rappeler que ce cher facteur VENT existe bel et bien vraiment au contact de notre peau, qu'il ne s'agit alors en rien d'une illusion. Hi hi hi. En ce lundi coquet mais bien tranquille… je vous offre un extrait de mon journal de voyage de l'Espagne 2004… que pour le plaisir de m'y replonger … et par la même occasion, de vous partager un bout de souvenir. J'en profite en même temps pour vous dire: merci d'être passé me visiter durant votre pause-café bien méritée!

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Seule au monde
Je suis une infime
Petite parcelle,
Dans cette immensité
De « tous pareils »…

Les rêves se ressemblent
Les peurs sont les mêmes
Les regards en disent long
Seule la langue diffère…

Mon besoin d’Être dans la lumière et,
à travers la reconnaissance d’autrui,
S’estompe enfin devant le spectacle
du monde ordinaire qui vaque:

Une serveuse sert.
De son sort,
Je la perçois amer.
Elle ne sait peut-être pas qu’elle a le choix?

Ce voyage loin de chez moi,
Comme un retour au cœur du soi
Me donne la force de poursuivre mon chemin.
J’ai le goût de créer pour créer.
Sans presse de voir le résultat se lire
dans les sourires d’un quelconque auditoire.
Prendre le temps
De créer la vie en moi…
pour mieux aussi la créer autour de moi.

Karo du 20 février (entre deux eaux)

L’écume d’un somme

L’écume de sa bouche était là pour lui, comme un sablier qui donne le temps – grain par grain, jusqu’au dernier, lequel fait chavirer le balancier, indiquant ainsi la fin d’une tâche, d’une joute ou d’un supplice ; c’est selon. 

power napGoutte à goutte, la salive s’accumulait à l’intérieur de la joue de Paul - celle à jardin ou à cour, selon qu’il dormait sur la tempe gauche ou droite. Puis une fois la joue pleine, ne pouvant plus contenir une seule goutte de plus, c’est en un mince filet clair et direct que le tout sortait de la bouche du dormeur et le portait instantanément hors de sa sieste.

Ce petit bouillon de jus buccal, inconfortable au moment de jaillir, indiquait tout de même à Paul, de façon systématique, que sa sieste venait de prendre fin. Il pouvait s’y fier mieux qu’à une horloge. Ce qui fait que chaque après-midi, il bénéficiait d’un sommeil des plus jubilatoires… sans crainte des réprimandes du patron parce qu’il aurait dépassé le temps alloué à sa pause.

 12 minutes top chrono était le temps que prenait le précieux liquide pour remplir l’intérieur de la joue de Paul. Il lui restait donc 180 belles secondes pour contempler le vide, aller uriner et s’étirer avant de poursuivre sa journée de travail.

 Coussins de salle de conférence, dessus de table de travail, accoudoir de fauteuil, clavier d’ordinateur, siège de voiture… tous avaient un jour ou l’autre servi de réceptacle aux excédents de rêves du dormeur. 

D’un mouvement machinal de l’avant-bras, allant de gauche à droite, pour essuyer sa bouche, Paul reprenait ensuite son boulot, tout détendu, frais et dispo.

 Karo du 18 février (conteuse du samedi)
photo prise sur le net…

Requiem pour un 17 février venteux

Il a neigé; une belle neige d’hiver blanche, immaculée, et recouvrant la laideur du calcium et autres polluants des derniers jours. Puis soudain, le lendemain, il s’est mis à grésiller sur cette belle neige, des gouttes de glace, et ça a tout figé l’environnement : les arbres, les voitures, le sol et les maisons – tous captifs de l’Osti de glace! Soudain, le vent se lève et arrache tout. C’est le chaos. Les arbres se déchaînent en une danse violente au passage du vent dans leurs branches. La glace se détache des arbres et tombe, par grosses pièces. On l’entend qui vient frapper le toit de la maison et les fenêtres… À leur tour, des branches cèdent aussi en chemin… menaçant de très prêt les voitures. « Ahahahha » ouf ! On l’a échappé belle celle-là, as-tu vu comment elle est tombée proche de la Honda?! » D’autres branches, toujours bien enracinées au tronc, continuent de donner le rythme, s’entrechoquant les unes avec les autres… Et quand je ferme les yeux, le bruit du vent dans les arbres évoque celui d’un tas d’avions qui survolerait, en même temps et au-dessus de ma tête, mon bout de ciel en laissant résonner leur présence par ce son décuplé à l’infini…

De mon perchoir, je vois tout. C’est impressionnant. Ce qui avait mis une douzaine d’heures à se former de glace, s’arrache en quelques minutes au passage des vents forts. Et je me demande : est-ce les arbres qui ont invoqué le Dieu tempête afin de les décharger de la lourdeur d’eau gelée? Ou est-ce tout simplement dans la nature et les fonctions du vent, que de venter pour décharger les arbres au besoin? Qu’ainsi, les arbres n’auraient même pas à demander…? Car la nature suit son cours et ses éléments inter-reliés s’entraident, se nourrissent, se nettoient etc. mutuellement.

Les météorologues me parleraient sûrement de la rencontre des fronts froids et chauds. Des uns en provenance du Sud-X et des autres du Nord-Y… Ainsi ils me donneraient une explication scientifique à la fois rassurante et utile, mais aussi banale. Je préfère alors m’imaginer une danse du vent avec les arbres… ou peut-être même une répétition maladroite en vue d’une plus grande tempête qui créerait alors de vrais dégâts. Une grosse tempête mise en scène par Dame Nature et où les arbres, le vent et tous les autres éléments seraient les acteurs d’une comédie satyrique. Comédie qui parlerait de nous, les humains dures de la feuille.* Face à cette nature, qui aujourd’hui nous épargne –car ce n’est rien comparé à Katrina et toutes les autres catastrophes naturelles– je ne peux faire autrement que de m’incliner bien bas devant la tout puissance de DAME NATURE.

Je n’ai aucune envie de la contrôler… non plus de la gaspiller… Seulement un souhait profond me vient au cœur et à l’esprit, celui de lui rendre grâce. Et comme je termine ce papier, sur une musique de Mozart, je tourne les yeux vers ma fenêtre, à travers laquelle je peux apercevoir le ciel dégagé… bleu… et des poussières de neige qui tournoient follement dans les airs, courant dans toutes les directions, … portées par le vent, illuminées par le soleil. On dirait des lucioles diurnes, fougueuses et pressées d’aller je ne sais trop où…

*expression pour dire qu’on est dur de comprenure (oups, loop d’expression dans une autre). Ça veut dire qu’on n’est pas vite, vite pour comprendre et réagir. En l’occurrence, par rapport au réchauffement de la planète.

Karo du 17 février … (qui envoie, à l'aide du vent et par voie des poussières de neige brillantes, ses souhaits de bonne fête à son Papa d’amour.)

TEMPÊTE!!! À PLEINS POUMONS :)

Categories: Carpe diem | 3 Comments

Qu'est-ce qu'il y a de plus cool qu'un jour de tempête passé dans le confort de sa maison?! Hum… Sûrement plein d'autres choses… mais qu'importe puisque dans mon instant présent, c'est ce que j'apprécie le plus: regarder la neige tomber -ah!surprise, elle vient d'arrêter- puis me réjouir du fait qu'aucune activité extérieure ne presse assez pour m'obliger à cet interminable rituel d' emmitouflement des doigts, du nez et des orteils, du déneigement de la voiture et de l'entrée, de la conduite avec facultés affaiblies par le stress du trafic et des conditions routières… Alouette ! Je sortirai sûrement avant la fin du jour, mais ce sera à pied… l-e-n-t-e-m-e-n-t à profiter du paysage, féérique, qui s'offrira alors à moi ! En terminant, voici, le plus simplement du monde, mon paysage du jour, digne des univers de films de TIM BURTON. Mais je vous le jure que ça vient de chez moi. Une fois de plus, cette photo est prise du haut de mon perchoir.

Karo du 16 février (marmotte un jour, marmotte toujours)

vie 5 étoiles avec vue sur pantin joyeux et pignon de maison

Je capote… littéralement. Littérairement aussi. Là, dans mon moment présent (avec pour point de vue de repos, l'image que je vous ai glissée ici), je baigne dans les eaux douces, d’une harmonie sans fin. Sans fin parce que sans début non plus. Des eaux douces aux couleurs apaisantes où le temps n'existe plus; que les sensations agréables, et qui ne peuvent être vécues que dans ce haut lieu de grattitude envers la vie. Je suis tout à fait plongée dans ce lieu hors du temps et du commun. En fait, le plus extraordinaire ici, c’est justement ça; soit le bonheur de vivre une paix profonde dans un lieu pourtant si commun et qu’on appelle le quotidien. J’y suis, simplement. J’écoute Carnival Town de la soyeuse et Divine Norah Jones, puis je vaque à des tâches variées. Tâches qui s’accumulaient depuis quelques jours, comme tant de choses plates mais qu’il faut pourtant faire. Me voilà donc en train de prendre d’assaut cette pile de dites choses plates… ET POURTANT, c'est ça qui est extraordinaire… je suis dans un état de bonheur profond malgré le banal avec lequel je dois composer. Serais-ce donc dans la façon de faire que réside la plus grande partie du bonheur? Et pas seulement dans l'objet du fesage

*****

suite du 15 février… Kym, L’AcceptAmour est à nouveau venu frapper à ma porte. Puis en tout gentil et élégant qu’il est, il a attendu que je sois pleinement réveillée pour le faire. Il a donc sonné à la porte à l’heure du dîner. Et tu ne sais pas quoi? Il est venu mais déguisé. Ah le coquin! Oui oui, je crois bien que l’acceptamour peut ainsi prendre toutes sortes de formes. Un peu comme Dieu qui se déguise souvent en hasard pour qu’on ne le reconnaisse pas.

-Ding! Dong! -Qui va là? -C'est moi, l'AcceptAmour… je viens t'apporter ta dose d'amour du jour. Acceptes-tu que j'entre chez toi? Ou préfères-tu que je restes, frisonnant sur le pas de ta porte?

-Mais tu n'es pas l'AcceptAmour. Tu es… ma voisine? Je ne comprends pas?

-Je suis en effet l'AcceptAmour, mais aujourd'hui, sous les traits endimanchés de ta voisine. Si tu ne veux pas accepter cette forme-là d'amour, je m'en retournerai de ce pas et sans rancune. Je continuerai bien sûr, à t'aimer… car telle est ma nature. Mais je le ferai alors dans la distance de ton coeur. Dans ce cas, seulement moi pourra en bénéficier, de cet amour-là. Et si parce que tu as refusé mon amour, tu te plains ensuite: O malheureuse que je suis! sache que tu en seras l'unique responsable. Car tu es; l'unique responsable de l'amour que tu laisses entrer ou non chez toi.

-Oui, oui, de ce pas… entrez donc cher AMOUR Agapès. Je vous attendais. Ce matin j'ai justement fait mon brin de toilette: ouvert ma fenêtre, respiré les arbres, la neige et le ciel… ouvert mon coeur et tout fait entrer cette énergie-là… pour mieux vous recevoir cher ami. Bienvenue chez vous.

C’était donc l’AcceptAmour qui me rendait visite, vibrant à travers ma voisine qui m’apportait un plat tout chaud. Une bouffe cuisinée par elle et son chum : riz croustillant et crevettes sautées, le tout apprêté à la saveur du Portugal. Hum… quel délice! Sans plus, elle est repartie. Elle ne venait que pour cela… me partager leur repas du midi. Wow! Sublime et simple moment, tout à la fois. Si vous me demandez quel est le plus riche moment de ma journée, je vous dirai que c’est assurément celui-là. Même si la journée n’est pas encore terminée et qu’il reste d’autres belles surprises vers lesquelles tendre les bras et ouvrir le coeur. Merci la vie pour toute cette abondance.

Karo du 15 février (qui grignote les restants d’amour reçus hier et ceux du jour qui continuent d'affluer.)