Jour UN de février 2006

8h58 Jour UN de ce 2e mois de l’année. Avez-vous vu janvier passer? Moi non. Mais certes j’en ai profité pour vivre le plus possible en accord avec… vous le savez, l’écho de mon cœur, les vibrations de mon âme. Ma tête n’a servi qu’à régir le calendrier! C’est le premier matin depuis longtemps où je peux apprécier La Chorale des Oiseaux du Matin. Car d'ordinaire, je paresse un brin de plus au lit. Je suis donc fort heureuse d'avoir pu aujourd'hui capter cette magie. Qu’elle était belle la chorale matinale! De mon entrée de cour, je pouvais apercevoir quelques moineaux sur la cime des hauts arbres de ma rue cul-de-sac. Ils chantaient tous gaîment. Puis à 9h00 pile, c'était terminé. Je devinais alors les oiseaux frais et dispo., prêts à poursuivre le jour. J’en étais à pelleter un surplus de neige –encore de la grosse marde blanche à enlever avant que le verglas de ne mette de la fête et vienne encroûter le tout– que Chaton m’avait demandé de supprimer, avant que notre stationnement ne devienne aussi périlleux que notre toit de maison en glaçons.

-Oui Chaton, je veux bien faire ça aujourd’hui, si j’ai le temps. Mais l’affaire est qu’il y a autant d’autres feux à éteindre; comptoir qui déborde de vaisselle salle, ne serait-ce que celui-là, des plans pour que je me laisse crever de faim si je ne le nettoie pas. –en effet, quand c’est trop le bordel dans la cuisine, je me décourage à me faire à manger.

-(d’un air marabout - c’est pas moi qui l’ai dit, c’est lui) Pas de problème, c’est toi qui gères tes priorités. Moi je fais juste te dire ce qui l’est, prioritaire. Avant que ça re-gèle et qu’on soit pris sur une surface lunaire, pleine de cratères, tu dois aller terminer le pelletage.

-(en *aparté et donc, entre les dents) Avec ton air de bœuf, c’est pas la neige que j’ai envie de supprimer, mais plutôt toé. Non, mais c’est vrai quand même. Ce matin alors qu’encore dans un sommeil tendre et rêveur, j’ai entendu sa voiture spinner dans le beurre d’là neige –la voiture de Chaton était en effet prisonnière de l’ourlet de gratte gentiment confectionné par la pelle mécanique de la ville– je me suis donc levée d’un bond sortant de mon rêve tendre et léger et, tout étourdie, j’ai ouvert la fenêtre de la chambre : « j’m'en viens t’aider!!! » que je lui ai dit. Puis j’ai enfilé mes bottes, mon manteau, mes mitaines et en moins de 2 secondes, j’y étais, dans ce beau paysage nordique ton sur ton, noir et blanc. Si en plus de ça il faut que j’endure la face de bœuf de monsieur … on n’est pas sortie du cul-de-sac! (retour à Chaton, car n’oubliez pas que j’étais encore dans mon aparté pouahahah): J’entends ce que tu me dis Chaton et je ferai tout mon possible pour pelleter, mais l’affaire est que nous avons mal géré les priorités ces derniers jours, ce qui fait qu’aujourd’hui, tout est prioritaire: autant la cuisine que le pelletage.

-(bêtement) R’garde, fais comme tu le veux, je fais juste te dire que c’est prioritaire la neige. Je ferai la vaisselle avec toi ce soir car c’est moins prioritaire.

-(Chialeuse, mais affirmative) Tu ne veux jamais la faire la vaisselle le soir; toujours trop fatigué pour ça. Et puis moi aujourd’hui, si le comptoir déborde, je vais manger quoi? (il faudrait qu’un jour je prenne en photo la configuration de notre cuisine pour que vous compreniez l’injustice dont chaque jour nous sommes victimes pouahaah. Cuisine mal foutue va, j’taime bien pareil!) Désolée Chaton, comme je te dis, je ferai mon possible pour tout faire en plus de mes objectifs d’artiste, mais je veux juste que tu entendes que nos priorités se valent bien l’une, l’autre.

-(Re-bêtement) J’ai entendu, fais ce que tu veux. Je m’arrangerai en arrivant.

-Coudons-toi! Es-tu en SPM comme les femmes? Ou bedon, m’en veux-tu pour quelque chose en particulier?

-Tu le sais que le matin je suis parfois bougonneur, et le soir aussi quand j’arrive. Alors tu vois, je suis plus souvent SPM que toi tu peux l’être.

-Donc si je comprends bien, je ne dois pas prendre ça personnel?

-Non…. (un temps, silence pesant) Veux-tu un bout de mon bagel au fromage?

-(fiouf et soulangement) Si. Merci. (sourire)

-Et un quartier de mon orange?

-Non mais merci quand même.

-Bon je dois y aller.

-Bisous bonne journée.

-Bisous, bonne journée.

Et c’est alors que je suis ressortie. –faut battre le fer tandis qu’il est chaud. Et puis je me suis dit que ça allait me faire deux pierres d’un coup; qu’en pelletant donc, mon exercice allait être fait pour la journée. N'allez pas croire que j'ai cédé sous la pression du Chaton-bougonneux. pouahaha. L’air était pur, juste assez frais pour, non seulement me réveiller mais aussi pour éveiller mes sens. Et c’est en prenant le temps de m’arrêter pour respirer profondément que j’ai entendu la chorale d’oiseaux à varier –que j’ai réalisé alors une fois de plus, mon bonheur d’être en vie. Le ciel ne s’était pas pour autant dégagé de son gris… et pourtant, le soleil était en moi, rayonnant. Je venais de m’inspirer de ces oiseaux chanteurs, de leur douce harmonie du matin. Eux qui ne se souciaient guère qu’il fasse beau ou mauvais temps pour chanter leur liberté. Ils chantaient, simplement. Quel beau rituel du matin ai-je alors pensé. Dès cet instant, le noir et blanc de ce mercredi terne me parut tellement plus lumineux. Tout autour de moi était calme et beauté. Je continuai de pelleter, le cœur léger,… la pelle aussi. Je me sens si privilégier de pouvoir vivre cette vie comme je suis; de nature plutôt l-e-n-t-e… j’aime prendre le temps : le temps de respirer, le temps de t’écouter, le temps de savourer pleinement chaque petit instant dans un livre, dans tes yeux, dans une musique qui fait pleurer, dans un enfant qui rit, dans une tulipe qui s’ouvre le temps d’une saison… Mon hiver de marmotte me l’offre bien, ce temps-là, lent et profond, calme et contemplatif. De la méditation pour tous mes sens et bien au-delà…

MERCI LA VIE pour cette abondance dont tu me fais grâce. Puis me reviennent en tête les questions que je vous ai posées il y a deux jours : est-ce que vous, présentement, vivez la vie qui vous gorge le cœur d’amour et votre âme d’un goût de chocolat divin? Cette vie-là qui fait que même triste, on continu de sourire en sourdine quelque part au fond de son ventre. Si Oui et bien propagez-là, propagez votre énergie, le monde en a besoin. Sinon, comment faire pour y arriver? Voici que je vous partage une phrase qu’une amie m’a dite hier. Une phrase que j’avais déjà entendue, mais autrement. Et puis hier, sortant droit de la bouche de Françoise, femme admirable et pleine de sagesse, ces mots avaient soudain un sens plus profond et me donnèrent le goût de poursuivre MA quête. Car si je ne m’occupe pas de mon bonheur, qui s’en occupera? Les autres viendront sûrement, mais ce sera pour m’imposer le leur… Alors voici cette phrase toute simple, … puisse t-elle faire sens à votre cœur et vous inspirer à créer de plus en plus VOTRE VIE. « Mets à ton agenda ce que tu veux faire pour toi en premier et puis le reste va se placer. » j’ajouterais… va se placer harmonieusement, comme il se doit! Voilà tout pour ce jour nouveau.

Karo du 1e février (libre et heureuse) *aparté : Mot, paroles que le comédien dit à part soi, et qui, par convention, n’est censé être entendu que par les spectateurs.

5 Comments

  1. Anonymous

    Ton plaisir de vivre est contagieux,aujourd’hui! hmmmm(soupir de bien-être)En te lisant, j’ai pelleter avec toi et aussi entendue la chorale d’oiseaux…hmmm(autre soupir de bonheur)
    Par un drôle de hasard, un conseiller financier m’a dit la semaine dernière, une phrase qui ressemblait beaucoup à celle de Françoise:
    “Si tu veux ramasser de l’argent, il faut d’abord t’en garder pour toi et ensuite payer tous tes comptes. La plupart des gens font le contraire…et sont toujours cassé!
    Méditons là-dessus
    F

  2. chaton

    Une chance que je suis la aujourd’hui pour alimenter ton esprit tordu d’écrivaine. Je me demande ou tu vas chercher toute cette belle inspiration ;)

  3. Anonymous

    Plus je vous regarde aller et plus j’ai l’impression de voir aller un bon vieux couple. J’ai tu dis un vieux couple? Hummm………..Oui c’est bien ca un bon vieux couple !déjà
    7 ans ça explique tout Ha!Ha!ha!
    Je trouve que ça ressemble à tous les bons vieux couples que je connais.

    Moi je dis toujours accordez vous donc c’est si beau l’accordéon.

    Daddy O

  4. théo

    Ah Caroline ! Si tes parents avaient oublié de te créer, les oiseaux s’en seraient chargé ! C’est ce qu’ils se chantaient, ce matin-là, sur la cime des grands arbres.

  5. Caroline

    Merci Théo :)
    comme ta pensée est bonne pour moi.
    J’aime à imaginer que les oiseaux étaient en trai de se dire ça… et ça me fait sourire.

    :)



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