Non mais coupez… On recommence.

-Quoi? Qu’est-ce que j’ai dit de pas correct?
- rien de spécial mais pourquoi tu ne commencerais pas avec « oui mais »… c’est subtil comme nouveau départ… mais franchement efficace. Essaie, tu verras.
-…? D’accord.
-Prise 2 action! OUI MAIS…quel délice! 3 jours sans appel de la commission scolaire pour me supplier de suppléer à un professeur malade. 3 jours rien qu’à moi. 3 jours que j’arrive à apprécier; sans donc, ce foutu sentiment de culpabilité qui vient parfois me hanter dans pareils moments. 3 jours à me retrouver comme au début de l’hiver –à l’écoute de la nature, belle et mystérieuse, simple et tranquille…
Les oiseaux, tous les oiseaux chantent, gazouillent, voltigent. Ils sont beaucoup plus nombreux que cet hiver. Le concert en est d’autant plus gai. Sauf quand la corneille se met à crier. À ce moment, mes oreilles ont beau se forcer et tenter d’apprécier ce cri strident, mais, rien à faire, leur voix ne se mêle pas très bien à la fête. Tout de même, je les aime bien, ces corneilles qui chantent le printemps. Il y a aussi monsieur l’ardent Soleil qui vient tempérer la froideur de la brise du nord sur mon corps pas encore tout à fait sorti de sa tanière. Monsieur Soleil qui fait fondre la neige et ses résidus dont on ne voit maintenant plus que quelques amoncellements tous noirs de poussière. Puis il y a un tapis de feuilles mortes qui apparaît maintenant, tapis de feuilles mortes abandonnées sur le sol à l’automne dernier par des propriétaires découragés de n’en plus finir de ramasser. Voyez-vous, le hic avec notre magnifique campagne, c’est qu’il y a un chêne sur notre terrain. Un majestueux et grand chêne qui, à chaque automne, n’est drôlement pas pressé de se dégarnir de ses feuilles, contrairement à ses petits copains les érables. Ce qui fait que très souvent, à la première neige tombée, les feuilles dans le grand chêne sont toujours là. Trop tard elles tombent donc et se mêlent à la neige et tout le tralala. Ce qui fait qu’au printemps… enfin, vous comprenez?!
Aujourd’hui c’est le paradis. Pas de scie à chaîne en vue, pas de voisin qui écoute de la musique plate à tue-tête non plus, les tondeuses pas encore sorties et les maringouins meurtriers, toujours au stade d’incubation, dans les eaux dormantes des marais. Mon bureau de travail est bordélique, les comptes à payer s’empilent comme toutes les feuilles mortes du grand chêne, mon linge à plier déborde dans son panier, le lavabo de la cuisine, fidèle à son habitude, déborde lui aussi, des coccinelles asiatiques envahissent les fenêtres de mon salon, ma cour est pleine à racler… et surtout, comble d’activités moches et ordinaires, j’ai quelques livres en surplus à perdre, quelques poils à tondre –c’est l’ourse qui lentement sort de son hibernation.

Mais savez-vous quoi? Aujourd’hui, rien de tout cela ne m’ennuie. Il faut croire que ce qui émane de mon intérieur est plus grand que ces tâches et encombrements divers qui en d’autres temps me fatiguent, comme autant de dossiers dans ma mémoire -jamais classés, comme autant de choses à faire sur ma « to do list » -jamais biffées. Mais aujourd'hui, pour mon plus grand bonheur et ma plus grande légèreté, j'arrive à me dissocier de tout cela. J'en profiterai donc car je sais ces états là passager. Ah! Mon équilibre, si fragile, quand je te retrouve, je ne veux plus te quitter! Aujourd’hui, dans mon cul de sac, là non loin du lac, il fait beau et je m’en extasie.

Sur ce, bon week-end à tous.
Affectueusement,
Karo du 31 mars (dans l'un de ces états où rien de la dérange… sauf les limites qu'impose Monsieur Blogger à sa créativité.)

Quel film!

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Pour le jour, beau comme hier, voici ma plus récente participation au site de création dont je vous ai déjà parlé: Coïtus Impromptus.

Le thème imposé cette semaine est le suivant: “Quel film”…
Bonne lecture. Gros bisous.

Les gens sortiront des salles de cinéma; conquis, remplis, grandis.
Ils sortiront le regard profond, le cœur baigné d’émoi, l’âme rejointe…
Bercés dans leur humanité, rebranchés au merveilleux du vivant.

Des jours durant, ils seront habités par les images et les personnages – grandeur nature; des jours durant ils seront élevés par la musique – vibrante, portés par cette histoire sublime.

Ainsi inspirés par cette grande œuvre du 7e art, plusieurs se libéreront tout naturellement de leurs vieilles peaux mortes… et auront alors une envie folle de vivre enfin – pleinement, simplement.

Des premiers à être allés voir ce film, aucun n’aura rien raconté, ou presque, tant l’histoire les aura touchés dans les profondeurs de leur Être.

Le silence qui suivra ce spectacle sera beau et nécessaire. Car au sortir de la projection, les mots ne viendront pas et que de toute façon, en venant, on se rendra vite compte qu’ils sont de trop. On préférera donc continuer de cueillir l’essence du grand chef d’œuvre – en silence. Le silence étant la plus grande marque de respect qu’il puisse y avoir devant tant de grandeur. Le silence étant le plus bel état à goûter pour mieux retrouver la voix… Tous silencieux, les yeux mouillés, le cœur en paix, ils sortiront des salles de cinéma… fraternisant du regard. Ils reprendront peu à peu contact avec leurs sensblables.

Même les journalistes artistiques seront béats devant tant de grâce. En guise de critique et pour tout commentaire, ils ne laisseront que des étoiles – une pluie d’étoiles.

Des 4 coins de la planète bleue, on troquera son arme pour cette lueur d’espoir. La foule continuera d’affluer longtemps pour voir ce dont personne ne parle et qui pourtant éveille l’âme collective; réunissant la vie au cœur de chacun.

Des mois plus tard, voir même des années, tout ce qu’on aura trouvé à dire – l’émotion encore palpable et la transformation suivant son chemin – sera :
Quel film!

Karo
du 30 mars ( qui profite d’un jour sans suppléance pour faire ce qu’elle aime le plus: écrire.)
crédit photo: mateo ou karo, Espagne été 2004

Encore un brin de printemps… pourquoi pas!

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Il faut bien le célébrer tandis qu'il s'amène. Pour tous les jours gris passés à hiberner, j'embrasse le beau temps qui est là. Je succombe et me laisse porter. J'écris cette intense coquinerie du printemps, à l'écoute de mon cerveau primitif qui s'éveille. Que voulez-vous, il faut bien lui donner un peu d'espace en fiction à celui-là. Ainsi, on parvient mieux à gérer nos pulsions. ahahaha!

Voici donc un poème à l'hymne au printemps, à l'hymne à la vitalité, de la rencontre de deux âmes… regards habités et … de deux bouches qui se touchent… sans plus. Car qui n'a pas un jour rêvé d'embrasser un (e) inconnu (e) simplement parce que le magnétisme y est? Et sans plus, reprendre son chemin, énergisé par ce partage -bref. Comme une étoile filante… saisir le jour.

***

De ma bouche je veux embrasser la tienne;
muscler mes lèvres vierges pour mieux goûter à la pulpe de ton sourire.
M’approcher et puis mordiller len-te-ment… encore plus l-e-n-t-e-m-e-n-t…
Lécher tes liquoreuses lèvres, tendrement.
Frémir mais me retenir et –au compte goutte– te séduire.
M’imbiber de ton sourire rouge pourpre…fatal !

Tu zigzaguais sur ta bicyclette quand nos regards se sont croisés…
La tête tournée, tu as presque perdu le pied.
Nos âmes se sont alors enlacées. Ce fût; instantané.
Le cœur en alerte, j’ai laissé tomber ma mallette
et au passage arraché ta nuque, te freinant sûrement dans ta chute.
Mon bassin frénétique appelait nos deux êtres –magnétiques !

Mais où allais-tu donc avant ce chamboulement
que tous deux désirions ardemment?
Par ton regard diaphane, rempli d’une vie ailleurs profane,
je me suis laissée pénétrer et à ma pureté, je t’ai invité.

et depuis, je veux mon cœur se perdre dans tes bras
juste une seconde … juste… une, se…Conde de cette éternité féconde.
Dès ce premier regard, nos âmes avaient fait l’amour.
Ne restait plus qu’à y plonger tout entier… au soleil plein jour
afin que ne s’évanouisse pas ce mystérieux et jouissif état.
Alimenter ce feu et dégeler la rivière, de l'hiver glacée.
En toi me baigner d’émoi, simplement, sur la rue dans tes bras.

Je veux m’avancer et croquer ta bouche d’homme mûr –c’est cela.
Goûter à ton juteux baisé et…franchir le point du non-retour.
Avoir envie de te dévorer vivant, tant de toi mon corps est vibrant.
Mais ! Résister, juste un peu encore… rester là,
ta tête entre mes mains ma langue glissant sur la tienne,
ta salive pour ultime essor.

Mon corps cédant au chant de ma vulve en fête, pour un moment…

J’en mouillai ma petite culotte
mais en silence, continuai la danse,
de mon sourire contre le tien,
de ta nuque chaude entre mes mains…

Discrètement s’abandonner à cette lascive cadence
Mes yeux désireux pénétrant ton regard intense.
Une dernière fois avant le retour chez soi :
De ma bouche, embrasser la tienne;
muscler mes lèvres vierges
pour mieux goûter à la pulpe de ton sourire.
M’approcher et puis mordiller len-te-ment… encore plus l-e-n-t-e-m-e-n-t…
Lécher tes liquoreuses lèvres, tendrement
M’abreuver de ton sourire rouge pourpre…fatal !

J’ai repris mon sac, toi ton chemin…
Tous deux désormais complices
de ce malicieux et interdit délice.
Sur ta bicyclette tu es reparti,
le cœur léger, l’âme chavirée…

En moi telle une lueur oubliée,
comme une vieille blessure ravivée
L’amour revenant, l’amour au vent, désir brûlant.
La femme Eros, la femme de sang.

Karo du 29 mars (qui rêve d'escapade amoureuse avec… vous savez qui. Ben non, pas avec Brad Pitt. Mon chum, mon chum. Rien de plus, rien de moins. Avec mon chum que j'aime.) Ps: pour ceux de ma famille qui me lisent, je tiens à préciser que le poème que vous avez lu est une fiction. Rassurez-vous donc, je suis toujours amoureuse de Chaton le bel amour. Mais c'est cela que le bonheur d'être auteure… soit de s'amuser à créer des univers imaginaires. Alors dans cette fiction sensuelle, je ne suis pas le personnage:) Disons que pour les besoins de la cause, elle s'appelle Sophie.

C’est confirmé, Kid Nap Inc frappe encore!

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Kid Nap Inc. frappe encore. Tous les doutes sont maintenant confirmés. En effet, les cruels membres de Kip Nap Inc. en série sont à nouveau responsables d’un enlèvement. Cette fois-ci, on dit qu’il s’agirait de l’enlèvement d’un chat. Et c’est bien malgré nous (Carolinade et Binarymix) que nous servons, une fois de plus, d’intermédiaires dans toute cette triste affaire. Merci donc d’avance pour votre aide.

Ainsi, les Kid Nap Inc. nous ont demandé de retransmettre le texte que voici, écrit et signé de la patte du captif. Excusez à l’avance, les erreurs ou la mauvaise traduction possibles car nous avons dû, dans un temps très limité, traduire le code-chat en langage humain. De plus, l’on croit deviner, au coup de patte du matou enlevé, qu’il aurait écrit ce poème-là dans un ultime cri de désespoir. Miaououooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo!!! Étaient ces dernières paroles.

Nous avons d’ailleurs reçu le message très tard la nuit dernière, par voie de panier de confiture laissé sur notre perron. Aussitôt nous nous sommes affairés à la tâche de traduction. Ce qui a duré une bonne partie de la nuit et du jour. Nous avons traduit le tout le plus fidèlement possible. Voici donc le message du chat enlevé :

Ils étaient 3 p’tits chats, 3 p’tits chats, 3 p’tits chats, chat, chat.
Pas de chapeau de paille.
Un qui venait de Cuba
D’où on l’avait acheté.
Dans le bois il fut sculpté
Son long corps un peu penché
Avait fait craquer
une grande dame
Collectionneuse de bibelots-chats.

C’est pourquoi on l’avait choisi
parmi tous ses exotiques amis
également sculptés dans le bois,
le fier et grand chat de Cuba CubaChat,
ramené au Canada
par nulle autre que Mme Jasper
de la rue des Bibelots-Chats.

Ils étaient 3 p’tits chats, 3 p’tits chats, 3 p’tits chats, chat, chat.
Pas de chapeau de paille.
Les deux autres tout aussi mignons
Plus trapus et plus ronds,
l’un en pierre et l’autre en pâte,
aussi objets de collection.
Tous les trois trônaient bêtement
sur la tablette du bas
d’une svelte table décorative
tout juste en haut d’un escalier.
Rue des Bibelots-chat

CubaChat en silence culpabilisait
de n’être que chat de musée et…
tous les jours parler de chats et d’autres
en compagnie de ses amis les siamois
commençait à l’ennuyer sévèrement
et même à lui donner de l’urticaire.

Sa vie rêvée il voulait la vivre
parcourir le monde, le découvrir.
C’est ainsi que subitement
par une nuit bien ordinaire
où sa maîtresse ronflait à souhait
CubaChat prit la poudre d’escampette
comme ça sans un adieu, sans avertir
quitta sa douillette litière
ainsi que ses nombreux amis
et Mme Jasper qu’il aimait tant.

Il versa une larme mais ne se retourna pas.
En chemin, il se fit vite une copine
du doux nom de capucine
qui instantanément s’éprit de l’exotique chat.
Mais CubaChat préférant l’aventure
à la vie de pacha,
un beau matin quitta la belle
une note d’aurevoir et à la prochaine…
puis il repartit suivre son chemin.

Il erra libre, heureux et maigrissant
comme dans ses rêves,
Héros de ruelles, le svelte chat,
si grand qu’il avait du penchant
marchait, dormait, bouffait, chantait, miaoou sol la si do
bref, une vraie vie de chat… jusqu’à temps que…

Kid Nap Inc en série qui rodait par là
ses membres toujours aussi assoiffés d’amour
en profitèrent pour faire leur 2e victime
et en voyant CubaChat, sans hésiter,
le capturèrent dans leurs filets.

Le pauvre Matou qui quelques temps auparavant
Mme Jasper avait fait dégriffer
n’a pu se déprendre
des sales pattes des ravisseurs,
ses brigands sans coeur.

C’est alors que CubaChat
commençait à regretter sa fugue…
se disant qu’il allait peut-être mourir,
sans avoir jamais pu dire à madame Jasper :
merci pour le Canada,
merci pour la belle vie,
merci pour mes amis.
Et puis tous les gens de la rue Bibelot-Chat,
commencèrent à lui manquer
amèrement…

Rançon exigée : rendez-vous sur http://www.binarymix.com/ ou encore une fois vous pourrez voir la cruelle marque de Kid Nap Inc. à travers une série de photos du pauvre Chat, toujours en vie, mais la tête et le cœur bien à l’envers.

Mystérieuse disparition

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Cette étrange photo que nous avons reçue tard cette nuit, par voie de panier de confiture sur notre balcon, semble être le nouveau fruit scandaleux de la bande des KID NAP INC. en série.

Nous nous activons présentement à la traduction d’un étrange message qui a été laissé avec l’anonyme photo. Nous n’en sommes qu’au début de la traduction, mais nous croyions qu’il s’agit de code-chat. S’agirait-il de l’enlèvement d’un matou?

De plus amples détails suivront aussitôt que possible.
Revenez nous visiter car nous aurons assurément besoin de vous tous.

Je vous annonce par ailleurs que Bossu a retrouvé sa famille, cela dans la plus grande joie qui soit!

Karo du 27 mars (qui a codé toute la nuit)

Bobin… et ses amis…

Ce matin, quelque chose de bien simple, quelque chose de bien beau, quelque chose d'une telle profondeur qu'il faut à la fois sur elle poser: un regard d'enfant - l'émerveillement, et un regard de sagesse - l'humilité, l'amour. Tout ce qu'écrit Bobin, Christian Bobin, demande à ce que l'on s'arrête d'abord, pour ensuite mieux redécouvrir et cueillir l'essentiel. Sur ce et sans plus, voici un court extrait que j'ai pigé, au hasard du matin, dans l'un de ses cahiers.

"Je donne mon amour à qui me donne de la joie."  

Extrait de Autoportrait au radiateur.

C'est beau n'est-ce pas? Simple et profond à la fois. Je vous l'avais dit. Bonne méditation! Bonne contemplation! Bon week-end printanier!

Affectueusement vôtre,


Karo du 25 mars (radieuse d'avoir découvert cet autoportrait au radiateur. Karo qui vous quitte pour le jour et sans plus car sa leçon de Brésilien l'attend. Ainsi que la fête de Gabriel 3ans).

Krédit d'artiste: Dessin de joie, de Raphaël 4 ans. Raphaël que j'aime car il me procure tant de joie.

Le miel de vie

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Voici ma participation au thème littéraire imposé cette semaine sur le site Coïtus Impromptus. Je vous glisse également ce portrait de mignonne marmotte, qui représente mon signe astrologique amérindien. C’est moi qui devrait donc vous aviser par mon ombre, lorsque le beau temps sera arrivé pour de bon. Pouahahhaha. Sans plus de folies du jeudi, 16h49 pm, bonne lecture très chers amis! Ps: truc pour ceux qui comme moi, sont de temps à autres, épuisés de lire à l’écran. Imprimez ce texte, de préférence sur du papier recyclé et lisez-le dans votre lieu favori (lit, divan, toilette, salle d’attente du médecin…)


Le miel de vie au Québec, c’est le sirop d’érable. D’ailleurs, le temps des sucres, c’est-à-dire, le temps de l’année où les érables coulent à flot, est en quelque sorte notre symbole de renaissance. Quand vient ce temps-là, on sait que le printemps ne tardera pas.

Mais pour le moment, il fait encore frette au Québec. Alors oui, je voudrais bien déjà pouvoir en ressentir le parfum de ce miel de vie dont fait objet le coïtus de la semaine. Et j’ai très hâte d’ailleurs. Je m’impatiente. Mais voyez-vous, ici, le mercure oscille encore par instants entre les –5 à –10 degrés Celsius.

En attendant donc, les premiers bourgeons du printemps à venir, c’est par une petite visite de mes anciens printemps que je me prêterai à votre Impromptus exercice. Ainsi, je vais vous parler de ma voisine de 66 ans. Touchante femme, s’il en est une, elle porte un double prénom de fleur et de vierge. Marie-Rose qu’elle s’appelle. Et pourtant…

Marie-Rose ne ressentait plus le printemps s’égayer en elle, cela depuis des lunes. À l’intérieur, elle était sèche comme le désert. Plus sèche peut-être encore; sèche comme un fond de verre de lait caillé, impur. Puis du jour au lendemain, alors qu’elle n’attendait plus rien de la vie, sa source intérieure s’éveilla à nouveau. Et c’est là qu’elle vint me voir, car elle avait perçu en moi, l’âme d’une thérapeute. De mon côté, je me disais que ces échanges hebdomadaires, qui duraient depuis maintenant 2 ans et chaque fois autour d’un bon café, ne pouvaient que nous faire du bien à toutes les deux –moi la vieille âme au cœur ouvert qui apprend de l’expérience des autres et elle, la mère, l’enseignante, la bénévole, bref : la superwoman. En ma demeure, elle avait trouvé un espace où exister ailleurs que dans ses costumes et ses personnages encombrants, tandis que moi je me délectais d’une relation authentique, au-delà des conventions sociales.

Marie-Rose était veuve depuis 8 ans. Ce qui expliquait son état de décomposition intérieure avancée. Je m’en souviens comme si c’était hier tant ce partage fût riche. 21 mars 2003. Ce jour-là, les confidences commencèrent abruptement :
« Le bas de mon ventre s’anime à la vue des hom… »
Elle n’avait pas osé prononcer ce mot, trop gênée, voir même honteuse, après tout ce temps enfermée dans les souvenirs de son défunt mari. « Mais comment cela se peut-il donc ? Les docteurs m’avaient pourtant déclarée ménopausée? »
On pouvait voir dans les grands yeux de Marie-Rose, à la fois de la joie et de la peur face à cette soudaine crue de ses eaux intérieures; IMMENSES –crue d’eaux qu’elle tentait, depuis déjà quelques mois, de retenir derrière sa neutre façade de superwoman souriante.

Quelques années plus tôt, Marie-Rose était allée voir les médecins pour son problème de sécheresse généralisée. Ainsi, espérait-elle, de contre-expertises en contre-expertise, se rassurer sur une situation qu’elle voulait passagère. Mais, rien à faire. Tous les médecins de la ville, sans exception, en étaient venus à cette même conclusion: femme à remiser. Certains médecins, plus cruels, désabusés et imbus de leur statut, avaient même été jusqu’à inscrire sur la prescription: vieille à mettre au rancart. Ce verdict s’abattait alors sur les 54 ans de la dame, comme une tempête de neige en plein mois de juillet –imprévisible, glacial, austère.

« Morte. J’étais morte. J’allais désormais ne vivre qu’une seule saison; l’hiver. Fini mes pimpants ovaires du printemps à la vue de masculins fessiers. » Rire timide, Marie-Rose n’ose toujours pas prononcer ce qui qualifie le sexe opposé sans en devenir rouge de honte. « Je m’étais faite à cette idée de morte vivante. Je commençais presqu’à aimer cette abstinence forcée par la nature. Et me voilà maintenant complètement déboussolée. Je ne sais qu’en faire. »

Après ce long hiver qui avait duré 9 ans, la veuve figée dans la glace de son deuil avec pour seul goût en bouche; le sommeil, pour seule idée fixe; hiberner jusqu’à la mort, était effectivement tout à l’envers face à cette saison du renouveau 2003 qui en elle jaillissait de mille feux.

« J’avais oublié combien il est bon que cet état bourgeonnant … ma terre que je croyais à tout jamais aride s’éveille. Je suis confuse devant toutes ses émotions contradictoires. Ce qui me fait terriblement souffrir.»

Mais comment est-ce possible, se demanda-t-elle encore durant tout l’après-midi que dura notre échange ? Ayant pourtant maintes et maintes fois quémandé un tel amour à l’univers, il n’était pas aussitôt arrivé que le doute en la veuve se présentait –armé jusqu’aux dents. Devant ses sens en émoi –désormais incontrôlables– elle avait très peur des suites de cette recrue d’essence. Car Marie-Rose s’éveillait effectivement, après 9 longues années de veuvage. Tel un érable au printemps, son essence voulait aromatiser à nouveau le monde autour. Mais elle y résistait très durement.

Et c’est là que je l’invitai à goûter à la vie qui vibrait en elle, comme le sirop d’érable qui, en laissant un goût de sucre sur les papilles, offre à l’âme un baume réconfortant. « Enfin, un goût de sucre après toutes ses amères épreuves, ça ne se refuse pas, que je lui disais pour la rassurer un peu. Toi qui dis aimer le plaisir, il est temps de t’y adonner ma chère Marie-Rose. La sève coule dans ton bas ventre. En une danse hormonale, tu redécouvres toute ta féminité, toute ta créativité que tu croyais à tout jamais évanouie. Tu ne vas quand même pas éteindre ta source de vie aussitôt allumée! Il est plus que temps que tu te célèbres, que tu te libères… Marie-Rose, réalises-tu qu’il pleut des gouttes de vie qui jaillissent de l’Être cher que tu es…? Vas-y retrouver cet homme qui chavire ainsi ton cœur depuis quelques mois déjà, et qui a permis à ce que la vie reprenne en toi. C’est ton mari qui de là-haut te l’envoie. »

À ce moment même, où je prononçais ces derniers mots, ces derniers mots qui sortaient tout seul, comme si on me les dictait et que je n’étais que le canal à quelque chose de plus grand: « c’est ton mari qui de là-haut te l’envoie. » je me souviens des larmes qui coulaient tendrement sur les joues de Marie-Rose. Elle avait beau être marquée par les rides de ses 63 ans, mais rien d’autre n’y paraissait que l’éternel de la jeunesse de son cœur. À travers la porte de son âme –ses deux beaux grands yeux bleus– on pouvait voir les barreaux de sa prison intérieure qui fondaient à vu d’œil –c’est le cas de le dire! Marie-Rose lâchait tout à coup les digues de son fou barrage mental. Et ses larmes, salvatrices, en étaient le témoin le plus pur.

Ainsi nous poursuivîmes l’échange durant quelques heures. Nous pleurâmes, nous rîmes et ensemble de cette façon, avons célébré. La VIE venait une fois de plus nous offrir ce qu’elle a de meilleur; l’Espoir ressuscitant –alors qu’on avait cessé d’y croire.

Hier, 21 mars 2006, j’ai revu Marie-Rose. Je ne la vois pas aussi souvent qu’avant. Il faut bien que la dame rattrape le temps perdu, si vous voyez ce que je veux dire. Mais toujours est-il, qu’hier donc, je l’ai revue. Elle s’apprêtait à célébrer, non seulement ses 66 printemps de vie sur Terre, mais aussi, ses 3 ans d’amour avec celui qu’elle appelle désormais : le nouvel homme de sa vie.

La vie n’est-elle pas ce magnifique et perpétuel mouvement?! Ce qui en fait toute sa beauté!

Karo du 23 mars (à nouveau cette semaine portée par l’Espoir. Ou peut-être est-ce en dépit de lui, voir même en désespoir de cause et dans l’attente du printemps, que ce thème surgit spontannément de mon ventre?)

Porteurs d’eau… la terre a besoin de notre éveil collectif

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En cette journée mondiale de l’eau et avant qu’elle ne prenne fin (pas la ressource mais bien la journée). Il est 10h55 au Québec. Je vous invite tous à joindre votre voix à celle de plus d’un million de personnes déjà membres de la coalition Québécoise Eau Secours!

Un petit geste à 10$ par année, qui vous permettra non seulement d’être mieux informé sur les réels enjeux et dangers qui nous guettent, mais un geste qui permettra aussi que se poursuive la mission de ce regroupement: pour une gestion responsable de l’eau.

www.eausecours.org
C.P. 55036 CSP FairmountMontréal Québec H2T 3E2
téléphone: 514-270-7915

Karo du 22 mars (encore en tabarnache avec blogger qui veut pas afficher ses photos. Image rétablie 23 mars 17h05 - Image dans son contexte original, sur la page www.oxfam.org.uk/ coolplanet/water/imagewell/.)