Non mais coupez… On recommence.
-Quoi? Qu’est-ce que j’ai dit de pas correct?
- rien de spécial mais pourquoi tu ne commencerais pas avec « oui mais »… c’est subtil comme nouveau départ… mais franchement efficace. Essaie, tu verras.
-…? D’accord.
-Prise 2 action! OUI MAIS…quel délice! 3 jours sans appel de la commission scolaire pour me supplier de suppléer à un professeur malade. 3 jours rien qu’à moi. 3 jours que j’arrive à apprécier; sans donc, ce foutu sentiment de culpabilité qui vient parfois me hanter dans pareils moments. 3 jours à me retrouver comme au début de l’hiver –à l’écoute de la nature, belle et mystérieuse, simple et tranquille…
Les oiseaux, tous les oiseaux chantent, gazouillent, voltigent. Ils sont beaucoup plus nombreux que cet hiver. Le concert en est d’autant plus gai. Sauf quand la corneille se met à crier. À ce moment, mes oreilles ont beau se forcer et tenter d’apprécier ce cri strident, mais, rien à faire, leur voix ne se mêle pas très bien à la fête. Tout de même, je les aime bien, ces corneilles qui chantent le printemps. Il y a aussi monsieur l’ardent Soleil qui vient tempérer la froideur de la brise du nord sur mon corps pas encore tout à fait sorti de sa tanière. Monsieur Soleil qui fait fondre la neige et ses résidus dont on ne voit maintenant plus que quelques amoncellements tous noirs de poussière. Puis il y a un tapis de feuilles mortes qui apparaît maintenant, tapis de feuilles mortes abandonnées sur le sol à l’automne dernier par des propriétaires découragés de n’en plus finir de ramasser. Voyez-vous, le hic avec notre magnifique campagne, c’est qu’il y a un chêne sur notre terrain. Un majestueux et grand chêne qui, à chaque automne, n’est drôlement pas pressé de se dégarnir de ses feuilles, contrairement à ses petits copains les érables. Ce qui fait que très souvent, à la première neige tombée, les feuilles dans le grand chêne sont toujours là. Trop tard elles tombent donc et se mêlent à la neige et tout le tralala. Ce qui fait qu’au printemps… enfin, vous comprenez?!
Aujourd’hui c’est le paradis. Pas de scie à chaîne en vue, pas de voisin qui écoute de la musique plate à tue-tête non plus, les tondeuses pas encore sorties et les maringouins meurtriers, toujours au stade d’incubation, dans les eaux dormantes des marais. Mon bureau de travail est bordélique, les comptes à payer s’empilent comme toutes les feuilles mortes du grand chêne, mon linge à plier déborde dans son panier, le lavabo de la cuisine, fidèle à son habitude, déborde lui aussi, des coccinelles asiatiques envahissent les fenêtres de mon salon, ma cour est pleine à racler… et surtout, comble d’activités moches et ordinaires, j’ai quelques livres en surplus à perdre, quelques poils à tondre –c’est l’ourse qui lentement sort de son hibernation.
Mais savez-vous quoi? Aujourd’hui, rien de tout cela ne m’ennuie. Il faut croire que ce qui émane de mon intérieur est plus grand que ces tâches et encombrements divers qui en d’autres temps me fatiguent, comme autant de dossiers dans ma mémoire -jamais classés, comme autant de choses à faire sur ma « to do list » -jamais biffées. Mais aujourd'hui, pour mon plus grand bonheur et ma plus grande légèreté, j'arrive à me dissocier de tout cela. J'en profiterai donc car je sais ces états là passager. Ah! Mon équilibre, si fragile, quand je te retrouve, je ne veux plus te quitter! Aujourd’hui, dans mon cul de sac, là non loin du lac, il fait beau et je m’en extasie.
Sur ce, bon week-end à tous.
Affectueusement,
Karo du 31 mars (dans l'un de ces états où rien de la dérange… sauf les limites qu'impose Monsieur Blogger à sa créativité.)
9 Comments
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Idem… juste vraiment un idem ecchhhooo !!
mars 31st, 2006 at 11:06 amBon week-end aussi mon amie !
xox
L’autre K
Ah! Ces premiers jours de printemps après la froidure de l’hiver…un moment de grâce unique! Je suis en communion avec vous deux, les “K”…
mars 31st, 2006 at 11:11 amF
il fait un froid de canard, c’est une excellente temperature pour un KidNapinc
mars 31st, 2006 at 3:16 pmEt ainsi va la vie, jour après jour, saison après saison. La seule différence c’est nous qui la faisons avec ce fameux équilibre qui est malheureusement trop souvent déséquilibré
DaddyO Luv You
avril 1st, 2006 at 11:21 amL’autre K - j’aime entendre ton écho
F- j’aime savoir que tu communies avec deux K.
anonyme- où habites-tu donc pour dire qu’il fait un froid de canard? Je prends en note ton excellente idée… un nouveau kid Nap de bébelle serait appropriée.
Daddy O- toujours aussi poète… continuons de rechercher cet équilibre, même si pour cela il faut souvent retomber dans nos fonctionnements déséquilibrants.
Tu vois, par exemple aujourd’hui, tout le bordel et les choses à faire me dérangent plus qu’hier… c’est là que je dois aller encore plus en moi, ne pas me laisser miner par ces choses plates à faire, y trouver du bonheur… trouver du bonheur à étendre les bobettes une par une parce que ma sécheuse est brisée. Trouver du bonheur à faire la vaisselle pour la 3000e fois en je ne sais plus trop combien de jours… trouver du bonheur dans les coccinelles asiatiques qui envahissent. Trouver du bonheur dans ma nouvelle couleur de cheveux -bourgogne un peu foncée… trouver du bonheur dans cette pluie… pour ça, c’est facile. Et puis quoi encore…trouver du bonheur en commençant par respirer.
bien le bonjour Gang!
avril 1st, 2006 at 12:26 pmKaro luv u to
Oh oui ton intérieur est immense Karo… et ton équilibre est le nôtre
avril 1st, 2006 at 3:45 pmComme quoi..ne pas travailer ne signifie pas : glander(selon l’idée commune et bien établie…)
(cf ma note sur L’Action Littéraire .
Sympa,ton évier j’ai fait pire
avril 1st, 2006 at 7:21 pmCédric - c’est ce que je disais… comme tu sais toucher la fibre sensible en moi. Gentleman va! Merci vrai de tes beaux commentaires:):):)
Céline, j’irai lire ta note sur action littéraire merci. J’ai moi aussi été très occupée… et ça ne fait que commencer on dirait. Entre les textes à écrire dont une chronique verte pour un site web, la suppléance, un anniversaire que j’organise, les leçons de brésilien pour voyage futur, etc…. je manque un peu de temps pour me faire le délice de répondre entièrement aux blogues que j’aime… mais ça reviendra. Avoir le temps de répondre à tes récents textes tous colorés et vivants… ça viendra.
Ne pas travailler ne signifie effectivement pas glander. Ne pas travailler, c’est l’art de faire ce que l’on aime dans la vie. Quand j’écris, je ne travaille pas.
et quand j’ai l’air de glander, parce que j’ai la face au soleil et les jambes étendue sur le rebord du monde, c’est parce que je suis en train d’accumuler des points d’énergie et d’inspiration pour la prochaine missive.
pour l’évier, effectivement, il y a déjà eu pire aussi ici. ahahhaha
avril 2nd, 2006 at 9:32 amvery interesting.
janvier 8th, 2008 at 4:48 pmi’m adding in RSS Reader