Pour OO

Jann nous a reçues… Par un beau soir d’hiver atrocement vantard. Oui oui, vous avez bien lu, un vent vantard. Un vent qui se vantait terriblement de sa toute-puissance glaciale sur nos petits corps frêles. Lann et moi n’avions que 30 pieds à faire seulement, de la voiture à la maison. Je n’avais donc pas pris le temps d’enfiler mes gants puisque la distance de marche me semblait si courte… Relatif! Que mon calcul était donc relatif! C’est pourquoi je me souviens encore de la force brutale du vent… car deux secondes ont suffit à m’en brûler les mains. Pauvres petites mains! Lann, je t'entend encore rire de moi à gorge déployée… coquine va!

J’arrivai donc avec ma grande Lann préférée, une FLEUR jaune à la main, pour mon hôtesse de l’heure, Jann, souriante et heureuse. Déjà se pointait dans l’entrée, la pétillante M-J. Et on pouvait apercevoir un peu plus haut, une fois les yeux passés le hall, l’élégante Sophia. Câlins-câlins et retrouvailles, comme si l’on ne s’était jamais quittées… Comme si hier on s’était vu. Pour certaines, c’est en quelque sorte vrai, car elles poursuivent ensemble leur formation. Mais pour d’autres qui ne s’étaient pas revues depuis juillet 2005, c’était tout comme si on y était hier… Il y avait beaucoup de frénésie et de joie enfantine dans l’air. Des rires, des regards tantôt espiègles, tantôt profonds, des sautillements de cœurs en émoi… de la joie, quoi ma foi!

De la joie à se retrouver toutes… comme au dortoir. Des gamines trop longtemps sevrées de cette drogue naturelle et donc, désormais plus que jamais, en quête de cet espace relationnel! Jann nous a fait visiter sa belle et grande demeure, en attendant Mich-L. Mais c’est qu’elle a un beau bureau pour recevoir ses clients la Jann. Un beau bureau avec une grande fenêtre. Une grande fenêtre pour permettre à ses clients -effrayés par la thérapie- une évasion fictive et dans l’imaginaire. POuahahahhahA. Puis nous avons appris que Mich-L ne viendrait pas à la réunion de dortoir, … trop épuisée, ce jour-là.

Au menu : fourrage de rouleaux de printemps –activité de groupe. Notre hôtesse avait préparé ce délicieux mets autour duquel nous sommes parvenues aisément à faire quelques croustillants gags à saveur… phallique. Puis un premier verre est levé, à la santé de toutes et chacune. Aussitôt, un deuxième verre se lève à son tour, pressé de clamer son affection pour les deux absentes; O.O et Mich-L. Car elles n’y sont peut-être pas physiquement, mais dans nos cœurs, elles ont une place de choix en ce soir de retrouvailles. Une place de choix dans nos cœurs et dans nos souvenirs… dans nos souvenirs comiques et frissonnants qui refont surface tandis que nous dégustons nos rouleaux phalliques : party de soie dentaire orchestré par nulle autre que MOI, à minuit sonnant; et, petit mulot nocturne qui vient réveiller la belle OO… Voilà deux souvenirs bien vivants que nous aimons nous remémorer jusque dans les plus rigolos détails. Ainsi toute la soirée nous papotons… passant de conversations légères à d’autres plus intimes, de confession en confession,… nous nous retrouvons.

La table abonde de victuailles préparées ou choisies par l’une ou l’autre d’entre nous toutes -lann, jann, line, M-J et la grande Sophia. Des chandelles donnent à la salle à manger, des airs de fête médiévale. La musique pour sa part, rythme les échanges, toute la soirée durant. C’est la chaleur, c’est le bonheur! On parle de la première expérience de thérapeute de chacune des trois thérapeutes en devenir. Puis ensemble nous dédramatisons ce qui fut pour elles toutes, une première expérience plutôt pénible. Très sensible à ce qu’elles peuvent vivre dans cette intense année de formation, je suis soudainement émue et heureuse de les voir se laisser aller dans le rire à propos d’expériences qui, de prime à bord, les ont troublées. Je vois en cela beaucoup de sagesse et d’accueil de soi.

M-J. nous quitte. Sa petite gardienne l’attend. Sophia Lann, Jann et moi passons maintenant au salon, histoire de rattraper le temps passé sans se voir… c’est l’heure des duos partagés; 10 minutes à toi et j’écoute sans broncher, quand ce sera mon tour, le chrono me l’indiquera. Pouahahah c’est une blague. Nous avons certes jasé en duos –Jann et moi, Lann et Sophia… dans l’écoute et le respect de chacune… mais pas avec un chronomètre quand même! Nous avons évolué depuis l’an passé.

Il est minuit. Déjà! Zut! Que le temps passe vite. Nous devons partir avant que notre super bolide ne se transforme en citrouille. Avec cette température qui frôle les -20 degrés, son facteur vent qui fouette la peau ainsi que le sol, glacé, Lann et moi n’avons pas du tout envie de repartir en citrouille. Allez ouste! bisous-câlins et merci Jann. Merci de ton initiative et de ton hospitalité, dans ta belle et grande demeure à l’image du grand ARBRE que tu es; chaleureux et réconfortant. Aux prochaines retrouvailles… avec tout le dortoir cette fois j’espère… et tandis que j’y pense… pourquoi pas en pyjama ? un pyjama party… avec pour dernière activité du soir; un brossage de dent en groupe. Nous referons le monde… Jouant de notre folle nature… vive, profonde… simplement, sincèrement… se laissant aller une fois encore, à la dolce Vita au cœur d’une authenticité réconfortante!

Karo du 1e mars (qui émerge de deux jours de fatigue intense)

7 Comments

  1. Sebastien

    Rapport accepter. Vous pourrez retourner visiter vos amis une prochaine fois. Ya rien de compromettant :)

  2. Caroline

    Pouahahahahah!!! Maudit fou!
    J’t'aime!

  3. Stel

    TOI la grande fleur jaune…qui accompagnait une grande fleur jaune…pour alimenter d’autres grandes fleurs jaunes….
    Un festival de chaleur, de couleurs et de coeurs.
    Merci dame coeur de me toucher avec ta saveur…
    Je rayonne.

  4. Méli

    Karo… tu as cette façon si belle, si sensée mais encore naïve de décrire, de raconter les choses. Tu vois, moi, je me laisse imprégner de tes mots, je les lis dans ma tête et j’entends ta voix me les réciter. Je vois ton rire sonore, j’entends ton sourire, je sens tes grands yeux. Je te lis, oui. C’est mon petit plaisir. Je trippe carrément sur ta vision du monde, ta façon de voir la vie. Et chaque fois que je peux me laisser bercer par tes récits captivants et pleins d’émotion, je regrette de ne pas avoir sans cesse accès à tes excès de prose, d’avoir une petite Karo dans ma poche, que je peux sortir quand bon me semble et la porter près de mon oreille pour qu’elle me raconte encore et encore, assise sur mon épaule, les beautés du quotidien.
    Je t’embrasse mon amie…

    Méli xox

  5. Anonymous

    Ouais … ça charme la future dortoirienne que je suis… à part peut-être le mulot !!! Pas certaine d’avoir envie de le rencontrer lui ! Peut-être que lui non plus y’a pas envie de m’voir… Ben tant mieux c’est réciproque! On va bien s’entendre lui et moi ! Aucun rapprochement… pas de câlin, pas de chatouille… on s’entend ? Parfait !
    Sérieux c’est une belle ivresse réconfortante que ce magnifique texte !
    Merci.
    xx
    K

  6. Cédric

    Deux jours sans mon ordinateur… deux longs jours à attendre pour pouvoir me nourrir de tes mots, et de cette façon que tu as d’écrire, de décrire… comment ais-je fais pour attendre deux jours?…

  7. Anonymous

    Oui, effectivement, ce fut une soirée magnifique! Quand on dit que même faire la vaisselle ensemble fun un party! C’est qu’on a eu du fun… C’est formidable des liens authentiques; quand ils se forment, ils durent pour la vie même si on se voit que rarement.
    lann



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