Rituel d’écriture
Voici ma 2e participation sur le site d'écriture dont je vous parlais le 11 mars dernier: Coïtus Impromptus. Le thème imposé depuis hier soir minuit, heure de Paris, est le suivant: Rituel d'écriture. Voici donc mon humble contribution au thème de la semaine. Il y aurait eu tant à dire… mais ce que vous vous apprêtez à lire ici, résume quand même bien ma démarche d'auteure au quotidien. Bonne découverte! Espérant que mon rituel vous inspire au vôtre.
Depuis toujours je vis ma vie à temps partagé entre le réel de mes expériences socioculturelles et le vaste et profond de mon continent imaginaire. De plus en plus, le mariage se veut possible : un scénario à écrire, une nouvelle à créer, un poème à peindre sur du papier doré… Cette idée fixe est telle une seconde nature, greffée à mes 5 sens lesquels captent sans cesse –et malgré moi– l’âme du monde. Que ce soit du moelleux de mon sofa à observer l’écran de télé qui documente, chante, raille, émeut, sensationnalise, informe, effraie, etc.; où en voyage à travers le monde, chavirée par le contraste culturel; encore qu’à l’épicerie au coin de ma rue; dans mon lit avec mon chum; à une fête de famille; au détour du boulevard Le Quotidien etc., mes yeux, mon nez, ma bouche, ma peau et mes oreilles, sont tous des réceptacles qui filtrent, décodent et transforment la vie au gré de ma fantaisie.
Un impressionnant et complexe réseau de connexions est actif jour et nuit, le tout chapeauté par mon 6e sens. Cellules dansantes, artères pimpantes, cerveau veillant, cœur rythmant, esprit brainstormant, corps bougeant, dormant, mangeant… et ainsi tout est en mouvement pour que se nourrisse mon être créateur. TOUT devient alors prétexte à créer des œuvres littéraires : les saveurs, la nature, nos ambitions, nos malaises, une chanson, la corruption, l’éphémère, l’impossible, la grâce, le monde, l’immonde, l’amour, la moustache du voisin, la différence, l’incomparable histoire de Chin Tao, la triste mort de Lucie Langevin, La prophétie de Norbert Lachance…
Ingrédients propices au rituel… Des cahiers, des cahiers partout. Des cahiers de notes partout, qui jonchent les sols et meubles de ma demeure de vive auteure. Des crayons, des crayons, encore des crayons. (comme dans la chanson des p’tit trous). Mais surtout, un grand cahier à dessin, recyclé en cahier de mots, bien disposé à côté de mon lit; dès fois que l’inspiration surgirait aussi de là, de la nuit dans mon sommeil effervescent. C’est arrivé déjà… Plus un dictaphone dans ma voiture, pour être certaine de n’y rien manquer, de l’inspiration des routes, du trafic, de la musique et de mes rêveries au volant. Ensuite vient le temps des réflexions, du dictionnaire et de la jonglerie avec les mots. J’aime réfléchir, défaire, tordre les mots, les pensées, les modèles. Puis il y a aussi mon ordinateur, pour dernier recours, lorsque vient le temps de me rendre et d’adresser mes missives à qui de droit. C’est mon clavier qui permet que je raconte et partage réellement les histoires. Je ne pourrais me passer de lui. Le silence, souvent même la musique… parfois le chaos, mais toujours –et pour que le mélange prenne– mon dedans en cohabitation avec ce qui me touche du dehors. Et donc, mon cœur ouvert à la vie.
Et au final, toujours continuer à dompter la bête assoiffée du dire, canaliser ses ardeurs en l’écoutant quotidiennement me dicter des écrits du cœur, écrits créés avec appétit et par nécessité donc, de combler cette faim de l’âme. Quand l’intuition s’amène, de jour comme de nuit, être à l’écoute et laisser naître ce qui émane de l’intérieur, voilà le filon d’à peu près tous mes textes.
Confidences d’écrivaine… « Je veux immortaliser tous les moments de vie, les tiens comme les miens, des plus subtils aux plus grossiers. Je veux leur donner une nouvelle vie au théâtre ou au cinéma, dans un livre ou en poésie. Ainsi, aussitôt un événement vécu, je sens le besoin de l’écrire. Parfois même, et j’ai un peu honte de te le dire, mais y’a des instants de vie troublants dont je suis le témoin, où par exemple la mort frappe la vie de plein fouet, dans un accident, ou encore lorsque les non-dits relationnels font bondir les cœurs hors poitrine et pleuvoir les ego par les oreilles. Dans un cas comme dans l'autre, j’oublie presque de m’assurer que les victimes soient hors danger… Aussitôt je suis transportée dans une histoire à raconter. Toujours une image me frappe; la façon de dire des gens, une situation cocasse, un moment de grâce… Je mets tout ça dans ma boîte à idées… mais c’est qu’elle devient pleine à la longue, comme un sac mâle trop chargé qui doit par nature, semer, féconder, de temps à autre. »
Karo du 13 mars (photo vue d'auteure sur les hauteurs)
8 Comments
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Que j’aime ce texte…
Il arrive comme une fleur sur mes interrogations ,mes ressentis, là où je parlais “création et réalité” sur mon blog ,tu es en plein dedans…
Et je te suis entièrement.
Cette phrase, surtout, que j’ai relevée :
“Cette idée fixe est telle une seconde nature, greffée à mes 5 sens lesquels captent sans cesse –et malgré moi– l’âme du monde.”
Tout est dit.Et si bien dit.
Il m’arrive de rencontrer des gens, que je fuis comme la peste, de ceux qui prennent la société comme elle est sns trouver à y redire,les mêmes qui trouveront à redire sur le sens que l’on peut donner à notre existence ,nos inspirations, en lien perpétuel avec le monde qui nous entoure.
Oui, la réalité façonne nos penssées.
Et notre imaginaire s’en empare pour la rendre plus belle, la sublimer, créer…
Tous les arts sont concernés, du théa^tre à la peinture, en passant par l’écriture, la chanson…bref tout ce qui fait qu’un artiste a ses raisons d’être.
Acteur du monde.Et de sa vie.
Dont il fait partager l’essence ainsi que ce qui l’anime au plus profond, en véritable esthète …
Je lisais sur le blog de Jérôme(comédien )son article sur la pièce de théâtre qu’il voudrait créer, et pour laquelle il dit qu’un chef d’oeuvre sommeille en chacun de nous.
Le chef d’oeuvre de la vie…
Alors oui, et ce texte est très beau,je comprends, je ressens, je suis ce que tu dis…
Tout inspire, tout fait réfléchir et imaginer…
Et si les connexions se font,le bonheur de créer fait son apparition…
Vraiment ravie de découvrir des mots si justes et des textes de telle qualité.:)
mars 13th, 2006 at 1:50 pmQuel merveilleux texte, toujours et encore tu me réjouis l’âme chère complice !
mars 13th, 2006 at 2:20 pmCréer c’est fabuleux, gracieux, joyeux, heureux, calmant, apaisant, motivant, couleurs de nos tourments existentiels et saveurs de nos bonheurs d’Être.
Mais encore faut-il en avoir le courage et la détermination et c’est là que je te salue bien bas chère amie car je sais ce que te coûte parfois la satisfaction de ce don de la création que tu te permets de consumer.
Bravo !
Avec toute mon affection et mon respect le plus grand !
xx
K
OUf!
Quels beaux témoignages les filles:
Céline et K.
merci… si j’avais déjà le vent dans les voiles, … je ne sais que dire ici, sinon que vos mots me propulsent, m’encouragent, m’animent d’avantages… Mes voiles bondées de souffle doux, coloré, vivant.
Je veux aussi vous dire qu’il est bon d’avoir l’écho des femmes et artistes que vous êtes Céline et K. Cet écho est bon à entendre. Grâce à lui, je me sens rarement seule dans cet état d’esprit d’artiste. OUI je crois aussi qu’un artiste a sa raison d’Être. Et vous me donnez le goût de continuer à célébrer cette existence.
j’aime bien l’idée qu’un chef d’oeuvre sommeille en chacun de nous.
affectueusement
xxx
mars 13th, 2006 at 2:46 pml’autre K.
Et bien… que dire après tout ça?… que j’ai moi aussi adoré ce texte, que je ne formulerai pas de plus belles éloges que Céline avant moi, et que je vais donc en rester là, et relire encore une fois ce texte. Voilà. Ah comme je suis heureux d’être un blogueur depuis à peine 3 mois… toutes ces richesses que j’aurai très bien pu ne jamais découvrir…;)
mars 13th, 2006 at 3:10 pmJe touche la submersion, le débordement à te lire. Ça déborde de partout. Mon coeur bat à haute vitesse, le sang circule, mes pensées s’entrelacent …. ça bouge dans mon corps. C’est là ou je me retrouve présentement. Dans un espace de “vitalité” et de ferveur. Je tends la main pour exister dans ce débordement intérieur….en relation avec toi. Je célébre ma vitalité avec toi mon amie…
mars 14th, 2006 at 10:36 amCédric… merci de me qualifier de richesse ici… je le prend personnel
Et je suis vraiment charmée qu’on se soient trouvés… cher cousin français.
Stel…J’aime beaucoup lire l’expression de ton corps, de ton cœur et de ta tête alors que tu me lis…
Merci.
Je me trouve choyée que tu prennes le temps de m’exprimer la célébration de ta vitalité en relation avec moi.
Merci de tendre la main pour exister avec tout ce beau débordement.
Je suis toute joyeuse…
Karo
mars 14th, 2006 at 3:17 pmC’est un superbe texte de vie. Prénom prédestiné : carreaux-lines des cahiers d’écriture.
mai 20th, 2006 at 6:46 pmThéo- comme c’est gentil !!!! Et trop mignon.
mai 23rd, 2006 at 8:51 pm