barbe à papa

Je viens de la commander. J’en ai les papilles toutes suintantes de plaisir. Je la vois qui tourne grâce à la machine à la fabriquer et aussi, grâce à Dame-dans-la-lune. Grâce à Dame-dans-la-lune qui tient un bâton-conique en carton, un bâton conique qu’elle plonge dans ladite machine, le faisant tourner en sens inverse du mécanisme qui prépare la mousse tant convoitée. Et moi, de ma main droite pendante le long de mon corps, je tiens fort les sous qui payeront mon délice. J’ai le menton de mes 8 ans accoté sur le rebord du comptoir et ma bouche, ma bouche comme une machine à fabriquer le fondant délice. Ma bouche qui en effet s’anime et s’ouvre toujours plus grande, au fur et à mesure que le bâton se garni de ma friandise. Moi je ne me rends pas compte que j’ai la bouche grande ouverte; c’est ma maman qui gentiment, le regard moqueur, me prend le creux des joues entre son index et son pouce pour me faire réaliser mon état de transe. Un peu gênée, je referme aussitôt la bouche, le menton toujours solidement appuyé sur le comptoir. Ma main, toute humide à force de serrer les sous : « pour éviter qu’ils ne s’échappent sous le comptoir » m’a dit maman avant de m’en porter garante … Les yeux tout grands tout ronds et qui semblent maintenant remplacer le tic de bouche, je surveille mon profit, fascinée et impatiente. Au bout d’un tout petit moment –qui me paraît pourtant être une éternité tant j’ai soif de ce rose succulent, Dame-dans-la-lune ressort sa main du bidule électrique et me tend… ma barbe-à-papa! Je pose aussitôt l’argent sur le comptoir et m’empresse alors de recevoir le divin bonbon… Dame-dans-la-lune prend l’argent, la glissant du rebord du comptoir à sa main, cela, de façon aussi machinale qu’elle a fait tourner la friandise de mes envies sur le conique bâton en carton. On dirait que la chaleur lui tape sur la tête, ou serait-ce les cris des enfants qui lui donnent mauvaise mine ? Ma maman m’a dit que le salaire de travail d’été était sans doute la source de son état lunatique… Bof, j’ai soulevé alors les épaules dans la nuque pour signifier que je n’avais pas trop compris ce que ça voulait dire – moi du moment que j’avais ma barbe-à-papa en main –puis je me suis retournée, commençant aussitôt à déguster ce fondant presqu’impalpable. C’est un peu comme un orgasme quand j’y pense… vous savez, le genre de truc rare qui, de par sa nature volatile et trop brève, vous fait entrer tout naturellement dans l’art d’être au moment présent. Alors qu’en d’autres temps l’on se bat pour accéder à la plénitude du présent, voilà qu’un orgasme et cette chose-là à vous décrire, la barbe-à-papa, nous y obligent de par leur nature passagère… de par leur nature… que trop passagère… Mais au fond, les voudrait-on vraiment autrement ses instants éphémères ? Faudrait demander à l’insecte qui porte d’ailleurs ce nom… pour voir si sa vie si courte lui fait tant défaut? C’est tellement ça, ne croyiez-vous pas?… Une seconde et c’est fini. Parfois 4 ou 5 secondes à peine et l’orgasme s’achève. Une seconde et la bouchée de barbe-à-papa n’est plus qu’un souvenir, un souvenir sucré sur mon palais et gommant sur mes dix doigts. Mes doigts que je suçote jusqu’à épuisement de ce goût si doux. Et je prends mon temps. Dieu que je prends mon temps. De grâce, je m’applique. Je fais de mon mieux afin de rendre cet éphémère, éternel. C’est ainsi que je me mêle à la foule-foraine, poursuivant la fête des manèges. Le chaud soleil caressant sur mes 8 ans, les gommes à mâcher qui prennent mes chaussures pour un autobus en s’agrippant sous mes semelles, une manne qui vient temporairement se coller à mon délice, les arbres verts-conte-de-fée et les cris d’autres enfants –lointains dans les montagnes russes, tout ça enivre mon cœur d’enfant.
La main de ma mère dans la mienne pour unique et réconfortant repère, me laisse encore un instant bercer mon corps naïf et bienheureux dans cette enfance féconde, me laisse pour un instant encore, croire que cet état de béatitude est éternel… Et il l’est. Car soudain il me semble que le temps s’est arrêté, qu’avec ma barbe-à-papa fondant entre palais et langue, la main de ma mère toujours aussi solide et tendre à la fois dans la mienne …soudain il me semble que tout ces bruits, que toutes ces odeurs et toutes ces couleurs de fête deviennent accessoire à mon plaisir. Des accessoires essentiels et magnifiquement agencés en ce que l’on pourrait appeler : la beauté du monde. Car dans ce paysage de conte de fée, je suis la reine de la foire et tout autour, chante un carrousel d’amour.
Karo du 30 avril (cultivant du mieux qu'elle peut, l'éternel de chaque moment de vie)
crédit photo: souvenir d'enfance.

De l’art du détachement…

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Chapitre troué, incomplet mais vécu.
et sans photos parce que blogger fait encore dans la connerie !!!!!!!!!!!!!!!!
Y’ a comme un hibou occupé à hululer dans mon carrousel d’air sur le toit de la maison.
D’habitude, enfin durant tout l’hiver, c’était plutôt un bruit de flûte, comme si un lutin –pas musical pour deux sous– était là sur le toit à jouer de la p’tite criss de flûte criarde. L’image du lutin m’a réellement aidée durant tout l’hiver à endurer ce son strident venu du toit. Comme si grâce à lui, le désagrément se vivait mieux. Et aujourd’hui, c’est l’image d’un hibou qui me vient à l’esprit, tant le vent arrache des sons graves au carrousel. Je me dis alors : ou bien le carrousel se donne des airs de chouette; une chouette en carrousel qui se fait une balade gratuite, sans égard pour mes oreilles, ou bien une chouette s’est réellement pris une aile dans le carrousel du toit et je devrais sortir la déprendre de là, la pauvre.

Je suis aujourd’hui, comme la nature : variable… comme l’entre deux saisons qui bat son plein actuellement. Les bourgeons de la créativité sortent depuis quelques temps déjà. Mais pour le jour… bof. Je ne sais pas trop. Le bain tourbillon, la musique zen et le centre de massothérapie me sembleraient appropriés. Ce luxe n’étant toutefois pas à portée de main, je me contenterai d’en rêver.

Après des semaines à courir entre la job, l’écriture à laquelle je tiens pour mon équilibre, et tous les autres projets que je vous ai énumérés dans ménage de printemps, ma carolinade du 18 avril dernier, voilà que je me retrouve enfin sans horaire fixe. J’ai pourtant des échéances à rencontrer. Mais pour le jour, aucun horaire à respecter, aucun endroit où me rendre d’urgence, par politesse ou engagement. Du moins, pas avant 17h00 ce soir.

Un seul jour pour moi et je ne sais trop qu’en faire, par où commencer? Je pense alors à tout ces gens qui n’arrêtent jamais entre le boulot 5 jours semaine, les enfants et leurs divers cours après l’école (piano, natation, soccer etc.) devoirs, tâches du quotidien, entretien de la maison, visites de la famille. Je pense à cette situation vécue par bon nombre de mes proches, amis, relations et je craque pour eux. Ils sont d’ailleurs épuisés par ce rythme là. Mais aussi; souvent incapable d’en sortir. Ce tourbillon dans lequel on se perd trop souvent est difficile à ralentir. Et plus on y est depuis longtemps, plus ça devient difficile de s’arrêter pour ressentir, respirer, vivre et écouter le silence, se rebrancher à la source. Pour ma part, 2 mois de ce train là et je cherche mon souffle. Une journée plus calme se présente mais le rythme des deux mois passés ne me quitte pas pour autant… je continue alors de courir, dans ma tête :

« Par où commencer? Que faire? M’arrêter? Diantre non! Ou j’en sentirais la culpabilité… Il faut faire quelque chose, bla, bla, bla. »

Commencer cette journée quelque part et trouver le moyen d’en profiter… PAS FACILE! J’ai finalement fait le tri de la tonne de papiers qui s’accumulait depuis au moins… 2 mois sur mon petit bureau de travailleur autonome. Ce qu’on en accumule des découpures de journaux et autres ti-papiers en cas ou!!!!!
En cas ou quoi au juste, bordel de merde?
En cas ou Internet exploserait et que je ne pourrais plus avoir accès à toute l’information qui m’est si chère ?

Si Internet explose, je n’aurai pas plus besoin de mes papiers. Car si Internet explose, j’en serai sûrement au stade de survie… et il sera alors grand temps d’aller planter des graines de fruits et légumes. Pour un retour à la terre… source de vie.

Le printemps me pousse chaque fois à ce besoin de trier, jeter, vider, épurer. Mais ne suffit pas que le ménage de base du printemps. Non, non. Car aussitôt celui-ci entamé, mes névroses ressortent. Je veux tout jeter. Je deviens maniaque. Maniaque de propreté. Se produit alors en moi une réflexion sur le sens de la vie… sur l’importance que l’on donne à toutes ces choses plus ou moins futiles. Cette outrancière accumulation d’objets, nous laissant croire qu’ils sont de culte, d’affection et de sécurité. Un ou deux bidules, j’dis pas. Mais à force d’accumuler tous ces souvenirs, découpures de presse, bouquins qu’on ne relira jamais, toutous laids gagnés dans une tombola en 1982, appareils électriques qui ne fonctionnent plus, notes de cours de 1808, … n’en vient-on pas ainsi à surcharger l’existence? La maison n’est-elle pas le reflet de notre demeure intérieure, anxieuse? Je ne sais pas pour vous, mais moi, quand j’accumule trop et trop longtemps, je me crée un confort illusoire, une sorte de fausse sécurité. C’est comme si je devenais alors esclave de tout ce matériel.

Sans pour autant être de ceux qui se contentent d’une valise avec 2 t-shirts, un livre et une bouteille d’eau, je tends à épurer mon environnement en ce sens là. Car trop garder, accumuler et consommer signifie pour moi avoir peur de manquer. Et qu’avoir peur de manquer n’est autre chose qu’une insécurité plus profonde cachée à l’intérieur. Bien sûr nos ancêtres ont vécu la guerre et la pauvreté bien plus que nous et c’est sans doute ce qui en a incité plusieurs à devenir des pros. du stockage inutile. Nous portons sûrement des miettes –parfois la mie au complet- de cette génétique de la peur du manque. Mais je ne peux, pour ma part, au nom de cette conscience du manque que mes aïeuls ont vécu, me mettre à faire des provisions en cas où le ciel me tomberait sur la tête. J’en deviendrais folle. Car à vivre ainsi, on développe beaucoup plus ses attributs de peur, voir même de paranoïa, que ceux débrouillardise et de confiance.

Dans ma quête d’épurement, j’apprivoise alors la philosophie qui veut que: ce dont on a besoin vient à nous au bon moment. Ce qu’on appelle l’abondance, mis en relation avec la synchronicité. Inutile alors de surconsommer des biens et matières au cas où. Et je me rends compte que plus j’avance en ce sens, plus libre je me sens. Ainsi je cultive la foi. Ainsi je sais que tout ce dont j’ai besoin, je l’ai déjà à l’intérieur. Ça sonne cliché mais à force de l’expérimenter, je me rends compte de la puissance de cette forme de lâcher-prise sur ma vraie liberté.

Il faudrait voir mon chez nous pour ne pas croire à ce que je vous partage ici. Car bien sûr, j’ai plein de bibelots chez moi, de papiers… (là-dessus, j’attaque prochainement la 2e phase de réduction) etc. et c’est justement pourquoi le ménage du printemps, j’en ai besoin au minimum 4 fois l’an. Ainsi je me confronte à mes illusions et attachements bidons, lesquels me font prisonnière et me rendent anxieuse. Ainsi, en me libérant de surplus, je me libère aussi à l’intérieur. Un vrai ménage s’opère dès lors… assurément.

Vous devriez nous voir mon chum et moi, dans ces moments-là… éclatant de rire, car certains objets n’étant même plus utiles pour donner aux pauvres, je ne veux pourtant pas les jeter dans le ventre de Dame Nature. Un comique dialogue se crée alors entre Chaton et moi…

chaton- Voyons karo, c’est pas parce qu’ils sont pauvres qu’ils sont caves!

moi- (très consciente que chaton a raison, me voyant pourtant sans autre solutions, avalant la poussière du ménage depuis des heures, morte de rire, avec une envie d’uriner que je retiens depuis tout à l’heure) :
Tu es certain Chaton que les pauvres ne voudraient pas de ce sac de sport tout jauni par l’usure et dont la fermeture éclair est manquante?


Car, tout n’est pas recyclable. Faire le ménage devient alors un réel défi. Tout mettre aux poubelles serait trop facile : vieux matelas, poupées de plastiques d’antan, tapis désuets, tissus déchirés, brosses à dents, etc. Il y a pourtant des endroits qui récupèrent la matière pour lui donner une seconde vie. Il suffit de faire une petite recherche et d’aller le porter le tout au bon endroit. À ce sujet, en tant qu’enfant de la Terre responsable et qui fait tout en son possible pour la respecter, je vous enverrai bientôt quelques adresses afin de mieux vous débarrasser vous aussi de vos vieilleries; celles réutilisables et celles recyclables. Et si vous faites déjà dans le ménage du printemps éthique, merci de m’envoyer vos bonnes adresses.

Enfin, voilà que cette petite parenthèse dans ma journée de ménage me fait du bien et me permet de me libérer un tantinet de ma névrose.

Karo du 25 avril (transpercée par le vent du nord qui la fouette corps et âme)
Étais-ce là le texte de la semaine? Je n’en sais rien ahahah… enfin, il est là, prenez-le et je tente d’en approfondir un, plus officiel, d’ici dimanche.

Jour de la Terre… et de mon Grand-père

Double célébration.
Nouvelle date anniversaire de mon grand-père. 22 avril- déclaré jour de la Terre depuis 1970. Et depuis un an, cette TERRE s’est enrichie de la chair généreuse de mon grand-père. Je dis « chair généreuse » non pas parce qu’il était démesurément gros mon pépère. Mais plutôt parce que de son vivant, il s’est usé la chair, le cœur et l’esprit avec amour, rigueur et énergie sur les pages et les paysages de la vie –bon an, mal an– pour tous ceux qu’il aimait ainsi que pour la TERRE qu’il respectait et vénérait –et dont des parcelles se sont vues -par lui- fertilisées au fil du temps. Tomates par ci, concombre par là… grand framboisier au cœur du jardin… Grand-père était un homme fort, fier et courageux.
Flash back à pareille date l’an passé. Hommage au grand Être qu’était mon grand-papa.
Mon vieil homme préféré, mon grand-papa tout de fer et de fier vêtu, a rendu l’âme vendredi soir. 98 ans. Il était sûrement temps pour lui d’aller rejoindre sa douce Lucie, ma grand-maman, dans l’au-delà. Mais il me faut quand même vivre ma peine ! Les larmes ont coulées, la vie suit son court… et je lui rends hommage à ce grand pilier. Son repos est bien mérité.

98 ans! Ainsi il est drôle de penser qu’un jour mon grand-père a été enfant; le bébé naissant de quelqu’un. Ce quelqu’un dont ni le nom, ni le visage, pas même la pensée ne m’étaient jusqu'ici venu à l’esprit. Car mon grand-père, comme tout être humain est évidemment issu d’une mère et d’un père. Ici, je ne vous apprends rien n’est-ce pas! Mais cela ne m’était jamais venu à l’esprit avant que, récemment, l’on me dise le prénom de sa maman : Camille. Quel joli prénom. C’est grâce à elle et à son époux -qui me sont étrangers mais tout de même- si j’ai eu un grand-père aussi formidable. Et cela m’est important de le reconnaître. Depuis cette prise de conscience, je songe à grand-père en ces temps là et j’essaie de l’imaginer courant dans les champs et jouant avec ses amis, quelque part au début des années 20. Je le devine aussi en train de se faire bercer par Camille, dans un jardin fécond d’amour.

Avant cette fameuse prise de conscience, c’est comme si dans ma tête d’enfant, mon pépère adoré avait toujours eu le même âge; 70 ans tout au plus, lui donnait-ton d’ailleurs encore quelques mois avant sa mort. Pour moi, c’est donc comme s’il avait toujours eu ce même visage de vieil homme fort. Quelques rides venaient certes s’ajouter année après année, ainsi que la faiblesse de son corps face à l’inévitable de la nature, mais sans plus. Mon grand-père n’allait jamais mourir.

En cachette, je l’ai pourtant souhaité afin qu’il ne souffre plus. Cet homme qui jadis a bâti des églises, debout grand comme le clocher –sans vertige! Cet homme qui autrefois pouvait marcher des heures durant… cet homme qui a tant vu et bu de ce monde et surtout, cet homme qui m’a appris la vie à travers sa philosophie et son discours… son discours toujours optimiste et juste assez cynique… envers la politique… Sa philosophie, …qu’elle était donc belle et pleine de sagesse! Voilà qui explique entre autre pourquoi il aura vécu si longtemps et en santé; car il aura su s’adapter aux nombreuses et rapides évolutions de notre ère.

Né en 1907 et mort en 2005… il se sera adapté plus d’une fois aux inventions et folies de la modernité. Jusqu'au bout il aura refusé de se plaindre. Les jambes affaiblies, meurtries, lui qui aimait tant marcher… ces derniers temps, il en était pourtant réduit à rouler –dans sa Cadillac, prénom affectueux qu’il avait trouvé pour mieux se faire à l’idée qu’il avait désormais besoin d’une chaise roulante– et toujours sans plaintes il était.

Ces dernières années, trop de fois on l’a déclaré pratiquement mort. Chaque fois me venait alors une poussée d’eczéma ou une folle crise d’angoisse. Et toutes les fois, lui, il ressuscitait des morts, nous revenant après un vif combat, branché sur des machines; nous revenant avec une blague encore plus savoureuse que celle d’avant sa simili-mort. Le cœur vieilli certes, plus lent et parfois off tempo, mais toujours aussi passionné que son vieux cœur d’or. Sa voix elle, plus éraillée, toujours prête à chanter.

Mon grand-papa à moi, le plus grand, le plus beau et le plus fort hier est mort. La nature a repris celui qu’elle avait engendré, Alcide. Alcide le jardinier hors pair, Alcide l’imprévisible sourcier, Alcide le joueur de patience; le dompteur d’amer solitude de vieillards, Alcide le moqueur au cœur tendre –moqueur et tendre comme la chanson douce de son nom à mes oreilles – Alcide Latendresse. Et si je vous disais qu’au nombre des enfants qu’il a crée de sa fusion amoureuse avec ma grand-mère, il en a vu naître 7 qu’il alla chaque fois enterrer quelques heures après leur naissance. Des bébés qui ne survivaient pas à la lumière.

En écrivant ces quelques lignes, je réalise le courage des gens de ce temps. J’apprends la leçon, bien grande et sur laquelle je médite. Mes grands-parents finirent par adopter ma mère dont la génitrice venait de mourir après lui avoir donné naissance. Puis ma grand-maman, après ces 7 naissances traumatiques, découvre qu’elle est encore enceinte. Elle s'accroche, l'enfant aussi. C’est alors que ma marraine voit le jour et qu’elle survit. La lumière lui va à ravir et fait briller sa rousse chevelure. Cette fois ça y était.

Cette brève parenthèse à mon hommage m’amène à réfléchir … Je ne peux aujourd’hui m’imaginer vivre cette réalité de l’époque où la médecine n’était pas évoluée comme aujourd’hui. Ma grand-mère devait être sûrement triste à mourir… Mon grand-père pour sa part, de ses propres mains enterra chacun de ses enfants. Allant jusqu’à creuser lui même la terre, offrant à Dame nature son inanimée, toute petite et frêle progéniture. 7 fois de suite. Ouf! Malgré ces rudes épreuves, Alcide n’a jamais fermé son cœur à la vie.
Mort le 22 avril 2005, ca aurait fait un an en mai que je ne suis pas passée pour le visiter à sa maison de retraite. Ma tendance serait à la culpabilité. Mais à vrai dire, je ne savais plus être là. J’admets ici bien humblement ma condition d’être humain. J’aurais pourtant voulu le prendre dans mes bras une dernière fois dans cette vie-ci. Juste une dernière fois; caresser son vieux front de bœuf, solide et moqueur… son front dont la tempe droite avait des rides bien particulières et qui formaient un joli quadrillé. Une dernière fois prendre sa main dont deux doigts sont soudés depuis toujours il me semble, par un nerf coincé; sa marque de commerce. Juste une dernière fois, l’entendre rire fièrement après avoir fait une blague à mon père ou à parrain…Juste une dernière fois, égoïstement l’aimer.

Mon grand-père est mort au jour déclaré officiellement « le jour de la Terre ». Hasard, coïncidence ou sagesse divine qui en a décidé ainsi? Une chose est certaine, ça ne pouvait pas mieux être comme nouveau jour pour célébrer mon grand-papa, se souvenir de lui et puis remercier la vie de son passage parmi nous. Grand-Papa de la nature. Il repose en paix auprès des siens dans un cimetière de Joliette –ce que les fleurs et les framboises doivent pousser dans ce coin là!

Bonne journée de la TERRE à tous.

Karo du 22 avril avec tout mon respect et mon amour pour le vieux sage.
Krédit: photo familiale d'antan

Geais bleus sur toile bleue

Deux geais bleus dans ma cour
me font de l’œil et me sortent de ma lecture…
Petits hochements de tête, le charme opère…
Chant doux; chuchotant…
ça y est, je craque et j’abandonne finalement ma lecture pour mieux contempler leur nature.

Un chat passe par là,
une abeille bourdonne autour de moi,
un écureuil cri, je ne sais pourquoi ?
Un des deux geais est bien à l’abri dans les cèdres,
tandis que l’autre plus aventureux se promène,
de la clôture au balcon…

Je dois rentrer, risquer de le déranger
car à deux pas de ma porte il se trouve et chantouille toujours aussi gaiement.

C’est vraiment magnifique que ce jour de printemps aux allures d’été. Même si cela me semble anormal, que puis-je faire d’autre, sinon qu’en profiter et saisir cette chaleur pour refaire le plein avant d’aller bosser un peu plus loin au nord là où il risque bien d’y avoir de la neige encore… à Mont Laurier.

 

 

 

Karo du 20 avril (autre bonus de la semaine. Finalement, il me suffisait d’exclamer mon trop plein dans « ménage du printemps » pour qu’à nouveau je trouve un peu de temps pour m’adonner à ce plaisir divin qu’est l’écriture pour moi .) crédit photo: karo. ps: je n'ai pas pu faire mieux. Pas de zoom et des oiseaux qui grouillent.

Le secret des Carolinades hebdomadaires

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Nous venons tout juste de découvrir la vraie raison du manque de temps de Caroline à produire un texte par jour. Elle ne veut tout simplement pas rien manquer des exploits du gardien de but Français des Canadiens de Montréal Christobal Huet. En effet, depuis que les Canadiens, communément appelé les Habs (habitants), sont certains de faire les séries éliminatoires elle ne veut tout simplement rien manquer. Vous devriez la voir éplucher les statistiques de chaque équipe de notre beau sport national qu’est le hockey et d’y aller de ses pronostiques. Tu es maintenant démasqué !! hahahah Go Habs Go !!

Les pieds pendant au bout du quai…

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Il paraît que lorsque l’on frôle la mort de très près
ou encore qu’elle devient imminente et que la certitude est la suivante :
qu’il nous en reste pour très peu à vivre,
il paraît qu’alors et qu’alors seulement, l’on s’éveille à la Vie.

Moi tous les jours je tente de cultiver le merveilleux.
Tous les jours je fais de mon mieux, m’y exerçant, le cœur ouvert, le corps dansant,
cela afin de mieux m’ouvrir et prendre part à cet état d’éveil là.

Je ne veux pas attendre la mort pour réaliser combien la vie est précieuse.
J’y plonge maintenant… dans le sol fertile de qui je suis.
Pour ensuite mieux danser en votre compagnie.

Karo@ceci était un bonus car j’ai sûrement un autre texte en ponte pour cette semaine dans mon sac à surprises. (Ceux qui ont lu ma carolinade « ménage de printemps » comprendront ce que j’entends par bonus…)

Ménage du printemps

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Mes amis, je dois prendre une décision.
Mais pour dire vrai, le choix s’imposant de lui-même, je vous annonce – un peu contrariée par le temps – et pour un temps indéterminé, que je ne pourrai vous écrire plus d’une fois semaine.
Eh oui…
Les activités lucratives et autres engagements fusant de toutes parts, je manque de temps pour ma passion première; celle des mots.
Si je pouvais y faire un minimum d’argent, la question ne se poserait alors même pas…

Y’a-t-il un mécène dans la salle?

Pour ceux qui depuis janvier, février ou mars renouvellent ce rendez-vous galant avec les carolinades, cela de façon quasi journalière, vous me voyez désolée de réduire considérablement votre consommation quotidienne. Sachez que je suis la première carencée par la situation; comme un jeune enfant que l’on tenterait trop tôt d’arracher du sein de sa mère…. Ainsi, de 5 textes semaine, je passerai à un seul. Voilà tout un régime qui s’impose, faute de temps comme je l’écrivais plus haut.

Parlant de régime, cela me fait penser à mon beau-père qui avant hier, avec sa langue de Pâques, avec sa langue engourdie d’eau-de-vie –sa langue qui avait mariné dans le bon vin toute la veillée… il appelait mon blogue non pas les carolinades mais plutôt les calorinades. Mais là beau-père, avec des mots-de-moi en-moins, on risque de perdre des calories quelques part… n’est-ce pas? Des calories pour le cœur… Vivement donc que cette écriture unique de la semaine parvienne à vos cœurs afin que l’on puisse mutuellement se combler. PS : beau-père, si la voisine d’en arrière a Internet, vous lui partagerez mes écrits ahahaha!!!

Voilà donc que pour les quelques semaines à venir, une large partie de mon temps et de mon attention sera requise pour la réflexion et/ou la mise à jour de projets qui se dessinent devant moi. Trier, nettoyer, épurer, purifier… parvenir à la source et choisir le meilleur; ce que je veux vraiment. Mais pour cela, faire le ménage dans toutes ces possibilités… et continuer d’avancer.

Ainsi, le week-end prochain je suis appelée à animer dans le cadre d’un festival inter-collégial de théâtre. Je dois d’abord finaliser le contenu du cours. Ensuite me rendre, dès vendredi, à quelques heures de route à l’extérieur de la ville pour offrir ce dit cours.
Entre la suppléance régulière, ma remise en forme –2 fois semaine, le quotidien auquel personne n’échappe (à moins d’être très riche et de se munir des services de valets), les fêtes d’amis et de famille qui battent leur plein en ce printemps magnifique, l’écriture de mon scénario, 2 à 3 possibilités de projets théâtre sur la table… mes leçons de Brésilien (négligées ces derniers jours), projection de voyages nécessitant de la recherche et de la préparation… l’écriture de mes chroniques action verte en processus de régénérescence (le vrai billet vert de karo), la cure de jouvence très prochaine qui sera portée également à mon site des carolinades et pour laquelle cure nous sommes d’ailleurs, Chaton l’informaticien et moi, aussi en processus. Bientôt je pourrai ajouter des musiques à mes mots, moi l’éternelle metteure en scène dans l’âme. Je pourrai donc à la fois vous baigner de mots, d’images, de mélodies et, ne manqueront plus que l’olfactif et le gustatif pour compléter cette expérience belle et sensorielle. Pour ça il faudra vous faire venir une pizza, croquer dans une pomme ou boire un bon rouge en savourant votre carolinade. Car je crois que le monde virtuel, même avec son évolution très rapide, n’est pas rendu là. Vous vous imaginez : « grattez la pizza virtuelle dans le coin gauche de l’écran et sentez son chaud fromage qui vous pénètre les voies nasales ». Ahahha n’importe quoi!
Au fond, aussi bien s’en tenir aux mots, aux images et aux musiques. Pour le reste, je laisse votre précieuse et fascinante mémoire sensorielle faire son travail.

Vous comprendrez, je l’espère, que les carolinades aient à subir cette cure d’amaigrissement temporaire.
Enfin, quoi que je ne fusse pas du tout lassée de vous écrire presque tous les jours, je veux bien voir en ce nouveau rythme, une occasion de poursuivre cette évolution qui est mienne. Parfois, les vents de changement obligés amènent en leur sillage tout un lot de belles surprises.

Un texte par semaine. Voilà une belle discipline à m’offrir. Le défi sera peut-être plus grand, sait-on jamais! J’aurais alors tendance à me mettre une pression pour « performer », vous séduire, vous toucher davantage, vous transporter… étant donné que le rendez-vous sera hebdomadaire.

Et puis non. Je continuerai de donner le meilleur de moi-même, en partant de la source – mon cœur. Et puis pour le reste, cela vous appartiendra de recevoir, d’imaginer, de rêver, de vous émouvoir, de vous propulser, de vous insurger, de réfléchir, de méditer… Même à une fois semaine, j’espère bien continuer notre belle relation.

Ainsi, qu’il s’agisse d’un conte, d’une nouvelle, d’un poème, d’une météo poétique, d’une montée de lait antiparasites, d’une réflexion psychologique, d’un extrait dramaturgique, d’une chronique verte ou de tous autres types de mots… vous aurez de mes nouvelles, une fois aux 7 jours, au minimum. Surveillez donc mon blogue afin de ne pas oublier votre dose carolinade-vitaminique hebdomadaire quelque part durant la semaine. Le mardi? Le vendredi? Le dimanche? Ça dépendra de ma réalité. Et encore mieux, si le temps me le permet, peut-être aurez-vous des bonus ici et là dans une même semaine!!!
Plus j’y pense et plus cela me réjouit.
Mais bon, je m’emporte ici encore. On verra bien.
D’ici là, hormis le texte unique assuré une fois la semaine, pour le reste, soyez sans attente.

Bref, on réduit mais pas question de couper!
Ce qui m’amène à penser que je devrai aussi réduire ma fréquence de visites chez mes gentils copains bloggeurs. Mais rassurez-vous, je ne vous oublie pas. Et qui sait, peut-être que ce régime forcé ne sera que de courte durée. À suivre donc…

Merci de votre fidèle participation, lecteurs et diabloggeurs.

En attendant votre texte de la semaine… je vous invite à aller visiter au hasard, les textes des mois de janvier, février et mars. Qui sait peut-être y découvrirez-vous un bijou nouveau à déposer sur votre âme…

Karo du 18 avril (qui malgré tout conserve une plage horaire pour les mots. C’est vital!)

relâche de pâques

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Les carolinades feront relâche pour cette courte période qu’est le long congé de la fête de Pâques.
Relâche si si… à moins que Karo ait un urgent besoin ou une idée de génie folle qu’elle veut exprimer sur le champ. Car il faut dire que je serai passablement occupée durant tout le week-end. Mais si je trouve le temps et donc l’énergie nécessaire à mettre du bonheur, de la poésie, des histoires etc. sur ce blogue durant cette fin de semaine, c’est avec grand plaisir que je le ferai.

Sinon, bon congé à tous et toutes.
Bon repos,
bonne traditions,
bonnes réunions de famille,
bons chocos,
bonne messe pour les pratiquants.

À très bientôt, cousins, amis, parents, anges humains.

Karo (qui a survécu à cette semaine de suppléance, karo pro-active, karo fière :)
photo: Le retour des outardes… grandiose. La photo ne rend évidemment pas justice, mais imaginez leur chant et voyez-les qui survolent votre maison, choisissant pour halte les eaux tout juste au bout de votre rue… Je vous l’ai dit hier et je le redis: que pour cela, ma journée aura valu la peine d’être vécue… ou plutôt devrais-je dire : elle aura valu la joie d’être vécue.