Gentil plaidoyer pour la vie

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Chapitre premier
Pour ces grandes oubliées; nos amies les émotions.
de l’ombre à la lumière…
(à lire lentement… dans le silence)
Un récent commentaire de mon paternel m’a fait penser à un extrait de texte que je souhaite vous partager depuis un petit moment déjà. Mais d’abord, une mise en contexte s’impose, cela sans jugement à l’égard des baby boomers dont il sera un peu question ici. C’est parce que je vous aime bien… vous le savez!

Consciente qu’il y aurait encore plus à développer que ce que je m’apprête à faire ici, je me lance tout de même –confiante que ce survol trouvera son sens quelque part en chacun-e.

Les baby boomers surtout (il y a bien sûr les enfants de ceux-ci, issus de leur éducation, qui réagissent de même… et les parents des baby boomers, qui ont légué cette façon d’être aux baby boomers et … vous suivez la logique? Alors je continue.

Toujours est-il que je les entends souvent dire, ces chers baby boomers, qu’en vieillissant ils ont du mal à contenir leurs émotions. Quand ils disent ça, on dirait qu’ils le disent comme pour s’excuser d’exister à travers leurs larmes et autres émotions – ce qui me porte à croire et à affirmer que les émotions sont encore malheureusement trop souvent taboues en société. Évidemment, je ne me considère pas encore arrivée non plus en cette matière si complexe que sont les émotions humaines. Surtout que l’âme collective; celle de tous les peuples à travers tous les âges, a été longtemps bafouée, et que la dignité humaine est encore, dans nombreux pays, inexistante. Dans ce contexte, il est normal alors que l’être humain ait appris à se munir de grosses défenses pour survivre à la douleur affligée par autrui: torsionnaires, bourreaux, dictateurs…

Toutefois, dans nos sociétés évoluées, on a la chance d’avancer sur ce terrain aussi. Et pas seulement au niveau de la technologie des médias par exemple. Oui mes amis, la psyché et les outils pour mieux se sentir en tant qu’humain sont là, à portée de main et pour tous. Je dirais alors qu’il en va de notre devoir que de poursuivre l’évolution dans ce domaine aussi. Car une fois conscient que nous pouvons être et faire mieux que nos prédécesseurs, il en va de notre responsabilité, si ce n’est pour nous; pour nos enfants. Ainsi, on est pas obligé d’engueuler un enfant pour lui faire comprendre la vie. Évidemment, je ne veux pas entrer ici dans un débat de société. Je dis juste que les enfants sont plus intelligents que ça. Mais encore faut-il faire le travail et le ménage en dedans de soi comme adulte. Et justement, lorsque l’on apprend à grandir intérieurement et qu’on est entouré de gens qui nous offrent la possibilité de guérir de nos monstres et blessures passés, l’on comprend vite alors l’importance des émotions au cœur même de l’être humain. - merci anges humains:)

Pour moi, mes émotions sont devenues mon centre d’équilibre. Elles l’avaient probablement toujours été. Mais tout était caché, croupi sous des tonnes de personnages. Cela parce que je ne voulais pas souffrir du jugement des autres. Cela parce que j’avais appris à réprimer (colère, peur, tristesse…). Tout ça m’a certes servi un temps. Mais désormais, maintenant que je goûte à mieux dans le fabuleux domaine de l’Être humain, je veux et je ME dois faire mieux.

Ainsi, maintenant je sais que lorsque je les écoute, que je les accueille mes émotions: j’avance. Et plus je m’ouvre dans toutes mes couleurs, plus j’accueille mes émotions sans jugement, plus alors je me sens libre et vivante. Parfois même, cela doit passer par l’accueil de ma difficulté à m’accueillir. Quand il le faut, j’avance aussi par cette porte là. Elle vaut mieux que le sabotage interne.

Alors donc, souvent quand un vieux (ahahahha je vous taquine -surtout le père et le beau-père) me dit qu’il ramollit en vieillissant parce qu’il se surprend à être ému devant le spectacle de la vie –devant le triste comme devant le joyeux– je réponds quelque chose du genre: “Tant mieux. Tant mieux si tu ramollis car il faut bien que ça finisse par sortir à un moment donné. Et pour votre information, ce n’est pas tant l’âge qui fait que vous n’êtes plus capable de retenue, mais bien l’accumulation de retenue. Ainsi la vie est bien faite. À un moment donné, le cœur n’en peut plus de supporter autant de retenue. IL DÉBORDE. Le cœur ce n’est pas fait pour compresser des larmes, le cœur c’est fait pour les exprimer, les extérioriser. Ainsi pourquoi doit-on laisser sortir les larmes? On doit les laisser sortir simplement pour mieux aimer et profiter de la vie. ” Afin qu’il puisse battre à sa pleine mesure le coeur, il faut le laisser évacuer les surplus…

Bref…

Je continue de croire que c’est véritablement par là, par le cœur, que l’on peut vibrer à l’unisson et entrer en relation. Sinon, ce ne sont que des cerveaux qui échangent de l’information. God que c’est plate ça! Après on se demande pourquoi y’a autant de dépressions nerveuses partout sur le globe. On essaie de se comporter comme les robots que nous ne sommes pas et puis après on chiale que tout va mal. Or, si l’on se retient toujours de pleurer (parce qu’on a appris que ça ne se fait pas, que c’est bébé lala, qu’il faut être grand garçon, grande fille, montrer l’exemple etc.) et bien on manque alors une large partie de son bonheur, je le sais… et c’est bien humblement que je vous le dis.

Pensez-y un peu, c’est comme si chaque fois qu’on avait un orgasme, on le retenait pour ne pas qu’il vienne. Les larmes (de joie, de tristesse, de peur, de grâce, de colère..) et un orgasme, dans mon livre à moi, c’est la même chose. Oui, oui, vous m’avez bien lu. Il s’agit du pareil au même: soit de l’expression de l’Être créateur et d’amour que nous sommes tous. Laisser couler ses émotions sans résistance ni jugement, … comme la rivière qui suit son courant. La rivière elle ne se pose pas 56 000 questions. Elle coule. Puis soudain, un vent contraire la provoque, elle sort alors de son chemin et elle déborde. Puis quelques jours plus tard, selon son besoin, elle peut retourner dans son sillon d’avant… mais elle n’est plus jamais pareille… elle a évolué, elle a avancé… et c’est en avançant qu’on évolue. Ainsi, si je reste de marbre face aux adversités de la vie, si je reste de marbre parce que j’ai peur de mes ombres, parce que j’ai honte etc., je ne pourrai pas avancer. Car toutes mes émotions seront comprimées et que de la sorte, je ne pourrai prendre de décisions éclairées. Le chemin s’éclaire par la force tranquille mais non moins puissante des émotions exprimées au fur et à mesure.

Vous n’êtes pas convaincus… j’en rajoute? Très bien. Les émotions, c’est comme aller chier. Essayez de retenir ce besoin vital trop longtemps et redonnez-moi en des nouvelles. Ce n’est pas très joli, ce que ça fait que de pourriture à l’intérieur. Le corps, c’est le véhicule par lequel l’âme a choisi de s’exprimer. Qu’importe votre religion, vos croyances etc. Voyez par vous même. Expérimentez la vie sous ce jour nouveau! Vous avez peur que vos proches rient de vous et vous jugent? Très bien… je vous comprends. Mais pour une fois, laissez-les rire… et dites-vous qu’ils sont en train de rire d’eux-mêmes et de se juger eux-mêmes à travers cette maladresse qu’ils ont à l’égard de votre vécu. Oui, tout à fait. Il ne s’agit ni plus ni moins que de cela: une maladresse due à leur peur (peur d’amour, peur d’être blessé, peur de vivre, honte de ses sentiments etc.) Évidemment, ils ne font pas ça pour être méchants. Ils ignorent un meilleur chemin, tous simplement. S’ils savaient mieux, ils feraient mieux. À vous donc, par le courage de vous dire, le courage de vous vivre, de tracer la voie d’amour –En vous et autour de vous. Un seul pas à la fois.

Pour ma part, c’est la plus belle route que j’ai prise et que je continue d’apprivoiser tous les jours. La route de l’écoute de mon rythme intérieur. Car il s’agit là de l’expression de notre Être unique. Tandis que nous sommes ici, sur la Terre, à rire, danser et… chier, pourquoi ne pas en profiter pour vivre vraiment et par conséquent, pour expérimenter cette chose tabou qu’est l’amour d’ÊTRE soi. Évidemment, il faut choisir la ou les bonnes personnes pour le faire. Sinon, ce sera à vos risques et périls. J’en vois déjà qui lundi matin se pointeront au bureau en larmes devant leur bourru patron. De grâce, allez-y doucement.

Ainsi plusieurs en me lisant croient déjà être expérimentés dans ce domaine complexe qu’est l’âme humaine. Je ne veux pas vous décourager, mais pleurer une seconde et puis retourner faire ce qu’on faisait juste avant d’être touché, comme s’il ne s’était rien passé, ce n’est pas tout à fait ce que j’entends par vivre ses émotions. Mais c’est vrai que ça fait peur et qu’il y a plein de fausses croyances ancrées en nous au sujet de ces précieuses alliées que sont les émotions. C’est pourquoi je vous invite à y aller lentement, mais sûrement.

Ceux qui ont envie d’aller plus loin dans cette quête de l’amour et de la liberté, je vous invite à observer votre degré de résistance face à l’émotion (sous toutes ses formes) versus votre degré d’accueil. Car ce chemin du bonheur ne se fait pas instantanément. Et puis surtout, c’est en relation qu’il faut le faire, pour des résultats vraiment, vraiment, vraiment plus concluants. -J’en vois déjà quelques-unes qui seront d’accord avec moi là-dessus.
Il y aurait aussi une autre bonne façon d’observer votre degré d’ouverture face à vos émotions.

Et ça va comme suit: êtes-vous capable de tolérer la souffrance de l’autre, sans essayer de le sauver, ni de lui trouver une solution miracle? Êtes-vous capable de recevoir l’autre dans son vécu quel qu’il soit, même si vous ne réagiriez pas comme lui face à ce type d’épreuves de vie? Êtes-vous capable d’être juste là, à écouter l’autre (sans parler) et du même coup, écouter ce que sa souffrance vous fait vivre à vous, à l’intérieur? La guérison des hommes passe aussi par cette voie.

Bonnes expérimentations! Vous m’en redonnerez des nouvelles.

ps : Vous savez, ça ne règle peut-être pas la guerre en Irak ou la folie de Chose-machin-Bush ce que je vous dis d’expérimenter là. Et même si l’accueil de soi semble avoir des répercussions plutôt subtiles sur le monde qui nous entoure, ces répercussions sont tout de même essentielles. Cessons de résister à la vie et accueillons-nous dans tout ce que nous sommes de peur, d’envies, d’écueils, de difficultés, de chagrin, de honte, de fatigue, d’amour … reconnaître que ça existe en soi, c’est déjà la moitié du chemin de parcouru.
Ceux qui sont intéressés à faire une démarche en particulier, j’ai quelques bons ouvrages à vous référer, ainsi que d’autres outils éveilleurs de conscience.

Après ce grand et passionné préambule, voici ma fameuse citation. Je l’adore.

« Squelette : Vaut-il mieux avoir le squelette à l’intérieur ou à l’extérieur du corps ? Lorsque le squelette est à l’extérieur il forme une carrosserie protectrice. La chair est à l’abri des dangers extérieurs mais elle devient flasque et presque liquide. Et lorsqu’une pointe arrive à passer malgré toute la carapace, les dégâts sont irrémédiables. Lorsque le squelette ne forme qu’une barre mince et rigide à l’intérieur de la masse, la chair palpitante est exposée à toutes les agressions. Les blessures sont multiples et permanentes. Mais justement, cette faiblesse apparente force le muscle à durcir et la fibre à résister. La chair évolue. J’ai vu des humains qui avaient forgé, grâce à leur esprit, des carapaces « intellectuelles » les protégeant des contrariétés. Ils semblaient plus solides que la moyenne. Ils disaient : « je m’en fous » et riaient de tout. Mais lorsqu’une contrariété arrivait à passer leur carapace, les dégâts étaient terribles. J’ai vu des humains souffrir de la moindre contrariété, du moindre effleurement, mais leur esprit ne se fermait pas pour autant, ils restaient sensibles à tout et apprenaient de chaque agression. » Edmon Wells
extrait de : Bernard Werber, Les fourmis.

Et vous, pensez-vous que le squelette est mieux dehors ou dedans? Sur quels genres de réflexions ou émotions vous laisse mon gentil plaidoyer ainsi que la citation?
J’attends vos commentaires, réactions, expressions avec grand plaisir.

Karo du 4 avril (on fire … même s’il neige. Et oui, il neige dans ma campagne.)
photos d’ombres révélées au grand jour. Sorties de leur cachette, elles deviennent lumière. crédit photo: karo

19 Comments

  1. Anonymous

    Un petit bonhomme est assis sur un banc de parc avec son grand-papa. Ensemble ils regardent la vie autour. Soudainement le petit garçon remarque un vieux monsieur (à ses yeux de gamin) pleurant, assis seul sur un banc un peu plus loin. À son aïeul il demande :
    - Pourquoi il pleure le monsieur grand-papa ?
    - Je ne sais pas, peut-être est-il triste.
    - Hum… c’est bien de pleurer. Je pleure souvent moi. C’est drôle que les enfants pleurent beaucoup plus que les adultes, tu ne trouve pas ?
    - Tu crois ?
    - (Réfléchissant) Non… je crois qu’ils utilisent les larmes plus facilement au lieu de pleurer seulement en dedans.
    - Pourquoi, penses-tu ?
    - Hum… parce que la distance entre les yeux et le cœur est beaucoup moins grande pour les enfants… nous sommes plus petits, alors c’est plus facile… les larmes ont moins de chemin à parcourir… Elles sont enfouies moins loin ! (heureux il s’écrit) Oui je crois que c’est ça !

    Un temps

    - (Bouleversés et en larmes soudainement) Mais grand-papa ne peuvent-ils pas se noyer le cœur avec toutes ses larmes qui ne font pas le chemin ?

    Myko, Extrait de, États Humains, 1997.

    Alors Karo, il paraît que nous que l’on rapetisse en vieillissant, c’est bon… la distance du chemin se rétrécie !

    Bisou
    K xx

  2. Caroline

    K- Merci pour l’extrait d’États humains. C’est joliment dit. J’aimerais bien lire la pièce au complet… il me semble avoir déjà lu ça, en partie, mais c’est loin. Tu l’as chez toi?

    J’ai d’ailleurs moi-même, de mon cru, composé deux ou trois extraits poétiques, de personnages qui parlent de ces inondations du cœur.

    J’pense que tous les artistes, un jour où l’autre, on écrit quelque chose à ce sujet. Partage à suivre.

    Car dans ma quête, j’ai espoir que les humains n’attendent pas de rétrécir pour retrouver ce cœur d’enfant. Car bien que touchante, l’hypothèse du coeur plus proche des yeux à l’enfance et à l’âge de rétrécir, je ne l’achète pas. Ça donnerait trop d’excuses aux adultes pour continuer de cacher l’existence même de leur coeur, heureux ou triste, gonglé d’amour ou de peine.

    Et puis au fond je me dirais: quelle perte de temps. Il y a l’enfance, il y a la vieillesse… deux générations qui se retrouvent dans l’émerveillement et le spontané.
    Mais entre les deux… l’âge adulte n’a-t-elle pas à apprendre de ces deux mondes si opposés physiquement et pourtant si proche de cœur?
    Remarque qu’il y a bien des vieux aussi, qui ont un orgueil mal placé comme on dit. Mais tout de même, en général, en vieillissant, il devient difficile de retenir les barrages.

    Au fait, la tienne ta carapace, est-elle dedans où dehors? réf: mon extrait de Werber. Connaissais-tu cette citation là? Je trouve ça brillant personnellement.

  3. Anonymous

    Quelle belle réflexion que tu nous propose aujourd’hui, chère Karoline!

    Moi, en bon crabe que je suis, j’ai une carapace extérieure. Il faut bien car ma chair est d’une extrême tendreté. Pour défendre mon “dedans” si sensible,la nature m’a doté de deux pinces qui m’aident à me protéger contre la connerie humaine qui, malheureusement, existe aussi.

    Toutefois, je m’entoure d’êtres qui ont un “dedans” aussi tendre que le mien et qui m’aiment avec mes deux pinces. C’est alors qu’il se produit un phénomène quasi magique. La carapace du crabe tombe! Ma grande sensibilité, mon dedans si tendre et vulnérable se métamorphose en force! Tout à coup je n’ai plus peur d’être…tout simplement HUMAINE!

    Crabe bouilli

  4. Anonymous

    Je suis bien d’accord avec toi belle Karoline, il est malheureux que certains attendent que la distance entre le coeur et les yeux se rapprochent pour vivre l’extase ou l’orgasme des larmes !
    Mais je ne l’ai pas écrit ce texte pour que la distance devienne excuse mais bien pour qu’elle soit empruntée, longue et belle, remplie d’embûche et de grand bonheur et cela par les petits, grands ou vieux !
    Car oui comme tu le sais maintenant, j’ai le texte intégral, en fait il n’est pas intégral puisqu’il continue de s’écrire, mais oui je l’ai chez moi puisqu’il est de ma plume.

    Et crabe bouilli comme je te comprends car malgré que ma carapace ne soit pas réellement dotée de grosses pinces, elle est extérieure pour répondre à ta question chère Karo… et tu sais je l’aime bien cette carapace, c’est un cocon bien douillet et confortable lorsque j’ai besoin de me recentrer pour mieux papillonner par la suite !
    Ma tristesse profonde serait de ne jamais en sortir ! Et ce n’est plus le cas aujourd’hui !!!

    Affection et bisous tout pleins à tout les crabes et les anges !
    xx
    K

  5. Stel

    J’aime bien ton analogie “les émotions, c’est comme aller chier…essayez de retenir ce besoin vital…et redonnez-moi en des nouvelles”. Alors là….j’ai bien rigolé.
    Moi j’ai été constipé pendant 18 années de ma vie. Retenir dis tu…
    J’ai lu ta carolinade lentement dans le silence avec conscience et intérêt et voici mon analogie:
    ” ça fond en moi comme du beurre dans poêle”.
    Chapitre premier, Les émotions : Réjouissant, engageant, propulsant.
    Merci mon amie pour ta grâce raffinée.

  6. elvire

    “Comme cela nous semblerait flou inconsistant et inquiétant une tête de vivant s’il n’y avait pas une tête de mort dedans. » Jacques Prévert …spontanément, c’est ce qui me vient ;-) ) sur le fond, tout ce que tu dis est très vrai, mais il est des carapaces bien difficiles à briser surtout lorsqu’elles se sont construites sur des plaies cicatricielles … moi, j’ai souvent l’image du Bernard l’hermite qui habite la coquille de l’autre, ou du coucou …

  7. théo

    Ton texte, Karo, me donne envie de réagir sur plusieurs points. D’abord, à te lire, on pourrait avoir l’impression qu’il faut laisser grand ouvert le robinet des émotions, quitte à passer la serpillière après. A mon avis, il faut faire une distinction entre apprendre à ne pas avoir peur de ses émotions et leur laiser libre cours. Celui qui est complètement soumis à ses émotions est à la fois dangereux pour lui-même et pour les autres. (Pourquoi la société s’est-elle donnée des lois ? pourquoi plus simplement, obéit-on à un code de politesse élémentaire, même entre amis ?) Mais oui, les émotions sont bien souvent au coeur de nos motivations et de nos comportements, et il n’est jamais bon de les refouler, d’autant plus qu’elles sont créatrices.

    Tu as raison d’utiliser le terme chier, en faisant le rapprochement entre les fonctions naturelles du corps et celles de l’âme. Mais pour ce qui est des émotions je dirais qu’il est important de les “digérer”. C’est en les digérant, en les canalisant, me semble-t-il, qu’on en tire le meilleur parti, et non en les laissant forcément s’exprimer librement.

    Mais le mot chier est intéressant, car il ramène aussi à quelque chose d’essentiel. Pourquoi les organes génitaux sont-ils placés en pareil voisinage/cousinage ? Malheureusement pour nous, et par la grâce intempestive de nombreuses générations de religieux obsessionnels, l’interprétation qu’on en a fait a généré bien des névroses: on a assimilé la sexualité à quelque chose de pas propre du fait de cette proximité. On a confondu l’eau du bain avec le bébé. Faire l’amour, en un sens, oui, c’est très parent avec les fonctions d’élimination. Rien de plus sain pour le fonctionnement de qui se vit de chair et d’esprit. Cela permet de ne pas engorger l’âme, cela permet d’évacuer le stress, les mille petites frustrations du quotidien, les peurs, y compris celle de ne pas être aimé, etc., bref tout ce qui parasite le bon fonctionnement de l’être. Et comme cela se fait en général à deux, c’est aussi un moment/lieu de partage, l’occasion d’apprendre ensemble une autre langue pour se dire plus ou autrement. Mais je dévie de ton sujet. Quant au squelette, il y aurait aussi des choses à dire, ce sera pour une autre fois, peut-être.

    théo

  8. Caroline

    K, Crabe Bouilli, Stel , et aux nouveaux venus Elvire et Théo, une sympathique bienvenue.

    CRABE BOUILLI- tu m’as bien fait sourire avec tes pinces de crabe. Merci pour ta réflexion que j’ai eu beaucoup de plaisir et d’intérêt à recevoir. Tu sais combien j’aime tes visites… rafraîchissantes, tranchantes (à cause de tes pinces), profondes et sincères.

    STEL- tu m’as non seulement fait sourire, tu m’as également fait rire… Car les constipations et les retenues intestinales abominables, ou devrais-je dire abdominales… Bref, ce genre de retenue là, parce que c’est sale, ou je ne sais pas trop à cause de qu’elle introjection (Théo semble effleurer cette partie du sujet d’un point de vue de la religion dans son commentaire si vous souhaitez le lire), je connais aussi Stel. Alors je peux te dire toute mon empathie. Et merci encore fidèle amie, pour ta présence ici. Je te découvre une spontanéité que j’aime à déballer…

    K- petite coquine va… je ne pourrai donc jamais retrouver la pièce que je cherche tant… tu devras donc continuer d’écrire celle-ci. Et tu sais, ce que tu appelles ta carapace, ce cocon douillet, je n’y vois pas d’un même œil. Pour moi entoucas, il ne s’agit pas d’une carapace. Car n’est-ce pas à titre de mécanisme de protection que vous vous en servez chère amie? Pleinement consciente donc, vous n’êtes sûrement pas en train de vous emmurée dans vos appartements tout de noir broyés?

    ELVIRE- ah ce cher Bernard l’hermite qui sait si bien profiter de la coquille d’autrui pour se protéger des intempéries. Il y a en effet des carapaces bien dures à briser … mais mon but n’est pas de toutes les briser, et si c’était le cas, pas d’un seul coup du moins. La terre exploserait certainement encore plus qu’elle ne le fait déjà. Et les cicatrices, ne font peut-être pas que des carapaces? D’une manière ou d’une autre, c’est à chacun le choix, la responsabilité de s’ouvrir à son rythme ou pas du tout. Mon but était surtout, la piste de réflexion. Celle qui selon moi mène à plus de liberté intrinsèque. S’ouvrir aux déchirures de la vie… s’ouvrir à soi, s’accueillir dans toute son humanité. Cesser le sabotage intérieur. Vivre.

    THÉO- Évidemment, j’avais fait une mise en garde en début de texte, comme quoi je ne pouvais pas tout dire sur le sujet. Ainsi Théo, tu pourras apprendre en lisant ma réponse à ton commentaire, que lorsque je parle de laisser libre cours à ses émotions, il y a une nuance entre comme tu l’entends et ma vision de celle-ci. Il y a une nuance donc, entre exprimer sans jugement son vécu et tourner en rond autour du bobo. Il y a une nuance entre laisser couler ses larmes, même sur un trottoir en plein centre-ville, dans les bras d’un ami ou crier sa misère sur la place publique à qui veut bien l’entendre … TIENS DONC… ta réaction m’invite à poursuivre ma réflexion dans un 2e chapitre, à suivre. Merci Théo. Car au final, nous parlons peut-être la même langue toi et moi. Je ne dis pas qu’il faille se soumettre à ses émotions. Bien au contraire. Ça, je ne l’ai pas dit. Je dis qu’il faut les apprivoiser pour mieux être à l’écoute de ses besoins, manques etc. Pour mieux saisir ce qui va, ce qui ne va pas et ensuite risquer de poursuivre son chemin plus libre et saint d’esprit. CAR IL EST LÀ MON UNIQUE BUT DANS CET APPRIVOISEMENT DE MOI. ACCÉDER À LA LIBERTÉ DU COEUR. Encore ici faudrait peut-être que je définisse ce que j’y entends (ça sera pour une autre fois)Et puis je me dis: Pourquoi laisser rire les cœurs sans pudeur, mais les larmes pleurer en silence? C’est une question que je me pose encore aujourd’hui. Et parfois oui, je dois passer la serpillière, cela quand j’ai passé trop de temps sans faire le ménage. Mais comme je l’écris dans mon texte, dans ce cas, je choisis avec qui je veux le faire mon ménage. Car nous ne sommes pas tous outillés à recevoir l’âme humaine dans cet état de grande vulnérabilité qui survient parfois en soi… Et pour ce qui est de digérer les émotions, canaliser pour moi, c’est justement cela : donner un canal et une voix à ma peine par exemple. En le disant certes, mais seulement dire : j’ai de la peine, n’est pas suffisant à m’en libérer…
    Le code civil, social, les conventions machin, machin, ça a aussi ses limites… et comme tout le reste, ça a besoin d’être revisité et transformé au fil de notre évolution. Il faut parfois transgresser certaines lois sans quoi on avance pas. Cela dit, je suis d’accord pour un code. BREF

    J’aime, j’aime, j’aime…
    Ta réaction à la mienne, cher Théo, me donne également envie de réagir plus longuement encore… mais le ciel bleu m’appelle. Chapitre II à suivre un jour certain. Car je vous le dis, il s’agit ici d’une brève piste de réflexion… qui aurait pour fondement encore plus de matière. Dont la responsabilité, la liberté, l’amour de soi, la guérison etc.

    Finalement, merci à tous pour vos commentaires si variés et intéressants. Comme je crois qu’il n’y a pas qu’une seule vérité sur terre, (ça dépend de ton expérience de terrien) je suis bien heureuse que mon plaidoyer pour les émotions fasse réagir de toutes sortes de façons.
    Alors que chacun prenne ce qui lui plaît et le reste, qu’il le balance au vent.

    à une prochaine fois sur ce sujet là… peut-être! Pour paraphraser Théo.

    ciao!

  9. Caroline

    OUF…C’ÉTAIT QUASIMENT UN 2E CHAPITRE ÇA AHAHAHAH

  10. Anonymous

    Oui tu as raison… ce cocon, il est maison de protection… et oui c’est vrai, ils sont plutôt rares les jours ou je suis enmurés… de plus en plus rares…

    Alors chacun un petit cocon de protection dans notre baluchon et VIVA LES ÉMOTIONS !!!!

    xox
    K

  11. Caroline

    Magnifique Taureau VA…
    je prends aussi mon baluchon de protection et ainsi je puis vivre en paix, tout ce que je suis.
    :) viva K!

  12. Cédric

    Quand Karo nous guide sur le chemin de la liberté et des émotions assumées… quel bonheur!!

  13. Anonymous

    J’ai mis un peu plus de temps que vous autres à réagir…car lorsque j’ai commencé à lire ton sujet Caro, là je me suis dis, c’est du sérieux et je ne veux pas répondre à la légère…Moi, j’ai grandi avec la croyance qu’il y avait de vraies émotions sérieuses et ce qui restait c’était des petites émotions pas valables du tout, sans importance.
    Peut-être que pour moi , devenir adulte c’est considérer qu’il n’y a pas de hiérarchies d’Émotions et considérer qu’elles valent toutes la peine qu’on y portent attention ! c’est depuis cette conscience que je permets de grandir chaque jour…

    mon squelette/carapace ? ça ressemblerait à un cocon que je tisserais précautionneusement, avec des fils bien souples et aussi laissant quelques trous d’aérations pour mieux ventiler….
    et puis qui sait un beau jour il pourrait en sortir quelquechose de bien beau ???…
    bises
    OO”

  14. Caroline

    OO…
    wow…
    Merci du précieux temps que tu as pris pour d’abord recevoir et incuber pour ensuite réfléchir et exprimer. Je me sens importante et privilégiée dans cette correspondance à toi. Car il est vrai que je n’ai pas écrit ce texte à la légère, que j’y ai mis amour, conscience, conviction et respect. Merci aussi pour ton partage. Je trouve cela très riche de savoir la façon dont tu as été éduquée en lien avec les émotions –vraies et sérieuses versus petites émotions pas valables. Et je trouve d’autant plus enrichissant le fait que tu me partages ta façon d’actualiser et d’apprivoiser ton monde émotif, ta façon également de l’exprimer. Je retiendrai cette phrase toute simple et belle : « Peut-être que pour moi, devenir adulte c’est considérer qu’il n’y a pas de hiérarchies d’Émotions et considérer qu’elles valent toutes la peine qu’on y portent attention » Bravo OO, je ne pourrais mieux dire. Et quant à ta carapace, je trouve là aussi que ton image est magnifique. Je n’ai nul doute qu’il en sortira quelque chose de bien beau… car déjà je peux entrevoir très facilement tes couleurs vives et remarquables à travers ce cocon de fils souples et harmonieux.

    Franchement gang, vous rivalisez d’ingéniosité pour décrire votre forme de carapace, squelette, nid…
    et je prend un réel plaisir à vous découvrir souus cet angle… en disant cela, je repense entre autre à Crabe Bouilli.

    amitiés
    Karo

  15. Caroline

    Cédric - tant mieux si l’expression de ma réalité et de mes expériences, si l’expression de ma soif de vivre peut trouver écho chez vous.

    affectueusement de l’autre côté de l’océan.

  16. Perrasite Premier

    La chaire extérieure est meilleure crue.
    Celle de l’intérieure est tendre une fois cuite.

  17. Caroline

    Perrasite… intéressant… hum… miam, miam… ou peut-être beurk :)

  18. Perrasite Premier

    Ne dit pas beurk avant d’avoir goûté à ma cuisine. J’ai été presqu’insulté !

    Perrasite soupe-au-lait
    ;-)

    p.s. : “L’Orage” à lire t’attend

  19. Caroline

    Oups… désolée… :) je ne voulais pas t’insulter.

    Karo-coeur-empathique :)



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