Récit d’aventure et réflexion d’artiste

Dans un récit de voyage que je suis en train de lire: aventures équatoriennes d'ugo Monticone, il est écrit ceci – et que je ne trouve pas bête du tout. Je dirais même plus, et j’affirme, que je trouve cela très brillant. Le voyageur s'interroge à savoir s'il devrait travailler plutôt que de voyager. Et en lui-même de se répondre:

"Tenter de toujours se placer au centre de l'extraordinaire est un travail en soi, le plus merveilleux qui soit."

Je ne suis pas la voyageuse qu'Ugo semble être (quoi que chacun de mes voyages m’aient jusqu’ici fait évoluer d’une façon incroyable et quoi que j’en ai des tiroirs pleins de récits et réflexions d’aventure) mais il me semble que tout acte de création – si faible en précipitations salariales soit-il (je dirais même : surtout dans ce contexte) – demande ce même voyage au cœur de l'extraordinaire. C’est en ce sens que la réflexion de l'auteur me parle. Voyage à dos d’âne, voyage intérieur, voyage en tramway, voyage à bout de souffle… bref! Voyage physique ou pas donc, je trouve que lorsqu’on choisi de bâtir sa vie sur ces trucs qui, de prime abord, ne semblent pas concrets et qui pourtant nous appellent le cœur sans relâche, ça prend une sacrée dose de joie de vivre et d’émerveillement dans lesquels plonger tous les jours. Je trouve que ça prend aussi une sacrée dose de courage et d’écoute de soi – pour ne pas se mentir. Et n’est-ce pas là un travail en soi? N’est-ce pas là un travail en soi que de dompter le mental qui voudrait saboter l’artiste à l’œuvre? Un travail essentiel que celui d’écouter son cœur et de le suivre sur ces sentiers très peu ou pas balisés du tout? Ainsi, depuis la fin des classes (enseignante et animatrice) tous les matins je me lève avec un objectif bien précis en tête; créer et mettre à terme deux projets d’écriture qui me tiennent à cœur. Pour ce faire, j’ai besoin de placer toute mon attention au bon endroit. Hum… Faire abstraction du reste, sans quoi je n’y parviens pas, n’est pas chose facile. En soit un défi immense. Il fait 32 beaux degrés à l’ombre. La plage se trouve à 5 minutes à pied de la maison. JE SUIS MON PROPRE PATRON. Avouez qu’il serait facile de faire « l’auteure buissonnière »!

Souvent le rôle de l’artiste est mal perçu. Ainsi on croit qu’il est aisé d’être et d’exister comme tel. Qu’il s’agit d’un don et que le travail qui vient avec ne demande pas de temps ou de réflexion. Que tout ou presque naît du fruit de la magie. Et bien je dirais que ce travail, que je découvre tous les jours un peu plus, il est au contraire très exigeant, mais ô combien formidable, le plus beau qui soit… Je ne vois pas le temps passer lorsque j’écris ou que je mets en scène la vie au théâtre. Et pourtant, il passe le temps. Et mes neurones, ils ne chôment pas! Mon corps et mon coeur, aussi participants actifs du processus.

Créer demande un état d’esprit bien particulier qu’une fois atteint, l’on ne veut plus quitter. On veut certes y évoluer… s'en voir chaque jour transformé. Mais ne surtout pas retourner en arrière. Chaton sera donc condamné à perpétuité aux travaux domestiques! pouahahah!!! Mais non! Du calme, messieurs! Ne vous insurgez pas inutilement! Ne faites pas une crise d’angoisse ou une angine de poitrine les mecs! Chaton a amplement d’espace à créer lui aussi. Monsieur vient d’ailleurs d’acheter le dernier élément de son début de studio maison : un sympathique piano portatif et qui sonne, ma foi, très bien. Enfin, pour en revenir à ma réflexion sur l’artiste… …et m'amener à cette question fondamentale et qui trouve un tas de réponses selon qui se la pose. À quoi sert l’artiste selon vous? D’abord est-ce que vous croyiez seulement qu’il est utile quelque part? En quoi ? Pourquoi? Où? Allez… sortez vos cerveaux philosophiques! À votre tour de faire aller vos neurones!

Note à l’intention d’Ugo, l’auteur des aventures équatoriennes. Ugo. Si j’ai pas encore terminé la lecture de ton livre, c’est pas par manque d’intérêt. Je l’avais prêté à Chaton. Puis je viens de le recommencer pour bien entrer au cœur de l’Amazonie avec toi. Ouf ! Tu devrais faire une mise en garde au lecteur, du genre : ne pas utiliser comme lecture de chevet. J’ai pas dormi cette nuit moi Ugo. J’étais dans la jungle, les pieds meurtris, le corps en déroute et bien qu’épuisée, incapable de dormir… Je voulais aller de par le monde, vivre l’aventure!

Karo du 18 juillet (toujours festivalière en son cœur)
photo: fjord du Saguenay été 2006
ps: sur mon avant dernier post, le blog estival (la baise)… vous êtes toujours les bienvenus à vous lâcher lousse dans le plaisir littéraire et sexuel en brainstormant avec moi et les autres (voir section commentaire).

9 Comments

  1. Anonymous

    À quoi sert l’artiste ?

    Moi il me sert à vivre. Sans ma femme artiste je suis étouffée, baffouée et je ne fais que virvolter aux portes de mon existence, à ma limite du contour de ma vie !!

    Je préfère de loin y entrer, même dans mes peurs, même dans mes douleurs et aussi dans mes joies et mes bonheurs et pour tout cela j’ai absolument besoin de ma femme artiste… alors j’en suis amoureuse et je le crie sur les toits!!!!!

    xox
    K

  2. Ugo

    AVERTISSEMENT !
    Ne pas utiliser “Aventures équatoriennes” comme lecture de chevet.
    Effets secondaires : Désir intense de partir en voyage; désir intense de quitter son emploi; désir intense de découvrir le monde; désir intense de briser sa routine… bref, de quoi faire une nuit blanche.
    ;)

    (Merci Karo… Continue ta lecture, tu vas voir que moi aussi j’ai passé une nuit très blanche.)

  3. Céline Perret

    A quoi sert un artiste?

    A vivre, je ne vois pas d’autre réponse.

    “Pour moi être acteur est un processus intime , humain et humble. Nous devons, comme tout un chacun, parcourir notre chemin vers la mort .Je ne peux pas me dissoudre dans moult personnage et attendre que la mort vienne comme çà, par surprise. Je cherche et je mets tout en oeuvre dans ma vie afin d’avancer avec joie et beauté vers la mort. Chacun appréhende ses histoires à sa manière, mais personne ne devrait oublier que la vie se termine par la mort. Si je cherche dans ma vie une vérité, une sincérité pour être plus profond , alors mon travail d’acteur a un sens. Il devient nécessaire.”

    Pippo Delbono “Le corps de l’acteur.”

  4. Caroline

    K: bon retour in the real life! Mais prend ton temps:) Je jubile avec toi. J’aime beaucoup ta réflexion, toute personnelle au sujet de l’artiste. Car au départ, c’est effectivement pour soi qu’on doit le faire. Je crois profondément. Et ensuite, ceux qui ne font pas ce métier… je serais curieuse de les entendre…

    Ugo: merci de l’avertissement en bonne et dûe forme. Je serai ainsi la dernière à se faire piéger de la sorte pouahahahah… sans blague, j’ai terminé la lecture tantôt. Merci pour ton beau travail. J’ai été particulièrement touchée en certains endroits précis. D’autres passages me rappelaient mes propres aventures de fou (Espagne, Mont-Groulx et tout récemment dans la jungle Québécoise) Je suis par ailleurs très rejointe par l’ensemble de ta réflexion. Tes pas, tes passages et tes “pas-sages” résonnent en moi car ce sont des lieux que j’ai aussi fréquentés, avec ces mêmes questions, autrement formulées… et ainsi je poursuis également ma quête. Vraiment. Très touchée de ma rencontre à toi. Merci.

    Céline: Je connais pas Pippo Delbono. Mais merci de la découverte. Wow! Ça ressemble un peu à ce que K disait plus haut. Et je trouve ça beau de ramener tout ça à la démarche humaine vers la mort… inévitable. Je crois ainsi que toutes formes d’art offrent cette possibilité pour l’homme, soit d’approfondir sa relation à lui-même… pour avancer le plus dignement, en joie et beauté vers elle, la fin de cette étape…La mort.

    Merci beaucoup !

  5. Perrasite Premier

    Belle posture.

  6. yann

    l’artiste est celui qui ne s’arrête pas de marcher dans sa tête…bonne promenade Caroline

  7. isa's memories

    Les artistes on en a de besoins surtout pour celles et ceux qui comme moi ne le sont pas du tout! Cela permet aussi aux gens de voyager, sans voyager vraiment! C’est vrai que le voyage transforme souvent pour le mieux.

  8. Caroline

    Perrasite: imposteur va :)

    Yann: aaaaaaaaaahhh comme j’aime cette citation de toi. Et de ce pas, je me remets en route.

    Isa: C’est très joli ce que tu dis ici. Voyager sans vraiment voyager…il est vrai que pour ma part, lorsque je suis public (pièce de théâtre, vernissage, show de musique etc.) je fais alors un sacré beau voyage. L’essence des artistes me touche toujours en quelque part et ensuite je vogue mieux dans ma propre vie…

  9. www.binarymix.com

    essai



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