Utopies d’aujourd’hui, réalités de demain ?

Aujourd'hui je vous propose cette entrevue réalisée dans l'hebdomadaire culturel Montréalais, le journal VOIR. C'est une entrevue en compagnie d'Albert Jacquard, au sujet de son nouveau livre.
Les préoccupations de cet homme me touchent très profondément, ainsi que sa façon de dire sans détour, en tout amour et lucidité. J'avais donc envie de vous partager un brin de sa réflexion, via ce court entretient avec la journaliste. Aussi, je vous mettrai en rouge-vin les extraits qui me parlent le plus… vous pourrez par ailleurs lire les différents commentaires de la communauté de lecteurs du journal VOIR, en cliquant sur le lien au bas de mon billet. Et pour les habitants de Montréal et des environs… Monsieur Jacquard prononcera une conférence publique demain soir. Tous les détails dans l'article…
"28 septembre 2006 Albert Jacquard Utopie raisonnable Elias Levy "L'état actuel de l'économie mondiale est tellement piteux que je me dis que n'importe quoi d'autre ne peut pas être pire." Selon Albert Jacquard, réputé scientifique et généticien des populations, notre planète est dans un état consternant. Pour dépêtrer l'espèce humaine de ce marasme, il propose dans son dernier livre une solution, à mettre en oeuvre incessamment: une "utopie raisonnable". Toute une gageure!
Votre nouveau livre est un cri d'alarme pour sauver l'espèce humaine?
"Absolument. J'essaie tout simplement d'être un peu lucide. Or, la lucidité en ce qui a trait à l'état actuel de l'humanité ne peut aboutir qu'à un cri d'alarme: tout est prêt pour la catastrophe! On ne se rend pas compte, on n'en parle presque plus d'ailleurs, mais la menace nucléaire lancinante qui plane aujourd'hui sur l'espèce humaine pourrait provoquer des cataclysmes dévastateurs. L'utilisation d'une toute petite partie des bombes nucléaires que nous avons produites et accumulées au fil des années pourrait entraîner le suicide collectif de l'humanité. Malheureusement, ce scénario catastrophe, qui, il y a une trentaine d'années, relevait encore de la science-fiction la plus farfelue, est désormais de plus en plus plausible. L'autre suicide qui est beaucoup plus sournois, moins rapide, c'est la destruction de la planète, de plus en plus polluée. Nous sommes en train d'annihiler la planète à une vitesse effrénée. L'affaire de Kyoto montre bien que nous ne sommes pas prêts à regarder la vérité en face. Aujourd'hui, les humains sont en train de planifier leur propre extinction."  
La menace nucléaire vous terrifie?
"Surtout au moment où la monstrueuse menace iranienne pointe à l'horizon. Les Occidentaux doivent avoir des arguments crédibles pour enjoindre aux Iraniens de stopper leur programme nucléaire. Un bon usage de la bombe nucléaire française serait que Jacques Chirac rassemble tous les pays du monde pour leur dire: "Nous avons un arsenal monstrueux de bombes nucléaires, nous allons le détruire sous nos yeux. La seule façon de convaincre les Iraniens de renoncer à leurs desseins nucléaires, c'est de commencer nous-mêmes par renoncer à notre arsenal atomique."
Vous critiquez durement l'actuel système économique capitaliste, mais que proposez-vous concrètement comme alternative à ce système, selon vous, "exsangue et dysfonctionnel"?
"Là, vous me piégez, parce que autant je suis persuadé que le système actuel est catastrophique, autant je n'ai pas un système de substitution à vous proposer. Cependant, force est de reconnaître qu'un système économique ne peut pas fonctionner quand les concepts de base sont absents. Par exemple, dans notre système économique capitaliste, la notion de valeur n'a aucun sens. Quelle est aujourd'hui la vraie valeur optimale d'un baril de pétrole? Ce n'est certainement pas 70, 80… ou 120 dollars. C'est du n'importe quoi! Il faut gérer les affaires économiques différemment, en se demandant tout d'abord quel tort nous faisons au patrimoine humain, social, environnemental, culturel… que nous allons léguer à nos petits-enfants. Or, actuellement, on se contente de raisonner au jour le jour, en invoquant des arguments ineptes et grotesques. L'état actuel de l'économie mondiale est tellement piteux que je me dis que n'importe quoi d'autre ne peut pas être pire."  
D'après vous, les Occidentaux ne devraient plus se soucier des déficits dans les domaines de la santé, du social, de l'éducation… car, dans ces créneaux vitaux, leurs gouvernements ne font que les berner. Cette critique est-elle fondée?
"Tout à fait. Nos gouvernements nous disent qu'ils n'ont plus d'argent pour soigner nos malades ou améliorer notre système d'éducation en pleine déliquescence. Par contre, dès qu'on propose à nos gouvernements, français, américain, canadien, européens… de se doter de nouvelles armes parce qu'on est en guerre contre Al-Qaida, on trouve immédiatement de l'argent. C'est burlesque et pathétique! Par conséquent, les moyens financiers sont toujours complètement artificiels. Quand on a des priorités, on finit par trouver l'argent."
Selon vous, si l'humanité veut surmonter les défis de taille auxquels elle fait face aujourd'hui, il est impératif de "révolutionner" le monde de l'éducation.
"La fonction du système éducatif n'est pas de fournir à ce Moloch qu'est le système économique les femmes et les hommes compétents dont il prétend avoir besoin. Son principal objectif est de participer à une tâche autrement décisive: aider chacun à devenir lui-même en rencontrant les autres. C'est au niveau des finalités, et non des modalités, de l'enseignement que je voudrais qu'il y ait une révolution. C'est tout à fait normal que l'on apprenne à l'école les mathématiques, la géographie, la physique-chimie, des langues… Ce que je souhaite ardemment, c'est que les efforts qu'on demande à un jeune pour apprendre ces matières fondamentales aient aussi pour finalité de lui permettre de rencontrer les autres, de réfléchir, de construire des concepts, de regarder le monde avec un peu plus de vivacité et de lucidité..."
L'utopie a-t-elle encore un sens et un avenir en ce début du 21e siècle?
"J'atteins l'âge où proposer une utopie est un devoir. Mais je crois que pour être un vrai utopiste, il faut être particulièrement raisonnable, c'est-à-dire essayer de soumettre tout ce qu'on dit aux critères de la raison. Entre le pessimisme désespéré et l'optimisme satisfait, la seule certitude raisonnable est le volontarisme. À nous d'agir, pour que tous les humains combattent ensemble leurs ennemis communs: la maladie, la faim, la misère sociale, le racisme, la haine, l'égoïsme, le mépris… Que peut-on faire d'autre que chercher une nouvelle voie quand nous savons les autres irrémédiablement bouchées?"
Mon utopie d'Albert Jacquard. Éditions Stock, 2006, 196 p. Albert Jacquard prononcera le vendredi 6 octobre, à 19 h 30, à la Salle Marie-Gérin-Lajoie de l'UQAM, une conférence publique intitulée: L'urgence d'une utopie réalisable. Info: www.liaisonsdavenir.com
Bon, disons que j'aurais très bien pu colorer l'entrevue rouge-vin au grand complet tant il me parle… et avouons que j'étais bien partie pour ça. Enfin. Et pour répondre à ma question, (titre de ce billet)… je crois qu'il n'y a pas d'autres choix que d'y croire, de croire en nos utopies et à partir de là, avancer. Avancer de façon lucide et volontaire comme le dit Jacquard. Car chaque petit pas, chaque petite pensée en faveur d'un monde meilleur, sont nécessaires. Le bien-être doit commencer quelque part en soi pour rayonner ensuite partout. Et déjà, en ne baissant pas les bras, en cherchant des solutions viables, puis en les mettant de l'avant, en proposant et en créant des micro-sociétés à l'image de la société que l'on veut réellement bâtir, je crois que nous avançons. Et voilà qui nous ramène à mon personnage du jour d'hier: les choix. Agir ou subir la Vie? Et vous, comment recevez-vous cette entrevue?

Karo du 5 octobre ( tranquillo for the day)

crédits photos: l'hier de karo. Paysage brumeux et automnal capté sur le vif.

One Comment

  1. Carolinade

    13 Commentaires:

    butineur de blogs réagit …
    Elles sont belles ces deux photos, l’une acidulée, l’autre dans des teintes atténuées, douces. Une belle complémentarité d’automne.
    Pour le reste, le problème avec ces problèmes mondiaux, c’est que personne ne sait quoi mettre à la place, à part les intégristes de tous bords qui ont leur idée. Quand on lui demande par quoi remplacer le système économique actuel, il sait pas le Jacquard. On en reste au niveau de la dénonciation. C’est bien, mais ça n’empêchera pas le pire d’arriver si on ne trouve pas autre chose de CONCRET.

    P.S. ESt-ce que la Karo militante va refaire un peu de place à la Karo pleine de fantaisie ? A moi, en tout cas, elle manque celle-là, dans mes lectures quotidiennes. Mais bon, je sais bien, sur un blog on mange au menu, pas à la carte. ;)

    octobre 05, 2006 4:37 PM
    Carolinade réagit …
    @ butineur… j’aime aussi beaucoup ces deux images d’automne. Merci. Et merci également pour votre franc commentaire. Je suis en partie d’accord avec vous mais je ne crois pas que Jacquard ne fait que dénoncer. Il dénonce, certes, mais il propose des manières de penser et cela, sur la place publique. Bien sûr, dans une partie de l’entrevue on voit clairement, et il le dit lui même, qu’il n’a pas un système de substition à proposer. Là, on est dans la dénonciation sans solutions, d’accord… mais je trouve tout de même l’ensemble de son propos fort inspirant, sous ses allures de fin du monde, il offre une façon de penser et que penser c’est déjà un début d’action;)

    Et juste pour vous Butineur, bientôt sur les Carolinades, tous les moyens alternatifs et inspirants qui existent un peu partout sur Terre et qui viennent faire le contre-poid. Des trucs CONCRETS, y’en a plein. Et c’est sur ça qu’il faille miser. Voilà pourquoi l’article est pour moi inspirant.

    Pour le reste… j’entends bien votre goût de retrouver de la fantaisie chez les carolinades. Pourtant cher Butineur, il y en a, si vous observez bien, même en la Karo militante. Ainsi je me marre chaque fois que je repense au criss-de-bonhomme-en-tissus-de-nowell-gonflable et autres tournures de phrases sur l’action verte… et puis, n’avez vous pas trouvé mon crapaud et la façon de le capturer dans les pixels, fort fantaisiste? Que dire maintenant du personnage attachant et pathétique qui n’a pas le choix de faire des choix? et puis et puis et puis… cette façon délicieuse que vous reconnaissiez-vous même en ma manière provocante de dire sur ma position de non-travailleuse…

    Enfin… cela dit, merci de l’expression de votre vérité. Et c’est avec grand plaisir que je vous donnerai de la fantaisie, au pluriel.
    Merci d’être là.

    octobre 05, 2006 8:58 PM
    Stel réagit …
    C’est gros pour moi tout ça.
    Ouf…je ne sais quoi dire.
    Oui, il faut agir…et comment!
    J’aime cet extrait ou Albert Jacquard dit que le travail commence EN soi.. “Aider chacun à devenir lui-même en rencontrant les autres.”
    LÀ…je touche une fierté personnelle. Ça bouge dans le bon sens alentour de moi…
    Ensuite, je continue de débiter mon ignorance…en ouvrant les DEUX yeux sur la réalité du monde dans laquelle je vis.

    octobre 05, 2006 10:15 PM
    butineur de blogs réagit …
    Et voilà ! les crapauds n’auront plus la possibilité de se transformer en Prince charmant, maintenant. Ou bien ils finiront à l’eau bouillante ou à la tondeuse à gazon. Ne confonds-tu pas, carolinade, fantaisie à pisser de rire chaud et barbarie à pisser le sang froid ? Allez, je ne me mutinerai pas plus longtemps puisque je suis né pour butiner et continuerai à venir le faire ici. Merci de ta réponse.

    octobre 06, 2006 7:22 AM
    La contemporaine contemple réagit …
    Un jour, mon grand ami du dimanche soir (J. Languirand) a dit quelque chose du genre (et je crois que ça venait de quelqu’un d’autre!):

    “L’extermination de l’être humain; bon débarras!!!”

    Des fois, Carolinade, je suis très proche de penser la même chose. Qui sommes-nous…des êtres remplis de solutions pour faire de notre monde un monde meilleur ou bien la pire vermine que la terre ait du supporter?

    J’ignore encore la réponse!

    octobre 06, 2006 7:32 AM
    Céline Perret réagit …
    Albert Jacquard est un Humaniste, un de ceux qui laissera sa trace.

    Je ne suis guère étonnée qu’il te touche ainsi, il parle juste vrai, il a des solutions, car IL Y EN A.

    L’utopie si je ne me trompe signifie “ce qui n’a pas encore existé ” .

    En avoir est essentiel, vital.

    Rien n’est inexorable, il suffit de volonté, c’est cette volonté aui fait défaut, et que Jacquard propose, en toute réalité.

    Et puis il faut le dire, la sonnette d’alarme qu’il tire, bien des gens s’en foutent, ou ne voient pas que faire, il me semble toujours incroyable qu’une minorité d’humains ait des solutions positives ( à des problèmes qui n’existeraient pas si l’on vivait intelligemment) pour une majorité qui se voile la face, ou n’a pas de réel désir de vivre dans un monde meilleur.

    Jacquard est un vrai citoyen du monde , dans un monde qui ne voit pas où il en est.

    Et notre univers n’est pas dupe…

    octobre 06, 2006 1:11 PM
    Jean réagit …
    “La seule façon de convaincre les Iraniens de renoncer à leurs desseins nucléaires, c’est de commencer nous-mêmes par renoncer à notre arsenal atomique.”

    Je crains que A.Jacquard ne soit pas très réaliste !
    Les fanatiques iraniens se moquent bien des exemples de la société occidentale .
    Ce qu’ils veulent , c’est d’abord la destruction d’Israel , puis que la religion musulmane intégriste domine le monde .
    Si on détruit les bombes occidentales , ils seront très heureux d’être devenus les plus forts et nous détruiront .

    octobre 06, 2006 1:13 PM
    Carolinade réagit …
    @ cher Butineur … je parlais du crapaud épargné moi: http://www.carolinade.com/2006/10/lallgorie-de-la-grenouille.html
    pas des autres que vous me ramenez cruellement au visage. Espèce de Butineur farceur.

    @ Stel… moi aussi je trouve ça gros. C’est pourquoi je passe de phases actives, en phases réactives, en phases de découragement puis d’actions concrètes au quotidien en actions concrètes, je sais que j’avance. À ce sujet, tu fais bien de toucher à de la fierté personnelle. Oh que si! Ta lucidité et ton ouverture m’inspirent. Merci d’être là.

    @Contemporaine… j’avais moi aussi déjà eu vent de cette citation. Venant de Languirand ou d’un autre. Cela dit, je ne crois pas que Languirand soit pessimiste pour autant. Chaque jour il pose des gestes lucides envers et malgré tout non? Ne serait-ce que par sa participation aux artisans et citadins du rebut global.

    Je dois quand même vous avouer que lorsque je suis dans une phase de découragement face à notre « belle race humaine », j’ai cette attitude là aussi. Soit de me dire, résignée ou révoltée : « allez bande d’ignares, tous à la chambre à gaz, nous sommes bien partis avec la pollution à l’échelle de la planète Exit- extermination. Auto-extermination ! Pourquoi attendre l’irrévocable ? » Mais je ne pourrais être dans cet état bien longtemps. Ainsi, je « pète ma coche » comme on dit, ça libère, et puis je peux ensuite mieux continuer à œuvrer, à ma manière, à ma mesure… justement parce que je me suis permis ce moment de découragement. Mais faire foi de cette philosophie “L’extermination de l’être humain; bon débarras!!!” à temps plein est pour moi synonyme de mort dans l’âme.

    Qui sommes nous entre les deux, la vermine ou la solution ? Je n’ai pas de réponse non plus. Mais je veux bien regarder à l’intérieur de moi chaque fois que ça hurle. Je veux bien regarder pour trouver le chemin. Sinon, aussi bien mourir déjà. Parce que si on est que parasite, que nous reste t-il à faire : S’en foutre et détruire d’avantage? … c’est trop facile. Quoi que je comprenne que vous puissiez le penser, dites-moi tout de même que votre point de vue est plus reluisant. Que vous ne faites pas partie à temps plein de ce groupement de pessimistes que mentionne Jacquard? Je vous sais trop intelligente pour vous rabattre sur cette solution. La réponse, nous ne la connaîtrons peut-être jamais de notre vivant. Alors est-ce à dire que nous devons baisser les bras? Et puis, vous ne m’avez toujours pas dit la forme qu’à pris votre nouveau combat … si le cœur vous en dit. merci encore de votre passage très chère grenouille rouge;)

    @ Céline… je trouve tes notes riches et pleines d’espoir. Ça m’inspire. Ainsi, j’aime lorsque tu écris : Gardons alors, aussi, le privilège de nos intelligences, elles peuvent beaucoup, et refusons les privilèges acquis sur le dos de ceux qui n’en ont pas, c’est aussi un choix de vie, je crois…

    Tu dis juste. Mais comme tu dis par ailleurs, je crois que plusieurs de nous ne sommes pas prêts à voir vraiment ce qui se passe. Tant que cela ne nous affecte pas de près, on est inconscient, engourdi… ou je ne sais trop. Pas prêts à perdre un peu de notre confort pour la justice et le gros bon sens. Enfin. Je ne referai pas le monde en quelques discussions et commentaires ici et là. Mais tout de même, ça fait du bien d’en parler. Ça permet de rester branché à la réalité. Car il est autrement si facile de s’en couper par le rythme effréné qui est le nôtre, dans cette société où l’on s’étourdit par la surenchère d’informations et de consommation.

    Aussi, peut-être est-ce parce qu’on regarde trop la globalité des choses et qu’ainsi on se laisse décourager? Au fond, ça fait peut-être notre affaire? Car oui, bouger et prendre position, poser des gestes concrets et faire des choix conséquents demande un effort! Bref.

    Réflexion à suivre… car faute de ne pas avoir toutes les réponses et solutions, je trouve qu’il vaut mieux continuer d’en parler plutôt que de jouer à l’autruche. À ceux donc, qui en ont marre de ce type de discussions, qui sait, peut-être est-ce parce que vous avez déjà baissé les bras? Ou encore parce que vous ne savez pas voir la réalité en face tant cela vous agace profondément mais que vous n’osez pas déterrer la vérité endormie en vous? Ainsi bon nombre préfère ridiculiser et banaliser ceux qui courageusement soulèvent les questions et sonnent l’alarme plutôt que d’agir…

    « La force du changement est souvent une somme de petites victoires. À vous de trouver la vôtre. » Citadins du rebut global.

    Et j’ajouterais… « Oui, trouver notre façon propre de s’inscrire dans la solution mais aussi, commencer simplement en posant des gestes cohérents, en lien avec la VIE. »

    tenez… si ca vous dit de lire ça : http://www.citadins.tv/cgi-bin/index.cgi?page=crg2&langue=fra
    Vraiment inspirant.

    paix et amour;)
    Karo

    octobre 06, 2006 2:28 PM
    Carolinade réagit …
    @ Jean… bien sûr que Jacquard n’est pas réaliste ici. Son livre s’intitule d’ailleurs MON UTOPIE. Je suis d’accord avec vous Jean. Tout n’est pas si facile. Mais je veux bien voir en les utopies de Jacquard, une réflexion profonde à faire sur nos attitudes et la façon dont on gère l’humanité et le vivant comme de la merde. Peut-être que votre scénario est le plus probable… mais peut-être qu’un autre scénario a le droit d’être écrit et d’enrayer le premier. Ainsi connaissez-vous l’organisme Seeds of peace? Aussi improbable que cela puisse paraître, il s’agit d’un camp qui met en relation des jeunes du monde entier, plus spécifiquement des jeunes d’Israël et de la Palestine, de ces leaders de demain qui doivent se parler, s’entendre, faire connaissance. Ce camp porte très bien son nom car son mandat est effectivement de briser le cycle de violence en créant un lieu fertile et propice à des échanges au-delà des guerres et des raisons maladives qui les provoquent. Implanter un nouveau germe… voilà ce que fait ce camp. Et cet organisme a vu le jour aux État-Unies. On semble ici nager en pleine absurdité mais ça existe vraiment. Bref, je ne saurais en dire plus… mais je vous invite à aller y faire un tour. http://www.seedsofpeace.org/site/PageServer
    C’est hautement inspirant.
    merci de votre commentaire.

    octobre 06, 2006 2:43 PM
    Céline Perret réagit …
    Caro:

    Lorsque tu écris que certains peuvent, déjà, être découragés par ces discussions, j’ai envie de répondre ceci : c’est exactement ce qui se passe tous les jours, et c’est pour celà que le monde ne tourne pas rond. Parce que se décourager, c’est abdiquer , et donc ne pas contribuer à changer les choses.Mais contribuer à les aggraver.

    Devrions nous toujours parler de choses gaies ? Ou déconner?Est- ce çà la réalité?

    Moi, j’aimerais dire que je suis toujours gaie en parlant du monde dans lequel je vis et c’est bien impossible.

    Ce qui me choque le plus c’est cette incroyable capacité à se voiler la face, qui est d’un tel égoisme que je ne peux comprendre ni adhérer, lorsque des gens préfèrent ne pas aborder certains sujets, auxquels ils sont d’ailleurs confrontés, concernés eux-aussi par la qualité du monde dans lequel ils vivent.

    Comment peut on ne pas se sentir intéressé d’en parler? Et tout serait bien plus simple si l’on cessait de ne vouloir regarder que ce qui nous amène une satisfaction égoiste et personnelle, parce que çà commence comme çà, la considération des autres, et que nul n’a le droit de fermer les yeux sur ce qui nous entoure, c’est ainsi que les politiques nous font gober leur pires conneries, si tout le monde réagissait, il y en aurait des évolutions et réagir est simple…

    Tu vois ce qui me désespère est l’immobilité , le manque d’ouverture, l’égoisme, on ne fera jamais rien avec çà.

    Evidemment on ne peut pas passer son temps à se morfondre, mais il ne s’agit pas de çà, pas besoin d’être concerné par la faim ou la misère pour ne pas accepter qu’elles exixtent, et si chacun, déjà, REAGISSAIT , combien d’avancées auraient lieu…

    Pour en revenir à Jacquard, je trouve très fort ce qu’il dit sur les armes, car j’ai toujours pensé que répondre à la violence par la violence n’était pas souhaitable, j’entends ici , déjà , des réponses: impossible de vivre sans armes !!

    Ah oui?

    Alors pourquoi est il possible de vivre avec? Comment? DONNER LA MORT SERAIT DONC ,INEXORABLEMENT BIEN PLUS FACILE ET SOUHAITABLE QUE DONNER UNE CHANCE A LA VIE?
    Je ne suis pas sûre que ce qu’il dit ne soit pas réaliste sur ce point.

    Et te rejoins Caroline sur la discussion à entamer entre les peuples qui se déchirent.

    Ce sont toujours des peuples , qui au départ étaient frères…

    Et je crains bien qu’aucune arme ne puisse, si ce n’est dans le sang, les rapprocher…

    octobre 06, 2006 4:16 PM
    butineur de blogs réagit …
    Tu as raison, carolinade, continue d’informer, de proposer des liens intéressants où il se passe des choses, qui peuvent en inspirer d’autres, faire prendre conscience, c’est aussi comme ça que les choses peuvent bouger, même lentement… et puis je sais bien que tu n’oublies pas non plus de mettre ton nez de clown.

    octobre 06, 2006 6:34 PM
    Vincent réagit …
    Sur la photo, je distingue malgré tout encore quelques petites feuilles VERTES. Vert, j’espère! Espoir utopique ? Tout n’est donc (ou peut-être) pas perdu. Encore faut-il y croire! Utopie?

    octobre 07, 2006 10:42 AM
    Carolinade réagit …
    @ Vincent… touché! Bien joué. Entre le ludique et l’utopique, il y a l’espoir et les sourires que fait naître en moi votre commentaire. J’y crois. J’y croîs.
    merci de votre passage.

    octobre 11, 2006 8:32 PM



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