Bobin merci
Quand ce n'est pas le temps qui fait défaut, c'est le body. Madame est grippée. Une vraie grippe d'homme:) Madame tousse, madame a mal aux cheveux, aux tempes, au front, aux reins, à la mâchoire. La mâchoire, ça c'est à force de grelotter. Oui, parce que madame grelotte aussi. Madame grelotte de froid. Comme si un iceberg c'était logé à son insu à la place de son plexus solaire et qu'au lieu de la lumière, irradiaient désormais les vapeurs sèches du froid glacier. Brrrrrrr…
Même si elle est pourtant fatiguée, dans son état de malaise, madame n'arrive pas à dormir. Lui vient soudain l'idée de prendre au hasard un livre de Bobin, parmi sa petite collection; laquelle trône en privilège dans sa table de chevet. Puis madame tombe là-dessus:
"Les roses ne se sont pas ouvertes. En un seul jour elles ont fait faillite. Têtes basses, tachées de brun, elles mendient un regard plus fin que le regard habituel, distrait: "Aime-moi. Je suis peu à mon avantage dans la lumière. Je n'ai pas su faire mon travail de beauté, je ne sais rien faire et je te demande de m'aimer, d'aller chercher cet amour en toi qui ne doit plus rien à l'apparence. Aime-moi parce que je suis là terne, souffreteuse et vivante, simplement vivante donc parfaite."
Christian Bobin, extrait du mercredi 30 octobre. Autoportrait au radiateur.
Comme le hasard fait bien les choses. Aujourd'hui je me sens un peu comme ces roses. Terne et pas ouverte. Mais comme toujours, les mots de Bobin viennent à moi et ressuscitent mon âme. Dans le cas présent ses mots me donnent envie de m'offrir de l'amour et de la beauté envers et malgré tout, cela même si j'ai une gueule de fleur fanée.
Karo du 11 novembre (souriante de sa trouvaille)
crédit photo: autoportrait karo
15 Comments
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Et la fleur fanée n’est peut-être qu’une peur fanée qui s’accroche encore un peu à la tige, quand elle sait déjà qu’elle refleurira plus belle dans son propre regard.
novembre 12th, 2006 at 5:38 amBella. Fascinant comme les livres nous attrappe quelques douleurs. Bontés divines. Au hasard, juste quand on tend le regard, une bébédiction, des mots pour nous et ce là présent.
Je chasse tes grelottements d’un coup de baguette magique.
novembre 12th, 2006 at 11:23 amUn peu de soleil grâce aux mots,
Un peu de poésie pour parler de nos maux,
Un peu de tendresse pour se sentir beaux,
et belles,
Et le bonheur petit à petit, revient.
Bon courage, et bon rétablissement,
laurent
novembre 12th, 2006 at 12:42 pmblog.laurent.eu.org
Mais madame n’est pas grippée de la plume à moins que la fièvre lui aille bien.
novembre 12th, 2006 at 1:10 pmSoignez vous bien madame, et je reviendrai, madame, prendre de vos nouvelles !
@ Butineur, Nina Louve, Laurent (Laurent…belle surprise! La bienvenue chez les Carolinades. J’irai vous visiter aussitôt remise sur pieds), Pierrot (Pierrot, autre belle surprise du jour. J’irai également vous visiter dans de meilleures conditions. La bienvenue à vous sur les Carolinades)…
novembre 12th, 2006 at 2:49 pmÀ vous quatre… merci pour vos chaleureux et beaux mots . Je ne peux demander mieux en pareille situation où je dois cultiver la patience face à un état physique douloureux.
Karo, un bon grog entre deux grognements silencieux! avec du miel couleur espoir juste un petit peu ambré, trois onces de rhum arrangé avec le gars des vues qui prend soin de toi, du citron bousté de vitamines C pas difficile… Puis, laisse tomber Bobin! Prend un livre plate avec des mots ratatinés comme des vieilles patates plissées qui n’ont jamais eu de vaccin contre l’ennui. C’est pour que tu tombes endormie au moins dix heures. Dis donc, j’y pense, ça fait cinq minutes que je traînes sur ta page : dois-je passer l’anti-virus sor mon ordi? En tk, je t’ai trouvé une petite rose de l’ami Bobin (crois-tu qu’il est de loin en loin parent avec Bobinette?), rose rosa que ti connais sans doute mais que je dépose quand même près de ton livre de chevet, avec un bec (je passerai l’anti-virus sur moi aussi) :
«L’amour est le miracle d’être un jour entendu jusque dans nos silences, et d’entendre en retour avec la même délicatesse : la vie à l’état pur, aussi fine que l’air qui soutient les ailes des libellules et se réjouit de leur danse.»
novembre 12th, 2006 at 4:25 pmRepose-toi bien, belle Rose poétique!
J’adore l’impact de cette phrase: “Aime-moi parce que je suis là terne, souffreteuse et vivante, simplement vivante donc parfaite.”¸
Beau..
novembre 12th, 2006 at 7:05 pm“Aime-moi parce que je suis là terne, souffreteuse et vivante, simplement vivante donc parfaite.”
C’est vrai. C’est vrai qu’il faut aimer comme ça. Que c’est seulement comme ça ,que ça sent bon même quand on souffre.
novembre 12th, 2006 at 8:22 pm@ Jack, Jack, Jack, Jack, Jack disaient les canards les perdrix et les sarcelles… @ train de nuit disait le vent… tu es un magnifique présent! Je ne connaissais pas l’extrait que tu me partage ou ne me rappelle pas l’avoir lu. Merci. C’est tout simplement ÇA. Il est de Bobin, Bobinette ou de Bob Binette?:) merci également pour ta potion de sorcier… je m’y mets de ce pas. Serai sur pieds en moins de deux! Deux claquements de main, deux pas de danse, deux virées sur ton site, deux sourires au miroir… Pour le virus… ahahahah tu es fou. J’ai un anti-virus. Je garde mes parasites. C’est une valeur de courtoisie chez moi:)
@Francis… merci de faire ressortir cette phrase de la citation. C’est vrai qu’elle est belle. Je suis toujours aussi souriante de l’écho que je trouve en toi. Comme souvent il nous arrive d’être sensibles aux mêmes poésies et tournures de phrases:) merci pour tes bons mots.
@ Nina… exactement. Si bien dit en plus:)
novembre 13th, 2006 at 10:13 amEt pourtant j’aime bien cette photo! J’espère que tu te portes mieux 2 jours plus tard…! Isa Peux tu dire à G. de me donner un coup de fil, ça pas d’allure LOL
novembre 13th, 2006 at 3:54 pmJ’ai l’impression que ton regard troue ton texte et nos écrans pour faire irruption dans notre intimité. Et c’est à ton tour de nous regarder, nous qui te regardions jusqu’ici.
novembre 13th, 2006 at 9:31 pmCaro, guéris vite! merci pour ton texte, malgré ta maladie. ça fait plaisir de te voir!
novembre 13th, 2006 at 10:48 pm@ Isa… lol!!! Pour la photo, je n’étais pas malade au moment de la prendre alors voilà ce que ton oeil de lynx a dû percevoir. merci de ta visite.
@Jode… très intéressante vue sur l’oeil. Merci de me partager ta vision de ce regard de… (merde, comment il s’appelle le monstre à un oeil?) LoL. Bref.
@ Lapie… comme tu es pleine d’affection. Merci. Câlins virtuels avec protection ant-virus pour toi.
novembre 14th, 2006 at 11:34 amun cyclope..mais il n’y a pas de cyclope femme
novembre 18th, 2006 at 2:31 pm@ Mercedes… merci! J’avais déjà oublié cette question. Un cyclope! J’avais tout, sauf ce mot dans la tête. Cyborge, clope-si, cloporte… ahahhaha bref. Il n’y a pas de cyclope femme, il est vrai. Mais à l’instant, nous en inaugurons la gentes féminine;)
novembre 19th, 2006 at 10:12 am