L’invitation
Histoire d'avoir du plaisir avec Butineur de blogs et Céline qui, sur mon billet du 4 novembre dernier, ont un échange "diablogue" ma foi, des plus riches et intéressants ET n'ayant pas pour ma part le temps d'échanger davantage avec eux, voilà que m'est venu à l'esprit ce poème que je chéris depuis 1999. À tous donc, bonne découverte ou redécouverte. Au moment de mettre en ligne ce poème, une profonde pensée d'amour me vient à l'esprit pour Isabelle L., Mijanou L. et Florence B.
« Peu m’importe comment tu gagnes ta vie. Ce que je veux savoir, c’est l’objet de ce désir qui brûle en toi à t’en faire mal; ce que je veux savoir, c’est si tu oses, ne serait-ce que rêver de réaliser le désir profond de ton cœur.
Peu m’importe l’âge que tu as. Je veux savoir si tu es prêt à risquer de passer pour un fou, une folle, au nom de l’amour, au nom de tes rêves secrets, au nom de la simple aventure d’être vivant.
Peu m’importe quelles planètes sont en conjonction avec ta lune. Je veux savoir si tu as touché le centre de ta tristesse, si tu t’es ouvert aux trahisons de la vie ou si tu t’es encore refermé, de peur de ressentir une douleur de plus.
Je veux savoir si tu peux t’asseoir avec la douleur, la mienne ou la tienne, et rester là sans bouger, sans essayer de la cacher, de l’éviter ou de la travestir. Je veux savoir si tu peux être UN avec la joie, la mienne ou la tienne; si tu peux danser sauvagement, laisser l’extase te remplir jusqu’au bout des doigts et des orteils sans nous prévenir constamment de faire attention, d’être réaliste, sans nous rappeler à chaque seconde que l’être humain a des limites dont on doit tenir compte.
Peu m’importe que l’histoire que tu racontes soit vraie ou fausse. Je veux savoir si tu es capable de décevoir quelqu’un pour rester fidèle à toi-même; si tu peux supporter d’être accusé de trahison pour ne pas trahir ton âme; si tu peux être sans foi et cependant digne de confiance.
Je veux savoir si tu es capable de saisir la beauté du quotidien, même quand tout n’est pas joli, et si tu peux nourrir ta vie de sa présence.
Je veux savoir si tu peux vivre avec l’échec, le tien comme le mien, te tenir néanmoins au bord du lac et crier « Oui ! » à la pleine lune argentée.
Peu m’importe où tu habites, combien tu as d’argent. Je veux savoir si tu peux te lever après une nuit de douleur et de désespoir, épuisé et meurtri, et faire ce qu’il faut pour les enfants.
Peu m’importe qui tu connais, par quel chemin tu es venu ici. Je veux savoir si tu te tiendras au centre du feu avec moi sans chercher à t’en aller ou à reculer.
Peu m’importe ce que tu as étudié, où, avec qui. Je veux savoir ce qui te soutient de l’intérieur quand tout le reste s’est évanoui.
Je veux savoir si tu peux être seul avec toi-même et si tu aimes vraiment ta propre compagnie dans les moments vides. »
Traduction inconnue
Auteure d’origine : Oriah Mountain Dreamer
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ps: Butineur et Céline… est-ce que cela relance le diablogue ou encore, l'envoie sur une piste plus large et profonde à la fois? Qu'importe. Le bonheur est déjà là, dans ce partage avec vous. Merci.
Et à tous les autres qui s'arrêtent régulièrement ou par hasard sur ces pages, merci de laisser trace de l'expression de votre âme.
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Karo du 6 novembre (juste là, juste bien)
16 Comments
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Mais quelle est curieuse cette Oriah ! Et comme si j’allais me tenir au centre du feu ave elle sans bouger ! Elle est un peu folle, non ? Oriah, est-ce que tu peux sauter (pas avec moi) de mille mètres d’altitude sans parachute ? Je veux savoir combien de temps tu peux te retenir avant d’aller aux toilettes quand ça presse. Je veux connaître… Bon, j’arrête mes questions indiscrètes. Je vois bien ce que tu veux dire. Eh bien, je te réponds par un grand global NON, et je veux savoir si je dois me pendre pour autant. Que veux-tu, je suis pas doué pour la vie, moi. Toi, t’as l’air. En tout cas, tu le dis bien, bon, dans la vie, je te connais pas. Tu répondrais peut-être non à toutes tes questions, qui sait. Dans les moments vides, tu te supportes vraiment ? Chanceuse que tu es ! Moi, je me tuerais si j’en avais le courage, mais non, même pas. Crier à la lune argentée ? Oui, je l’ai fait déjà, mais elle m’a jamais envoyé un peu de son argent, cette pingre ! N’insiste pas, Oriah, grande prêtresse de la montagne aux rêves, avec moi, c’est sans espoir.
novembre 6th, 2006 at 12:47 pmOohhhh On dirait que Jode ne sait pas lire entre les lignes, les métaphores d’Oriah. Pire, on dirait même que Jode juge la poésie d’Oriah, juste pour moins sentir son propre jugement de lui même, qui sait? On dirait aussi que Jode il a peur. Triste mais bon. Je vais laisser en ligne le commentaire, même si je le trouve agggggresssif au ton, au “tu” et au cynisme du personnage sans espoir qu’il semble incarner. Puissiez-vous cher Jode, retrouver le chemin du bonheur!
novembre 6th, 2006 at 12:58 pmAmicalement
l’hôte de ce blog.
Non CarOlinade, je ne cherche point à ne pas me regarder en face. Et il n’y a aucune peur dans mes propos. Au contraire, je sais ce qu’il y a en moi et ne me trouve pas à la hauteur de ces questions, questions qui me semblent autant culpabilisantes que stimulantes, selon qu’on pense au verre à moitié vide ou à moitié plein. Je me méfie de certains “bons élans”. Je pense également, dans le même genre, à ces fameuses paroles de Rudyard Kipling :
“Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie
Et, sans dire un seul mot te remettre à bâtir
Ou perdre d’un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir.
Si tu peux être amant sans être fou d’amour,
Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre,
et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre.
Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter les sôts,
Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-même d’un mot.
Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois
Et si tu peux aimer tous tes amis en frères
Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi.
Si tu sais méditer, observer et connaître,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur,
Rêver, sans laisser ton rêve être ton maître
Penser, sans n’être qu’un penseur.
Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu peux être bon, si tu sais être sage,
Sans être moral ni pédant.
Si tu peux rencontrer triomphe après défaite
Et recevoir ces deux menteurs d’un même front.
Si tu peux conserver ton courage et ta tête,
Quand tous les autres la perdront.
Alors, les rois, les dieux, la chance et la victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis,
Et, ce qui vaut mieux que les rois et la gloire,
Tu seras un homme, mon fils.”
Le “tu”ne se vaut pas agressif, il m’est naturel.
novembre 6th, 2006 at 1:12 pmOui, çà donne au débat une dimension très profonde mais en même temps çà en éloigne, car ces si belles vérités énoncées par Oriah, ne sont et ne seront jamais accessibles facilement, il y a des étapes.
Cà peut donner la sensation d’une pirouette,celle de passer des questions aux affirmations, aussi vraies soient elles, dans la vie, je pense que çà ne se passe pas comme çà.
Je pense que c’est pour celà que ces mots peuvent déclencher des réactions en face, (j’y vois surtout du cynisme pour ma part, pas d’agressivité)parce qu’ils touchent à ce qui nous touche, mais qu’on ne s’aventure pas dans ces terrains là comme çà…je veux dire sans poser des jalons avant.
Sinon, évidemment, ils sont très beaux.Et bien sûr on souhaite les faire nôtres.
Bon, j’ai trop diablogué pour aujourd’hui, me sentant plus à l’aise avec les mots de Bobin je l’avoue.:-)car ils permettent à mes yeux, davantage d’échange, quand on est en au stade de ceux d’Oriah, on a plus guère de questions à se poser…
novembre 6th, 2006 at 1:24 pmVisiblement, nous ne faisons pas la même lecture de ce poème. Il ne nous parle pas tous de la même façon et c’est ok ainsi.
Tu vois Céline, moi je trouve qu’il m’invite, comme son titre l’indique, à justement approfondir ma relation à moi, aux autres et à la vie ainsi qu’à me poser des questions, mais cela en tout amour de moi plutôt qu’autrement.
Et oui, comme Jode le rectifie dans son 2e commentaire, j’imagine que cette lecture différente que chacun fait, est celle d’un verre à moitié vide ou à moitié plein. Pour moi, il n’y a aucun sentiment de culpabilité qui surgit lorsque je lis ce type de textes. J’entend, cela dit, que oui, la lecture (Oriah, Kipling) puisse éveiller des sentiments non agréables chez certains. À chacun donc de s’ouvrir ou de passer son chemin.:) car je ne pense pas que le cynisme soit en soi une solution.
Merci de vos précisions et opinions.
novembre 6th, 2006 at 2:04 pmDommage…Je n’ai guère plus le temps aujourd’hui. Peut-être ce soir qui sait. J’ai déjà trop triché. Je retourne à mes priorités du jour.
Bien sûr Caroline que ce pème incite à cheminer en soi bien sûr!
Ce n’est pas moi qui dirai le contraire…
Je ne veux pas parler à la place de Jode mais il me semble que ce cynisme je l’ai senti surtout tourné vers lui.
Ce que j’ai voulu dire est que ce poème peut ébranler, c’est même profondément humain, on peut se sentir ébranlé( douloureusement parfois) par des choses si essentielles.
Ensuite, le cynisme, etc…c’est une défense et çà ne va pas vers une ouverture en effet.
Pour le reste, je faisais juste un lien avec le texte de Bobin, me sentant plus apte à répondre sur ce point, je voulais dire que j’avais la sensation de passer d’un état à l’autre sans “jalonnement” .
C’est çà l’humain non? Les doutes, les ébranlements, ce qui compte, au bout c’est l’ouverture.
Et en effet je ne vois pas en quoi ce texte serait culpabilisant, sauf si on se sent coupable de quelque chose…
Mais les sentiments désagréables ne sont pas négatifs en soi.C’est ce qu’on en fait qui fait changer les choses.On peut se sentir ébranlé, çà peut être agréable ou désagréable, ce qui compte c’est qu’ on aille vers l’amour non?
L’évolution humaine ne se fait pas toujours dans le bonheur, loin de là, elle passe par des souffrances, comme nous le disions sous le texte de Bobin.
Parce que , sinon, je serais la première à m’en réjouir, évoluer dans la félicité çà se serait un sacré truc…
Le texte de Kipling est grandiose aussi, personnellement çà m’incite à tout sauf à de la méfiance…Triste que Jode en voit…
novembre 6th, 2006 at 3:38 pmCe besoin d’écrire s’inscrit dans nos pensées comme des veinules de sève. C’est ce moment précis où je pose ma plume sur un papier gelé par tant de blancheur nocturne. C’est la note bleue de notre vie quand on regarde le miroir des souvenirs, le lac du quotidien ou l’océan des jours à venir.
novembre 6th, 2006 at 4:31 pmQuel texte!.. J’en suis juste ébahi.
novembre 6th, 2006 at 9:11 pmIl me semble que j’ai voulu l’écrire des milliers de fois…
J’aimerais envoyer ce poème aux humains attentionnés du monde entier.
Il me nourrit le coeur….il calme mon âme intérieur.
La vie est devenue si simple tout à coup.
ÊTRE…présent avec soi….sans contradictions intérieures.
Merci Caro pour cette perle….en mots.
Quel départ (6h00am) intérieur…..pour aller faire ce qu’il faut pour mon enfant…
xx
novembre 7th, 2006 at 6:18 amQuelle belles émotions ce poème fait remonter en moi… Je nous revois tous autour des 2 belles, poils frémissants sur mes bras, larmes aux yeux, que de beaux souvenirs, c’était ma première expérience sur les planches, tu te rappelles? … Merci Caro… Merci. xx
Je laisse les autres philosopher sur ce poème, moi je prends les émotions et les souvenirs que ça fait monter en moi, ça me convient ainsi
xx
novembre 7th, 2006 at 8:53 am” Ce que je veux savoir, c’est l’objet de ce désir qui brûle en toi à t’en faire mal …..”
S’il fallait résumer ma vie en quelques mots ….
novembre 7th, 2006 at 10:05 am@ tous… en attendant de venir commenter personnellement à chacun (comme j’aime tant le faire) je voulais ajouter ceci: détail intéressant sur la prémisse du poème d’Oriah. À savoir qu’elle a écrit ce poème un soir alors qu’elle revenait d’une fête mondaine ou les banalités et superficialités fusaient de toutes parts. Autre fait intéressant… pour ceux qui recoivent ce genre de poèmes de façon plus négative, sachez qu’il y a un livre qui complète à merveille l’essence de cette poésie. Un très beau livre ancré dans la réalité humaine. Le livre porte le même titre: l’invitation. En cliquant sur le nom de l’auteure dans mon billet, vous aurez accès à son site Internet. Mais le livre se trouve en librairie.
bon mardi:)
novembre 7th, 2006 at 11:07 amMerci à tous pour votre présence chaleureuse et inspirée.
Moi, ce poème il me va droit au coeur. Il m’intensifie, me moment-présentise, me donne envie de monter le volume, de me lever sur ma chaise, de me mettre à chanter et de demander à tout le monde de danser dans le bureau. Il me donne envie d’aimer. Il me rappelle pourquoi j’aime autant la vie. Il me donne des chocs électriques au bout des doigts en écrivant ces lignes. BONNE JOURNÉE TOUT LE MONDE.
novembre 7th, 2006 at 12:02 pmJe ne veux pas faire le rabat-joie, mais au premier abord, ça ne m’a pas parlé du tout. Je suis allé lire la version originale et le fait qu’elle soit en vers plutôt qu’en gros paragraphe m’a aidé à mieux l’apprécier.
En bout de ligne, ça traite de l’intégrité envers soi, de la pureté de l’être, de l’authenticité. Ça, ça me parle.
novembre 7th, 2006 at 1:42 pmJuste un petit mot pour m’excuser de ne pas passer plus souvent, mais depuis un moment je ne passe presque plus nul part, quelques soucis et plus beaucoup de temps pour les blogs. Mais je voulais te dire que c’est vraiment magnifique chez toi, et que les textes sont toujours d’une qualité rare. J’espère pouvoir de nouveau m’y attarder plus longuement quand j’en aurai de nouveau la possibilité.
novembre 7th, 2006 at 3:22 pmA bientôt Karo
@ TOUS… Wow! Ça grouille de vie ici. Même les rabat-joie parviennent à susciter la fête en moi.
clin d’oeil amical ahahah…
novembre 7th, 2006 at 7:16 pmBref… tout ça pour dire que je continue d’être serrée dans le temps cette semaine mais que vos messages et votre partage ici me font toujours autant de bien.
ps: Obni, ça me fait plaisir de te voir laisser tes traces ici:)