Françaiseries /1
La capsule culturelle et humoristique de Karo – exploratrice de la rencontre Québec/France. Comme tant de petits pots de confiture qu'elle concocte chaleureusement, Karo capte de délectables moments du quotidien français; moments qu'elle agrémente de sa plume sucrée et qu'il lui fait plaisir de vous partager ici même. Suggestion de dégustation: Ouvrir, lire, se délecter.
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Karo et Les melons hors saison
Mon état de choc face au prix du melon hors saison. Jamais de ma vie je n’ai payé un fruit si cher : 18€, soit environ 27 $ canadien. Mais bon… « Soyons fous, c’est noël après tout! » de me dire mon français d’ami au moment où, devant le marchand de fruits qui nous informait du prix, je m’apprêtais à faire une syncope. Inutile de vous dire que le melon était délectable et que s’il en avait été autrement, je le remballais sur le champ pour remboursement. Inutile aussi de vous dire que j’ai grugé le fruit jusqu’à la pelure, consciente du voyage qu’il avait fait jusqu’en France. Consciente donc, de la pollution atmosphérique à laquelle j’ai contribué en achetant un melon Argentin. Consciente de la valeur relative de toutes choses.
Mais bon,
voilà pour l'anecdote
du coûteux mais goûteux melon
hors saison…
Karo et la fromagère
Dialogue entre Karo et la marchande de fromages. Vraie comme je suis là, c’est ainsi que la conversation s’est déroulée. Tout ça sous l’œil avisé de mon ami français.
Karo (découvrant une rangée de fromages identiques, mais dont certains ont une croûte plus bleutée, et d’autres plus blanche) : Bonjour madame, qu’elle est la différence entre tous ces fromages ? J’aimerais bien un chèvre mais pas les plus vieux.
Fromagère (prenant mon ignorance pour un coup bas porté à la qualité de sa marchandise) : Ils ne sont pas vieux, ils sont affinés, madame.
Karo (mal à l’aise) : Je ne m’y connais guère en fromage, mais je vois que ceux du fond ont du bleu sur la croûte. Moi je veux moins de bleu. Au fait, pourquoi cette différence ?
Fromagère : Ah vous voulez celui qui n’a pas de goût ?
Karo (de plus en plus mal à l’aise) : Euh… oui d’accord. Mais pourquoi le vendez-vous s’il ne goûte rien ?
Fromagère (obstinée comme un vieux fromage) : L’affiné est bien meilleur. Vous voulez celui qui n’a pas de goût ? Pas de problème !
Karo (d’un air innocent) : Pourquoi vous le vendez au même prix que les autres s’il ne goûte rien ?
Fromagère (réalisant qu’elle est sur le point de rater une vente) : Celui-là est moins fort. Moi je préfère plus fort, mais il est très bon l’autre aussi. Ça dépend des goûts. (Grand sourire.)
Karo (anéantie): D'accord. Eh bien je vais prendre celui qui n'a pas de goût mais qui a du goût quand même, même s'il est moins fort que l'autre mais que ça dépend des goûts!
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Voilà qui met fin à la première d'une série sur le thème: les françaiseries que vous pourrez retrouver sous la catégorie mère: Globe-trotter.
Et c'était Karo du 27 décembre (captive du soleil retrouvé) en direct de Villeurbanne, France, pour LES CAROLINADES.
11 Comments
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J’adore. Je ris l’anecdote du fromage. Tant qu’au melon, c’est exorbités que mes yeux sont restés à la révélation du prix d’hiver !! Une tragédie. Je reste au Québec à tout jamais.
décembre 27th, 2006 at 6:20 pmBonjour ma belle Caroline! Épouvantable pour le cantaloup, je reste au Québec aussi (comme Nina)… Trop drôle pour le fromage. Je suis heureuse que tu t’amuses bien, on le sens dans tes écris c’est le fun!
décembre 28th, 2006 at 12:52 pm@ Nina et Brijit…
Heureuse de partager ce savoureux dialogue puant avec vous. Pouvez-vous croire! C’est le genre de truc que tu écris pour le théâtre. Rien d’extraordinaire mais savoureux comme seule la communication humaine peut le faire.
Pour ce qui est du melon/cantaloup, je vais rectifier de ce pas mon propos avant que d’autres n’interprètent mal. Le prix exorbitant n’est pas tant un prix français exagéré que le prix d’une importation de luxe.
Alors Brijit, ça n’a rien à voir avec la cantaloup peu goûteuse de par chez nous. En saison, le melon français est d’ailleurs très délicieux mais aussi abordable. Dans le cas présent, hors saison, nous avons choisi un melon en provenance de l’Argentine. Si vous cliquez sur ma phrase “pollution atmosphérique” du présent billet vous comprendrez pourquoi ce prix. Au Québec, si on en trouve en importation aussi dispendieux, ça doit être dans les quelques rares marchés à Montréal. Jamais chez Métro ou IGA. Bref. Voilà pour les précisions.
:)
décembre 28th, 2006 at 1:25 pmAlors si vous avez à ne pas venir en France, que ce soit pour autre chose que le melon
Mes amitiés mesdames.
T’inquiète, je ne m’empêcherai pas d’aller en France à cause du prix du cantaloup, je n’en consommerai pas hors saison voilà tout… Vraiment génial tes photos, spécialement celle avec les jeux de lumière, wow! gros câlin virtuel ma belle amie, en attendant de t’en faire un vrai! xx
décembre 28th, 2006 at 8:25 pmEh bien louve elle, ne peut vivre sans melon,même l’hiver. Alors je reste dans ma cabane au Ca…Québec.
Je n’achèterai plus jamais un cantaloup sans penser à Karo. (sourire)
décembre 28th, 2006 at 10:13 pmCe qui m’intrigue dans cette histoire de fromage c’est l’affaire du prix. Habituellement, les fromages affinés sont plus chers… un peu comme le
décembre 29th, 2006 at 8:12 pmfilet mignon et la boulette de steak haché. Par ailleurs, ce n’est pas tant de goût qu’il devrait s’agir comme d’intention. Si la destinée du fromage est de garnir un hamburger bourré de ketshup, il serait ridicule de le faire avec un fromage affiné. Par contre avec un bon rouge de la maison des Foucault,
j’opterais pour le plus raffiné. Bref, heureusement que le faible existe pour nous faire apprécier le fort. Bravo pour tes textes Caro, ils s’affinent … et tout ça pour le même prix !!
XX Bonne année !
Avec ton histoire de melon, tu m’as mis l’eau à la bouche! Sache que je me suis trouvé un Canari du Brésil à 3,99 $ chez Lo Belà. Je viens d’en bouffer la moitié. J’ai bien le doit : je suis veuf pour le moment. Veuf, orphelin, abandonné de mes enfants, monoparental chien et chat. Fa que, j’y ai donné la claque sur le melon. Il est si bon que je songe à conserver les graines pour mon jardin l’été prochain. Mais toutes considérations prises, quatre piastres pour un melon de chez Lula, c’tu cher?
Farce à part, tu es bien chanceuse de te promener au pays des cent pays et des trois cent chaud vin quartiers de paroisses gauche/droite du terroir, chez les astronomes de l’étal de la gastronomie. T’occupe pas trop des petits os dans les tiroirs de l’économie… Melon, fromage, bottes de cuir, qu’est-ce que tu as pris comme petit quelque chose à boire?
décembre 30th, 2006 at 9:05 pmouaip! Je confirme: un fromage qui pue est plus fort en goût. J’habite au pays de la tomme de “chioure” et on en trouve en trois étapes d’affinage: beurreuse (c’est à dire blanche et assez douce), bleue (un peu plus forte) et sèche (de couleur grise, dure et très forte) . Il y a un impératif pour le fromage: il faut le sortir du frigo une heure avant. Et là, Ô purée que c’est bon un fromage qui pue! Tu peux presque le tartiner sur ton pain, fondant, moelleux. Le fromage c’est un art. Comme le vin.
)
Essaie un Chaource si tu as l’occasion: c’est délicieux. Et plus fondant que fort, ça devrait plaire à tes papilles.
janvier 2nd, 2007 at 4:08 pm@ Sylvie… toujours aussi drôle, vive et allumée. Merci pour ton cours 101 sur les fromages. Me voilà à la fois rassurée et éclairée:)
@ Jack… 4 piastres pour un melon de chez Lula, est-ce cher? Il me niaise. Mesdames et messieurs, il me niaise:) J’aime bien l’expression “t’occupes pas trop des p’tits os qui traînent dans les tiroirs de l’économie.” Belle trouvaille. Et pour boire? “Aubergiste! Ammenez-moi du bon vin, rouge de préférence. Une lampée de Porto aussi et si je trouve avec qui partager, de la vieille prune -fortement suggéré par un ami.”
@ Criss… après Sylvie, Criss. Me voilà joyeusement renseignée. Merci chère Criss pour toutes ces savoureuses suggestions. J’appâterai, apprêterai, affinerai, ramolirai, tartinerai, dégusterai le fromage tel que convenu et puis si possible, découvrirai le Chaource. À la bonne vôtre!
“Aubergiste!!! À boire!!”
janvier 4th, 2007 at 12:52 pmChère Caro , loin de moi l’idée du cours 101… J’apprécie beaucoup le fromage de toutes formes & couleurs et pourrais faire autant l’éloge du cheddar en crotte que celle du Mormillon bleu à chlamydia . Quoi qu’il en soit, le plus savoureux demeure cette conversation , entre la fromagère et toi, que tu as très bien campée. J’ai un faible pour les dialogues, parce qu’ils suggèrent une mise en scène que j’aime bien imaginer. Ce petit bout de texte percute beaucoup de choses à la fois ( valeurs, france,québec, personnalités , approche client et vendeur, naïveté, astuce. ) en peu de mot et c’est ça qui est bon. À conserver.
janvier 4th, 2007 at 11:26 pm@ Perròn… comme le bon fromage Perron! Tu connais? Au fait, mon appellation du “cours 101″ n’était pas péjorative, juste pour le cas où … au contraire et comme je l’écrivais, ta façon drôle, imagée et vive d’alimenter le blog me plaît bien. Et tu me confirmais qu’un fromage plus affiné devait en principe coûter plus cher… alors oui, par la bande, tu m’instruisais:) bref, que tu me parles de bleu à chlamydia (bien trouvé) ou de cheddar à squeezer entre deux tranches de pain et du steak haché c’est toujours aussi onctueux:) Par ailleurs il est vrai que cette conversation entre fromagère et cliente est très suggestive. Au plaisir miss Perròn!
janvier 5th, 2007 at 7:28 am