Journée Internationale du théâtre

Entre la journée mondiale du conte le 20 marsla journée mondiale de la poésie le 21 mars et celle du théâtre le 27 du même mois, comment se portent l'art et la culture au Québec mais aussi, partout à travers le monde ?

 

C'était en mars 2004, on dénonçait les salaires de misère des artistes et les coupures absurdes dans l'enseignement des arts à l'école primaire et secondaire au Québec. Bien que les choses aient un tantinet évoluées depuis, je ne sais trop si le portrait est réellement plus encourageant en 2007 qu'il ne l'était en 2004.  Je crois toutefois que les deux plaidoyers que je vous propose ici restent toujours d'actualité… ne serait-ce que dans la réflexion globale et nécessaire qu'ils suscitent au sujet des métiers d'artiste. 
(ps: c'est long mais ça se lit vite)…

théâtre romain en Espagne

Imaginez-vous un quotidien sans divertissement, une vision apocalyptique d'un hiver répandu, où les livres ne sont plus que pages blanches. La télé : un rideau de neige. Les scènes de théâtre : froides et désertiques. Les écrans de cinéma : toiles blanches sans projection de films. Les tableaux de votre maison : maigres cadres sans peinture.  Quelles seraient vos soirées et vos fins de semaine sans tout ce spectacle de couleurs et ces activités artistiques fourmillantes qui sont partie intégrante de votre vie quotidienne?  Le 27 mars se tient la Journée internationale du théâtre. À l'occasion de cette date symbolique pour les artistes de la scène, nous tenons à vous partager quelques faits saillants de la réalité théâtrale à Québec… Parce que sous des costumes plus grands que nature, les comédiens vivent bien maigrement…!  Saviez-vous que…   - Le cachet artistique moyen des professionnels des arts de la scène, pour les organismes subventionnés par le Conseil des arts et des lettres du Québec, est de 9 704$ par année. N'oublions pas que le salaire minimum au Québec est fixé à 15 184$ par année, et que le seuil de la pauvreté est établi à 16 500$.   - Les répétitions des artistes de la scène, notamment les comédiens, ne sont pas payées. Au théâtre, ces répétitions durent de 6 à 8 semaines pour seulement 4 semaines de spectacles rémunérés. Si l'on prétend que les cachets de spectacle incluent les heures de répétition, ces cachets sont ridicules.   - Présentement, les artistes de la scène réclament une augmentation du budget provincial accordé aux arts et lettres, ainsi qu'un mesure précise pour que les nouveaux fonds investis se rendent jusqu'à eux, par exemple, par un cachet de répétition pour les comédiens.   - Le domaine de la culture et des communications au Québec génère de façon directe ou dérivée des sommes de l'ordre de 3,4 milliards de dollars annuellement. Présentement, les sommes accordées par le gouvernement pour le Conseil des arts et des lettres est de 64 millions par année. Nous voulons les faire passer à 90 millions.   Faites votre pas pour les arts de la scène, transmettez ce courriel à votre liste d'envoi, même si c'est après le 27 mars! Parlez-en à vos proches!    Au plaisir de jouer pour vous,

  le MASC, Mouvement des artistes de la scène de la capitale  (regroupant les acteurs, auteurs, scénographes et metteurs en scène de la capitale nationale)     

 "Les économistes sont des gens qui connaissent le prix de tout, mais qui ne savent la valeur de rien."- Oscar Wilde

Ce qui arrive à la Cinémathèque n'est pas surprenant, c'est le sort qui guette la plupart des entreprises d'ici vouées à la véritable culture. Sans financement adéquat, l'art est un gros bloc de sel qui s'érode sous les averses multiples de l'oubli. Mettre de l'argent pour la mémoire collective est souvent un geste peu populaire. C'est comme donner du blé à un cochon qui se fait manger par les vers de terre! Combien de ces payeurs de taxes savent qui étaient Gilles Groulx et Arthur Lamothe? On dirait que ce qui n'a pas une vitrine à la "télévicon" (comme disait Léo Ferré) n'a pas le droit de danser avec effervescence dans vos têtes! En tant que poète qui publie ici, je suis lacéré par cette envie de donner le meilleur de moi-même et d'être obligé de ramasser des canettes de 7 Up pour me payer du lait! Même si la source d'inspiration est farcie d'images et de mots agités, le portefeuille me regarde et me dit: ton art m'assèche! Je dois lui répéter que Grattonland n'embarque pas souvent dans l'audace et la nouveauté! Ici, les gens consomment l'art comme du savon à vaisselle; de temps en temps, pour se dégraisser de leurs vies approximatives! C'est lâche, mais c'est dans la tradition québécoise que d'être démunis quand vient le temps de danser dans les mêmes pas que la beauté!  La culture au Québec, c'est un requiem de gratuité. Gratis, les shows du Festival de Jazz,  gratis, les projections de l'ONF, gratis, la poésie dans les bars! Gratis, l'artiste qui vidange le réel de sa banalité. Gratis, tel est le prix d'un tête-à-tête avec le sublime! Ça ne vous coûte tellement rien que ça finit par vous faire mal de sortir une poignée de trente sous pour saisir la vie, l'embrasser, la fouiller, la mériter… Je sais très bien de quoi je parle quand il est question de sous-financement en art. Chaque année, nous, les écrivains, recevons de l'argent de prêt public pour nos livres retrouvés dans les bibliothèques du Québec et du Canada. Depuis quelques années, la somme qui nous est versée ne cesse de diminuer, même si nous mettons de plus en plus de livres à votre disposition. Les montants versés par les gouvernements sont tellement ridicules qu'on devrait tous investir cet argent pour s'acheter de la gomme balloune! Pour l'écriture de mon dernier recueil publié chez le plus gros éditeur de poésie francophone au monde, Les Écrits des Forges, j'ai eu 6 cennes de l'heure! Vous avez bien lu, je ne travaille pas en Indonésie, mais dans ce chic pays où l'on tourne à droite au feu rouge! Bien que Rimbaud ait trouvé une saison en enfer, il n'a pas fondé de syndicat! L'art, ici, c'est aussi important que celui qui collectionne des roches ou des caps de roue! C'est un passe-temps métaphysique pour l'élite et les âmes errantes. Pour les autres, la grande découverte, c'est le sofa et le télé-horaire! Misère! Quand vous mettez au pouvoir un parti politique comme les libéraux, vous espérez quoi, au fond? Que l'art sera enfin autre chose qu'un événement discret qu'on se souffle dans le tube de l'oreille? Pas du tout. Couper des rubans avec des smiles de bourgeois bêtes, c'est ça, pour moi, l'image de l'art contemporain! Comme disait Jean-Claude Lauzon: "Quand tu entres dans ces temples bureaucrates et que tu vois la secrétaire devant toi, tu te dis: "Elle, elle vit de l'art québécois, mais pas moi!"" C'est ça, un artiste, il invente et on l'organise! Je sais très bien que ce n'est pas une idée neuve, l'univers artistique a toujours été un terrain miné par un financement obscène. C'est juste triste d'observer que l'humain n'accorde pas plus d'importance à ce qui le distingue de la bête qui mange de la moulée beige!

 extrait des grandes gueules, journal Voir, Mtl. 18 mars 2004 Aculture gratuite Patrick Léveillé, poète

théâtre romain IIEt pouvez-vous me dire, selon vous, quel est le portrait de l'art et de la culture, en 2007 au Québec -et au lendemain des élections prouvinchiâles ? Que vous soyez du milieu des arts et de la culture ou pas et suite à la lecture de ces deux textes, votre opinion et/ou convictions et/ou flambées poétiques m'intéressent!

Bonne journée internationale de théâtre!

Karo du 27 mars, VOIR ce qui se trame dans le paysage théâtral à Montréal.
krédit photos: Karo Espagne 2004 et France 2006

5 Comments

  1. Nancy Boone

    Salut Belle Cousine,

    WOW! Deux commentaires dans la même semaine, je suis en feu! ;)

    Bon, justement en parlant de la culture, est-ce que tu savais que dans la foulée de la réforme scolaire au Québec (faut croire qu’il y a aussi quelque chose de bon avec cette fameuse réforme), on nous a demandé au comité de parents de la commission scolaire (dont je suis membre) de nous prononcer sur la politique culturelle qui sera en vigueur dès l’an prochain dans l’ensemble de nos écoles primaires et secondaires de notre commision scolaire. Dans cette politique, il est mention d’intégrer plus les arts, sous toutes leurs formes dans les apprentissages des différentes matières, de leurs faire une place plus importante dans les activités parascolaires et de privilégier des sorties éducatives qui portent d’avantage sur les arts. Espérons que ce petit pas portera des fruits et amènera les enfants à questionner leurs parents sur notre culture au Québec et, pourquoi pas (tant qu’à rêver…)d’ouvrir le dialogue sur la culture en générale.
    Mais, pour le moment, j’essaie de faire ma part auprès de mes 2 enfants et essaie aussi d’encourager plus notre industrie culturelle en allant au théatre et en ne piratant pas les artistes sur le net.

    Sur ce, bonne réflexion!

    Avec amour,

    Nancy
    XXX

  2. diane

    Je pense que le portrait de l’art au Québec pourrait briller encore plus!(tu vois je suis positive j’aurais pu dire que le portrait de l’art au Québec n,est pas tres reluisant!..Mais non je reste positive TOUJOURS!hihiii!.. La reconnaissance de l’art n’est pas encore a son appogé, l’art est encore trop souvent vue comme un “superflu” quelque chose de “pas” nécessaire!..Et pourtant, elle sauve des vies,elle sauve des coeurs, elle sauve même des âmes!….Mais comme pour mon pays le QUÉBEC j’ai confiance qu’un jour………Le changement vers la lumiere commence des le moment présent, car” c’est le caillou que je viens de lancer dans l’eau qui dans quelques secondes me ramènera de petites vagues….”a bientot caro…tendrement..xox

  3. Carolinade

    @ Nancy… wow! Tu es effectivement en feu! Et ton message est très inspirant. Ta commission scolaire active et c’est positif. Je crois que ce que l’on fait à l’échelle locale est plus que bien. Je crois même que c’est là qu’il faille prendre son pouvoir, s’exprimer et faire en sorte de vivre dans un monde meilleur. À commencer par en-dedans de soi. Chacun est une localité, un pays, ou un village, appelle ça comme tu voudras et selon ce qu’il choisit d’y mettre, des fleurs aux pesticides, ou des fleurs natures, de l’art de masse et sans originalité qui tue l’art ou de l’art en marge mais de l’art unique, de l’art vivant et qui transcende le fade quotidien sans âme, de l’art qui aide les enfants à s’épanouir au même titre que toutes les autres matières scolaires prétendent le faire, de l’art parce que c’est essentiel à l’être humain de créer. Vital pour son équilibre, qu’on en fasse ou non un métier. Ta part donc, chère Nancy, est plus que considérable. Chaque individus, par sa conscience et sa participation à éveiller d’autres consciences, contribue à réédifier l’art en soi! L’art de soi! La fine soie de la vie…

    @ Diane…c’est bien de rester positifs. Et comme on en avait déjà parlé toi et moi, il est vrai que l’argent ne viendra jamais aux artistes s’ils écrivent des spectacles qui règlent leurs comptes avec le gouvernement. Car à force de plomber le moral des troupes et de s’acharner sur le problème, on n’avance guère. Mais je crois que tout en restant optimiste, il faille aussi être conscient de la réalité, des enjeux et des autres moyens disponibles en marge des subventions et cie… Et comme l’exprimait Nancy, travailler à rendre les choses possibles dans sa propre région, sa propre famille et dans mon cas, ma famille imaginaire, celle qui grouille dans l’artiste que je suis et qui doit aussi sûrement grouiller par chez vous ahahhahahah…
    Merci Diane pour ton onde-caillou. Le changement commence en dedans de soi et tous les jours, comme tu l’écris, dans le moment présent. Là est notre seule vraie prise sur la vie: saisir le présent et en faire du beau.
    tenderly aussi. Karoxx

  4. aloredelam

    exactement d’accord avec vous toutes , sauf que la plupart s’en foutent d’avoir une vie qui brille d’art ou de joie et sauf que moi je m’en fous qu’il s’en foute et je vais continuer à m’escrimer tout en sachant que ça leur passe )à 15000 mille au dessus de la tignasse !
    mais vivre sans ça franchement je peux pas ù!
    lam

  5. carOlinade

    @ aloredelam… Bien dit!! Ouais!!! Vivre sans ça, je ne peux non plus pas. Pouahah quelle maudite belle construction de phrase viens-je donc de faire là? ! Enfin. Vivre d’âm’our et d’art frais du jour:)



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