Je reviens à Montréal

Snif snif… je suis tristounette… je voulais mettre la chanson "montréal" d'Ariane Moffatt mais mon blog n'est pas capable de la lire. Tant pis… ceux qui veulent l'entendre n'auront qu'à aller sur youtube: Montréal
espagne karo

Comme je l’écrivais il y a quelques jours…  c'est pour moi la fin d’une étape et la suite de la fin du début du… enfin, c'est sans fin c'histoire. Un jour à la fois donc, de retour au Québec. Pour vous qui êtes restés sur votre Terre Mère, d'un bord ou de l'autre de l'océan, cela ne peut avoir la même signification que pour moi. Ou seulement pouvez vous savoir ce qui m’habite parce vous aussi un jour avez vécu un tel déracinement, volontaire certes, mais déracinement quand même.

   Partir 5 mois loin de son pays, même bien logé, nourri, aimé, ‘entertainé’ et en communication non stop avec le Québec, ça fait tout drôle en dedans. Comme si une autre vie s’était ouverte à l’intérieur… sans pour autant oublier ma famille et mes amis, il y a cette autre vie qui en moi s’ouvre. Telle une nécessité de descendre encore plus profondément dans l’antre de la bête afin de me baigner dans la pleine lumière de mon Être souche.  

Tant de semaines à panser mes chagrins – je n’aurais pu imaginer ce bout de chemin si rocailleux. Et tant mieux car avoir tout vu venir à l'avance, je n'aurais sans doute pas osé sortir du cocon. Ainsi va la vie…

Et à nouveau le soleil qui brille … les habitudes du quotidien qui s’installent, ailleurs, parce que paraît-il, peu importe où l’on se trouve sur la Terre, on est à la maison.

  Qu'il est beau ce voyage malgré les raisons du départ et malgré ce qu'il me reste à panser !

  Tenez, tandis que je reviens à Montréal, je vous offre cet extrait prose poétique inspiré de  mon vécu des six derniers mois et surtout, inspiré de grande dame Nina Louve (ce bout de texte est en fait une réponse à un texte d'elle) Merci Nina … De ta survivance coule une huile pure et cicatrisante.

Karo côte sauvage Bretagne 

"J'aime comment le goût de goûter se lit ici sur un jardin de chagrins d'amour. Même le cœur en ruine, marcher et conter tendresse.  Comment dans le deuil, à s'escarper sur des falaises illusoires et sans soleil, on apprend à se bercer dans la virgule du temps, de la mi-hutte… Parce qu'avant, avec son 'lover', on avait une hutte au complet, mais là que la déchirure vient rendre sinistre en notre beau refuge, la hutte se fait mi, mie, me, seul alone, looooonely. Alors on plie bagage et on s'exile, on monte la falaise, faute de ne pouvoir remonter le temps, on remonte le vent, pieds nus, les flammes mouillées, les flancs hurlants, la face suant, la pluie sur les paumes de main, demain ira mieux on l’espère, la tête pleine de psaumes et au bout du roc, des bras âmies 'tender' sur leur coeur… au bout du roc, apprivoiser la face cachée du deuil à qui tu cries « encore-là-toi? Toujours là t’en-vas-jamais? Pas tanné de tanner ton cuir brûlant dans ma tanière? Pas tanné de te tenter une place en permanence dans mon esprit, mes souvenances? Té pas tanné maudit temps de te dresser devant, lent et souffrant! Moi c’est d’là tendresse que je veux, pas du temps rêche. » Pis les âmies continuent de tendre les bras du cœur. Ton absence de sens est alors moins pèse&hante. Tu recommences à savourer les joies qui une à une se dandinent devant ta bouche assoif-fée d’émerveillement, de pur, de beau. Tu dis pu « je t’aime » à la vie, mais tu l’aimes quand même et puis la vie le devine, la vie le sait, la vie le voit dans tes silences plein de larmes de joie, dans tes silences plein de sourires gracieux. Oui, soyons mille mains tendues. Mille mains d’âmour et plus encore, à renaître des plaies qui hantent, à renaître des plaines béantes, des peines immenses, des peines lentes. L’exil est parfois long mais préférable à compter les moutons assis dans ton ancienne demi-hutte."   Karo 2007 

 

Karo du 12 mai… fébrile et sereine à la fois

Car la dualité vivante en moi
par ma foi, ma renaissance ! 

Crédit photos: Seb. Karo en Espagne. Marlène. La photographe photographiée. Quiberon, côte sauvage, Bretagne 2007

17 Comments

  1. Jean du Pays

    Shirley, tu es de retour a quelle heure? Je suis de retour demain moi aussi. Peut-etre que tu pourrais m’aider a transporte mes baggages et en meme temps en profiter pour me donner les nombreux souvenirs que tu m’as ramenes.

  2. Carolinade

    POuahahhahahahah maudit fresh bread… fou drôle. Et moi qui espérais que tu prennes mes bagages et me ramènes des tas de souvenirs de tous tes voyages…

  3. Kymo

    Miam miam miam miam miam miam miam ton texte en réponse à louve. Je suis à peau de fleur partout touchée grande ouverte à recevoir et sereine à donner aujourd’hui alors merci belle amie d’être venu faire un virvoltement dans mon âme quelques instant…
    Je t’embrasse fort et je te souffle…fffffuufufuuufuufuufffffffffffffffffffffff ….plein de bisous à la crème amoureuse de moments d’émotions douce magique intense pure et fou !!!xooxoxoxoxoxooxoxoxo

  4. Nina Louve

    ouf… larmes à l’oeil. Joie itou. La vie nous fait manger des hasards et souffler du nord à l’ouest sur des destins. En décalages horaires une parole se pro-prose, un silence raconte : déchifrer, plaire, taire , faire.

    Ton billet touche ici, là. Tu vois où ? Juste en plein coeur.

  5. In-Quiétude

    Terre-Mère. Quelle chance! Au moins toi tu as des racines aux pieds. Pour ma part, je suis un déraciné depuis l’âge de 14 ans. Je n’ai pas de Terre-Mère seulement des Terres-Accueillantes. Aussi, je considère tous les recoins du monde comme mon propre refuge. Je sillonne les terres en solitaire, au gré de mes humeurs et de mes rencontres. Vais-je posé mon sac à terre un jour. Qui sait?
    Bon voyage Carolinade… ou bon retour.

  6. Marie-Pierre la bretonne

    Salut ma belle, les départs sont tristes, mais revenir au pays, c’est bien aussi. En tout cas, on se reverra, j’en suis sûre ! Bon courage à toi, et bonne écriture, encore et toujours, et plein de bonnes choses !

  7. claudie manceau

    femme d’ailleurs
    en crée ici et là bàs
    ainsi ses cris voeux les maux
    déroulent les
    ceux qui tant lasse
    bien tôt te berceront
    à re prendre la vie
    chute
    écoute
    les battements de nos choeurs

    merci pour ton écriture je t’embrasse claudie coquelict

  8. Françoise Legault

    Te lire et frissonner
    Te lire et mourir un peu avec toi
    Te lire et renaître un peu avec toi
    Te lire et t’attendre … sans t’attendre

    On croit se déraciner puis on découvre les vraies racines : les valeurs reliées à notre essence profonde. Ces empruntes de Soi oubliées, profanées et enfin retrouvées au prix de souffrances mal digérées. On avait donné un visage à l’Amour et on découvre qu’il en a mille et derrière tous ces visages, le sien qui se profile soudain. On a peine à le reconnaître, mais il se fait insistant. Il veut être reconnu. Il veut être apaisé… bercé … câliné…aimé.

    Tel était sa quête, il n’y en a jamais eu d’autre: le retour à Soi.

    Je t’aime,

    Françoise L.

  9. Jack

    Karo, tu es entre ciel et terres, et moi à te lire, je plonge, de loin, en étranger, parmi tes grappes de mots familiers, si beaux, sensibles, et j’éprouve ce silence des êtres qui se reconnaissent, marchent ensemble à distance. C’est une étape, en effet. Bienvenu chez toi!

  10. D.

    Macaron rose : ça tangue ! on est dans un bateau, ou quoi ?
    Macaron vert : j’suis vert !
    Macaron jaune : fait froid, si on se serrait un peu plus.
    Macaron rouge : t’as fini de m’écra-bouillet !
    Macaron bleu : je suis dans qui, là ?
    Macaron orange : dans l’abricot-lavande, banane !
    Macaron violet : vous sentez pas comme une odeur de poisson ?
    Macaron blanc : c’est vrai que les douaniers y veulent pas qu’on immigre au Québec ?
    Macaron marron : vous inquiétez pas ! Dès qu’on arrive, nos parents adoptifs nous planquent dans leur estomac.

  11. Innée

    Merci pour ce beau voyage intérieur de l’extérieur que tu nous / m’ a partagé.
    Avec ton dernier texte j’ai pleuré comme petit Nancy, dedans la vie avec plein de crayons de cires dans les poches
    Purée !
    Il y a des matins comme ceux-là où la vérité de l’autre berce notre essence
    En m’arrêtant chez-vous, j.ai passé par chez-moi.
    Merci au risque de me répéter… merci !

    Nancy

  12. Kymo

    Ton retour est sûrement un beau cadeau de fête des mamans pour ta douce créatrice… Je passais et j’y pensais…simplement
    Luv xox

  13. wictoria

    le retour au bercail après si longtemps est sans doute comme une nouvelle naissance…cette expérience est unique !

  14. Francis Lewss!

    Bon retour! :)
    Les chroniques outre-mer furent bien intéressantes… ainsi que les clichés!

    Francis.

  15. Carolinade

    TOUS…
    pour toute réponse, voir mon billet du 14 mai.
    ET comme dirait Jack: “kiss que je vous aime”.
    Papa, maman, mes soeurs, mes amis d’un bord et de l’autre de l’Atlantique, mes sorcières, mes précieux enfants… D. et cie.
    Je suis portée par votre amour.

    Les commentaires du jour sont édifiants… ma gang d’amours:)
    Bienvenue à ‘ceusses’ qui laissent leur trace ici pour la première fois.

    Je bois vos mots et je souris.
    Karo gourmande

  16. Alain Fortin

    bonjour j ai bien aime votre site , je l ai ajoute sur mon site dans la page des liens ile-de-montreal.com , bonne journee
    Alain

  17. carOlinade

    @ Alain Fortin… bonjour à vous et bienvenue. Merci pour le lien sur votre site. J’irai vous visiter sur l’île betôt. :)



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