Fébrilité

Sur le fil fébrile de cette fin, de ce début, de ce début dans cette fin, faim en ce début, de cette suite sans filet… je tiens difficilement en place.

Nervosité, yeux partout, tête ailleurs…

Je devrais faire un peu de yoga. Mais le paradoxe veut que ce qui me ferait le plus de bien, je ne le fais pas.  Éparpillement oblige à la difficulté de me centrer.  

Today donc je me sens éparpillée. Je ne sais par où commencer le jour. Des émotions contradictoires  et qu’on voudrait ne pas voir cohabiter, se trouvent pourtant en moi depuis quelques jours. Si je ne veux pas sombrer dans l’anxiété, je devrai bien me faire à l’idée de ce mélange joie/tristesse, peur/foi en invitant à danser ensemble et sans autre formalité ces états contradictoires. Joyeuse tristesse, triste Joie.  Le soleil est au rendez-vous et j’aurais envie de sortir le saluer.

En profiter jusqu’au bout…

des odeurs, des couleurs et saveurs du marché,
de la vieille ville,
de la presqu’île,
des cafés et des pigeons français,
de ma Bretagne, 
de mes ami (e) s,
à la Croix Rousse
et partout ailleurs
des sourires reçus, Lyon, Provence, Suisse et cie.
de la Tête d’Or,
de la grâce et des larmes de joie,
des bouquins découverts,
des musiques reçues,
des mots et maux partagés,
des apprentissages vécus
des rencontres riches
 et et et…
Etc.
karo éparpillée

Car d’un voyage à l’autre, d’un chapitre à l’autre, on ne sait jamais ce qui, hormis les souvenirs et l’approfondissement de son Être, restera. Dans le prochain chapitre donc, écrirais-je les personnages ici côtoyés ?

 À la fois très excitée – de retrouver le Québec et ma famille, mes amis et ma nature –  en même temps triste de quitter Lyon – là où au bout de 5 mois je commençais à me sentir vraiment chez moi avec mes repères, le quotidien rieur et bienveillant en compagnie de D., mes p’tits café-théâtre, lesquels je découvrais un à un (car les possibilités de créer ici sont belles et la ville grouille de richesses culturelles et artistiques) les amitiés naissantes et touchantes… – en plus d’être dans l’appréhension de mister l’inconnu qui m’attends de pied ferme à la sortie de l’avion au Québec, avec lequel j’aurai donc à dealer puisque je suis SDF, SJF (sans job fixe)…

J’aimerais tant pouvoir me consacrer entièrement à la réalisation des arts de la scène, à la réalisation de mon univers d'artiste… mais il me faut encore patienter un brin, trouver la sagesse et la patience requises, ainsi que la foi, cela afin de ne pas sombrer dans le découragement. Oui, patienter et encore peaufiner la sagesse le temps d’encartonner mes vifs souvenirs d'une ancienne vie pas encore si lointaine, par là même, transcender la bureau-crasse-assise que ce changement de cap engendre (beurk, maudite paperasse et classage obligé et qui viennent en prime avec la fin de 11 ans de couple - trop cool que je me dis cyniquement bordel de merde! ) dont la recherche d'un nouveau refuge de femme artiste…  et j’ajouterais, d’une activité professionnelle lucrative et nourrissante à souhait.   

Ouaip ! pour un 9 mai, ça en est tout un ! Je retourne de ce pas à ma grosse valise orange que je dois remplir de ces 5 mois passés ici.  Et puis je reviendrai vous faire un p’tit coucou  d’avant retour à Montréal.  Go Karo Go t’es capable ! (auto-encouragements commandités par moi-même)

Krédit photo: autoportrait… Karo éparpillée. 

Artiste Nomade

"Dédicace ton bonheur" que me disait Dan lors de mon récent séjour en Bretagne. Bien qu'elle puisse être connue, je n'avais jamais entendu cette forte expression qui m'invite à ritualiser et à ancrer davantage les profondes joies de ma vie.

Dédicacer son bonheur en revisitant d'intenses et marquants moments de vie. Du coup, rengraisser son coeur des états bien heureux vécus… ET
Pour ainsi faire changement au malheur con-dit-ionné, creuser le sillon du bonheur souche.

Dédicacer son bonheur comme on dédicace ses oeuvres au public… 

karo saltimbanque

Ainsi me voilà rendue au crépuscule de mon chapitre débarqué en France, avec cette envie d'inscrire sur mon coeur tout plein d'extraits importants, tout plein d'extraits é-mouvants, dont celui que je m'apprête à vous exprimer, à travers lequel - et plus que jamais j'ai fièrement créé à partir de qui je suis comme Être, femme et artiste

Il me fait donc plaisir de partager avec vous les fruits d'un projet que j'ai réalisé durant ce chapitre débarqué. Projet qui a nécessité bien du temps, bien des apprentissages et qui a permis de bien belles collaborations.

Petit projet… grand sentiment d'accomplissement !

Voici d'abord ma nouvelle carte de visite sous forme de signet

Karo nomade
 

La vie se jette à mes pieds
et me supplie de l'aimer
-"je craque!"…
et lui offre mes mots
.

caroline legault,
m.e.s.
auteure, animatrice en scène, comédienne

puis le CD -édition limitée- spécialement conçu pour mon passage à Festiv'Elles; festival de 4 jours servant à mettre en lumière la créativité et l'entreprise au féminin, et qui a eu lieu du 8 au 11 mars 2007 à Kimperlé, Bretagne.

promokaro

Le texte à l'intérieur du livret de pochette:

Caroline Legault  est une artiste québécoise qui écrit comme elle respire – et qui respire intensément ! Auteure, animatrice, metteure en scène et comédienne depuis plusieurs années, elle ne cesse d’enrichir son imaginaire au contact du quotidien. Exploratrice de l’âme, elle aime aller à la rencontre du public pour nourrir sa soif de création et d’échanges véritables. Avec ce CD « pilote », c’est en toute simplicité qu’elle nous invite à découvrir son univers poétique.  « D’amour et de boules-à-mite » est un texte plein d’émotions dans lequel Caroline fait resurgir la spontanéité de la vie, qui est trop souvent ensevelie sous la « morne routine ». Vous vous laisserez aisément porter par son talent de conteuse ! Dans la chanson « Hé ! Bonhomme », tirée de son troisième album « Contes et Chansons » coréalisé et autoproduit en 2006, elle nous dévoile un autre aspect de son talent. Peut-être y sentirez-vous passer comme le souffle d’une Lisa Minnelli au parfum québécois…  Quels que soient les chemins empruntés par Caroline Legault, c’est un hymne perpétuel à la vie, à la joie et à la créativité qu’elle nous propose de célébrer avec elle. Théo Savane 

Merci à www.designonthego.com boîte de graphisme, pour la qualité de son travail tant dans le contenu que dans le contenant. Quel bonheur de travailler avec toi Manon.
Merci à Théo Savane pour ses conseils, sa sensibilité d'homme et d'artiste et ses précieux talents (correcteur, coach littéraire…), tu devrais en faire un métier :)
Merci  à Bleulaser pour son professionalisme et son efficacité dans la production des copies de CD's. Quel beau non-hasard de vous avoir trouvés.
Merci à Univers 9 d'avoir cru en moi et de m'avoir donné les moyens de réaliser ce nourissant et beau projet d'artiste. J'ai déjà hâte de vous revoir toutes…
Et finalement merci à tous ceux qui sont venus à ma rencontre, dans leur coeur, leurs yeux, leurs oreilles et leur âme alors que j'ai partagé mes créations devant public les 8 et 9 mars derniers.

Karo du 6 mai… à une semaine de son retour au Québec.

Krédit photos: D. et Karo. Séance artiste nomade pour les besoins de l'album.

Non, je ne voterai pas pour Sarkosy

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… a déclaré Caroline des carolinades à la presse française hier soir. Depuis, son message a été retransmis sur toutes les chaînes de nouvelles du monde entier.

"Non, je ne voterai pas pour Sarkosy, parce que je suis citoyenne québécoise. pouahahahhahahahhaha N'empêche que si j'avais été citoyenne française, je n'aurais pas plus voté pour lui", a t-elle en effet lancé, dans un cri du coeur pour encourager le peuple français à s'élever au-dessus de ça:  

Analyse de Sarkozy  (cliquez-sur le lien)

Pour encourager le peuple français à réellement devenir la "FRANCE PRÉSIDENTE".

Car tel que Caroline en a fait mention dans son précédent billet, elle reste attristée de savoir des gens et surtout des femmes qui choisissent de voter Sarkosy.

Allez voir cette vidéo… et votez ensuite en votre âme et conscience.

Bonnes élections !

ps: passez le mot… il reste encore quelques jours pour éveiller les âmes.

Karo du 4 mai (qui ne souhaite pas voir un autre Bush, Harper et cie. à la gouverne du monde)

Sarko, Ségo et Karo

Le point de vue d'une québécoise sur le débat des chefs; présidentielles françaises 2007.

Je dois me calmer si je veux pouvoir aller dormir. Presqu’une heure du mat. Je viens d’écouter le débat Sarcozy/Royal. Ségolène éveille en moi la fibre politique, sinon celle de l’espoir de vivre dans un monde meilleur. De voir briller ainsi une femme dans les hautes sphères de la société inspire à canaliser et à cultiver soi-même ses qualités et valeurs d’intégrité, d’humanité, de créativité et d’action sociale.
 

C’est tellement inspirant de voir une femme faire de la politique "en femme" et se tenir debout devant un adversaire qui joue le jeu du gentillet pour casser son image de démago le temps d’un dernier débat avant le scrutin du 2e tour. 

Je suis toujours épatée et perplexe face aux gens qui critiquent l’agressivité comme n’étant qu’une émotion négative. Peut-être devraient-ils regarder ce qu’ils font de leur propre énergie de colère et d’agressivité lorsqu’elle monte en eux ? Enfin. Ainsi, certains disent que Ségolène Royal était agressive, qu’elle s’énervait, qu’elle a tenu des propos méprisants lors de ce débat. Dites-moi, sommes-nous encore à ce point pris dans l’ère glaciale de l’homme de néant-dertal qui veut à tout prix sauver son cortex primitif ?!  

Oui, Royal, c’était du grand art hier soir ! Elle a attaqué de façon impressionnante et inspirante monsieur Sarkozy,  non pas personnellement, mais bien sur ses actes passés, et c’est en ce sens qu’elle lui a demandé de rendre ses comptes,  en ce sens qu’elle n’a pas cédé au chantage émotif du prétendu ‘seul homme’ de la situation. Personnellement, j’ai adoré la colère de Ségolène Royal et toute la congruence qu’il y avait en elle, tête et cœur, du début à la fin de ce débat. 

Sarkozy a pour sa part fait plusieurs tentatives de sarcasme, lorsqu’il n'essayait pas de déformer les propos de Royal … Ça en devenait pathétique et je le cite de mémoire :  « je ne connais peut-être pas le dossier mais je suis cohérent », « je ferai même pire»,   lui lance t-il  par ailleurs alors qu’elle s’exprime sur un dossier où il a mal agit… – oups ! lapsus monsieur Nico ?…  Et quant vient le temps de parler d’un enjeu des plus majeurs il y va en ces termes on ne peut plus cavaliers : « ah oui, la fameuse histoire du réchauffement planétaire ! » Cela se passe de tout commentaire ! 

Royal a mené le débat avec brio. Le non-verbal de Sarko était hurlant de vérité. Très vite dans le débat, sentant qu’il perdait des points, il s’est tourné vers les animateurs, ne regardant que très peu Ségolène. Tandis qu’elle est restée haute, fière, grande, lui se rentrait de plus en plus la tête dans les épaules, tentant de trouver refuge dans les yeux de l’animateur mâle, Patrick Poivre d’Arvor, l’interpellant même directement et du fait, oubliant qu’Arlette Chabot animait au même titre que Poivre d’Arvor, ce plateau de télé. On nage en plein inconscient et c’est fascinant de voir parler le non-verbal de la sorte. 

La colère de Ségolène Royal était des plus légitimes, saines et assumées. Nicolas Sarkozy a bien tenté de détourner le propos en dénigrant cette colère pourtant justifiée. Ce qui m’attriste le plus, ce sont les femmes qui reprocheront à Ségolène cette colère. À elles, j’ai envie de dire : réveillez-vous mesdames. Réveillez-vous car il y a encore à faire pour bâtir une France de justice et d’égalité. Dans un tel contexte, s’insurger comme elle le fait se voit essentiel et noble. 

 Parenthèse : Je ne suis pas en train de dire que les femmes sont meilleures que les hommes et ceux qui me connaissent savent très bien à quel point je suis aussi inspirée par bon nombre d’hommes tant en politique, que dans les arts, la philosophie et la spiritualité. Mais je reste persuadée que plusieurs sont contre Ségolène et ses idées parce qu’elle est une femme. Mettons le même programme, venant du même parti dans la bouche d’un homme, et faites vos jeux! 

Retour à la belle colère… et pour ceux qui n’ont pas suivi le débat, Monsieur Sarkozy amenait comme une grande idée le fait que les familles d’enfants handicapés, et les autres, pourront, au bout de 5 ans d’effort, aller en justice si leur enfant est refusé à l’école publique. Ce à quoi madame Royal a répliqué qu’il n’était pas sérieux. Et lorsqu’elle a vu qu’il persistait dans cette idée farfelue, elle lui a relevé de majeures incohérences de son récent passé d’homme politique sur ce dossier où elle-même avait travaillé à mettre en œuvre un programme d’aide aux handicapés. Programme qui avait été détruit par le gouvernement auquel appartenait Sarkozy. Je me demande lequel des deux est vraiment le plus pragmatique ? On voudrait que ce soit monsieur et pourtant, sur un dossier aussi crucial, il propose aux parents d’aller se battre en justice. Comme si vivre avec un enfant handicapé ne comportait pas en soi assez de batailles. Puis Ségolène n’a pas eu peur de dire que Sarko faisait dans l’immoralité politique. Si ça ce n’est pas défendre des idées, je ne sais plus comment je m’appelle ! 

Ici comme au Québec, il y a des clowns en politique… des clowns qui font des promesses à partir de leur ego gonflé à bloc. Des clowns qui brassent de vieilles idées de façon toute aussi usée que les idées elles-mêmes.  J’ai aimé le fait que Ségolène aille au-delà du « politically correct » pour parler des vrais enjeux. Elle est dans la réalité cette femme, terre à terre. Bien qu’on lui reproche de ne pas avoir de réponses toutes faites… c’est une femme du terrain et ça se sent. Voyez son parcours de femme d’action. 

D’ailleurs, je suis étonnée de constater que plusieurs ont peur des idées « floues » de Ségolène sans pour autant s’effrayer des idées de « fou » de Sarkozy. 

Bien sûr des objectifs, des chiffres, du pragmatisme il en faut. Mais il n’y a pas qu’une seule façon de bien diriger un pays. Seulement je crois qu’il faut faire confiance un peu plus en la vie et la part d’inconnu en toutes choses sans quoi l’on s’enferme dans des politiques stagnantes et si désuètes que tout le monde finit par s’endormir et laisser passer les aberrations les plus monstrueuses. Ainsi on s’enlise dans la bureaucratie tandis que le peuple s’affame, se violente, s’appauvrit… 

 Certains trouvent que Ségolène Royale n’a pas qualité d’oratrice, et qu’à la longue elle devient monotone. Je puis vous dire qu’hier, elle a prouvé tout le contraire. Vivante, lumineuse. Depuis le début de la campagne (du moins depuis que j’ai commencé à m’y intéresser) c’est ce que je perçois chez cette femme.  Mais je conçois que cela puisse faire peur à bien des gens, habitués à des promesses sans fond, sans âme mais qui au moins ont le mérite de rassurer le primitif terrorisé en chacun de nous. 

J’aimerais que l’inconscient collectif parvienne à s’élever au-dessus de tout ça. Je me demande bien ce que retiendront les français de ce débat? Que Ségolène était agressive ? Qu’elle a osé contredire Sarkozy ouououououh scandale, une femme qui ose être forte, intense, intègre, intelligente, courageuse et belle en plus outch ça fait mal à l’ego ça ! Une femme avec autant d’assurance doit en effet menacer l’ego primitif de certains qui y sont strictement pour leur pouvoir personnel. 

Je me souviens alors que j’étais metteure en scène d’une troupe adulte amateur, certains hommes avaient du mal avec mon style de leadership car je n’avais pas toujours réponse à tout, sachant cependant pertinemment où je m’en allais, consciente d'un mandat précis à remplir, sachant quelles étapes aborder et dans quel ordre, confiante, enfin, en ma capacité d'aller jusqu'au bout avec efficacité.  

Vraiment, je suis impressionnée, touchée et inspirée par cette grande dame. Bien sûr, elle n’est pas parfaite, personne ne l’est. Et si elle est élue, comme tous les autres elle aura à mettre en action ses paroles et promesses. Mais déjà, je puis vous dire que dans le paysage politique, c’est rafraîchissant d’entendre et recevoir autre chose que des discours précuits et des promesses toutes faites… 

À gauche on la proclame grande gagnante du débat, à droite, on le dit lui, vainqueur. Évidemment, si la stratégie de Sarko était de faire le doux, le trop courtois et poli, on peut dire qu’il y ait parvenu. Mais peut-on vraiment appeler ça une victoire ? Chassez le naturel et il reviendra au démago 

Il y a en effet longtemps que je n’avais pas senti en moi une telle ferveur politique. Au Québec, la dernière fois que j’étais « autant dedans », comme l’amateur de hockey devant un match final de coupe Stanley, c’était en 1995 lors du référendum pour un Québec souverain. Avant ça… trop jeune (René Lévesque j’ai pu vraiment l’apprécier rétroactivement en visionnant des documentaires).  Après… c’est vague. Il y a bien Gilles Duceppe qui m’inspire, Jack Laton ainsi que Bernard Lord d'une province voisine… mais aucun depuis René Lévesque, homme ou femme, ne m’a tant inspirée en politique.  

Bref. Difficile de résumer sa pensée à chaud comme ça. Si le sujet vous intéresse et que vous souhaitez lire d’autres propos, le web s’en inonde. De façon générale, je trouve que l’article ci-lié exprime bien la façon dont moi-même j’ai perçu le débat d’hier soir.  

Karo du 3 mai, à fond dans les élections françaises !