Festival international de Jazz de Montréal
Prise 2. Je dois reprendre depuis le début. Ça fait au moins une heure que je travaille sur un billet et il vient de s’effacer. Ça m’apprendra à écrire directement dans wordpress. Étant en visite chez mon cousin le temps du festival de Jazz, j’ai pas pensé composer mon texte dans un document word et puis voilà… pouf ! Les mots évanouis comme vapeur de canicule. Bref.
Aussi étrange que cela puisse paraître, la mascotte me ressuscite. Y’a beau faire 50 degrés celcius + le facteur humidex dans ce costume là, n’en reste pas moins qu’une fois la parade décollée du coin St-Urbain et Ste-Catherine, j’oublie tout, des gouttes de sueur qui me perlent le visage à la tonne en passant par mon deuil à vivre et les récentes souffrances saveur turbulence qui s’y rattachent, j’exorcise le trop plein en dansant comme une folle. J’exulte.
Pour ceux qui n’étaient pas au courant – petite mise en contexte; j’ai décroché un contrat dans le cadre du Festival International de Jazz de Montréal. Pour l’occasion, je fais office de mascotte emblématique du festival. Rien de moins que le chat (la chatte quand c’est une fille qui se trouve dans le costume. Mais ça, personne ne le sait et c’est ce qui est drôle) Ste-Cat pour faire sourire les petits comme les grands. On m’avait dit que c’était la mascotte la plus caniculaire de toutes, mais qu’en contre partie, j’allais avoir tout plein de câlins. J’ai dit oui. Maudite folle. J’ai dit oui. Puis je me suis retrouvée, mercredi soir dernier, en répétition avec une tête de chat trop grande qui donne justement mal à la tête, avec en prime, une canicule du désespoir. Tout pour faire perdre la tête quoi ! Chat mouillé craint l’eau à ce qu’on dit ? Ben moi j’ai pas le choix… crainte pas crainte, je dois affronter la chaleur 12 jours durant - c'est un countdown… plus que 10 maintenant.
28 juin, premier jour du festival international de jazz de montréal 2007, c’était lancé. Participer à cette parade, même avec une visibilité réduite, voire nulle, dans un chaud chat – des pattes de poil suantes jusqu’aux oreilles – les mots qui me viennent à l’esprit sont survoltant, énergisant, festif. De quoi se recharger les batteries pour plusieurs jours de suite. Les anciens de la parade me l’avaient dit, ils y reviennent année après année car jouer dans cette parade et dans le contexte du festival de jazz de Montréal est une expérience des plus joyeuses et délirantes. Oui, j’ai beau incarner le personnage le plus suffoquant de la parade, il n’en reste pas moins qu’une fois propulsée au cœur de la fête, je revis. Merci Sylvie. Merci Coucou et Kathy.
J’aurai sûrement l’occasion de vous reparler des désagréments de la vie d’une mascotte, mais pour l’heure, que cette expression en bouche; ressuscitée. D’autant plus que je venais tout juste de mettre la clé dans la porte Fin-de-mon-chapitre-lac-des-deux-montagnes-maison-d’amour-cul-de-sac-au-bord-de-l’eau… la résurrection n’en est que plus puissante. Bien sûr, d’autres passages à vide, cœur lourd de chagrin surgiront – raison de plus pour en profiter pleinement.
Être de la parade. Quel sentiment de liberté et de joie intense. Parmi les généreux musiciens, échassières de rêve, danseurs swing dynamites, maestro rigolo et plein d’entrain, têtes de jazzmen fort sympathiques, flottant crocodile géant, violoncelle immense et j’en passe, la parade de la Louisiane est un incontournable du festival… avec en prime des régisseurs aux p’tits soins, une large loge ou se réchauffer, se doucher, se réfugier, se préparer… il était temps que je revienne à la scène. Même en mascotte c’est le bonheur.
Parlant de bonheur, comble de résurrection, comme si je n’avais pas assez sué lors de cette première parade de 2007, j’ai fait suivre mon quart de travail d’un show que m’avait offert Nina. Aussitôt ma parade terminée, je suis donc allée la rejoindre au Spectrum ou (y'a pas d'accent ou sur ce clavier) avait lieu le puissant et enivrant spectacle d’Angelique Kidjo.
Quelques pas de danse, des regards complices et émus échangés avec grande dame Nina LouVe et voilà que je me retrouve à danser sur scène en compagnie d’une vingtaine d’autres gens du public que Kidjo avait invités à monter. Ne suffit que d’un signe de la tête de Nina – qui s’assurait de garder les sacs et de jouer au photographe pour immortaliser le moment – pour que je monte sur scène sans hésiter. Je lançai mes sandales et pris aussitôt part aux rythmes africains des plus enracinant. Sentir la foule vue de la scène est un feeling extrêmement beau et bon. Surtout lorsqu’il s’agit d’un public tel que celui qu’attire Angelique Kidjo. Sourire fendu jusqu’aux oreilles et beat dans le coeur, je dansais entourée des autres fans et des artistes musiciens qui accompagnaient Kidjo. Grâce à la mascotte, j’avais déjà une heure de réchauffement bien solide dans le corps. Ce qui fait que j’ai réellement pu laisser mon âme danser librement. Du pur bonheur.
Soulagée de goûter à autre chose qu’au deuil de la séparation, ce festival vient à point comme une bouffée d’air frais au milieu d’une tempête que je crois parfois sans fin. En plus, la canicule est tombée au lendemain des répétitions de la parade. Ce qui allège grandement la Ste-Cat en miaou. Que demander de mieux ! Un jour à la fois je poursuis le chemin me sachant encore et toujours portée par des dizaines d’anges humains.
Pour ceux et celles qui voudraient venir festoyer avec nous, ça se passe tous les soirs du festival de 17h15 à 18h15. Suivez la parade qui débute coin St-Urbain et Ste-Catherine. Pour ma part, je suis parachutée quelque part vers les 17h30. Nous prenons la direction des marches de la place des arts et une fois là-haut, poursuivons vers la droite.
Ps: si vous voyez Ste-Cat ailleurs que dans la parade, à une autre heure du jour que celle à laquelle je vous convie, ne lui parlez pas, c'est un dangeureux imposteur. C'est moi Ste-Cat miaou … pouahahahhahaha hahahahahha…
Photos à suivre. Mais déjà vous pouvez en voir quelques unes ici, chez Nina.
à bientôt…
Karo du 29 juin… soulagée, goûtant à la fois à du repos et de la satisfaction. ouf. C'est pas trop tôt