Ne suis-je pas la personne la plus chanceuse au monde ! J'habite un appart d'artiste quelque part sur le "convoité" Plateau de Montréal et j'ai devant moi, l'été. Emploi du temps: gardienne de refuges et jardinière. Ainsi je vais tout le jour, de mes écrits à mes lectures, de mes amitiés à mes réflexions, parsemant ces loisirs de l'agréable tâche qui est celle d'arroser les bacs à fleur. Durant cette pause fraîcheur du jour, des arômes de thym, de lavande et de basilic viennent se nicher dans mon nez et je jubile de plaisir. L'eau fraîche, en direct de l'aqueduc de montréal d'ou je remplis mes litres à abreuver les plantes, vient me rappeler combien un lac serait fort apprécié en ce temps des canicules. Un lac pour me baigner, nue, libre, dans la matière source, l'eau. Mais tout de même… vais-je me plaindre de mon sort !
Pour dire vrai, je passe des moments d'angoisse et de solitude assez désagréables… la chaleur n'aidant en rien, l'esprit devient mou, lasse et complaisant à son sort de sans emploi, sans domicile fixe, nouveau statut de 'pas en couple' et ainsi, trop souvent je succombe aux plus abominables peurs qui soient.
Quoi qu'il en soit, la beauté du monde que je décris d'entrée de jeu dans ce billet n'est pas pour autant un leurre… Je dirais plutôt une façon saine de reconnaître combien malgré tout, la vie s'occupe bien de moi. Combien elle est belle et souriante en ce premier août 2007. Oui car au-delà des angoisses reliées au 'pas savoir', à l'inconnu, aux doutes, aux hontes etc. au delà de tout ça, il y a la vie simple et présente.
Ce sont les plantes qui gentiment me rappellent à l'ordre (et le chat aussi. j'ai pas le choix. je garde un chat déficitaire d'attention
). Ensemble le chat et les fleurs qui me disent: Karo, slack tes shorts et puis croque dans l'été. Arrête de t'en faire. Écoute ton coeur. Suis le mouvement de ton âme. Aime. Juste ça. Aime et souris…
Karo du 1e août … apprivoisant sa face cachée.