Impermanence

Impertinente l'impermanence ?

 Karo médite au Fjord

Lorsque le ciel de notre vie est bleu, d'un bleu ensoleillé à s'en fendre le sourire jusqu'aux oreilles, nous voudrions pouvoir ainsi le maintenir éternellement. Le risque  est alors de tomber dans la tentative (vaine) de contrôle, avec comme résultat, de l'anxiété et de la pourriture sournoise à l'âme. Car l'on ne peut contrôler les événements extérieurs. Et même en développant ses capacités internes, celles qui mènent à la paix et l'acceptation, rien n'est jamais gagné. Les vieilles structures mentales et fausses croyances tôt ou tard refont surface, là où l'on s'y attend le moins.

Lorsque la vie nous envoie un ciel noir et orageux, désespérément, nous regrettons les beaux jours et nous nous accrochons (en vain) au passé, risquant ainsi de nous perdre dans des souvenirs (illusion des beaux jours) et oubliant de vivre l'instant, oubliant de croquer la vie d'amour à pleines dents. Perdant alors assurément son précieux temps.

Il y aurait tant à dire sur le sujet. L'impermanence des choses se vit en tant d'aspects de soi et tout au long de la vie. Car la vie est mouvement. Les épreuves, que trop souvent on voit comme des bâtons dans les roues de nos existences bien huilées, automatisées et confortables, sont pourtant (si on les prends autrement) de formidables opportunités qui nous invitent à se transformer et à grandir.  Je ne vous apprend rien ici. Mais entre savoir et intégrer cette notion, il y a un mooooooonde… Et toute une vie pour tracer le chemin de l'acceptation et de l'amour de soi, lequel mène inévitablement à une paix profonde au sein même de l'impermanente vie. 

Orage Gaspésie 2006
À ce sujet, un extrait de roman (dont le titre et le nom de l'auteur me restent à trouver) et qui évoque bien l'aspect constructif de cette menace perpétuelle nommée impermanence (et que pour ma part je rebaptiserais souvent - hypermenace… (sourires). Sans plus, je vous laisse sur l'extrait en question et vous invite, si le coeur vous en dit, à me parler de vous, de votre rapport à cette chose-là, souvent impertinente (croit-on), toujours hypermenaçante et à laquelle nous sommes si peu… imperméables !

 "Je me réjouis de l'impermanence des choses. Cette fluidité permet la création. Je t'en prie, ne t'enferme jamais dans l'irrévocable. Si tu crois un jour fouler tes propres traces sur la piste, sache que tu ne seras jamais au même endroit (…) Ta douleur vient de ce qu'une partie de toi t'échappe, celle que tu as connue, celle qui s'est battue pour te préserver, celle à laquelle tu t'es identifié. Tu résistes à cette mort, qui pourtant conduit à ta renaissance. Tu t'agrippes à tes limites, tu te cramponnes à tes interdits et tu t'épuises, sans raison. L'enfer n'est que fermeture et confusion. les chocs et la souffrance servent à briser les entraves de l'être pour permettre son éclosion. Ils sont une réponse, non une agression."

Personnellement, cette citation m'aide à la fois à m'ancrer, panser et avancer.
Karo du 26 septembre… sur le chemin de la vie.
Krédit photos: Karo, Fjord du Saguenay et Gaspésie, été 2006

une bouchée de poésie

Categories: Poésie | 3 Comments

Cette nuit-là, sur le perron de la voie lactée, des milliards d’étoiles se sont donné rendez-vous histoire de papoter un brin à notre sujet. C’est qu’elles en avaient long à dire sur l’humain qu’elles observent et guident depuis leur ciel, nuit, après nuit, après nuit… depuis toujours.

 extrait de ma récolte 2006

 

Karo du 23 septembre

 

Vertueux

  Se dit de celui qui s’évertue à tuer les vers de sa poésie.

  dictionnaire des carOlinades
Pour le plaisir de jouer avec les mots

Rien

et vous ?

co-naître

Pour connaître la valeur de l’eau, restreignons-nous à la source au moins une semaine par année. Coupons l’eau du robinet, installons des systèmes fonctionnels mais précaires, simplement afin que nous puissions avoir conscience de cette richesse épuisable que nous consommons pourtant comme si ça n’allait jamais manquer ou se détériorer, comme si d’autres pays ne souffraient pas de la soif.

platane lyon

  Pour connaître la valeur de sa grande maison de banlieue, dormons au moins un mois par an, dans un lit de camp confiné dans une petite pièce, apportons y tous nos vêtements et objets de travail, installons nous dans tout petit et tentons de vivre comme dans notre très grand qui nous est devenu avec cette société du confort, un acquis banal. 
Pour connaître la valeur de l’air que nous respirons dans un pays comme le nôtre, à l’abri des bombes, des Tchernobyl, des Bhopal… campons une nuit par année dans le dépotoir de NOS déchets, de ces déchets que nous jetons aisément, sans trop se demander pourquoi, parce qu’il est plus facile ainsi d’agir, parce qu’en réalité, nous sommes dépassés par notre folie humaine, que nous croyons n’avoir aucun pouvoir…

Et surtout, que les chefs d’entreprises des multinationales et leurs esclaves gouvernementaux soient obligés de camper une fois par mois dans ces dépotoirs de notre création.

  Pour connaître la valeur de la nourriture et cesser de croire que la viande pousse dans un comptoir d’épicerie, que le café vient au monde dans une canne de métal, que le vivant n’a pas besoin d’amour avant de passer dans le collimateur de notre estomac, allons travailler quelques jours dans une mégaporcherie, allons travailler dans un champ de coton, sur une plantation de canne à sucre, de café ou d’autres condiments que nous consommons sans conscience. Faisons partie de cet esclavage auquel nous participons déjà, mais de l’autre côté, soyons ceux qui travaillent plus de 12 heures par jour, à faire un dur labeur pour un salaire de crève faim.   

fleur d'été

Pour connaître la valeur humaine… Puisque nous patchons constamment nos bobos d’âme à l’aide d’achats compulsifs en tous genres et pour que cesse notre obsession qui consiste à tout acheter cheap et pas cher puis à jeter aussitôt pour du nouveau, allons travailler un mois (voire moins) dans un atelier de misère dans les pays sous-développés avec lesquels le Canada fait affaire. Et comprenons par là que cette folie marchande à un coût bien plus grave dont si ce n’est nous, nos enfants souffrirons, dont si ce n’est nous, les enfants du monde entier souffrent déjà…

 

Pour connaître, comprendre et agir dans le sens de la vie, réveillons-nous !Alors, une p'tite virée dans un dépotoir, ça vous dit ? (sourire)

 

 Karo du 12 septembre… en work in progress
Krédit photos: Karo, platane, Lyon France 2006. Fleur, Montréal, Plateau 2007

Théâtre /4

« Bonjour je me présente Barbassionne

J’ai 100 ans, 8 ans, 1000 ans, j’ai 48 ans, 33 ans, 15 ans, 
je n'ai pas d'âge, je suis de tous les temps
et je voyage de villes en villages
depuis la nuit des temps
pour raconter de belles histoires
aux petits et aux grands enfants. »

barbassionne 

Krédit photo: Carolann Grilli
Personnage de conteuse créé en décembre 2006 dans le cadre d’un contrat de théâtre corporatif.

Costume : Pierre et Guillaume Legault

Grâce

Categories: Théâtre | 4 Comments

 D’aussi loin que je me souvienne, le théâtre m’habite. La maternelle a tôt su me révéler à mon amour du jeu et de la mise en scène. Je faisais alors la découverte des masques. En bois peint, lesquels il fallait tenir comme on tient un bâton de sucette géante, ces masques étaient sans relief autre que le contour d’une plate planchette. Malgré cela, ils arrivaient à susciter en moi un plaisir fou dont j’ignorais alors la profondeur.  Du haut de mes cinq ans, je savourais pleinement les instants magiques que me procurait la scène. Depuis, l’adulte en moi a bien souvent tenté de freiner ma passion. Fort heureusement, malgré tous mes efforts rationnels pour me convaincre de choisir une route moins précaire, la vie m’a toujours ramenée vers le théâtre et je m’en réjouis ! Ce lieu qui m’habitait jadis est enfin devenu pour moi un métier fécond et surtout, une belle école de vie !

(extrait d'un mot de m.e.s, programme de soirée 2002, La visite, ou surtout, ne vous sentez  pas obligés de venir ! De Michel-Marc Bouchard, troupe de théâtre La Bizarrerie.)

 

karo actrice

 

Karo du 3 septembre… heureuse. 

Krédit photo: Christophe Serres, soirée hommage à Caroline Legault par la Troupe de Théâtre la Bizarrerie. Sur la photo, Benoît attachant le masque Comedia Dell'arte offert en Cadeau à Caroline par les membres de la Bizarrerie 2005-2006.