co-naître

Pour connaître la valeur de l’eau, restreignons-nous à la source au moins une semaine par année. Coupons l’eau du robinet, installons des systèmes fonctionnels mais précaires, simplement afin que nous puissions avoir conscience de cette richesse épuisable que nous consommons pourtant comme si ça n’allait jamais manquer ou se détériorer, comme si d’autres pays ne souffraient pas de la soif.

platane lyon

  Pour connaître la valeur de sa grande maison de banlieue, dormons au moins un mois par an, dans un lit de camp confiné dans une petite pièce, apportons y tous nos vêtements et objets de travail, installons nous dans tout petit et tentons de vivre comme dans notre très grand qui nous est devenu avec cette société du confort, un acquis banal. 
Pour connaître la valeur de l’air que nous respirons dans un pays comme le nôtre, à l’abri des bombes, des Tchernobyl, des Bhopal… campons une nuit par année dans le dépotoir de NOS déchets, de ces déchets que nous jetons aisément, sans trop se demander pourquoi, parce qu’il est plus facile ainsi d’agir, parce qu’en réalité, nous sommes dépassés par notre folie humaine, que nous croyons n’avoir aucun pouvoir…

Et surtout, que les chefs d’entreprises des multinationales et leurs esclaves gouvernementaux soient obligés de camper une fois par mois dans ces dépotoirs de notre création.

  Pour connaître la valeur de la nourriture et cesser de croire que la viande pousse dans un comptoir d’épicerie, que le café vient au monde dans une canne de métal, que le vivant n’a pas besoin d’amour avant de passer dans le collimateur de notre estomac, allons travailler quelques jours dans une mégaporcherie, allons travailler dans un champ de coton, sur une plantation de canne à sucre, de café ou d’autres condiments que nous consommons sans conscience. Faisons partie de cet esclavage auquel nous participons déjà, mais de l’autre côté, soyons ceux qui travaillent plus de 12 heures par jour, à faire un dur labeur pour un salaire de crève faim.   

fleur d'été

Pour connaître la valeur humaine… Puisque nous patchons constamment nos bobos d’âme à l’aide d’achats compulsifs en tous genres et pour que cesse notre obsession qui consiste à tout acheter cheap et pas cher puis à jeter aussitôt pour du nouveau, allons travailler un mois (voire moins) dans un atelier de misère dans les pays sous-développés avec lesquels le Canada fait affaire. Et comprenons par là que cette folie marchande à un coût bien plus grave dont si ce n’est nous, nos enfants souffrirons, dont si ce n’est nous, les enfants du monde entier souffrent déjà…

 

Pour connaître, comprendre et agir dans le sens de la vie, réveillons-nous !Alors, une p'tite virée dans un dépotoir, ça vous dit ? (sourire)

 

 Karo du 12 septembre… en work in progress
Krédit photos: Karo, platane, Lyon France 2006. Fleur, Montréal, Plateau 2007

3 Comments

  1. Lyne

    Wow!! Miss environmental I need to smell another coffee…loll!! Tu as vraiment raison…On dort au gaz…J’ai cette image de la République Dominicaine qui me vient en tête…Des citoyens qui vivent dans des dépotoirs sans le vouloir tandis que les gestes de certains de nous sont intentionnels…L’agissement de l’être humain est souvent incompréhensible et malheureusement la conscience collective n’existe pas, encore, dans ce bas monde….Merci d’être Consciente!

    Lyne

  2. carOlinade

    @ Lyne… ;) ta réplique en anglais me faire sourire et du coup j’ai hâte de boire mon café équitable demain matin ;) . Merci pour ton commentaire, cet écho me fait du bien. C’est bon de se sentir rallier dans ce monde qui dort au gaz. Quoi que de plus en plus de gestes sont posés en faveur de dame nature, il reste encore à faire et y’a pas le temps de s’asseoir à l’ouvrage de nettoyer la planète. J’avais besoin d’écrire ça l’autre matin. Même si ça règle rien, ça me permet de canaliser et de laisser sortir de moi de façon saine, mon trop plein de conscience et d’impuissance !

    Merci Lyne.

  3. aloredelam

    je te retrouve dans ces beaux arbres qu’a tant aimé ton grand père comme un druide ironique sur la plus haute branche de l’érable chênier la serpette à la main faire la grande cueillette des samples et le nez en trompette faire la soupe au gui



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