l’homme sans sa cravate
(texte de fiction, pour ceusses qui penseraient que je n'écris ici que ma vie, il m'arrive d'écrire des fictions poétiques… )
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Fragilité humaine
L'homme à cravate
Nu devant moi; même ses plus grandes prouesses en bourse se déboussolent et perdent leur sens, se futilisent.
Arrête de jouer le fendant, ça te sert à quoi de fendre l’air?
Arrête de jouer l’héroïque, le fier pan, l’orgueilleux.
Je le vois dans tes yeux, le peu de confiance qui émane.
Je le vois clairement, quand tu te retrouves en ce pays; ton inconnue terre natale.
Tu as laissé les plantes avoisinantes envahir ton rosier et maintenant, tu erres nu.
Je le vois sur ta peau ton défaut.
Je le vois sur ton cou trop tendu,
lequel décèle un’air menaçant;
à tous moments, prêt à éclater,
en laisse,
las de trop travailler…
Pourquoi?
Sous tes habits c’est sens dessus dessous.
Qu’un corps frêle pour abriter ton âme; égarée.
Sans ton habit de boursier, rien que du vide.
Tu te rends compte? Ton nu ne sait plus s’exprimer. N’ose plus.
Arrête de te cacher.
Achève ta course folle.
Fertilise-toi d’autres choses que de toi.
Ta merde cotée, elle est infecte.
Allez! Si tu reprends depuis le début,
je patiente encore, je veux bien,
mais un instant seulement…
je veux voir l'homme nu,
l'homme frêle
remonter à la surface
par ses ombres révélées
par sa honte exprimée…
oui, je veux bien patienter
encore un instant
en attendant que l'homme cravate
sorte du personnage !
Karo du 19 novembre…
Krédit photo: tronc personnage, tête d'or, Lyon, France 2007
8 Comments
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ce collier à chien qu’on nomme une cravate en fait baver plus d’un qui préfère perdre la tête et branler de la queue plutôt que de voir la situation en face: Ils se sont vendus, mais ça ne leur rapporte pas toujours pas assez, hein, parce qu’après l’argent, il reste que quelque leur manqué… du soleil, peut-être, sur le cou.
bon texte.
//Arrête de te cacher.//
oh! la honte que d’etre un etre humain…
novembre 19th, 2007 at 9:24 pm(je ne dis pas un homme)
ces jours-ci j’avale des mots. //il reste que quelque CHOSE leur a …//
:-)
novembre 19th, 2007 at 9:29 pm“Mets-toi tout nu, si t’es un homme”, comme le chante si bien la très déjantée Zazie.
L’habit ne fait certes pas le moine mais, alors, que nous reste-t-il, à nous qui sommes incapables d’exister sans image ? Nous, les êtres d’apparence, après l’apparat nous ne sommes plus rien. Habillons-nous enfin de nous … revêtons nos plus belles émotions et redevenons ce que nous sommes.
Est-il encore besoin de dire que ton texte est très beau ? Oui ? Alors je te le dis … ton texte est un enchantement … de la poudre pour ouvrir les yeux …
eXquise esKiss
novembre 20th, 2007 at 5:00 amL’homme cravate cravache dur pour oublier qu’il n’est qu’un funambule sur un fil.
Je me suis demandé quel était le rapport avec la photo. Et puis, j’y ai vu, sculpté dans la masse, un flanc d’homme avec un bras, une main qui s’enfonce un étron dans le cul. Et je trouve que ça illustre bien le texte.
novembre 20th, 2007 at 6:41 am@ lireestdangereuxquiavalelesmots ahahah… merci pour ces traces de soleil autour du cou encravaté de “monsieur el bourreau coté en bourse”. Et vous faites bien de ramener cette honte à tous les êtres humains car dans ce texte, l’homme n’est au fond qu’un prétexte (un beau prétexte car plus fortement que la femme il resprésente cette folie débranchée de l’âme) pour parler de cette humanité souffrante au pluriel.
@ eXquise esKiss… voilà qui résume bien le fond du propos: “Habillons-nous enfin de nous … revêtons nos plus belles émotions et redevenons ce que nous sommes.”
C’est à croire que mes mots touchent réellement ton âme. Merci. L’écho est nourrissant.
@ Jode… wow ! putain ! D’une justesse. Et l’image… je n’y vois pas tout à fait la même chose que toi … n’empêche que ton image est parlante. Dans ce personnage tronc d’arbre, je vois l’homme mis à nu… sans sa cravate. C’est une interprétation, une vision, à chacun d’en faire sa propre lecture. Mais pour moi, c’est la face cachée de l’homme. Les ombres… un gros corps, le regard frêle et dénudé de son ego Dieu du cash.
novembre 20th, 2007 at 11:24 amTon texte incite ‘’l'homme cravate'’ à se connecter avec son énergie nature..à renouer avec sa beauté primaire et à se mettre à nu devant sa maîtresse terre…Bref, une belle trinité sans artifice..
Humainement bien écrit, ton texte..
novembre 20th, 2007 at 12:12 pmC’est le cas
Tes mots ne touchent pas seulement mon âme, ils la caressent, la flattent, la nourrissent, l’emmènent, … Tes mots soufflent dans la même direction que mes rêves …
eXquise esKiss
novembre 21st, 2007 at 2:13 am@ Colourfull vision, ton écho est … miam… Tes mots sont vibrants. C’est bon de trouver en l’autre, cet écho source. Ça fait changement des mauvaises nouvelles trop de fois scandées au télé-journal et partout ailleurs. Ça donne espoir en la beauté et bonté du monde.
@ Exquise esKiss…
merci encore d’exprimer ainsi, ton amour du dire. Je me sens bénie d’être lue par des lecteurs tel que toi.
novembre 21st, 2007 at 12:36 pmprépare un groupe de Belges, j’arrive avec quelques exemplaires du recueil et des extraits à lire “live” et sans censure. N’empêche, ça s’rait agréable comme partage. Voilà, je t’ouvre une porte à devenir organisateur de poésies