Labeur de Sisyphe

Y’a pas 56 façons de pénétrer la matière, sinon qu’en rentrant dedans, un pas à la « foi » (ou comme vous voudrez, en sautant à pieds joints). Dans le cas présent, il s’agit plutôt d’avancer un mot à la fois. Ça faisait des lunes que je n’avais pas appris un texte par cœur. Bon ! j’exagère. La dernière fois c’était à Noël 2006, dans le cadre d’un projet de théâtre corporatif. Mais sinon, depuis ma blessure reliée à l’école de théâtre, j’ai surtout créé des ateliers et mis en scène les autres. J’avais donc perdu un peu de mes moyens pour rentrer dans mon crâne et dans mon corps, un texte à jouer. Et voilà que je m’y remets. Je prépare le terrain de tous les possibles.  

Ainsi, tel que me l’a suggéré Nina, je me suis mise au chantier pour l’un de mes textes intitulé : Jour de marché. Pour ceux qui étaient à mon lancement de livre, ce texte est passé à l’histoire grâce à la mémorable interprétation d’Erwin Weche. Nina a eu la belle idée que j’incarne cette prose dans les marchés de Lyon. Voici le concept, fort simple et vivant :  préparer un panier de bouchées de poésies à offrir aux passants et une fois l’intérêt suscité, la foule massée tout autour, j’entame « … de stand en stand, bruit de foule et d’objets, odeurs, couleurs, textures, végétal, animal, animé, tout s’entremêle. Des pommes, des tulipes, du poulet chaud… »  Ça coûte rien, c’t’idée-là, sinon que du cran ! Fasse le ciel que j'en aie assez. Mais pour l’heure, un mot à la fois donc, retrouver en moi le processus d’ancrage d’un texte dans mon crâne, mon cœur et mon corps. Remettre la machine en activité et au besoin, huiler (au jus de porto, hihihihi).
 
Je dois admettre que
ces retrouvailles avec la comédienne vont plutôt bon train. Une fois « dedans » évidemment. Car c’est toujours ça, la difficulté, n’est-ce pas, le moment juste avant d’être « dedans », soit l’instant d’avant l’état de concentration, assis, debout, penché, embourbé sur la mince ligne du départ, là où il serait facile de battre en retraite avant même d’avoir essayé. Cette mince ligne où trop souvent il serait chose aise que de s’abandonner à l’errance d’une vie sans but. À ce moment pré-tâche crucial, mon attention est si peu soutenue qu’un simple vrombissement de voiture – pire encore, un filament de poussière dansant dans l’angle mort de mon champ de vision, et mon statut d’artiste est compromis, passant subitement d’acharnée à  erre-hante… C’est quoi, qu’ils disent déjà : « c’est pas facile la vie d’artiste ? »
  

C’était pareil quand j’étais étudiante et qu’il me fallait bosser pour un travail ou un examen de fin de session. Ça me demandait un tel effort d’entrer dans la matière que je passais plusieurs heures à errer avant de finalement me décider à ouvrir mes livres. Et le comble, une fois les livres ouverts, mon ego essayait de me piéger en criant « Ô satisfaction ! pour votre travail bien accompli Miss Lego ». Ainsi je souriais d’aise parce que j’avais ouvert mes livres, sorti crayons, aiguisoir, gomme à effacer… me faisant croire que c’était là un grand pas entamé dans l’accomplissement de la lourde tâche. Tu parles !
 
labeur deSisyphe

Dites, je ne dois pas être seule comme ça à procrastiner quand la besogne semble insurmontable ou sans immédiate récompense ? Une paresse de l’esprit, j’en conviens. On dirait que tant que je ne sens pas l’échéance venir, je n’arrive pas à m’automotiver. Je me souviens d’un costume médiéval que j’avais créé à quelques heures d’une fête surprise. Ce qu’on avait ri, avec mon amie Flo. Elle est comme moi, là-dessus. La créativité était à son paroxysme, nos mains pleines de colle, ça roulait dans la boîte à idée. Y’avait pas le choix, faillait se rendre en ville pour 18h00 et il était 14h00. Le résultat était très satisfaisant. 

J’aimerais parfois fonctionner autrement… n’empêche… il faut me donner un peu de crédit si je ne veux pas que le saboteur l’emporte. J’ai mis 5 jours (5-6 heures au total donc) à l’apprendre par cœur mon texte « Jour de marché ». Ne me reste plus qu’à le maintenir vivant en moi en le récitant un brin tous les jours. Et comme ça fait plaisir à D. Vous devriez le voir ! La joie ! 

Prochaine étape ? l’interprétation ! Incarner le texte, jouer le personnage. Mince ! une autre ligne de départ !  Et après ? Putain, c’est jamais fini ce truc !  Décisif tout ça… ouais…décisif…

Karo du 30 décembre, ici et là-bas, qui comme Job rebâtit sa maison sur le temple de la foi, qui comme Sisyphe, en perpétuelle quête de liberté. Audio : laboratoire du dire, pour le plaisir.
Crédit photo: D. Place du gros cailloux, Croix-Rousse, Lyon. France 2007

Temps des fêtes

J'ai une amie française (vivant au Québec depuis quelques années) qui un jour me dit, de sa voix douce et angélique, qu'elle adore l'expression "LE TEMPS DES FÊTES".

- Quoi, vous ne dites pas cela en France ? que je lui demande.
-Non. Si tu veux, c'est pas très répandu.
-Vous dites quoi alors ?
-Euh… la période de noël, les vacances de noël… mais le temps des fêtes, c'est typique Québécois. J'adore. Ça évoque vraiment les réjouissances… ouais… le temps des fêtes…

Cette petite anecdote pour vous dire que la beauté dans tout ça, c'est que j'apprécie particulièrement cette expression depuis qu'elle est sortie de la bouche de cette amie française. LE TEMPS DES FÊTES… Par la voix indescriptible et attachante de mon amie Sophie, cette période de l'année prend davantage tout son sens. Ce qu'une simple discussion peut apporter !

Sans plus, je vous souhaite à tous et toutes, ainsi qu'à vos amis et votre famille, un TEMPS DES FÊTES à la grandeur de vos envies, besoins et plaisirs :

Sophie, Florence, Johanne(s), Didi, Ricky, Gaet's, Isa-twin, Carolann, Manon, Marie-Josée, Marie-Hélène, Étienne, Geneviève, Patricia, François, Allan, Vincent (s), Anabelle, Kyle, Raphaël, Gabriel, Mathilde, Claude, Solange, Nancy, Brijit, Isabelle, Zella, Steve, Pascal(s), Christophe, Hélène, Coucou, Françoise, Michel, Coco, Ariane, Émile, Erwin, Mélissa, Simon, Lise, Anne-Marie, Kathy, Sylvie(s), Perròn, Marie-Pierre, Univers 9, Armelle, Dan, Claude (s), Diane, Théo, André, Véro, Alain, Seb(s), Annie, Valérie (s), Susie, Michelle(s), Gisèle, Nadia, Kym, Nina, José, Chevale de feu, Jack, Lambert, Nathalie (s), Mathalie, Max, Philippe(s), Exquise, Lucie (s), Louise(s), Jasmine, Martin, Françoise(s) Rachel, Pierre, Suzanne, Lyne(s), Colorful, La Pie, Odile, Chantal, Julie, Magda, Fred, Ary, Mijanou, Anouk, Jeanne, Patrick, superK, William, Benoît, Monique, Christian, Yvan, René, Mathieu, Damien, Marc, Pépère, mémère, Yann, Rudel, Lewess, Butineur, Jode, Jean (s), Mély-juin, Kina, Claudine, Louis-Gilles, Donald, Josée, Denis, Sylvain (s) et Cie (parce que c'est impossible de tous vous nommer… ça prend un "et Cie & Etc") … 

ET QUE J'AIME DONC ÇA VOUS AIMER !

En me plongeant dans ce qui pour moi est l'essence du TEMPS DES FÊTES… un texte me vient à l'esprit. Un texte que j'ai antérieurement posté sur mon blogue et qui, plus que jamais  TODAY, est d'actualité… Je pense que si l'on y médite tous sincèrement et que l'on fait le nécessaire pour marcher toujours un peu plus, toujours un peu mieux, dans cette direction, la vie s'en voit déjà ennoblie, plus juste et sereine… Alors à tous et toutes, ce sont mes voeux et mots d'amour pour vous, en ce TEMPS DES FÊTES 2007-2008. Puissiez-vous chaque jour faire le nécessaire pour marcher un peu mieux dans votre lumière.

temps des fetes 07-08
 « Notre peur la plus profonde n’est pas que  nous ne soyons pas à la hauteur.
Notre peur la plus profonde est que
nous sommes puissants au delà de toute limite.
C’est notre propre lumière  — et non pas notre obscurité — qui nous effraie le plus.
Nous nous posons la question :  « Qui suis-je, moi, pour être brillant, radieux, talentueux et merveilleux ? » En fait, qui êtes-vous pour ne pas l’être ? Vous êtes un enfant de Dieu ! 
Vous restreindre, vivre petit ne rend pas service au monde.
L’illumination n’est pas de vous rétrécir pour éviter d’insécuriser les autres.
Nous sommes nés pour rendre manifeste la gloire de Dieu qui est en nous. 
Elle ne se trouve pas seulement chez quelques élus ;
elle est en chacun de nous et, au fur et à mesure que nous laissons briller notre propre lumière,
nous donnons inconsciemment aux autres
la permission de faire de même.
En nous libérant de notre propre peur, notre présence libère automatiquement les autres. » 

citation tirée du livre : Un retour à l'amour de Marianne Williamson et prononcée par Nelson mandela lors de son investiture à la présidence de la République d'Afrique du Sud en 1994

Karo du 22 décembre… pour la suite du monde !

Krédit photo : Karo Lyon, France '07

Lyon décembre 2007

Parce qu’on est en France et pour le plaisir – parce que ce film fait partie de mes films cultes, voici un billet à saveur Amélie Poulain.

Le fabuleux destin de Caroline des carOlinades

fabuleux destin de carOlinade
Karo saveur Amélie Poulain,
crédit photo: Sebco, automne 2000

Après avoir remporté un émouvant succès lors de son lancement de livre le premier décembre dernier, carOlinade fait ses valises, ses abreuvoirs et s’envole vers l’Europe où elle compte séjourner le temps de son visa, soit un an moins un jour.  

Le dimanche 9 décembre dernier au soir, un air bus 70 d’Air Transat en partance de l’aéroport de Montréal (au Québec) et en direction de la France, atterrit dans la douceur et l’allégresse à l’aéroport Charles de Gaule, au petit matin du lundi 10 décembre, heure de Paris. CarOlinade, heureuse témoin à bord, foule le sol pluvieux de Paris avant l’aube, puis s'éveille au chant du coq français; un carrousel de bagages qui hurle pour se faire huiler.

Le mardi 11 décembre carOlinade n'en pouvant plus des trente-mille éléphants dansant sur ses paupières… zzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz

Le mercredi 12 décembre, carOlinade, la Québécoise d’adoption lyonnaise se rend à la pharmacie de son quartier pour s’y procurer du peroxyde d'hydrogène. (Son dentiste lui avait conseillé cette petite merveille, à 1$ canadien le litre, à titre de rince-bouche périodique) 4 euros 30 centimes plus tard, carOlinade se dit qu’elle aurait finalement dû insérer la grosse bouteille à 1$ canadien dans sa valise avant de quitter le Québec, puis dans sa tête elle crie : "O scandale ! " cela avant de retourner tranquillement s'éventer des restants de décalage horaire qui en elle sévissent. Décalage et mOnstruation = un coktail de lourdeur.

Le jeudi 13 décembre, carOlinade fait un remu méninges-ménage et décide de reconfigurer deux pièces de l'appartement de D., qui, fiouf ! se montre plutôt satisfait des changements qui lui sont imposés. Madame marque son territoire.

Le vendredi 14 décembre, en compagnie de D., carOlinade va acheter un sapin de noël ainsi qu'une belle grosse plante pour son bureau. Le plaisir de la serre enivre les copains, heureux de cette journée zen et tranquille, ils rêvent d'une maison de campagne, d'un potager, d'un âne et d'un café-théâtre.
Lyon dec07 Karo et sa plante

Le samedi 15 décembre, en ayant marre de faire la vaisselle à même l’eau du robinet qui s’écoule tout le temps que dure sa corvée (gaspille monumentale), carOlinade sort s’acheter une bassine  à vaisselle, et au passage, un savon bio. Depuis, faire la vaisselle en France n’a jamais eu si bon goût.  Le soir même, carOlinade s’installe devant la télé et regarde, sur France 2, un vibrant documentaire sur Brel qu’elle découvre alors en profondeur. Bouleversée, inspirée, elle décide de poursuivre sa propre quête… et du coup, elle laisse tomber la vaisselle !
 

La suite…? une fois le décalage en madame Bouffie dissipé.

Karo du 16 décembre (bonne fête parrain chéri)…
Photo: Karo avec sa nouvelle belle grosse plante. Crédit photo:Théo Savane

À bientôt

Ce n'est qu'un abreuvoir Karo… elle n'arrête pas de pleurer mesdames et messieurs.

Faire cohabiter la joie et la tristesse, sans résistance, c'est pour elle un tour de force. En même temps qu'une belle occasion d'apprentissage pour la suite de l'épanouissement de son être tout entier.

La joie sincère de retrouver D. qui se mêle à la tristesse des départs. Partir un an et laisser derrière tant de gens aimants. Tant de gens que j'aime tant.

Comme le soleil et la pluie s'entremêlent pour faire pousser la vie sur Terre, j'apprends à accueillir tout ce qu'il y a en moi de pluie de larmes et de sourires, pour mieux briller d'amour et de liberté profonde.

J'observe… ce qui fait le plus drôle en dedans quand je pars comme ça, c'est au moment de débrancher mon "lap top"… comme si Internet me faisait respirer (pouahhahahah) et qu'au moment de me débrancher, la coupure était plus profonde qu'un simple débranchement électrique ;)

Bon… là c'est vrai, je débranche le câble et je vous reviens une fois de l'autre côté de l'océan !

À très vite mes chers amis, compagnons du voyage. Sur le vieux continent ou au Québec…
Car ce n'est qu'un Au revoir…

Karo du 9 décembre… mûre pour les vacances de noël ;)

De la lumière dans les ténèbres

Je vous invite à aller lire la série d'extraits que Théo Savane poste depuis quelques jours sur son blogue Penser-agir. Ça commence le 3 décembre. Il s'agit du récit d'un certain "Jacques Lusseyran (1924-1971), […] devenu aveugle à l’âge de 8 ans. Professeur de littérature et de philosophie dans des universités françaises et américaines, il est également auteur de plusieurs essais ou ouvrages autobiographiques. Dans « Le monde commence aujourd’hui », il évoque notamment sa rencontre avec Jérémie. En voici le récit, tel qu’il le raconte dans son livre."

Je ne vous en dis pas plus… sinon que c'est beau. D'une beauté qui donne envie de faire silence pour goûter à la pleine mesure de la vie. J'ai pas d'autres mots ce soir… que l'envie de partager avec vous cette trouvaille de Théo.

Vraiment, ça vaut le détour…

Vous m'en redonnerez des nouvelles… je suis toujours curieuse des échos en lien avec mes vibrations. Est-ce que ça vous touche et comment ?
C'est donc un rendez-vous sur … PENSER-AGIR. Lisez dans l'ordre à partir du 3 décembre et laissez l'histoire vous pénétrer.

Karo du 6 décembre, des bagages plein les bras, une "to do list" qui tourne en boucle dans sa tête… et des imprévus à hurler de rire… et dès janvier… d'autres histoires plein ma caboche avec des idées de créations collectives etc., etc., etc.

Un Tricot sacré dans votre bas de noël cette année…

Un tricot sacré...
Crédit photo: Stéphane Brunet photographe

Pour ceux qui n'ont pu venir au lancement, voici la couverture de mon livre… Création originale d'Annie-Claude Picard, amie et artiste peintre fabuleuse.

Afin de passer l'hiver au chaud et plus encore, comme le dit si bien mon ami
Jack du blogue Train de nuit, virez le tricot de bord l'été venu et il saura vous désaltérer…

C'est en toute humilité que je vous suggère mon bouquin comme cadeau de noël. Pour votre belle-mère, votre cousine, votre blonde, votre dentiste, votre éducatrice en garderie, votre chum (y'a quand même au moins 3 textes érotiques là-dedans après tout ahahhaha), votre voisin, votre mère, votre frère, votre collègue de bureau, votre soeur, votre âme soeur etc.

Ceux qui sont venus au lancement et qui ont entendu les textes, merci de vous manifester dans la section commentaires, cela afin de susciter l'intérêt des frileux…
Le bouche à oreille restant le plus vieux et efficace moyen de propager la bonne nouvelle… je compte sur vous !
C'est de cette façon que la plupart des artistes prennent leur envol.
Et je vous en remercie  à l'avance…

Pour savoir comment vous procurer le livre, cliquez ICI.
Un cadeau de noël "all made in Quebec" avec des corrections européennes. Mais assurément, made in Québec. Imprimé avec amour à Magog. Illustration et graphisme de l'artiste-peintre Québécoise Annie-Claude Picard et textes tricotés avec minutie et passion, maille après maille, par votre humble serviteure Caroline Legault…

"Veilleuse d’humanité, elle laisse allumée en permanence la flamme de son âme pour quiconque voudrait venir se réchauffer le cœur et les pieds autour de ses dires plein d’espoir et grouillants de vie !" 

Arrêtez de chercher… le cadeau de rêve se trouve à vos portes ;) sans besoin de vous noyer dans l'impersonnelle et stressante manne de monde des centres-d'achats.

Karo du 4 décembre, guérit de la maladie de la douterie. Heureuse et libre.

Sacrée soirée… soirée Sacrée

En attendant de vous livrer mes impressions et de vous offrir des photos de cet extraordinaire lancement… Juste un mot, ou peut-être deux, voire même trois hihihi…

PUTAIN
WOW !!!!!
MERCI

sacrée soirée soirée sacrée

Merci à tous mes anges humains pour votre participation active, intense, profonde et chaleureuse, à ma grande fête des mots.
Désolée pour ceux qui ont cherché des verres. Y'en restait mais ils semblaient être cachés. J'en ai ramené une trentainte à la maison à la fin de la soirée, c'est pour vous dire. Désolée aussi pour les retardataires qui n'ont pu manger du buffet. Sinon, ben je pense que pour le reste c'était une bien belle soirée.

Karo du 2 décembre 2007… en état de grâce.
Crédit photo: Simon Racine