Carnet Breton/ 2

Tristan le Magnifique…  ou le vibrant retour dans le temps !

Tritan Le Govic

Elle est noire, courbes franches mais peu communes, chevelure blanche avec quelques accents de rouge. Il la prend dans ses bras, on sent qu’il l’aime déjà. Rituel d’accordement. L’oreille tendue en Dieu, l’homme s’ajuste à la vie, clé par clé, se met d’accord avec celle que je soupçonne être sa maîtresse.  

Tristan qu’il s’appelle, Tristan Le Govic celui que l’on s’apprête à voir jouer en virtuose de la harpe celtique. Prénom d’un destin de grandeur, on dirait qu’il vient d’un autre temps. Si vous n’êtes pas certains de ce que j’affirme, approchez-vous, regardez-y de plus près, il a les oreilles pointues comme celles d’un korrigan. Tristan a tout pour lui, l’intelligence, le don de la voix, de la musique, la beauté, l’humilité et, à son jeune âge, la maîtrise de la langue bretonne.  

J’ai passé une soirée divine en compagnie de mon amie Marie-Pierre, à voir et entendre l’artiste dans l’église de Pont-Scorff. Dès les premières notes, je fus harponnée par le chant de sa harpe, le son de sa voix et l’écho mélodieux des poèmes et histoires accompagnant le concert.  

D’abord courbé sur l’instrument comme un animal couvant son bien précieux, Tristan fascine. Il a dû remettre mille et une fois sur le métier son ouvrage. La harpe est un instrument si complexe, qu’en le voyant jouer, très vite on est envoûté par tant de brio. C’est l’hypnose.  

Entre l’instrument et le musicien se vit une communion. Qui sait, peut-être est-ce la harpe qui donne le ton ? À chaque nouveau morceau qu’entame Tristan, on dirait qu’il lui demande la permission de faire corps avec elle, de la frôler, la toucher, la pincer, la faire vibrer… Oui, comme si c’était elle qui lui accordait place en son « ventre » céleste. Après 25 ans passés à apprivoiser et faire danser la harpe on pourrait croire qu’elle lui appartient. Mais non. Et c’est justement ce qui est beau et transcendant dans le don que possède cette belle bête humaine… Tristan venu du fond des temps pour guérir et quérir nos âmes du 21e siècle !   

Karo du 14 septembreCrédit photo : Marie-Pierre Demon

2 Comments

  1. SolitaireSolidaire

    Beau personnage et belle description. Et puis une harpe comme compagne est de loin préférable à une harpie.

  2. Carolinade

    @SolitaireSolidaire… s’il n’en reste qu’un,tu mérites certainement d’être celui-là. (paouahahahahhhaha!!)Je devrais songer à te mettre sur ma table de nuit pour être sûre de faire des rêves plein de jeux de mots. :)



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