dialogue de sages
Tu dois être dans la vie, trouver un homme, qu'il m'a dit, sourire complice. Mais écrire, c'est aussi être dans la vie que je lui ai répondu, lui rendant son sourire.
vitrine d’artiste - lescarolinades@gmail.com
Tu dois être dans la vie, trouver un homme, qu'il m'a dit, sourire complice. Mais écrire, c'est aussi être dans la vie que je lui ai répondu, lui rendant son sourire.
La capsule culturelle et humoristique de Karo – exploratrice de la rencontre Québec/France. Comme tant de petits pots de confiture qu'elle concocte chaleureusement, Karo capte de délectables moments du quotidien français; moments qu'elle agrémente de sa plume sucrée et qu'il lui fait plaisir de vous partager ici même. Suggestion de dégustation: Ouvrir, lire, se délecter.
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Karo et Les melons hors saison
Mon état de choc face au prix du melon hors saison. Jamais de ma vie je n’ai payé un fruit si cher : 18€, soit environ 27 $ canadien. Mais bon… « Soyons fous, c’est noël après tout! » de me dire mon français d’ami au moment où, devant le marchand de fruits qui nous informait du prix, je m’apprêtais à faire une syncope. Inutile de vous dire que le melon était délectable et que s’il en avait été autrement, je le remballais sur le champ pour remboursement. Inutile aussi de vous dire que j’ai grugé le fruit jusqu’à la pelure, consciente du voyage qu’il avait fait jusqu’en France. Consciente donc, de la pollution atmosphérique à laquelle j’ai contribué en achetant un melon Argentin. Consciente de la valeur relative de toutes choses.
Mais bon,
voilà pour l'anecdote
du coûteux mais goûteux melon
hors saison…
Karo et la fromagère
Dialogue entre Karo et la marchande de fromages. Vraie comme je suis là, c’est ainsi que la conversation s’est déroulée. Tout ça sous l’œil avisé de mon ami français.
Karo (découvrant une rangée de fromages identiques, mais dont certains ont une croûte plus bleutée, et d’autres plus blanche) : Bonjour madame, qu’elle est la différence entre tous ces fromages ? J’aimerais bien un chèvre mais pas les plus vieux.
Fromagère (prenant mon ignorance pour un coup bas porté à la qualité de sa marchandise) : Ils ne sont pas vieux, ils sont affinés, madame.
Karo (mal à l’aise) : Je ne m’y connais guère en fromage, mais je vois que ceux du fond ont du bleu sur la croûte. Moi je veux moins de bleu. Au fait, pourquoi cette différence ?
Fromagère : Ah vous voulez celui qui n’a pas de goût ?
Karo (de plus en plus mal à l’aise) : Euh… oui d’accord. Mais pourquoi le vendez-vous s’il ne goûte rien ?
Fromagère (obstinée comme un vieux fromage) : L’affiné est bien meilleur. Vous voulez celui qui n’a pas de goût ? Pas de problème !
Karo (d’un air innocent) : Pourquoi vous le vendez au même prix que les autres s’il ne goûte rien ?
Fromagère (réalisant qu’elle est sur le point de rater une vente) : Celui-là est moins fort. Moi je préfère plus fort, mais il est très bon l’autre aussi. Ça dépend des goûts. (Grand sourire.)
Karo (anéantie): D'accord. Eh bien je vais prendre celui qui n'a pas de goût mais qui a du goût quand même, même s'il est moins fort que l'autre mais que ça dépend des goûts!
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Voilà qui met fin à la première d'une série sur le thème: les françaiseries que vous pourrez retrouver sous la catégorie mère: Globe-trotter.
Et c'était Karo du 27 décembre (captive du soleil retrouvé) en direct de Villeurbanne, France, pour LES CAROLINADES.
Il n'a que 3 ans et des poussières, mais déjà il veut être grand. Il entre dans la vie, pressé d’y exister entièrement. Dans sa bouche les mots se succèdent si vite que j’ai peine à tout saisir. Mais la musique que fait sa voix, fougueuse et passionnée, suffit à la poursuite de notre dialogue, rieur et complice.
Karo du 27 septembre crédit photo: Karo
Dialogue juste pour dire.
Variation sur un thème.
Scène 1 - prise 1
À la commune et inévitable question –quand deux personnes se rencontrent, qu’ils ne se connaissent pas ou que ça fait plus d’un mois qu’ils ne se sont pas parlé :
-Qu’est-ce que fais dans la vie?
-Hum… bonne question. Tu as quelques heures devant toi? Parce que pour te dire franchement, plus je vieillis et plus je me rends compte que la terre promise, bien rangée (mariage, enfants, boulot, métro, dodo, vodka 7Up ou bière du week-end) y’a pas que ça eh! Parce que plus je grandis en dedans et plus je me rends compte que je ne sais pas… ou plutôt, que c’est très grand tout ça. Alors t’as quelques heures devant toi? Tu veux vraiment savoir qui je suis, ce que je fais?
-Oui mais là… je veux juste savoir ce que tu fais ces temps-ci?
-Ces temps-ci….?
-Oui ces temps-ci.
-Et bien ces temps-ci… laisse-moi voir… car y’a tellement de choses qui m’habitent et que je fais, mais si tu n’en veux qu’une et bien je peux te dire que je lis.
-Ah bon… à part ça?
-À part ça… hum… donc tu ne veux pas vraiment savoir… au fait, tu veux un survol rapide et banal de mes activités si je comprends bien n’est-ce pas? Tu veux un survol rapide et banal juste pour ne pas sentir le silence qui, entre nous deux, parle. Et le détail de mes lectures, ou plutôt, l’émoi dans lequel chaque lecture me transporte, ça ne te dis pas de le savoir? Me connaître sous cet angle, ne serait-il pas plus riche que ce banal balayage de surface : lecture, travail, dodo, gym, musique? Tiens ça te va? Tu as eu ton résumé… et maintenant, on fait quoi?
-Ben j’sais pas. J’voulais juste savoir comme ça.
-Et bien juste comme ça… c’est ça, comme je te dis… (silence glacial) Tu sembles dépourvu?
-Ben oui euh… c’est que je ne m’attendais pas à ça.
-Tu regrettes maintenant ta question n’est-ce pas?
-…Un peu si.
-Ben, je t’avais prévenu eh. Je t’avais dis : tu as quelques heures devant toi? Parce que moi, causer pour causer ça m’emmerde. Causer pour causer, ça me rend creux et vide. Et tu vois, vu que je n’ai pas de temps à perdre en surface… la vie est trop belle pour la gaspiller… et bien j’aime aller aussitôt au cœur des choses et pour les bonnes raisons. Si c’est seulement pour ne pas sentir le silence qui s’est glissé entre nous deux… parce que le silence, tu ne peux pas le supporter et ben moi tu vois, ça ne m’arrange pas. Je préfère cent mille fois le silence inconfortable aux discussions sans autre but que de camoufler notre malaise relié au silence.
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Et vous, amis, bloggers, connaissances… aimez-vous ça être pris de court devant cette question: Pis, quoi de neuf? Qu'est-ce que tu fais de bon? Y'a t-il des endroits ou des situations où vous auriez préféré ne pas être aperçu par cette connaissance que vous n'avez pas revue depuis un bail? Par exemple, tandis que vous êtes à l'épicerie -vos 4 enfants sous le bras, ou encore en train d'acheter un vibrateur pour votre homme. Imaginez; votre première fois à vie dans un sexe shop et vous tombez par hasard nez à nez avec votre coup de foudre de jeunesse. Que répondez-vous de façon générale? Et que rêveriez-vous de répondre si vous aviez l'audace d'une franche réponse? Vous est-il déjà arrivé d'éviter la dite personne… tout simplement parce que ça ne vous tente pas de converser banalement?
Scène 1 - variante 2, à suivre…
bon lundi à tous.
Karo du 10 avril, pour le plaisir de se prêter au jeu
"C’était mon p’tit côté voyeur que je ne voulais pas voir, si vous voyez ce que je veux dire…" Que disait l’exhibitionniste à son thérapeuthe.
Karo du 10 mars (de bref passage dans son journal en ligne et qui vous dit un joyeux bonjour) (photo par karo. Masque cadeau offert par les membres de la Bizarrerie.)
L’écume de sa bouche était là pour lui, comme un sablier qui donne le temps – grain par grain, jusqu’au dernier, lequel fait chavirer le balancier, indiquant ainsi la fin d’une tâche, d’une joute ou d’un supplice ; c’est selon.
Goutte à goutte, la salive s’accumulait à l’intérieur de la joue de Paul - celle à jardin ou à cour, selon qu’il dormait sur la tempe gauche ou droite. Puis une fois la joue pleine, ne pouvant plus contenir une seule goutte de plus, c’est en un mince filet clair et direct que le tout sortait de la bouche du dormeur et le portait instantanément hors de sa sieste.
Ce petit bouillon de jus buccal, inconfortable au moment de jaillir, indiquait tout de même à Paul, de façon systématique, que sa sieste venait de prendre fin. Il pouvait s’y fier mieux qu’à une horloge. Ce qui fait que chaque après-midi, il bénéficiait d’un sommeil des plus jubilatoires… sans crainte des réprimandes du patron parce qu’il aurait dépassé le temps alloué à sa pause.
12 minutes top chrono était le temps que prenait le précieux liquide pour remplir l’intérieur de la joue de Paul. Il lui restait donc 180 belles secondes pour contempler le vide, aller uriner et s’étirer avant de poursuivre sa journée de travail.
Coussins de salle de conférence, dessus de table de travail, accoudoir de fauteuil, clavier d’ordinateur, siège de voiture… tous avaient un jour ou l’autre servi de réceptacle aux excédents de rêves du dormeur.
D’un mouvement machinal de l’avant-bras, allant de gauche à droite, pour essuyer sa bouche, Paul reprenait ensuite son boulot, tout détendu, frais et dispo.
Karo du 18 février (conteuse du samedi)
photo prise sur le net…