Eau Secours /2


Communiqué de presse
Port Méthanier – Fleuve Saint-Laurent
Environnement – Politique – Eau souterraine


Projet Rabaska : la réserve d’eau souterraine est menacée

Eau Secours! exige une étude d’impacts couvrant tout le territoire de la réserve d’eau et non seulement les alentours des installations

Montréal, le 1 novembre 2007, La Coalition québécoise pour une gestion responsable de l’eau – Eau Secours!, s’interroge au sujet du projet de terminal méthanier Rabaska et de ses impacts sur la réserve d’eau souterraine de l’ensemble du territoire adjacent, et exige du gouvernement qu’il respecte ses lois et la Politique nationale de l’eau.

 

Les faits démontrent qu'au moment ou le gouvernement dit oui, le ministère de l’Environnement ne connaît pas l’ensemble de la réserve d’eau souterraine de ce territoire, qu’il n’a réalisé aucune activité de recensement qui lui soit propre et n’a fait aucune analyse des documents déposés par les puisatiers opérant sur la réserve. Le ministère ne connaît pas les quantités d’eau déjà captées par les industries, commerces, exploitations agricoles et les projets de développement économiques de ces mêmes utilisateurs. Il ignore l’impact du captage d’eau à partir d’études démographiques, sur l'économie, la flore, la faune et la santé des populations. Pire, il ne connaît pas le temps de recharge en période d’étiage* de l’ensemble de la réserve d’eau souterraine. 

L’analyse produite par ce même ministère le 19 octobre 2007, se contente de nous dire que pour des raisons esthétiques, afin de ne pas nuire au paysage patrimonial, les réservoirs gaziers seront enfoncés de dix mètres dans le sol. On comprimera ainsi la nappe phréatique, mais les études hydrogéologiques n’étant pas complétées, le ministère ignore quel sera le volume d’eau qu’il faudra perpétuellement pomper. Mais au cas où…. « Le prometteur fait toute sorte de promesses ».

Les puits résidentiels seront affectés

Le président d’Eau Secours! André Bouthillier, « s’inquiète du manque de sérieux et de rigueur de l’approche gouvernementale. Car au moment même où le gouvernement présente sa vision du développement durable à l’Assemblée nationale**, il donne son aval à un promoteur ou « prometteur » qui n’a pas la responsabilité de faire l’analyse de l’ensemble de la réserve d’eau souterraine, mais de simplement s’assurer qu’il ne nuira pas aux résidants limitrophes de ses opérations. Est-ce un manque d’éthique de la ministre de l’Environnement que de court-circuiter ses propres fonctionnaires-conseillers qui ne savent d’aucune façon si l’article 31 du Règlement sur le captage des eaux souterraines (RCES) sera respecté»?

La Coalition craint que l’abaissement de la nappe phréatique ait un effet négatif à long terme sur l’ensemble de la réserve d’eau et sur les activités économiques d’autres utilisateurs qu’aucune mesure de mitigation ne puisse éviter. Cela se nomme conflit d’usage.

Maintenant que les groupes environnementaux ont été muselés par des poursuites en libelle diffamatoire, que les règles d’analyse du BAPE ont changé, que la régie de l’énergie a été écartée, que la Commission de protection du territoire agricole a été dessaisie du dossier, le gouvernement passera-t-il outre à ses propres lois?

Pour Eau Secours!, il est essentiel que le gouvernement réalise une étude hydrogéologique approfondie des disponibilités de la réserve d’eau souterraine à accueillir un projet de si grande envergure, au moment où la pluviométrie est plutôt instable, compte tenu des effets des changements climatiques. Ce sont les résultats de ces études sérieuses qui devraient avoir le dernier mot sur ce projet gazier et non les intérêts financiers à courte vue de ses promoteurs.

* Différence entre le volume des prélèvements et le volume de renouvellement de la nappe aquifère par l'infiltration des précipitations de pluie.

** 2 octobre 2007 projet de stratégie en matière de développement durable, qu'il doit adopter d'ici la fin de l'année conformément à la loi adoptée en avril 2006.

Coalition québécoise pour une gestion responsable de l'eau - Eau Secours!
C.P. 55036, CSP Fairmont, Montréal, Qc H2T 3E2
Courriel:
webmaster@eausecours.org
Site Internet:

http://www.eausecours.org
Téléphone: 514-270-7915

co-naître

Pour connaître la valeur de l’eau, restreignons-nous à la source au moins une semaine par année. Coupons l’eau du robinet, installons des systèmes fonctionnels mais précaires, simplement afin que nous puissions avoir conscience de cette richesse épuisable que nous consommons pourtant comme si ça n’allait jamais manquer ou se détériorer, comme si d’autres pays ne souffraient pas de la soif.

platane lyon

  Pour connaître la valeur de sa grande maison de banlieue, dormons au moins un mois par an, dans un lit de camp confiné dans une petite pièce, apportons y tous nos vêtements et objets de travail, installons nous dans tout petit et tentons de vivre comme dans notre très grand qui nous est devenu avec cette société du confort, un acquis banal. 
Pour connaître la valeur de l’air que nous respirons dans un pays comme le nôtre, à l’abri des bombes, des Tchernobyl, des Bhopal… campons une nuit par année dans le dépotoir de NOS déchets, de ces déchets que nous jetons aisément, sans trop se demander pourquoi, parce qu’il est plus facile ainsi d’agir, parce qu’en réalité, nous sommes dépassés par notre folie humaine, que nous croyons n’avoir aucun pouvoir…

Et surtout, que les chefs d’entreprises des multinationales et leurs esclaves gouvernementaux soient obligés de camper une fois par mois dans ces dépotoirs de notre création.

  Pour connaître la valeur de la nourriture et cesser de croire que la viande pousse dans un comptoir d’épicerie, que le café vient au monde dans une canne de métal, que le vivant n’a pas besoin d’amour avant de passer dans le collimateur de notre estomac, allons travailler quelques jours dans une mégaporcherie, allons travailler dans un champ de coton, sur une plantation de canne à sucre, de café ou d’autres condiments que nous consommons sans conscience. Faisons partie de cet esclavage auquel nous participons déjà, mais de l’autre côté, soyons ceux qui travaillent plus de 12 heures par jour, à faire un dur labeur pour un salaire de crève faim.   

fleur d'été

Pour connaître la valeur humaine… Puisque nous patchons constamment nos bobos d’âme à l’aide d’achats compulsifs en tous genres et pour que cesse notre obsession qui consiste à tout acheter cheap et pas cher puis à jeter aussitôt pour du nouveau, allons travailler un mois (voire moins) dans un atelier de misère dans les pays sous-développés avec lesquels le Canada fait affaire. Et comprenons par là que cette folie marchande à un coût bien plus grave dont si ce n’est nous, nos enfants souffrirons, dont si ce n’est nous, les enfants du monde entier souffrent déjà…

 

Pour connaître, comprendre et agir dans le sens de la vie, réveillons-nous !Alors, une p'tite virée dans un dépotoir, ça vous dit ? (sourire)

 

 Karo du 12 septembre… en work in progress
Krédit photos: Karo, platane, Lyon France 2006. Fleur, Montréal, Plateau 2007

Dans le fabuleux monde de la bêtise humaine…

y'a parfois aussi de bonnes nouvelles !!!
Voyez ce qui suit !!!

Chers internautes,

C’est maintenant officiel, Bureau en gros s’est engagé à participer à la Mission Zéro déchet électronique. La chaîne implante actuellement dans chacun de ses 59 magasins participants au Québec un point de collecte de matériels électroniques désuets. Dès le 12 septembre prochain, ces points de collecte pourront recueillir vos déchets électroniques afin qu’ils soient acheminés vers une filiale de valorisation écologique.

La Mission Zéro déchet électronique constitue le premier pas vers l’implantation à l’échelle du Québec d’un réseau de récupération accessible et adapté aux besoins des consommateurs. Elle s’inscrit dans une optique de diminution des 30 000 tonnes de déchets électroniques que nous produisons annuellement. Ce projet sera mené conjointement par trois partenaires : l’émission La vie en vert, la chaîne Bureau en gros, qui sera responsable de la collecte, ainsi que le réseau des CFER (Centre de formation en entreprise et récupération), qui se chargera de récupérer et de recycler les appareils.

Depuis le lancement de la mission, vous avez été 13503 personnes à signer notre lettre d’appui. Nous tenons à vous remercier sincèrement pour votre incroyable soutien dans notre initiative et vous invitons à nous retrouver lors de notre prochaine saison de «La Vie en Vert» dès le 12 septembre prochain.

Merci encore,

L’équipe de Blue Storm

Comme quoi quand on s'y met…
La créativité est le propre de ce que nous sommes fondamentalement… et quand je vois qu'elle est ainsi utilisée intelligemment, je suis en extase avec la vie !!!

Chapeau à toute l'équipe de Blue Storm ! Chapeau à Bureau en Gros, que l'on connaît par ailleurs pour des actions moins brillantes. Mais voilà… tout ça inspire.

Karo du 26 août, qui transpire l'humidité de ce beau jour d'été !

Embouteillage de bouteilles

Ridicule !!! Absurde !!! Mais qu'est-ce qu'on est cons les humains ! :)

Je savais, depuis un p'tit moment déjà, que l'eau embouteillée n'était pas une bonne idée. Ainsi, le plus souvent possible je fais des choix en fonction de cet état de conscience. N'étant pas une pure écolo (quoi que parfois) il m'est toutefois arrivé de boire de l'eau en bouteille. Comme tout le monde quoi ! Lorsque prise dans un lieu public qui n'offre d'autre alternative et que je crève de soif, par exemple. Mais de façon générale, j'essaie d'éviter. Cependant, depuis la lecture de l'article que je m'apprête à vous partager, j'ai envie de m'engager encore plus concrètement en cessant carrément d'acheter de l'eau en bouteille. Ou si j'en achète dans un moment d'égarement temporaire, ne surtout pas acheter l'eau provenant de ces exotiques lieux où les paysans en sont privés. Éviter aussi d'encourager l'exportation de l'or bleu de l'abitibi. Ce qui implique par ailleurs de bannir l'eau Perrier, minérale… Je n'achète déjà pas de boissons gazeuses… bref. Ceux qui n'ont pas envie de se mettre la tête dans le sable… poursuivez votre lecture.
Nouvelle info désastreuse donc, (en même temps qu'encourageante puisqu'elle nous permet de voir clairement, de prendre position et d'agir) trouvée dans la revue Affaires plus d'août 2007. Petit encadré dans la chronique Fureter de Daniel Germain.

eau-arbre parc tête d'or
"Aux États-Unies, tout le monde craque pour l'eau embouteillée. Les Américains ont dépensé l'an dernier 15 milliards de dollars en petites bouteilles d'eau. Dans son édition estivale (juillet-août) le magazine Fast Company relève toute l'absurdité de ce commerce. Il rappelle que les gens paient plus cher que l'essence un produit que l'on trouve gratuitement au robinet. Les deux marques les plus populaires, Aquafina et Dasani, ne sont rien d'autre que de l'eau municipale embouteillée. L'eau Fiji, qui provient des Îles du même nom, dans le Pacifique, parcourt des milliers de kilomètres par bateau et par camion avant d'arriver sur nos tablettes. Et dire qu'une partie importante des habitants de ces îles n'a pas accès à des sources fiables d'eau potable ! Avant de remplir une bouteille de S. Pellegrino, il faut deux litres d'eau pour la rincer. S'il devait payer toute sa consommation d'eau au prix du marché de l'eau embouteillée, un Américain devrait débourser 9000 dollars par an. Sans compter les 32 milliards de bouteilles de plastique qui prennent le chemin du dépotoir. De quoi s'étouffer !"

Et si vous pensez qu'au Québec on est plus brillants, allez voir l'article de Simon Turmel à ce sujet.
Quand je lis ce genre de faits, je me demande encore et toujours pourquoi à l'heure actuelle, où l'on sait qu'en majeure partie le réchauffement de la planète et l'épuisement des richesses naturelles est dû à notre façon bête et effrénée de vivre (ou devrais-je dire, de survivre) pourquoi n'y a t-il pas de lois plus sévères en vigeur ? Comme par exemple, faire payer des taxes aux gens qui achètent ces produits de consommation inessentiels. Ou encore, faire payer les entreprises productrices de ce gaspillage pour dépolluer les sites d'enfouissements. Prendre ensuite cet argent pour éduquer de façon ludique et efficace. Oui je sais y'a déjà de belles initiatives qui voient le jour… et justement, continuons de s'informer mutuellement.
Ce qui m'amène à questionner, pourquoi les boissons gazeuses ? Quand on pense qu'on pourrait désaltérer le monde entier avec l'eau, on préfère fabriquer du coke pis du sprite ! aaaaaaaaaah Je sais, je suis utopiste. Mais voilà, ça en prend des comme moi pour faire avancer le chaud dossier :)


Anecdote grave et ironique, l'an passé alors que j'étais bénévole pour Eau Secours durant une conférence d'Hubert Reeves, conférence commandée par la MRC de Deux-Montanges et cie, et ayant pour but de sensibiliser le bon peuple aux dangers qui nous guettent si nous ne faisons pas attention à l'eau, j'ai pu observer un buffet de fin de soirée servi dans des assiettes de plastique non recyclables, dans des verres de vin, idemmement et surtout, surtout, le plus absurde que j'observai ce jour-là, le service d'eau en bouteilles ! Le président de la député responsable de l'organisation de l'événement, quoi qu'ayant organisé le tout de bon coeur, était néophyte en matière de recyclage. Il a d'abord tenté de me formuler un mensonge costumé en sourire et politesses, puis lorsqu'il a vu que j'étais sérieuse et informée, il a dû admettre ses fautes.
ET je me demande, n'aurions-nous pas pu, durant l'organisation de la conférence, réfléchir un jour de plus à un moyen pratique, efficace et écolo de servir à boire aux 400 personnes venues s'abreuver à la fontaine du savoir de Reeves ?!
 


Prière de Caroline à Dieu:
SVP Mister God ! Faites que le génie divin se manifeste chez tous les fondateurs, patrons, directeurs, affamés de pouvoir de grosses entreprises afin qu'ils deviennent intelligents et recyclent leurs entreprises de misère fortunée en entreprises tout autant fortunée mais utiles à la vie !
Amen ! Awoman !
Alors, qui s'engage avec moi ? Car y'a d'autres solutions que l'eau en bouteille eh ! J'attends d'ailleurs vos idées là-dessus… pour ceux qui voudraient 'embouteiller' le pas mais qui manqueraient de courage ou de créativité.
Karo du 23 août encore et toujours fière ambassadrice de Dame Nature !
Krédit photo: Caroline Legautl, reflet Arbres, Parc de la Tête d'Or, Lyon, France 2007

Cabaret Rupert

Une autre grande et importante fête où je ne serai pas …
mais où je vous invite à vous rendre…

L'écho fête pour la Rivière Rupert

Ça promet… Déry sera là …
ainsi que plusieurs autres…
Ça se passe le 18 avril au Café Campus
Allez voir les détails ici

Vous aimez la nature? Vous y balader, faire du canot, du kayak, de la randonnée, du ski, de la pêche, alouette ?!!!

Ben alors vous ne pouvez pas dissocier
votre activité plein-air
des enjeux planétaires !  
Il est encore temps de sauver  la spectaculaire 
et-mouvante rivière
RUPERT !

Trop souvent on dit "ah oui, j'aime la terre, j'aime le plein air, j'aime ça être dans la nature, faire mon jardin, aller à la mer me baigner…"  et pis à côté de ça, on jette ses poubelles n'importe où, ses mégots de cigarette dans le lac, on ne recycle pas ou peu dans nos banlieues, on achète un 4 X 4 pour faire rouler son gros ego, on magasine chez des compagnies polluantes et irrespectueuses de l'environnement, on bouffe du Mc Do (un des pires saccageur de forêt), on reste discret lorsque son voisin arrose son parcourt de golf jour et nuit, lave sa sphalte d'entrée de cour et pis son 4 x4 à la ose (tuyau d'arrosage pour les français) toutes les semaines et ça, même quand on annonce sécheresse et canicule. On ose pas y dire à notre voisin que ça ose doit juste servir à laver ses enfants, cuisiner pis s'hydrater le dedans. On ose pas lui dire parce que nous aussi on a un beau gazon vert à entretenir.


Pis surtout, devenez porte-parole et ambassadeur de Dame Nature.

Comment ? Simplement en osant prendre la parole et proposer des moyens concrets de réduire, réutiliser, recycler nos bebelles de consommation avant que la planète nous éjecte en nous sommant de con. Oui, oser dire à tout ceux que vous voyez enfreindre une loi universelle mettant en péril notre santé. Pas obligé d'engueuler le fautif. Par exemple, celui qui jette encore ses vidanges dans la rue, faut pas l'engueuler, ça donnera rien et de toute façon, nous le sommes tous et à tour de rôle, coupables des maux de la Terre. Juste dire : "excusez-moi, vous avez échappé vos poubelles" pour l'avoir souvent testée, est une réplique très efficace qui reste courtoise et qui permet à l'autre de se conscientiser par la bande. 

Alors ce qu'il faut faire, et au plus simple je pense, s'est s'éduquer gentiment et mutuellement, s'encourager, se donner des trucs et des conseils. Pis surtout dans les entreprises. Il ne faut pas séparer entreprise et domicile. On a plus le temps de diviser. Il faut s'unir. Surtout que ce n'est pas très cohérent de s'appliquer à réduire nos déchets à la maison tout en continuant de surproduire et de polluer au bureau.

Et toi mon ami (pouahaha têtes à claque) à ton travail, ça se passe comment ? On jette le papier ? Le plastique ? Tout le monde boit encore dans un verre en styromousse ? La cafétéria, c'est du jetable ? Tout est jetable ?  Les vieux ordinateurs, les cartouches d'encre ? etc. Vous avez des bacs de récupération mais encore trop de monde y jette des déchets ? Questionnez vos patrons et invitez-les à réduire, réutiliser, recycler.

À ce sujet, j'aimerais souligner les efforts et le courage d'un ami à moi qui a récemment  transformé l'entrepise où il travaille, la faisant passer de 0 % de recyclage à 99%. C'était un lieu où la non-chalence, l'indifférence et le cynisme trônaient, ce qui décourageait les quelques âmes conscientes, à agir dans le bon sens. Il y avait là pourtant des quantités monstres de plastique et de carton qui tous les jours se retrouvaient à la poubelle. Puis un beau matin, mon ami s'est décidé (il en avait sûrement marre que je lui casse les oreilles avec mon discours pouahahah).  Il a fait les quelques coups de fil nécessaire, s'est informé des différences de prix de gestion de recyclage et de déchets etc. Au bout du compte, recycler faisait économiser davatage à la compagnie. Et même si ça avait été le contraire, un jour très proche, nous serons obligés de payer des taxes à la dépollution. Aussi bien se responsabiliser dès maintenant non ? Bravo mister Allan ! Ton engagement m'inspire grandement !

Dites-moi, comment ça se passe là où vous travaillez ? Dites-moi vos initiatives ou celles de vos collègues. Dites-moi vos engagements !

Bon… je  m'arrête ici pour aujourd'hui car je dois aller p'tit déjeuner. Courage ! Y'a des solutions. Pour ça y'en a plein. Et créatives en plus ! Si vous souhaitez des idées, Greenpeace et Equiterre (entre autre) pourront vous dirigez vers les bonnes adresses. Et surtout, l'émission suivante : la semaine verte, qui regorge d'informations et de trucs pratiques sur Internet.

Pour vous informer de la situation de la rivière et comprendre les enjeux sociaux, environnementaux et politiques:

REVERENCE RUPERT

rivière rupert

Aimez-vous vraiment ça la nature ?
Ben allez voir ce
show-là.

Crédit-photo: http://www.geog.umontreal.ca/geog/images/terrain_envhumain_1_2006/riviere_Rupert2.jpg

5 minutes de répit pour la planète

Les célébrations entourant le premier anniversaire des Carolinades sont temporairement interrompues afin de vous faire part de cette importante nouvelle. J'invite le Québec à se joindre à l'initiative française!  Il s'agit d'un rassemblement écho-logique. Tout éteindre (ordinateur, lumières, machins) en plein jour et au boulot; heure locale du Québec, 13h55, soit au même moment où la France redécouvrira le ciel étoilé trop longtemps pollué par le surplus de lumière artificielle de la simili-nation. Avant que Terre Mère, par ras-le-bol du parasite humain que nous sommes, éteigne notre race de con pour de bon, avant qu'une autre tempête de verglas comme celle de 1998 s'abatte sur le pays et nous replonge dans l'obscurité totale… agissons! Êtes-vous prêts? Vous avez encore deux semaines pour trouver la switch OFF dans les sous-sols de votre tour à bureau. Pouahahah!!! Allez, soyez courageux. Soyez des hérOs. Mettez les compteurs à zérO. La ville au repOs! Break du boulOt. Ou plus simplement, passez le mOt à votre supérieur qui le passera à son supérieur, qui le passera à son supérieur… en espérant que bon nombre se joindront à l'initiative. 5 minutes pas de télé, pas d'ordi, pas de radiO. Tout le monde en même temps!

Le jeudi 1er février 2007 entre 13h55 et 14h00 au Québec.

Imaginez…
Osez… ne serait-ce qu'à la toute petite échelle de votre département. ATTENTAT POÉTIQUE. Faites-le en cachette. Éteignez votre ordinateur, sortez prendre l'air même si c'est pas l'heure de votre pause café. Vous viendrez ensuite me raconter ce délicieux moment du jour dans la section commentaire des carolinades.

ps: à tous: "té pas game, mauviette!" (normalement quand on dit ça, ça fait réagir, comme Marty Mc Fly dans le film Back to the future Pouahahahah).
ps 2: n'oubliez pas de programmer votre agenda électronique pour vous rappeler de tout éteindre à l'heure convenue.
ps 3: votre patron ne peut vous mettre à la porte pour votre tentative à vouloir refroidir la planète. Au pire dites-lui que ça va contribuer à sa prolifique saison de ski. Que si nous économisons l'énergie, le climat lui sera favorable pour ses sports d'hiver.
ps 4: plus aucun geste n'est anodin dans la conscientisation, la réflexion et/pour la sauvegarde de la VIE.

Trêve de folie douce…

Les détails de cette grande manifestation, tel qu'extraits du site Français Alliance pour la planète

Le 1er février 2007, dans toute la France :

"Participez à la plus grande mobilisation
des citoyens contre le Changement Climatique !

L’Alliance pour la Planète lance un appel simple à tous les citoyens, 5 minutes de répit pour la planète : tout le monde éteint ses veilles et lumières le 1er février 2007 entre 19h55 et 20h00. Il ne s’agit pas d’économiser 5 minutes d’électricité uniquement ce jour-là, mais d’attirer l’attention des citoyens, des médias et des décideurs sur le gaspillage d’énergie et l’urgence de passer à l’action ! 5 minutes de répit pour la planète : ça ne prend pas longtemps, ça ne coûte rien, et ça montrera aux candidats à la Présidentielle que le changement climatique est un sujet qui doit peser dans le débat politique.

Pourquoi le 1er février ? Car le lendemain sortira, à Paris, le nouveau rapport du groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du Climat (GIEC) des Nations Unis. Cet événement aura lieu en France : il ne faut pas laisser passer cette occasion de braquer les projecteurs sur l’urgence de la situation climatique mondiale.

Si nous y participons tous, cette action aura un réel poids médiatique et politique, moins de trois mois avant l’élection présidentielle!

Faites circuler au maximum cet appel autour de vous et dans tous vos réseaux ! Faites le également apparaître sur votre site Internet et dans vos news letters.

Contact/ information : Cyrielle, Les Amis de la Terre : 01 48 51 18 95."

Lire l'article complet sur le site des Amis de la Terre
source: http://www.lalliance.fr/

Karo du 20 janvier (citoyenne du monde. Humble ambassadrice -au service de la vie. )

Eau Secours

 

Voici joint, le bilan 2006 de la Coalition Québécoise "Eau Secours" pour une gestion responsable de l'eau, coalition dont je suis membre depuis maintenant 2 ans  parce que je crois qu'il est capital de poser des actions concrètes, si petites soient-elles.  

Ah! je sais, ne me dites pas! Vous avez peu de temps et surtout, aucunement l'envie de lire des trucs du genre encore moins en début d'année alors que des résolutions d'ordre plus personnel vous assaillent l'esprit  parce qu'en les lisant, vous risquez de vivre tant d'impuissance qu'au final vous serez déprimé pour le reste de la journée. Oui je sais que vous savez que la planète va mal. Je sais aussi que vous savez que je sais que vous savez. Vaut mieux donc pas lire le bilan de l'EAU parce qu'être déprimé ben, ce n'est pas vraiment cool eh!  POuahahhah. Trêve de plaisanterie et par ailleurs, je sais aussi que bon nombre d'entre vous faites de plus en plus de choix sensés en matière de consommation…  mais… mais… mais…

Tout de même… je vous invite à faire ce petit effort de lecture…cela afin de prendre davantage conscience de l'importance d'agir, tous et chacun à sa mesure. Si le gouverne-et-ment n'est pas suffisamment responsable pour établir des lois du gros bon sens, nous ne devons pour autant fermer les yeux sur cette source vitale; l'eau.

En attendant de vous souhaiter la bonne année (la tradition voulant que j'aie le mois complet pour vous la souhaiter)…voici le dit bilan; communiqué de presse d'Eau Secours à ses membres:

 

Communiqué de presse  
Eau - Bilan 2006
La gestion de l’eau au Québec, une moquerie? 
  


Montréal, le 28 décembre 2006 – L’heure est aux bilans, fin d’année oblige. Et pour la Coalition québécoise pour une gestion responsable de l’eau – Eau Secours!, force est de constater que l’année 2006 en a été une de stagnation  quant à la gestion de l’eau.

Par conséquent, et plus que jamais, après avoir analysé en profondeur l’état de réalisation de la Politique nationale de l’eau (1), Eau Secours! demande au gouvernement de prendre le virage de la gestion responsable de l’eau et de légiférer pour que cette politique devienne une loi-cadre. Quatre ans après son adoption par le Conseil des ministres du Parti Québécois, et réaffirmée par le Conseil des ministres du Parti Libéral du Québec, l’atteinte des 57 objectifs de cette politique accuse un retard dangereux pour la santé des Québécois et Québécoises.   Voici quelques dossiers reliés à l’eau qui ont fait la manchette en 2006 et qui sont toujours en suspens (présentés en ordre alphabétique) :

·     Algues bleues – (cyanobactéries) : Le Québec n’a pas encore de plan provincial coordonnant les efforts des différents ministères, afin de ralentir l’apport de nourriture (phosphore) aux algues et, ni de plan pour aider financièrement les villes et les citoyens aux prises avec ce fléau connu du ministère de l'Environnement depuis plusieurs décennies;


·     Algues Didymo et autres espèces envahissantes : Le Québec n’a pas de réglementation quant au nettoyage des équipements et embarcations des pêcheurs et autres plaisanciers qui se promènent d’un lac à l’autre, entraînant ainsi avec eux, et souvent à leur insu, des espèces d’algues (et autres organismes) envahissantes et nuisibles;

·     Algues Didymo et autres espèces envahissantes : Le Québec n’a pas de réglementation quant au nettoyage des équipements et embarcations des pêcheurs et autres plaisanciers qui se promènent d’un lac à l’autre, entraînant ainsi avec eux, et souvent à leur insu, des espèces d’algues (et autres organismes) envahissantes et nuisibles;

·     Cadre juridique de l’eau : Aucune législation n’est prévue pour assurer un droit d’accessibilité à l’eau et pour lui donner un statut de bien commun sans équivoque;
·     Cours d’eau : Transfert de la responsabilité des cours d’eau aux MRC sans transfert des budgets appropriés;

·     Cadre juridique de l’eau : Aucune législation n’est prévue pour assurer un droit d’accessibilité à l’eau et pour lui donner un statut de bien commun sans équivoque;
·     Cours d’eau : Transfert de la responsabilité des cours d’eau aux MRC sans transfert des budgets appropriés;


·     Déchets (lixiviats) : Il est impossible pour la population de connaître l’état ou le nombre de fuites des lixiviats  (liquides provenant de la décomposition des déchets) qui se rendent dans les cours d’eau et dans nos réserves d’eau souterraine. « Le ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs (MDDEP) n'est pas en mesure d'«exercer une surveillance efficace et efficiente des activités de récupération et d'élimination» des déchets au Québec » déclare le vérificateur général du Québec dans un chapitre du deuxième tome de son rapport consacré à la gestion des matières résiduelles, remis à l'Assemblée nationale en 2006;

  • Eau potable : Les exigences de la réglementation sur la qualité de l’eau, telle que la filtration contre les giardias et autres bactéries, adoptées en 2001 ne sont pas encore appliquées et les échéances sont reportées d’année en année. Plusieurs communautés de la Basse-Côte-Nord ne sont toujours pas dotées d'installations adéquates pour l'alimentation en eau potable. Elles sont en attente d’aide au financement depuis près de 10 ans;
  • Eaux usées  : Les villes du Québec polluent les cours d’eau et le fleuve en rejetant des eaux usées sans traitement secondaire. Les rejets contiennent des solides en suspension, du phosphore, des substances aussi dangereuses que les produits pharmaceutiques, les éthers diphényliques polybromés (PBDE), les solvants organiques, les bactéries pathogènes, les virus et autres microorganismes provenant des institutions hospitalières;
  • Eau embouteillée : Pas de réglementation sur les nouvelles bouteilles de plastique de 15 litres non réutilisables, malgré les indignations publiques du ministre;
  • Exportation de l’eau en vrac : Prévue pour décembre 2006, la transformation de la loi moratoire en loi permanente n’a pas eu lieu. L’évaluation de la loi est reportée au printemps, s’il n’y a pas d’élection!
  • Forêt et ses impacts sur l’eau : Québec n'a pas encore modifié les pratiques forestières en fonction des priorités fixées par la Commission Coulombe.
  • Milieux humides : Les promoteurs immobiliers pourront remblayer ou détruire les milieux humides qui ont moins de 0,5 ha (5 000 mètres carrés) et qui ne sont pas reliés à des cours d'eau.
  • Organismes de bassin versant : Au budget 2006, il y a eu définancement par le ministre des Finances. Le Ministre de l’Environnement a dû couper d’autres programmes dans son budget pour trouver les montants nécessaires à leur survie. Pire! depuis 1998, l’argent alloué par le gouvernement à son ministère de l’Environnement a fondu d’une dizaine de millions par année (2)
  • Partenariats public-privé : le gouvernement a fragilisé la gestion de l’eau en permettant sa gestion en PPP;
  • Redevances sur le captage d’eau : Elles devaient être imposées à l’industrie et aux commerces dès 2003, et ensuite au dernier budget, mais encore aujourd’hui, elles se font attendre;
  • Sacs en plastique : Le projet de loi interdisant la distribution de sacs de plastique non biodégradables est mort une deuxième fois à l’agenda de l’Assemblée nationale;
  • Etc…..


Pour le président de la Coalition, André Bouthillier, « c’est une moquerie que de dire, avec la langue de bois politicienne, que le Québec jouit d’une Politique nationale de l’eau. C’est faux. Elle n’existe pas en réalité. Ce n’est pas une loi et l’Assemblée nationale n’en a même jamais voté le principe. Aucun budget ne lui a été alloué. C’est une fabulation politicienne sortie d’un cabinet de ministres qui n’a jamais posé les gestes nécessaires à sa réalisation. Il faut bien comprendre qu’il n’existe aucun plan de réalisation des 57 recommandations de la Politique et aucun échéancier n'a été fixé. Aucun engagement financier nouveau n'a été annoncé pour sa mise en application. Cet outil de relation publique n’a servi que d’organigramme conceptuel pour y verser les activités normales du ministère de l’Environnement, qu’il fait ou faisait déjà avec ou sans Politique nationale de l’eau. » La Coalition souhaite à tous et toutes que l’année 2007 soit celle où la classe politique prendra le virage bleu afin de s’arrimer aux vœux de la population.   -30-  

 La Coalition souhaite à tous et toutes que l’année 2007 soit celle où la classe politique prendra le virage bleu afin de s’arrimer aux vœux de la population.   

 La Coalition souhaite à tous et toutes que l’année 2007 soit celle où la classe politique prendra le virage bleu afin de s’arrimer aux vœux de la population.   

-30-  

(1) - Sur demande : Le tableau d’analyse de la Coalition quant à la Politique nationale de l’eau
(2)- Le tableau du budget du ministère de l’Environnement calculé en dollars constants

Courriel: webmaster@eausecours.org

 

 Le 25 mars 2007, spectacle "10 ans d'Eau Citoyenne" 10e anniversaire de la Coalition québécoise pour une gestion responsable de l'eau - Eau Secours! 

Conformément aux normes environnementales, ce courriel est composé d'électrons recyclés!

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source: coalition Eau Secours
C.P. 55036, CSP Fairmont, Montréal, Qc H2T 3E2
Site Internet: http://www.eausecours.org
Téléphone: 514-270-7915

Téléphone: 514-270-7915

Télécopieur: 514-276-8404

 Devenir membre ne coûte que 10$ par année. Je vous invite donc tous à ajouter votre voix à la mienne en prenant quelques minutes de votre temps pour remplir le formulaire membre.  http://www.eausecours.org
Bien sûr ici je m'adresse aux gens du Québec. Mais partout ailleurs sur la Terre, il y a de ces problématiques pour lesquelles il faille agir aussi.

Penser globalement, agir localement.   


Louise et Karo, bénévoles kiosque eau-secours 

Karo du 3 janvier 2007, eau secours de la vie; de notre vie.

photo prise le 26 octobre 2006. Louise et Karo bénévoles pour la coalition Eau Secours dans le cadre d'une conférence d'Hubert Reeves à l'Église d'Oka.

Utopies d’aujourd’hui, réalités de demain ?

Aujourd'hui je vous propose cette entrevue réalisée dans l'hebdomadaire culturel Montréalais, le journal VOIR. C'est une entrevue en compagnie d'Albert Jacquard, au sujet de son nouveau livre.
Les préoccupations de cet homme me touchent très profondément, ainsi que sa façon de dire sans détour, en tout amour et lucidité. J'avais donc envie de vous partager un brin de sa réflexion, via ce court entretient avec la journaliste. Aussi, je vous mettrai en rouge-vin les extraits qui me parlent le plus… vous pourrez par ailleurs lire les différents commentaires de la communauté de lecteurs du journal VOIR, en cliquant sur le lien au bas de mon billet. Et pour les habitants de Montréal et des environs… Monsieur Jacquard prononcera une conférence publique demain soir. Tous les détails dans l'article…
"28 septembre 2006 Albert Jacquard Utopie raisonnable Elias Levy "L'état actuel de l'économie mondiale est tellement piteux que je me dis que n'importe quoi d'autre ne peut pas être pire." Selon Albert Jacquard, réputé scientifique et généticien des populations, notre planète est dans un état consternant. Pour dépêtrer l'espèce humaine de ce marasme, il propose dans son dernier livre une solution, à mettre en oeuvre incessamment: une "utopie raisonnable". Toute une gageure!
Votre nouveau livre est un cri d'alarme pour sauver l'espèce humaine?
"Absolument. J'essaie tout simplement d'être un peu lucide. Or, la lucidité en ce qui a trait à l'état actuel de l'humanité ne peut aboutir qu'à un cri d'alarme: tout est prêt pour la catastrophe! On ne se rend pas compte, on n'en parle presque plus d'ailleurs, mais la menace nucléaire lancinante qui plane aujourd'hui sur l'espèce humaine pourrait provoquer des cataclysmes dévastateurs. L'utilisation d'une toute petite partie des bombes nucléaires que nous avons produites et accumulées au fil des années pourrait entraîner le suicide collectif de l'humanité. Malheureusement, ce scénario catastrophe, qui, il y a une trentaine d'années, relevait encore de la science-fiction la plus farfelue, est désormais de plus en plus plausible. L'autre suicide qui est beaucoup plus sournois, moins rapide, c'est la destruction de la planète, de plus en plus polluée. Nous sommes en train d'annihiler la planète à une vitesse effrénée. L'affaire de Kyoto montre bien que nous ne sommes pas prêts à regarder la vérité en face. Aujourd'hui, les humains sont en train de planifier leur propre extinction."  
La menace nucléaire vous terrifie?
"Surtout au moment où la monstrueuse menace iranienne pointe à l'horizon. Les Occidentaux doivent avoir des arguments crédibles pour enjoindre aux Iraniens de stopper leur programme nucléaire. Un bon usage de la bombe nucléaire française serait que Jacques Chirac rassemble tous les pays du monde pour leur dire: "Nous avons un arsenal monstrueux de bombes nucléaires, nous allons le détruire sous nos yeux. La seule façon de convaincre les Iraniens de renoncer à leurs desseins nucléaires, c'est de commencer nous-mêmes par renoncer à notre arsenal atomique."
Vous critiquez durement l'actuel système économique capitaliste, mais que proposez-vous concrètement comme alternative à ce système, selon vous, "exsangue et dysfonctionnel"?
"Là, vous me piégez, parce que autant je suis persuadé que le système actuel est catastrophique, autant je n'ai pas un système de substitution à vous proposer. Cependant, force est de reconnaître qu'un système économique ne peut pas fonctionner quand les concepts de base sont absents. Par exemple, dans notre système économique capitaliste, la notion de valeur n'a aucun sens. Quelle est aujourd'hui la vraie valeur optimale d'un baril de pétrole? Ce n'est certainement pas 70, 80… ou 120 dollars. C'est du n'importe quoi! Il faut gérer les affaires économiques différemment, en se demandant tout d'abord quel tort nous faisons au patrimoine humain, social, environnemental, culturel… que nous allons léguer à nos petits-enfants. Or, actuellement, on se contente de raisonner au jour le jour, en invoquant des arguments ineptes et grotesques. L'état actuel de l'économie mondiale est tellement piteux que je me dis que n'importe quoi d'autre ne peut pas être pire."  
D'après vous, les Occidentaux ne devraient plus se soucier des déficits dans les domaines de la santé, du social, de l'éducation… car, dans ces créneaux vitaux, leurs gouvernements ne font que les berner. Cette critique est-elle fondée?
"Tout à fait. Nos gouvernements nous disent qu'ils n'ont plus d'argent pour soigner nos malades ou améliorer notre système d'éducation en pleine déliquescence. Par contre, dès qu'on propose à nos gouvernements, français, américain, canadien, européens… de se doter de nouvelles armes parce qu'on est en guerre contre Al-Qaida, on trouve immédiatement de l'argent. C'est burlesque et pathétique! Par conséquent, les moyens financiers sont toujours complètement artificiels. Quand on a des priorités, on finit par trouver l'argent."
Selon vous, si l'humanité veut surmonter les défis de taille auxquels elle fait face aujourd'hui, il est impératif de "révolutionner" le monde de l'éducation.
"La fonction du système éducatif n'est pas de fournir à ce Moloch qu'est le système économique les femmes et les hommes compétents dont il prétend avoir besoin. Son principal objectif est de participer à une tâche autrement décisive: aider chacun à devenir lui-même en rencontrant les autres. C'est au niveau des finalités, et non des modalités, de l'enseignement que je voudrais qu'il y ait une révolution. C'est tout à fait normal que l'on apprenne à l'école les mathématiques, la géographie, la physique-chimie, des langues… Ce que je souhaite ardemment, c'est que les efforts qu'on demande à un jeune pour apprendre ces matières fondamentales aient aussi pour finalité de lui permettre de rencontrer les autres, de réfléchir, de construire des concepts, de regarder le monde avec un peu plus de vivacité et de lucidité..."
L'utopie a-t-elle encore un sens et un avenir en ce début du 21e siècle?
"J'atteins l'âge où proposer une utopie est un devoir. Mais je crois que pour être un vrai utopiste, il faut être particulièrement raisonnable, c'est-à-dire essayer de soumettre tout ce qu'on dit aux critères de la raison. Entre le pessimisme désespéré et l'optimisme satisfait, la seule certitude raisonnable est le volontarisme. À nous d'agir, pour que tous les humains combattent ensemble leurs ennemis communs: la maladie, la faim, la misère sociale, le racisme, la haine, l'égoïsme, le mépris… Que peut-on faire d'autre que chercher une nouvelle voie quand nous savons les autres irrémédiablement bouchées?"
Mon utopie d'Albert Jacquard. Éditions Stock, 2006, 196 p. Albert Jacquard prononcera le vendredi 6 octobre, à 19 h 30, à la Salle Marie-Gérin-Lajoie de l'UQAM, une conférence publique intitulée: L'urgence d'une utopie réalisable. Info: www.liaisonsdavenir.com
Bon, disons que j'aurais très bien pu colorer l'entrevue rouge-vin au grand complet tant il me parle… et avouons que j'étais bien partie pour ça. Enfin. Et pour répondre à ma question, (titre de ce billet)… je crois qu'il n'y a pas d'autres choix que d'y croire, de croire en nos utopies et à partir de là, avancer. Avancer de façon lucide et volontaire comme le dit Jacquard. Car chaque petit pas, chaque petite pensée en faveur d'un monde meilleur, sont nécessaires. Le bien-être doit commencer quelque part en soi pour rayonner ensuite partout. Et déjà, en ne baissant pas les bras, en cherchant des solutions viables, puis en les mettant de l'avant, en proposant et en créant des micro-sociétés à l'image de la société que l'on veut réellement bâtir, je crois que nous avançons. Et voilà qui nous ramène à mon personnage du jour d'hier: les choix. Agir ou subir la Vie? Et vous, comment recevez-vous cette entrevue?

Karo du 5 octobre ( tranquillo for the day)

crédits photos: l'hier de karo. Paysage brumeux et automnal capté sur le vif.