Impermanence

Impertinente l'impermanence ?

 Karo médite au Fjord

Lorsque le ciel de notre vie est bleu, d'un bleu ensoleillé à s'en fendre le sourire jusqu'aux oreilles, nous voudrions pouvoir ainsi le maintenir éternellement. Le risque  est alors de tomber dans la tentative (vaine) de contrôle, avec comme résultat, de l'anxiété et de la pourriture sournoise à l'âme. Car l'on ne peut contrôler les événements extérieurs. Et même en développant ses capacités internes, celles qui mènent à la paix et l'acceptation, rien n'est jamais gagné. Les vieilles structures mentales et fausses croyances tôt ou tard refont surface, là où l'on s'y attend le moins.

Lorsque la vie nous envoie un ciel noir et orageux, désespérément, nous regrettons les beaux jours et nous nous accrochons (en vain) au passé, risquant ainsi de nous perdre dans des souvenirs (illusion des beaux jours) et oubliant de vivre l'instant, oubliant de croquer la vie d'amour à pleines dents. Perdant alors assurément son précieux temps.

Il y aurait tant à dire sur le sujet. L'impermanence des choses se vit en tant d'aspects de soi et tout au long de la vie. Car la vie est mouvement. Les épreuves, que trop souvent on voit comme des bâtons dans les roues de nos existences bien huilées, automatisées et confortables, sont pourtant (si on les prends autrement) de formidables opportunités qui nous invitent à se transformer et à grandir.  Je ne vous apprend rien ici. Mais entre savoir et intégrer cette notion, il y a un mooooooonde… Et toute une vie pour tracer le chemin de l'acceptation et de l'amour de soi, lequel mène inévitablement à une paix profonde au sein même de l'impermanente vie. 

Orage Gaspésie 2006
À ce sujet, un extrait de roman (dont le titre et le nom de l'auteur me restent à trouver) et qui évoque bien l'aspect constructif de cette menace perpétuelle nommée impermanence (et que pour ma part je rebaptiserais souvent - hypermenace… (sourires). Sans plus, je vous laisse sur l'extrait en question et vous invite, si le coeur vous en dit, à me parler de vous, de votre rapport à cette chose-là, souvent impertinente (croit-on), toujours hypermenaçante et à laquelle nous sommes si peu… imperméables !

 "Je me réjouis de l'impermanence des choses. Cette fluidité permet la création. Je t'en prie, ne t'enferme jamais dans l'irrévocable. Si tu crois un jour fouler tes propres traces sur la piste, sache que tu ne seras jamais au même endroit (…) Ta douleur vient de ce qu'une partie de toi t'échappe, celle que tu as connue, celle qui s'est battue pour te préserver, celle à laquelle tu t'es identifié. Tu résistes à cette mort, qui pourtant conduit à ta renaissance. Tu t'agrippes à tes limites, tu te cramponnes à tes interdits et tu t'épuises, sans raison. L'enfer n'est que fermeture et confusion. les chocs et la souffrance servent à briser les entraves de l'être pour permettre son éclosion. Ils sont une réponse, non une agression."

Personnellement, cette citation m'aide à la fois à m'ancrer, panser et avancer.
Karo du 26 septembre… sur le chemin de la vie.
Krédit photos: Karo, Fjord du Saguenay et Gaspésie, été 2006

Vertueux

  Se dit de celui qui s’évertue à tuer les vers de sa poésie.

  dictionnaire des carOlinades
Pour le plaisir de jouer avec les mots

co-naître

Pour connaître la valeur de l’eau, restreignons-nous à la source au moins une semaine par année. Coupons l’eau du robinet, installons des systèmes fonctionnels mais précaires, simplement afin que nous puissions avoir conscience de cette richesse épuisable que nous consommons pourtant comme si ça n’allait jamais manquer ou se détériorer, comme si d’autres pays ne souffraient pas de la soif.

platane lyon

  Pour connaître la valeur de sa grande maison de banlieue, dormons au moins un mois par an, dans un lit de camp confiné dans une petite pièce, apportons y tous nos vêtements et objets de travail, installons nous dans tout petit et tentons de vivre comme dans notre très grand qui nous est devenu avec cette société du confort, un acquis banal. 
Pour connaître la valeur de l’air que nous respirons dans un pays comme le nôtre, à l’abri des bombes, des Tchernobyl, des Bhopal… campons une nuit par année dans le dépotoir de NOS déchets, de ces déchets que nous jetons aisément, sans trop se demander pourquoi, parce qu’il est plus facile ainsi d’agir, parce qu’en réalité, nous sommes dépassés par notre folie humaine, que nous croyons n’avoir aucun pouvoir…

Et surtout, que les chefs d’entreprises des multinationales et leurs esclaves gouvernementaux soient obligés de camper une fois par mois dans ces dépotoirs de notre création.

  Pour connaître la valeur de la nourriture et cesser de croire que la viande pousse dans un comptoir d’épicerie, que le café vient au monde dans une canne de métal, que le vivant n’a pas besoin d’amour avant de passer dans le collimateur de notre estomac, allons travailler quelques jours dans une mégaporcherie, allons travailler dans un champ de coton, sur une plantation de canne à sucre, de café ou d’autres condiments que nous consommons sans conscience. Faisons partie de cet esclavage auquel nous participons déjà, mais de l’autre côté, soyons ceux qui travaillent plus de 12 heures par jour, à faire un dur labeur pour un salaire de crève faim.   

fleur d'été

Pour connaître la valeur humaine… Puisque nous patchons constamment nos bobos d’âme à l’aide d’achats compulsifs en tous genres et pour que cesse notre obsession qui consiste à tout acheter cheap et pas cher puis à jeter aussitôt pour du nouveau, allons travailler un mois (voire moins) dans un atelier de misère dans les pays sous-développés avec lesquels le Canada fait affaire. Et comprenons par là que cette folie marchande à un coût bien plus grave dont si ce n’est nous, nos enfants souffrirons, dont si ce n’est nous, les enfants du monde entier souffrent déjà…

 

Pour connaître, comprendre et agir dans le sens de la vie, réveillons-nous !Alors, une p'tite virée dans un dépotoir, ça vous dit ? (sourire)

 

 Karo du 12 septembre… en work in progress
Krédit photos: Karo, platane, Lyon France 2006. Fleur, Montréal, Plateau 2007

À dos de néant

On annonce beau et chaud sur la Côte d’Azur (comme toujours, sauf quand je suis passée en 2005) et comme par hasard, une offre d’emploi de nounou à Monaco! Nounou, moi? Pourquoi pas! Ça fera bientôt une année que je n’ai pas de chez-moi fixe. Avant que cela ne devienne un mode de vie permanent, je devrais peut-être y aller, me fixer une année entière à Monaco! Mais, est-ce là l’appel profond de mon âme? Non. (N'empêche que mon ego se la pêterait bien avec ce job.) Il faut pourtant que j’avance. Que je fasse un pas. Car c’est bien beau les questions et l’amour qu’on leur voue –n’est-ce pas monsieur Maria Rilke ?… reste que vient un temps où tout ce surplace douteux devient trop incessant.

  Faire un pas, même dans le néant épais de son « pas savoir »… faire un pas, prendre une route et puis si c’est pas la bonne, bifurquer, sans plus. Bifurquer – dans la joie.  Alors nounou pas nounou, on y va…  

Partir en France retrouver D. même dans le deuil inachevé de ces 11 années passées avec Chaton…  avancer, exister et surtout, me donner le droit d’aimer encore.  Car D. je l’aime. Pour ce qu’« aimer » peut signifier de nouveau après la chute des illusions et la perte de repères. Mais plus je questionne et moins je sais. En contrepartie, plus j’accepte la vie et sa grande part mystérieuse, plus j’ai envie d’apprendre mieux l’amour. Ne vient-on pas sur Terre pour apprendre cela, l’Amour avec un grand A ! D. m’offre cette possibilité. La qualité de sa présence dépasse tout ce que j’ai jusqu’ici espéré. Dois-je renoncer à ce beau ressentir d'amour sous prétexte que tout n’est pas clair en moi ?

  Plus j’avance et moins il me reste de certitudes. Tant mieux ! Ne m’en reste qu’une en fait. Celle de vouloir continuer d’apprendre et grandir dans l’amour. Cela commence par m’aimer moi. Pas tous les jours facile. L’autocondamnation semble d’ailleurs être un truc bien à la mode, car d’autres y excellent – et même mieux que moi ! Tristement mieux que moi. Ce doit encore être la faute d’Ève avec son criss de péché capital. La maudite gourmande, elle avait faim et elle n’a pas su résister à croquer dans la belle pomme de vie! 

  Et puis y’a Gilles Vigneault qui semblait avoir bien saisi la chose lorsqu’il composa la chanson Le Doux Chagrin dont le célèbre refrain « qu’il est difficile d’aimer, qu’il est difficile! » 

"Après avoir passé un mois à encartonner mes vifs souvenirs d'une ancienne vie encore pas si lointaine", après être déménagée de Ste-Marthe (mon refuge des 5 dernières années), après avoir fait la nomade : deux semaines au FIJM à triper pour me payer un portable, deux semaines de remise sur pied informatique dans la maison des gens riches chez une amie dans l’Ouest-de-l'Île, 3 semaines de Plateau à poursuivre l’informa-tic et à rencontrer tout plein de copains et, de façon plus générale, après ces trois mois, depuis mon retour au pays, à penser, à angoisser, à repenser, à panser, à grandir dans des zones nouvelles de mon Être, à rire, à pleurer, à faire la fête, à me rendre utile là où c’était possible, à jouer les jardinières et gardienne de maisons, voilà que les propositions, tant internes qu’externes, se font plus persistantes…

  Donner une direction claire à ma vie devient LA direction à prendre…
  chemin tête d'or

Ils le disent tous, les gourous de la réalisation de soi, qu’il faut clairement identifier ses objectifs pour y parvenir. Je dois être une extra-terrestre, car j’ai du mal à focaliser. Une née-par-pillée, née pas de pilier, é-pars-pillée. Oui. Ou un truc du genre.  Je n’y arrive pas à ce focus que j’aimerais tant garder une fois trouvé. J’ai pourtant défriché ma terre intérieure, fertilisé le sol de ma vérité propre, arraché les mauvaises herbes – perpétuel recommencement s’il en est un, c’est celui-là, car elles repoussent toujours, planté des fleurs, des fruits et des légumes à mon goût plutôt qu’au goût du jour, où à celui de mes parents… mais voilà, il reste à faire eh !

Satanée imposture de l’imposteur.
Vieil ivrogne de malheur

qui se grise d’illusions
qu’il m’offre ensuite en mensonges

déguisés en vérités. 

  Marcher dans le noir.

La lumière n'est pas loin

elle est dedans.

À dos de néant pourtant

je sculpte un horizon de doutes

et ce que je redoute me rend captive

de ce noir néant.

  Ce qui me rassure cependant, c’est ce qu'écrit Clarissa Pinkola Estès dans son très estimé livre Femmes qui courent avec les loups – et que j’estime aussi tant il résonne en moi comme cela fait longtemps qu’un bouquin de psycho n’avait pas résonné – soit qu’une fois le focus trouvé et maîtrisé, la partie n’est jamais gagnée, l’équilibre, jamais acquis. Ainsi, je me sens moins extra-terrestre lorsque je lis son livre, plein de vécu, de recherches universitaire et de terrain. D'une vérité qui fait du bien en profondeur, ce livre dépasse toutes les théories qui voudraient faire de nous de plantureuses héroïnes des temps modernes.   

Ça serait tellement plus facile de jouer le mouton et de faire comme tout le monde parce que la société le dit et qu'en paraissant bien, y'a moins de risque d'être jugé. Mais cette facilité aurait un prix éventuel que je ne suis pas certaine de vouloir payer – la mort de l’âme. Jouer la douce et blanche brebis sur l'hôtel des sacrifices en m’embarquant sur un chemin uniquement pour faire plaisir aux autres, à ceux que j’aime et que j’ai peur de perdre si je me choisis, m’imposer un chemin de croix parce que le saint-catho est encore trop ancré dans mon crâne et me fait croire qu’il faille se crucifier pour être digne d’exister, non merci. « Pas trop de bonheur sans quoi on pourrait te le reprocher qu’elle se dit encore parfois ma peuplade primitive ». Ainsi, je serais grégairement plate si je plongeais de peur dans une vocation sans âme, dans une voie du déni de soi que pour plaire ou impressionner… Mais heureusement,  je ne le pourrais pas. Y’a bataille entre mon ego et mon âme certes, mais je sais déjà mon âme gagnante.

Dois-je en conclure que je suis suffisamment lucide, même et si pourtant, la route est longue dans ce chemin du retour vers et dans ma nature souche ?! 
OUi, pas facile l'amour…
pas facile, mais nécessaire et vital !

 

 

Karo du 30 août… vivante.
Krédits photo: Karo Parc de la Tête d'Or, Lyon France '07

 

Nul doute

rue dedieu 01

rue dedieu 02

rue dedieu 04

rue dedieu 5

rue dedieu 06

rue dedieu 07

C'est bien la rue de DIEU !
Et vous n'êtes pas encore convaincus?
Que vous faut-il de plus?
Son atelier ?

l'atelier de dieu

Eh ben voilà ! Y'a qu'à d'mander. Et après ça vous croyez encore que vos rêves sont inaccessibles ? Putain ! Il s'est même fait construire cet atelier sur Terre et vous doutez encore de sa présence ?! Que voulez-vous de plus ? Pfff… Ah ! Les Zumains !

 

Karo du 2 août, qui par ce jour d'intense canicule, a des visions célestes. Krédit photos: Karo rue Dedieu quelque part sur Terre. 

Festival du déménagement /5

 

Une boîte à la 'foi'…
et la vie prendra soin
de moi.


devise de déménageuse avisée.

Festival du déménagement /2

Extraits de mon journal de déménageuse, semaine du 21 mai 
& feed back sur le Festival du déménagement…
 

Nombreux, nombreuses avez été à participer à ce premier billet "jeu festival du déménagement" des carOlinades. Toutes les réponses m’ont séduite tant et si bien que je laisse traîner encore un brin la p’tite boîte de métal pleine de tickets de concerts, le temps de voir si je jette ou si je garde. Je suis pas encore décidée hahahah. À vrai dire, entre les réponses poétiques qui ont fait fondre mon cœur et celles plus rationnelles qui ont fouetté mon esprit désireux de changement… je ne sais plus trop et puis j’me dis avec humour : whein ! Pas facile tout ça ! POuahahahahha mais on verra ben rendu là…

madame patate

Car au fond, toutes les décisions/réflexions sont pertinentes et se valent, ça dépend juste tu es rendu où dans ta vie, dans ta réalité. Oui oui, selon que tu déménages dans une maison, un bloc appartement d’une pièce ½, ou encore que tu restes dans la même maison avec tout de même un besoin d’épurer, ou encore que tu changes de continent, voire même de planète, le tri ne se fera pas de la même manière. Voilà donc pourquoi toutes les réflexions, témoignages, anecdotes, opinions… me parlent tant et m’encouragent. Alors merci et j’espère que vous serez encore de la partie pour le prochain item « to flush or not to flush ? » de la collection privée des bébelles de caroline… 

Oh et au fait, faut que je vous dise… belle nouvelle! Parmi les participants, deux se sont vus inspirés et prêts pour un vent de changement suite à la lecture du billet. Ainsi, Nina et Jack se sont eux aussi mis à déblayer cave, grenier, garage et cie., de vieilleries dont ils ne se servaient plus depuis belle lurette. Wow ! Je ne savais pas qu’en écrivant ce premier papier sur mon déménagement j’allais créer une telle vague de ménage … C’est vraiment génial ! Toujours est-il que… 

Extraits de journal :

J’ai plein de livres. Comme plein de gens. Je décide de réduire mon répertoire dramaturgique et donc, de donner des pièces de théâtre. Mais voilà que les questions hilarantes et d’usage surgissentDevrais-je les garder ? Ça fait toujours « l’air cultivé » dans une bibliothèque résidentielle. (POuahahahahha !!! Ridicule. Je sais. Je poursuis quand même mon dialogue interne dans le but d’épurer matériellement mais psychiquement aussi, pis un peu pour vous faire rire par la bande aussi. Alors au yiâbe les masques sociaux et viva l’authentik !…) Ti-Coq de Gratien Gélinas… Ti-coq. HUm… on fait quoi avec Ti-Coq ? Je ne lirai pas ti-coq, pas envie. Pas de ce temps-ci entoucas. Même si c’était beau, si c’était bon un temps et que scéniquement parlant, ça peut rester intéressant  à monter. Je vais pas lire cette pièce-là. Pis si j’en ai besoin, je la rachèterai coudonc ! 

Parce que ça va faire garder tout plein d’affaires
qu’on regarde  jamais plus
ou sinon, qu'une fois toué 30 ans et par hasard
pis le reste du temps, ça sens la poussière, s'
empoussière toé chose !


11h37 même jour… 
bientôt le moment de dîner… ok…
deux boîtes de faites ! 
Un sac de livres pour coucou
une boîte pour Isa
un sac de vêtements entamé et à donner. 

Nietzche Nietzche… j’le relirai pas c’lui là ! À quoi bon le garder ? Pour faire beau pis intello dans ma biblio ? Non cibole ! pas besoin ! Scrap ! On donne ! Carte de TVA du temps où je travaillais là. ah ! Carte de TVA …on jette ou on garde ? karo tvaHum… peut-être qu'elle fonctionne encore et pis que je pourrais entrer, traverser la guérite et aller voir les vedettes en train de dîner dans la cafétéria ? Sinon, je peux l'accrocher après mon pare-brise de voiture, ça fait important il me semble ? QUE FERIEZ-VOUS À MA PLACE AVEC CETTE CARTE DE TRAVAIL ?

 Et pis tant qu’à y être, je vous donne un autre item « to flush or not to flush? ». Je bats le fer tandis qu'il est chaud. On déménage et pis il faut que ça lève ce party-là ! Alors voici le 2e item en vente euh… poouahahahha je veux dire le 2e item du jour à jeter ou à garder.  Je ne vous indique pas c’est quoi. À vous de vous régaler de cet autoportrait "ma gueule interrogative" et de voir si je dois garder ou je jeter ce qu’il y a dans mes mains ! 
Hum...
ET PIS, ON GARDE OU ON JETTE ?

Sur ce, bonne semaine la gang et à très bientôt !!!
Karo du 27 mai, rieuse de ce plaisir partagé…

Krédit photos: Karo
crédit création madame patate: Nina (ps: cette photo est là simplement pour nous divertir. La patate est déjà passée au compostage et ne fait aucunement l'objet du jeu)

Festival du déménagement

J’ai le goût de jouer. Mais le jeu qui me vient à l’esprit demande plusieurs joueurs. Sinon c’est plate. Voulez-vous jouer avec moi ? Je vous explique… 

Mise en situation (prémisse/prétexte du jeu)
Dans les prochaines semaines, comme plusieurs le savent déjà, j'en serai à encartonner mes vifs souvenirs. En d'autres mots, je ferai des boîtes s’ti ! Je dois déménager. Sortir de la belle maison qui m'a été, durant au moins 5 ans, un refuge d'âme et d'artiste incroyable. Une rue cul-de-sac dont j'ai abondamment parlé sur le blog. Mais je suis prête. Si la vie ainsi le veut, j’ai fini de me battre. Ma foi est plus grande que les peurs qui me collent au cul. J’ai envie de liberté, de créativité. J’ai envie d’être et d’aller là où je suis la bienvenue. La vie saura donc à nouveau me guider.  Pour l’heure et pour toujours, un pas à la fois.

J’ai déjà 6 boîtes 1/2 de faites. Et quelques autres en chantier. Ouais… Plusieurs encore  restent à remplir, dont le tiers à donner à qui en aura besoin en bouquins, vêtements, meubles etc. Je profite de ce déménagement obligé pour épurer. Ça fait longtemps que je sens ce besoin d'épurer. Mais entre la pensée et l'action… ouf ! Criss qu'il y a un monde d'insécurité à traverser. 

Mais pour tout vous dire, ça m'excite. Héhéhé…

Réflexion…

J’ai toujours pensé et ressenti qu’à  trop surcharger sa maison, on fini par étouffer. Du moins, c’est ainsi que je le vis. Comme si tous les objets: papiers, souvenirs, revues, bébelles, cossins, coussins, vaisselle, conjoint (euh oups pouahahah), 12 téléphones et juste un qui fonctionne, 21 parfums et juste un qu'on se spouish, 39 pairs de souliers dont même pas la moitié qu'on porte, ti-bibelots mignons, articles divers qui nous avaient touchés en 1990 et qu'on avait gardé au-cas-où ça nous reprendrait de brailler en les relisant, vieux vinyles pas de pik-up, du linge trop p'tit, des casquettes des 20 derniers tournois de baseball de son gars et j'en passe,  et j'en passe, et j'en passe … prenaient une importance telle que sans eux on ne serait pas complet.

Je suis certaine que dans nos accumulations démesurées se cache la peur du manque – et si l’on creuse jusqu’au fond, la peur de la mort. Ainsi je ne dois pas être la seule qui a du mal à se séparer de trucs dont elle ne s’est pourtant pas servie depuis des années ?

Quand on fait le ménage du printemps ou un quelconque autre ménage de fond, qu’est-ce qu’on garde, qu’est-ce qu’on jette et pourquoi ?  Ça me fait toujours rire aux larmes d’avoir à faire ce genre de choix. Et davantage lorsque l’on fait ce ménage à deux. Ainsi, les objets précieux de l’un sont considérés pour l’autre comme des traîneries inutiles. (Chaton, attention à ton ti-lièvre empaillé pouahahah c't'une joke. Ça commence bien. (rires)).

Toujours est-il que, je vois en la sur-accumulation de matériel, une insécurité profonde – que je ne condamne cependant pas. Seulement je me questionne. Pour ma part, chaque fois que je me débarrasse d’un surplus d’objets, c’est un travail psychique important que j’accompli. J'ahère/je me libère. Je tente donc de cultiver plus souvent l’art du détachement, tel un moyen de comprendre en profondeur que l’importance de la vie ne se trouve pas dans les biens accumulés. Certes, j’aime la beauté, les beaux meubles, les beaux vêtements, les beaux objets, les œuvres d’art etc. J’aime aussi les choses qui ont une valeur affective… ainsi que tous mes petits grigris, mais je ne souhaite pas les posséder au point d’en devenir dépendante.

Y’a même des émissions de télé où l’on apprend aux gens à faire le ménage dehors pour mieux voir en-dedans. C’est pour vous dire. Ça me fascine toujours de voir le rapport de l’être humain avec les objets. Tant ceux souffrants que ceux plus gais. Je suis certaine que vous avez tous déjà vécu au moins une expérience de dispute avec votre conjoint lors du fameux ménage de printemps. N’est-ce pas ! 

Bref, il y aurait assurément une thèse à faire sur le sujet tant il est vaste. Ce qui me fait penser que  La Pie a déjà fait un important travail universitaire sur la place des objets dans nos vies. Je pense aussi à Gaëna, la belle gardienne du temple de l’ancien qui sait apprécier l’usure du temps sur les objets. Enfin … pour en venir au jeu… OUI, le jeu, parce que moi je veux jouer avec vous …

Concrètement et dans l’action, comment  ça se passe ? Tout simple.

Durant les prochaines semaines, J’aimerais entre autres billets consacrer mon blog à mes questions de déménageuse.  C’est-à-dire que je me questionnerai "live" sur des trucs que j'hésite à garder ou à jeter et vous me direz ce que VOUS feriez  à ma place avec tel ou tel objet et surtout, pourquoi. C'est ce qui fera le drôle de la chose. Et mieux encore, j'accompagnerai toujours mon hésitation d'une photo de l'objet en suspend entre ma tête et mon coeur…

Vous me suivez ? Oui, non. À titre d’exemple et pour déjà commencer l’activité …

J’ai des tickets de concert que je conserve bien précieusement dans une boîte en métal et ce, depuis l’âge de 15 ans. Aujourd’hui, je serais tentée de jeter le tout. Puis je pèse les pours et les contres. Ma poitrine se bat avec mon cortex. Tête et cœur en désaccord.  Pensez-y… des billets de concert de l’âge de pierre alors que le principal entremetteur entre un artiste et ses fans ne s’appelaient pas « Admission » mais « Tiketron ». Des billets qui en les regardant me ramènent instantanément en des lieux de souvenances tellement intenses et trippants. Des billets que pourtant je regarde peu souvent…

billets de concerts

Faites parler votre tête, votre cœur ou les deux. Chacun est différent et c’est ce qui fera le drôle et divertissant du jeu. Soyez francs, cyniques même si vous voulez… soyez poétiques, politiques, frénétiques, nostalgiques, soyez comme vous voudrez mais soyez… manifestifs !

Karo du 23 mai  perpétuelle festivalière, qui souhaite mettre du plaisir et de la folie douce dans cette étape de vie pas facile !

Krédit photo: Karo