théâtre de rue

Ce matin, au retour d'un p'tit dej. dans un café du coin (Coucou, à quand ton café ? J'ai des idées, des conseils pour créer "the" café. Des idées issues de besoins non assouvis par les cafés visités ces derniers mois en sol français…bref !)… ce matin donc, au retour (à pied) d'un p'tit dej. à l'extérieur de la maison, j'arrive devant ce qui m'apparaît être une bouffée de vie dans un quotidien d'automates. C'était juste là, au rond point de la place Wilson de Villeurbanne. Y'avait ce mec en habits bleus, traits du visage particuliers, un peu pointus, comme s'il avait des triangles à la place du menton et du nez, les yeux fermés, assis en position de méditation au centre du rond-point. Tout autour y'a le bruit, la ville, les citoyens qui vaquent au quotidien, les voitures, un chantier de construction… et l'homme au visage triangle, aux habits bleus et au corps invitant à l'harmonie, médite (sans bruit apparent à l'intérieur de lui -c'est quasiment un tour de force vu le lieu où il se trouve…) assis au centre du rond-point. Tout simplement magique. L'attraction est simple, à l'échelle humaine, mais de taille… elle s'impose. Je suis curieuse, enjouée. Je veux savoir ce qui se passe là. Je suis soudainement émue. Un retour à l'enfance et à l'émerveillement. Sans explication. Juste ça. Juste là. Tout près du mec, une femme, habillée en noir, des vêtements ceintrés. Collants de danse. Elle est allongée, accoudée sur le rebord du rond-point, toute proche des voitures qui circulent. Avec une jambe, elle suit un rythme, comme si à l'intérieur d'elle vivait une musique de jouvance. Mes yeux font le tour du rond point. Je veux saisir. D'autres curieux se trouvent sur la place. Y'a tout le bruit du quotidien qui continue sa course folle, mais en même temps y'a ce silence bienfaiteur qu'impose ce happening. J'aperçois maintenant un homme-poubelle. Debout, planté entre trottoir et rue, il semble faire la statue. Visage et poitrine couverts par la grosse poubelle grise, ne paraissent que son ventre, un peu rondouillet et une main. Derrière lui, quelques instruments de musique déposés sur le sol. Une contre-basse et des cuivres. L'homme-triangle-zen et la femme-musique-de-jouvance se lèvent comme si de rien était et se mêlent à la foule. Je pense que j'ai raté la fête ! Je m'avance donc vers la femme-musique-de-jouvance et lui demande ce que j'ai loopé de magique. Dans un sourire de vitalité elle m'explique

Je rentre à la maison, chargée d'une énergie précieuse et mouvante… je vais sur Internet pour obtenir plus de détails sur cette troupe de rue. Voici ce que je trouve et que j'ai très envie de partager avec vous … chers lecteurs des carOlinades. Espérant que la démarche vous inspire aussi, où que vous soyez, quoi que vous fassiez. Y'a donc un résumé de la démarche que je vous copie-colle ici. Puis, une vidéo avec la fondatrice du mouvement… à voir Cliquez… ICI -vidéo compagnie Jeanne Simone.

Pour cette proposition chorégraphique et sonore, cinq personnages (danseurs et musiciens - comédiens) investissent un espace public, un lieu de vie choisi pour la fonction qu’il occupe au sein de la ville. Un lieu de croisements, de rencontres, avec ses codes topographiques et sociaux : un bar, une place, un square, un parvis…

Leur présence, leur intrusion, leurs actions et leurs réactions décalées, absurdes, amusées ou complices, amènent le lieu à se révéler lui-même (à rappeler sa fonction au sein de la communauté, à render visible les comportements qu’il génère) et en bouleversent les habitudes. Les occupants, qu’ils stationnent ou qu’ils traversent l’espace, deviennent spectateurs et entrent peu à peu en relation avec les cinq "intrus".
Figures exacerbées et pourtant réduites à l’essentiel, les personnages incarnés par les musiciens et les danseurs sont les échos décalés de l’être humain dans la cité, de ses folies, de ses jeux, de ses mouvements… Leur fonctionnement est très musical. Du solo à l’unisson, ils jouent sur la répétition, l’accumulation et la cacophonie. Ils portent une action collective en affirmant leur spécificité. Au sein de ce cadre, le spectacle s’élabore sur le mode de l’improvisation, dans un état de réceptivité et d’écoute. Le geste est sens. Le son et le mouvement, acte théâtral. L’espace urbain, scénographie. (Source d'INFO, ICI)

PAGE d'INFO sur la troupe Jeanne Simone

Karo du 7 février… allumée par cette brèche de lumière dans le quotidien d'un café noir de tourmente ;)

Théâtre /4

« Bonjour je me présente Barbassionne

J’ai 100 ans, 8 ans, 1000 ans, j’ai 48 ans, 33 ans, 15 ans, 
je n'ai pas d'âge, je suis de tous les temps
et je voyage de villes en villages
depuis la nuit des temps
pour raconter de belles histoires
aux petits et aux grands enfants. »

barbassionne 

Krédit photo: Carolann Grilli
Personnage de conteuse créé en décembre 2006 dans le cadre d’un contrat de théâtre corporatif.

Costume : Pierre et Guillaume Legault

Grâce

Categories: Théâtre | 4 Comments

 D’aussi loin que je me souvienne, le théâtre m’habite. La maternelle a tôt su me révéler à mon amour du jeu et de la mise en scène. Je faisais alors la découverte des masques. En bois peint, lesquels il fallait tenir comme on tient un bâton de sucette géante, ces masques étaient sans relief autre que le contour d’une plate planchette. Malgré cela, ils arrivaient à susciter en moi un plaisir fou dont j’ignorais alors la profondeur.  Du haut de mes cinq ans, je savourais pleinement les instants magiques que me procurait la scène. Depuis, l’adulte en moi a bien souvent tenté de freiner ma passion. Fort heureusement, malgré tous mes efforts rationnels pour me convaincre de choisir une route moins précaire, la vie m’a toujours ramenée vers le théâtre et je m’en réjouis ! Ce lieu qui m’habitait jadis est enfin devenu pour moi un métier fécond et surtout, une belle école de vie !

(extrait d'un mot de m.e.s, programme de soirée 2002, La visite, ou surtout, ne vous sentez  pas obligés de venir ! De Michel-Marc Bouchard, troupe de théâtre La Bizarrerie.)

 

karo actrice

 

Karo du 3 septembre… heureuse. 

Krédit photo: Christophe Serres, soirée hommage à Caroline Legault par la Troupe de Théâtre la Bizarrerie. Sur la photo, Benoît attachant le masque Comedia Dell'arte offert en Cadeau à Caroline par les membres de la Bizarrerie 2005-2006.  

Journée Internationale du théâtre

Entre la journée mondiale du conte le 20 marsla journée mondiale de la poésie le 21 mars et celle du théâtre le 27 du même mois, comment se portent l'art et la culture au Québec mais aussi, partout à travers le monde ?

 

C'était en mars 2004, on dénonçait les salaires de misère des artistes et les coupures absurdes dans l'enseignement des arts à l'école primaire et secondaire au Québec. Bien que les choses aient un tantinet évoluées depuis, je ne sais trop si le portrait est réellement plus encourageant en 2007 qu'il ne l'était en 2004.  Je crois toutefois que les deux plaidoyers que je vous propose ici restent toujours d'actualité… ne serait-ce que dans la réflexion globale et nécessaire qu'ils suscitent au sujet des métiers d'artiste. 
(ps: c'est long mais ça se lit vite)…

théâtre romain en Espagne

Imaginez-vous un quotidien sans divertissement, une vision apocalyptique d'un hiver répandu, où les livres ne sont plus que pages blanches. La télé : un rideau de neige. Les scènes de théâtre : froides et désertiques. Les écrans de cinéma : toiles blanches sans projection de films. Les tableaux de votre maison : maigres cadres sans peinture.  Quelles seraient vos soirées et vos fins de semaine sans tout ce spectacle de couleurs et ces activités artistiques fourmillantes qui sont partie intégrante de votre vie quotidienne?  Le 27 mars se tient la Journée internationale du théâtre. À l'occasion de cette date symbolique pour les artistes de la scène, nous tenons à vous partager quelques faits saillants de la réalité théâtrale à Québec… Parce que sous des costumes plus grands que nature, les comédiens vivent bien maigrement…!  Saviez-vous que…   - Le cachet artistique moyen des professionnels des arts de la scène, pour les organismes subventionnés par le Conseil des arts et des lettres du Québec, est de 9 704$ par année. N'oublions pas que le salaire minimum au Québec est fixé à 15 184$ par année, et que le seuil de la pauvreté est établi à 16 500$.   - Les répétitions des artistes de la scène, notamment les comédiens, ne sont pas payées. Au théâtre, ces répétitions durent de 6 à 8 semaines pour seulement 4 semaines de spectacles rémunérés. Si l'on prétend que les cachets de spectacle incluent les heures de répétition, ces cachets sont ridicules.   - Présentement, les artistes de la scène réclament une augmentation du budget provincial accordé aux arts et lettres, ainsi qu'un mesure précise pour que les nouveaux fonds investis se rendent jusqu'à eux, par exemple, par un cachet de répétition pour les comédiens.   - Le domaine de la culture et des communications au Québec génère de façon directe ou dérivée des sommes de l'ordre de 3,4 milliards de dollars annuellement. Présentement, les sommes accordées par le gouvernement pour le Conseil des arts et des lettres est de 64 millions par année. Nous voulons les faire passer à 90 millions.   Faites votre pas pour les arts de la scène, transmettez ce courriel à votre liste d'envoi, même si c'est après le 27 mars! Parlez-en à vos proches!    Au plaisir de jouer pour vous,

  le MASC, Mouvement des artistes de la scène de la capitale  (regroupant les acteurs, auteurs, scénographes et metteurs en scène de la capitale nationale)     

 "Les économistes sont des gens qui connaissent le prix de tout, mais qui ne savent la valeur de rien."- Oscar Wilde

Ce qui arrive à la Cinémathèque n'est pas surprenant, c'est le sort qui guette la plupart des entreprises d'ici vouées à la véritable culture. Sans financement adéquat, l'art est un gros bloc de sel qui s'érode sous les averses multiples de l'oubli. Mettre de l'argent pour la mémoire collective est souvent un geste peu populaire. C'est comme donner du blé à un cochon qui se fait manger par les vers de terre! Combien de ces payeurs de taxes savent qui étaient Gilles Groulx et Arthur Lamothe? On dirait que ce qui n'a pas une vitrine à la "télévicon" (comme disait Léo Ferré) n'a pas le droit de danser avec effervescence dans vos têtes! En tant que poète qui publie ici, je suis lacéré par cette envie de donner le meilleur de moi-même et d'être obligé de ramasser des canettes de 7 Up pour me payer du lait! Même si la source d'inspiration est farcie d'images et de mots agités, le portefeuille me regarde et me dit: ton art m'assèche! Je dois lui répéter que Grattonland n'embarque pas souvent dans l'audace et la nouveauté! Ici, les gens consomment l'art comme du savon à vaisselle; de temps en temps, pour se dégraisser de leurs vies approximatives! C'est lâche, mais c'est dans la tradition québécoise que d'être démunis quand vient le temps de danser dans les mêmes pas que la beauté!  La culture au Québec, c'est un requiem de gratuité. Gratis, les shows du Festival de Jazz,  gratis, les projections de l'ONF, gratis, la poésie dans les bars! Gratis, l'artiste qui vidange le réel de sa banalité. Gratis, tel est le prix d'un tête-à-tête avec le sublime! Ça ne vous coûte tellement rien que ça finit par vous faire mal de sortir une poignée de trente sous pour saisir la vie, l'embrasser, la fouiller, la mériter… Je sais très bien de quoi je parle quand il est question de sous-financement en art. Chaque année, nous, les écrivains, recevons de l'argent de prêt public pour nos livres retrouvés dans les bibliothèques du Québec et du Canada. Depuis quelques années, la somme qui nous est versée ne cesse de diminuer, même si nous mettons de plus en plus de livres à votre disposition. Les montants versés par les gouvernements sont tellement ridicules qu'on devrait tous investir cet argent pour s'acheter de la gomme balloune! Pour l'écriture de mon dernier recueil publié chez le plus gros éditeur de poésie francophone au monde, Les Écrits des Forges, j'ai eu 6 cennes de l'heure! Vous avez bien lu, je ne travaille pas en Indonésie, mais dans ce chic pays où l'on tourne à droite au feu rouge! Bien que Rimbaud ait trouvé une saison en enfer, il n'a pas fondé de syndicat! L'art, ici, c'est aussi important que celui qui collectionne des roches ou des caps de roue! C'est un passe-temps métaphysique pour l'élite et les âmes errantes. Pour les autres, la grande découverte, c'est le sofa et le télé-horaire! Misère! Quand vous mettez au pouvoir un parti politique comme les libéraux, vous espérez quoi, au fond? Que l'art sera enfin autre chose qu'un événement discret qu'on se souffle dans le tube de l'oreille? Pas du tout. Couper des rubans avec des smiles de bourgeois bêtes, c'est ça, pour moi, l'image de l'art contemporain! Comme disait Jean-Claude Lauzon: "Quand tu entres dans ces temples bureaucrates et que tu vois la secrétaire devant toi, tu te dis: "Elle, elle vit de l'art québécois, mais pas moi!"" C'est ça, un artiste, il invente et on l'organise! Je sais très bien que ce n'est pas une idée neuve, l'univers artistique a toujours été un terrain miné par un financement obscène. C'est juste triste d'observer que l'humain n'accorde pas plus d'importance à ce qui le distingue de la bête qui mange de la moulée beige!

 extrait des grandes gueules, journal Voir, Mtl. 18 mars 2004 Aculture gratuite Patrick Léveillé, poète

théâtre romain IIEt pouvez-vous me dire, selon vous, quel est le portrait de l'art et de la culture, en 2007 au Québec -et au lendemain des élections prouvinchiâles ? Que vous soyez du milieu des arts et de la culture ou pas et suite à la lecture de ces deux textes, votre opinion et/ou convictions et/ou flambées poétiques m'intéressent!

Bonne journée internationale de théâtre!

Karo du 27 mars, VOIR ce qui se trame dans le paysage théâtral à Montréal.
krédit photos: Karo Espagne 2004 et France 2006

Théâtre /3

 Ariane Mnouchkine m’a toujours inspirée. Du moins depuis que je l’ai découverte, elle et son Théâtre Soleil, il y a environ une dizaine d'années. Je suis présentement en train de lire l’un des plus récents ouvrages à son sujet, soit des entretiens qu’elle a accordés à Fabienne Pascaud. Chaque fois que je lis ou que je vois du Ariane Mnouchkine, c’est pareil; chaque fois je suis grandement touchée par sa philosophie de vie ainsi que par sa pratique de l’art théâtral. Littéralement transportée dans son univers je suis. Ses réflexions, tant théâtrales que personnelles, font  souvent écho aux miennes. Au grand galop de mon coeur captivé, de mes yeux émerveillés, je traverse donc ses pages et je voyage…libre, belle et rebelle, audacieuse, rêveuse, rigoureuse et affamée de paysages tant fictifs que réels.

 

Mnouchkine

 

J’avais beaucoup aimé lire : dresser un monument à l’éphémère –les rencontres de Josette Féral avec Ariane Mnouchkine et j’aime tout autant découvrir ce récent ouvrage dont voici une citation qui me parle particulièrement en ce temps de ma vie loin de la maison, loin de l'heure des décisions, seule à bord de mon voilier… sur la terre de mes ancêtres… 

  À propos de son premier voyage au Japon, cela dans les années soixante, Ariane Mnouchkine dit « J’avais besoin de rupture. J’avais besoin, pour me chercher, me trouver, d’aller loin, de remonter le cours du temps, du fleuve, de l’espace, de partir à l’aventure. Mais je pense que ça voulait dire aussi, déjà, aller au théâtre. (…) j’ai connu aussi de grands moments de solitude (…) Je ne faisais pas un voyage d’études, je croyais que c’était un voyage comme les jeunes routards en faisaient à l’époque. Je ne savais pas ce qui m’attendait. J’allais autant voir les villages que les villes, autant les monuments ou les  temples que les lacs sacrés, que les gens. Ou que rien. J’allais exister. Ailleurs. »

  Voilà. D’autres citations de: Ariane Mnouchkine -entretiens avec Fabienne Pascaud, l'art du présent, suivront sûrement… en attendant, je pars voir une autre expo ET je vous reviens avec le guide révisé du visiteur avisé. Pouahahahahha!!! Ceux qui ont lu mon précédent billet (et qui en ont saisi l’esprit humoristique et critique constructive) comprendront.

Autres artistes d'intérêt ayant côtoyé la grande dame:

Philippe Caubère

Philippe Léotard

tous deux découvert grâce à D. Merci D. pour tes richesses, culturelle et artistique, partagées. Monsieur Google je devrai désormais t'appeler pouahahahhah…


Bon samedi à tous!

Karo du 13 janvier (comme ça et qui dit merci à Franc et Patricia pour le prêt du livre)

Théâtre 2

cliquez pour mieux voir

Mes amis…

quand je vous disais que le "thiâtre" existe!

cliquez l'image pour mieux lire l'écriteaux.

Karo du 8 décembre (busy, busy…)

Théâtre

Categories: Clapotis , Théâtre | 7 Comments

Répétition théâtrale oblige…

je n'ai pas le temps de blogger à ma guisecomedia dell'arte

Mais vous souhaite tout de même

une belle journée

même si today

la nature se fait plutôt grise… 

 

karo du 7 décembre (en répétition…)

mascarade

mascarade

Jaune soleil
jaune vie
petit interlude
d'après-midi

crédit photo: karo